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Centrale Mathématiques 2 PSI 2014Sujet, corrigé et rapport du jury

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Notations

Pour tous entiers naturels non nuls n et p, on note:
  • M_(n, p)(ℝ) l'ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients réels
  • 0_(n, p) la matrice nulle de M_(n, p)(ℝ)
  • M_n(ℝ) l'ensemble des matrices carrées d'ordre n à coefficients réels
  • I_n la matrice identité de M_n(ℝ)
  • GL_n(ℝ) le groupe des matrices inversibles de M_n(ℝ)
  • O(n) le groupe des matrices orthogonales de M_n(ℝ)
  • SO(n) le groupe spécial orthogonal, c'est-à-dire le sous-groupe de O(n) formé des matrices dont le déterminant est égal à 1
  • Δ_(p + 1) la matrice de M_(p + 1)(ℝ) définie par blocs de la façon suivante:
Δ_(p + 1) = (1, 0_(1, p); 0_(p, 1), − I_p)
  • O(1, p) l'ensemble des matrices L de M_(p + 1)(ℝ) telles que:
^t LΔ_(p + 1)L = Δ_(p + 1)
où ^t L désigne la transposée de la matrice L
  • O^+(1, p) l'ensemble des matrices L de O(1, p) dont le déterminant est égal à 1
  • O^−(1, p) l'ensemble des matrices L de O(1, p) dont le déterminant est égal à -1
  • O~(1, p) l'ensemble des matrices L = (ℓ_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ p + 1) de O(1, p) telles que ℓ_(1, 1) > 0.
Dans ce problème, on s'intéresse à l'ensemble O(1, p) pour p entier naturel non nul et en particulier pour p ∈ {1, 3}. Dans le cas où p est égal à 3 , l'ensemble O(1, p) est appelé groupe de Lorentz. Il joue un rôle fondamental en mécanique quantique.

I Étude du groupe orthogonal généralisé O(1, p)

Dans cette partie on fixe p entier naturel non nul.
I.A - Structure de O(1, p)
I.A.1) La matrice Δ_(p + 1) appartient-elle à l'ensemble O(1, p) ? à l'ensemble O^+(1, p) ?
I.A.2) Montrer que O(1, p) = O^+(1, p) ∪ O^−(1, p).
I.A.3) Montrer que l'ensemble O(1, p) est un sous-groupe de GL_(p + 1)(ℝ) et que O^+(1, p) est un sous-groupe de O(1, p).
I.A.4) Montrer que, pour toute matrice L élément de O(1, p), sa transposée ^t L est aussi élément de O(1, p).
I.A.5) Montrer que les parties O(1, p), O^+(1, p) et O^−(1, p) de M_(p + 1)(ℝ) sont fermées.

I.B - Endomorphismes préservant une forme quadratique

Soient v et v^′ deux vecteurs de ℝ^(p + 1). On note V et V^′ les matrices colonnes, éléments de M_(p + 1, 1)(ℝ), des vecteurs v et v^′ dans la base canonique de ℝ^(p + 1).
On définit
φ_(p + 1)(v, v^′) = ^t VΔ_(p + 1)V^′ = v_1 v_1^′ − ∑_(i = 2)^(p + 1)v_i v_i^′
et
q_(p + 1)(v) = φ_(p + 1)(v, v)
On notera que φ_(p + 1) est une forme bilinéaire symétrique et q_(p + 1) la forme quadratique associée.
I.B.1) Soient A et B deux matrices de M_n(ℝ). Montrer que si, pour tous X et Y de ℝ^n, ^t XAY = ^t XBY alors A = B.
I.B.2) Exprimer φ_(p + 1)(v, v^′) en fonction de q_(p + 1)(v + v^′) et q_(p + 1)(v − v^′).
I.B.3) Soient L ∈ M_(p + 1)(ℝ) et f l'endomorphisme de ℝ^(p + 1) canoniquement associé.
Montrer que les trois assertions suivantes sont équivalentes :
i. L ∈ O(1, p);
ii. ∀(v, v^′) ∈ (ℝ^(p + 1))^2, φ_(p + 1)(f(v), f(v^′)) = φ_(p + 1)(v, v^′);
iii. ∀v ∈ ℝ^(p + 1), q_(p + 1)(f(v)) = q_(p + 1)(v).
I.B.4) Si L = (l_(i, j))_(i, j) ∈ O(1, p), v = (1, 0, …, 0) et v^′ = (0, 1, 0, …, 0), donner les équations sur les l_(i, j) correspondant à
φ_(p + 1)(f(v), f(v^′)) = φ_(p + 1)(v, v^′), q_(p + 1)(f(v)) = q_(p + 1)(v) et q_(p + 1)(f(v^′)) = q_(p + 1)(v^′)
Qu'obtient-on similairement avec ^t L ?

II Propriétés algébriques et géométriques du groupe O^+(1, 1)

II. A - Structure de O^+(1, 1)
II.A.1) Soient a et b deux réels. Si a > 0 et a^2 − b^2 = 1 montrer qu'il existe un unique θ ∈ ℝ tel que a = chθ et b = shθ.
II.A.2) Soient a, b, c et d quatre réels. On considère la matrice de M_2(ℝ)
L = (a, b; c, d)
Écrire les équations sur a, b, c, d traduisant l'appartenance de L à O(1, 1).
II.A.3) En déduire l'égalité :
O^+(1, 1) = {(chγ, shγ; shγ, chγ), γ ∈ ℝ} ∪ {(− chγ, shγ; shγ, − chγ), γ ∈ ℝ}
On note, dans la suite de cette partie II, pour tout réel γ, L(γ) = (chγ, shγ; shγ, chγ).
II.A.4) Montrer, pour tous réels γ et γ^′, l'égalité :
L(γ)L(γ^′) = L(γ + γ^′)
En déduire que O^+(1, 1) ∩ O~(1, 1) est un sous-groupe commutatif du groupe O^+(1, 1).
II.B - Le groupe O^+(1, 1) ∩ O~(1, 1) est-il compact ?
II. C - Montrer que les matrices éléments de O^+(1, 1) sont diagonalisables et trouver une matrice P ∈ O(2) telle que, pour toute matrice L ∈ O^+(1, 1), la matrice ^t PLP soit diagonale.
II.D - Montrer que le groupe O^+(1, 1) est commutatif.
III «Décomposition standard» d'un élément du groupe de Lorentz O(1, 3)
III. A - Soit L = (ℓ_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ 4) ∈ O(1, 3). Montrer l'inégalité ℓ_(1, 1)^2 ⩾ 1.
III. B - Soient L = (ℓ_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ 4) et L^′ = (ℓ_(i, j)^′)_(1 ⩽ i, j ⩽ 4) deux éléments de O~(1, 3). On pose L^(′′) = LL^′ = (ℓ_(i, j)^(′′))_(1 ⩽ i, j ⩽ 4).
Démontrer les inégalités suivantes :
0 ⩽ √(∑_(k = 2)^4 ℓ_(1, k)^2⎷)√(∑_(k = 2)^4 ℓ_(k, 1)^(′2)⎷) + ∑_(k = 2)^4 ℓ_(1, k)ℓ_(k, 1)^′ < ℓ_(1, 1)^(′′)
En déduire que l'ensemble O~(1, 3) est un sous-groupe du groupe de Lorentz O(1, 3).
On pose
G = {(1, 0_(1, 3); 0_(3, 1), R), R ∈ SO(3)}
III. C - Justifier que G est un sous-groupe de O^+(1, 3) ∩ O~(1, 3) isomorphe à SO(3).
Soient L = (ℓ_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ 4) ∈ O^+(1, 3) ∩ O~(1, 3) et a = (ℓ_(2, 1); ℓ_(3, 1); ℓ_(4, 1)).
III. D - Montrer que, si le vecteur a est nul, alors la matrice L appartient au groupe G.

III.E - Construction d'une rotation particulière

III.E.1) Dans l'espace ℝ^3 euclidien usuel, montrer que, pour tous vecteurs u et v de ℝ^3 de même norme, il existe une rotation r telle que r(u) = v.
III.E.2) Écrire, en langage Maple ou Mathematica, une fonction (ou procédure) rotation, de paramètres U et V, renvoyant :
  • False si U et V n'ont pas la même norme;
  • une matrice R de SO(3) telle que RU = V si U et V ont même norme.
    III.F - On suppose dans cette question que le vecteur a est non nul.
    III.F.1) Déduire de la question III.E. 1 qu'il existe un élément L_1 de G tel que l'on a :
L_1 L = (ℓ_(1, 1), ℓ_(1, 2), ℓ_(1, 3), ℓ_(1, 4); α, λ_1, λ_2, λ_3; 0, μ_1, μ_2, μ_3; 0, ν_1, ν_2, ν_3)
où α est un réel strictement positif que l'on précisera, λ_1, λ_2, λ_3, μ_1, μ_2, μ_3, ν_1, ν_2 et ν_3 sont des réels qu'on ne cherchera pas à déterminer.
On fixe désormais de tels coefficients α, λ_1, λ_2, λ_3, μ_1, μ_2, μ_3, ν_1, ν_2 et ν_3.
III.F.2) Soient v_2 = (μ_1; μ_2; μ_3) et v_3 = (ν_1; ν_2; ν_3). Montrer que v_2 et v_3 sont deux vecteurs unitaires orthogonaux de ℝ^3 muni de sa structure euclidienne usuelle.
III.F.3) Soit R_2 ∈ SO(3). On pose L_2 = (1, 0_(1, 3); 0_(3, 1), R_2) ∈ G. Montrer que l'on peut choisir R_2 tel que
L_1 LL_2 = (ℓ_(1, 1), β_1, β_2, β_3; α, δ_1, δ_2, δ_3; 0, 0, 1, 0; 0, 0, 0, 1)
où β_1, β_2, β_3, δ_1, δ_2 et δ_3 sont des réels qu'on ne cherchera pas à déterminer.
III.F.4) Montrer que les réels β_2, β_3, δ_2 et δ_3 sont nuls.
III. G - En déduire que toute matrice L de O^+(1, 3) ∩ O~(1, 3) peut s'écrire sous la forme d'un produit du type
L = (1, 0_(1, 3); 0_(3, 1), R)(chγ, shγ, 0, 0; shγ, chγ, 0, 0; 0, 0, 1, 0; 0, 0, 0, 1)(1, 0_(1, 3); 0_(3, 1), R^′)
où R et R^′ sont deux éléments de SO(3) et γ est un réel.
III.H - Écrire, en langage Maple ou Mathematica, une fonction ou une procédure permettant d'obtenir une telle décomposition d'une matrice de O^+(1, 3) ∩ O~(1, 3).
On pourra utiliser la fonction rotation écrite précédemment.
III.I - La décomposition obtenue est-elle unique?

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