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Moyenne
9,78/ 20
Écart-type
3,52
Présents
3 476
Durée
4 h
1er quartile
6,9
Médiane
9
3e quartile
11,7
moyenne 9,7805101520
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Source : document officiel du concours. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

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Ce problème aborde la notion de moment dans différents contextes : moment d'une variable aléatoire réelle discrète à valeurs positives dans la partie I; moment d'une suite numérique réelle dans la partie II; moment d'une fonction dans la partie III.

Notations

Si f est une fonction de classe C^∞ et p un entier naturel, on note f^((p)) la dérivée p-ième de f.
On note ℂ[X] l'ensemble des polynômes à coefficients dans ℂ.
Si a et b sont deux entiers naturels, [ [a, b] ] désigne l'ensemble des entiers compris entre a et b.
Si X est une variable aléatoire réelle discrète sur un espace probabilisé ( Ω, A, ℙ ) admettant une espérance, celle-ci est notée 𝔼(X).

Préambule

On admet le résultat suivant :
si (u_(p, q))_((p, q) ∈ ℕ^2) est une famille de nombres réels telle que
i. pour tout p ∈ ℕ, la série ∑_(q ⩾ 0)|u_(p, q)| converge,
ii. la série ∑_(p ⩾ 0)(∑_(q = 0)^(+ ∞)|u_(p, q)|) converge,
alors, en notant S_p = ∑_(q = 0)^(+ ∞)u_(p, q) et, pour tout n entier naturel, W_n = ∑_((p, q) ∈ ℕ^2; p + q = n)u_(p, q),
  • pour tout q ∈ ℕ, la série ∑_(p ⩾ 0)u_(p, q) converge ; on note S_q^′ sa somme ;
  • les séries ∑_(p ⩾ 0)S_p, ∑_(q ⩾ 0)S_q^′ et ∑_(n ⩾ 0)W_n convergent ;
  • ∑_(p = 0)^(+ ∞)S_p = ∑_(q = 0)^(+ ∞)S_q^′ = ∑_(n = 0)^(+ ∞)W_n, c'est-à-dire :
∑_(p = 0)^(+ ∞)(∑_(q = 0)^(+ ∞)u_(p, q)) = ∑_(q = 0)^(+ ∞)(∑_(p = 0)^(+ ∞)u_(p, q)) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)(∑_((p, q) ∈ ℕ^2; p + q = n)u_(p, q))

I Moments d'une variable aléatoire

Soit X une variable aléatoire réelle discrète sur un espace probabilisé ( Ω, A, ℙ ). On suppose que X(Ω) ⊂ ℝ^(+ ∗). Si p ∈ ℕ, on dit que X admet un moment d'ordre p si la variable aléatoire X^p admet une espérance. On note alors m_p(X), appelé moment d'ordre p de X, l'espérance de X^p.
On remarque que m_0(X) = 1.
Q 1. Justifier que ∀k ∈ [ [1, n] ], 0 ⩽ X^k ⩽ 1 + X^n.
Q 2. En déduire que, si X admet un moment d'ordre n(n ∈ ℕ^∗), alors X admet des moments d'ordre k pour tous k ∈ [ [1, n − 1] ].

I.A - Fonction génératrice des moments

On suppose que, pour tout entier naturel non nul n, X admet un moment d'ordre n et que la série entière ∑_(n ⩾ 0)m_n(X)(t^n)/(n!) admet un rayon de convergence R_X > 0.
Pour tout t ∈ ] − R_X, R_X[, on note M_X(t) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)m_n(X)(t^n)/(n!). La fonction M_X s'appelle la fonction génératrice des moments de la variable aléatoire X.
Q 3. Justifier que la connaissance de la fonction M_X permet de déterminer de manière unique la suite (m_n(X))_(n ∈ ℕ).
Q 4. En utilisant les résultats du préambule, montrer que, pour tout t ∈ ] − R_X, R_X[, la variable aléatoire e^(tX) admet une espérance et que M_X(t) = 𝔼(e^(tX)).
Q 5. Montrer réciproquement que, s'il existe un réel R > 0 tel que, pour tout t ∈ ] − R, R[, la variable aléatoire e^(tX) admet une espérance, alors l'ensemble de définition de la fonction génératrice des moments de X contient ] − R, R[ et pour tout t ∈ ] − R, R[, M_X(t) = 𝔼(e^(tX)).
On suppose que X et Y sont deux variables aléatoires réelles discrètes indépendantes à valeurs strictement positives admettant des moments de tous ordres. On note R_X (respectivement R_Y ) le rayon de convergence (supposé strictement positif) associé à la fonction M_X (respectivement M_Y ).
Q 6. Montrer que la variable aléatoire X + Y admet des moments de tous ordres et que
∀|t| < min(R_X, R_Y), M_(X + Y)(t) = M_X(t) × M_Y(t)

I.B - Exemples

λ est un nombre réel fixé.
I.B.1) On suppose que Z est une variable aléatoire sur ( Ω, A, ℙ ) suivant la loi de Poisson de paramètre λ.
Q 7. Montrer que Z admet des moments de tous ordres.
Q 8. Calculer la fonction génératrice des moments de Z. En déduire les valeurs de m_1(Z) et m_2(Z).
I.B.2) Soit n un entier naturel non nul. Pour i ∈ [ [1, n] ], X_i est une variable aléatoire sur ( Ω, A, ℙ ) suivant une loi de Bernoulli de paramètre λ/n. On suppose que X_1, X_2, …, X_n sont mutuellement indépendantes et on pose S_n = ∑_(i = 1)^n X_i.
Q 9. Calculer la fonction génératrice des moments de la variable aléatoire S_n.
Q 10. Pour t ∈ ℝ, calculer lim_(n → + ∞)M_(S_n)(t).
Q 11. Comparer avec les résultats de la question 8.
I.B.3) Pour n ∈ ℕ^∗, U_n est une variable aléatoire sur ( Ω, A, ℙ ) suivant la loi uniforme sur [ [1, n] ]. On pose Y_n = 1/nU_n.
Q 12. Calculer la fonction génératrice des moments de la variable aléatoire Y_n.
Q 13. Pour t ∈ ℝ, calculer lim_(n → + ∞)M_(Y_n)(t).

II Moments d'une suite numérique

Si (a_n)_(n ∈ ℕ) est une suite réelle telle que, pour tout entier naturel p, la série ∑_(n ⩾ 0)n^p a_n converge absolument, on appelle moment d'ordre p de la suite (a_n) le nombre ∑_(n = 0)^(+ ∞)n^p a_n.
Le but de cette partie est de construire une suite non nulle dont tous les moments d'ordre p(p ∈ ℕ) sont nuls.

II.A - Étude d'une fonction

On définit la fonction φ : ℝ → ℝ par
{φ(x) = exp((− x)/(√(1 − x))), si x < 1; φ(x) = 0, si x ⩾ 1
Q 14. Montrer que φ est continue sur ℝ et de classe C^∞ sur ℝ∖{1}.
Q 15. Calculer lim_(x → 1; x < 1)φ^′(x) et démontrer que φ est de classe C^1 sur ℝ.
Q 16. Montrer que, pour tout entier naturel non nul p, il existe deux polynômes P_p et Q_p à coefficients réels tels que, pour tout x ∈ ] − ∞, 1[,
φ^((p))(x) = (P_p(√(1 − x)))/(Q_p(√(1 − x)))exp((− x)/(√(1 − x)))
Q 17. En déduire lim_(x → 1; x < 1)φ^((p))(x) pour p ∈ ℕ^∗.
Q 18. En déduire que φ est de classe C^∞ sur ℝ et pour p ∈ ℕ^∗, donner la valeur de φ^((p))(1).

II.B - Développements en série

Q 19. Démontrer, pour tout x ∈ ] − 1, 1[,
φ(x) = ∑_(q = 0)^(+ ∞)((− 1)^q)/(q!)x^q(1 − x)^(− q/2)
On considère les polynômes de Hilbert
{H_0(X) = 1; H_n(X) = 1/(n!)∏_(k = 0)^(n − 1)(X − k) = (X(X − 1)⋯(X − n + 1))/(n!) pour tout n ∈ ℕ^∗
Q 20. Démontrer que, pour tout x ∈ ] − 1, 1[ et tout q ∈ ℕ^∗, on a
(1 − x)^(− q/2) = ∑_(p = 0)^(+ ∞)H_p(q/2 + p − 1)x^p
Q 21. En déduire
∀x ∈ ] − 1, 1[, φ(x) = 1 + ∑_(i = 0)^(+ ∞)(∑_(j = 0)^(+ ∞)a_(i, j)(x))
où l'on a posé
∀(i, j) ∈ ℕ^2, a_(i, j)(x) = ((− 1)^(i + 1))/((i + 1)!)H_j((i − 1)/2 + j)x^(i + j + 1)
Q 22. Démontrer que, pour tout x ∈ ] − 1, 1[, ∑_(i = 0)^(+ ∞)(∑_(j = 0)^(+ ∞)|a_(i, j)(x)|) = exp((|x|)/(√(1 − |x|))) − 1.
Q 23. Utiliser les résultats admis dans le préambule pour établir l'égalité
∀x ∈ ] − 1, 1[, φ(x) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n x^n
où
{a_0 = 1; a_n = ∑_(k = 0)^(n − 1)((− 1)^(n − k))/((n − k)!)H_k((n + k)/2 − 1) pour tout n ∈ ℕ^∗

II.C - Un prolongement dans ℂ

On note D le disque ouvert unité de ℂ : D = {z ∈ ℂ; |z| < 1}.
Q 24. Montrer que, pour tout z ∈ D, la série entière ∑_(n ⩾ 0)a_n z^n converge.
Pour z ∈ D, on note Φ_0(z) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n z^n et, sous réserve de convergence,
Φ_p(z) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)(n + p)(n + p − 1)⋯(n + 1)a_(n + p)z^n
Q 25. Justifier que, pour tout p ∈ ℕ^∗ et tout x ∈ ] − 1, 1[, Φ_p(x) = φ^((p))(x) et que pour tout p ∈ ℕ^∗ et tout z ∈ D, la série entière ∑_(n = 0)^(+ ∞)(n + p)(n + p − 1)⋯(n + 1)a_(n + p)z^n converge.
Q 26. Justifier que, pour tout p ∈ ℕ, la fonction φ^((p)) est bornée sur ] − 1, 1[.
On admet que la fonction Φ_p est bornée sur D.
Q 27. Soit r un réel de l'intervalle ]0, 1[. Démontrer pour, tous entiers n ⩾ 1 et p ⩾ 1, que
(n + p)(n + p − 1)⋯(n + 1)a_(n + p)r^n = 1/(2π)∫_0^(2π)Φ_p(re^(iθ))e^(− niθ) dθ
Q 28. Démontrer que, pour tout p ∈ ℕ, il existe un réel K_p et un entier naturel N_p tels que
∀n ⩾ N_p, |a_n| ⩽ (K_p)/(n^p)
Q 29. Démonter que la série entière ∑_(n ⩾ 0)a_n x^n converge normalement sur [ 0,1 ] et donner la valeur de ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n.
Q 30. Soit p ∈ ℕ^∗. Montrer que la série entière ∑_(n ⩾ 0)(n + p)(n + p − 1)⋯(n + 1)a_(n + p)x^n converge normalement sur [0, 1] et donner la valeur de ∑_(n = 0)^(+ ∞)(n + p)(n + p − 1)⋯(n + 1)a_(n + p).
Q 31. Démontrer que tous les moments d'ordre p de la suite (a_n) sont nuls.

III Moments d'une fonction

Soit f une fonction continue sur ℝ à valeurs dans ℝ. On dit que f admet un moment d'ordre p ∈ ℕ si la fonction t ↦ t^p f(t) est intégrable sur ℝ et on appelle moment d'ordre p de f le nombre μ_p(f) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)t^p f(t)dt.
Le but de cette partie est de construire une fonction de classe C^∞ sur ℝ, non nulle, dont tous les moments d'ordre p(p ∈ ℕ) sont nuls.

III.A - Étude d'une fonction à valeurs dans ℂ

On définit la fonction θ : ℝ → ℂ par
{θ(x) = 0, si x ⩽ 0; θ(x) = exp(− (ln^2 x)/(4π^2) + i(lnx)/(2π)), si x > 0
Q 32. Montrer que lim_(x → 0; x > 0)|θ(x)| = 0.
Q 33. Justifier que θ est de classe C^∞ sur ℝ^(+ ∗) et démontrer que, pour tout n ∈ ℕ^∗, il existe P_n ∈ ℂ[X] tel que
∀x ∈ ]0, + ∞[ θ^((n))(x) = (P_n(lnx))/(x^n)θ(x)
Q 34. En déduire que lim_(x → 0; x > 0)|θ^((n))(x)| = 0.
On pourra effectuer le changement de variable y = − lnx.
Q 35. Démontrer que θ est de classe C^∞ sur ℝ.

III.B - Étude d'une intégrale

Q 36. Montrer que pour tout entier naturel p, l'intégrale
I_p = ∫_(− ∞)^(+ ∞)e^(− (t − pπ)^2)sint dt
est absolument convergente et qu'elle vaut zéro.
Q 37. À l'aide du changement de variable t = (lnx)/(2π), démontrer que
∀p ∈ ℕ I_p = (e^(− p^2 π^2))/(2π)∫_0^(+ ∞)x^(p − 1)exp(− (ln^2 x)/(4π^2))sin((lnx)/(2π))dx
Q 38. Conclure.

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