\documentclass[10pt]{article} \usepackage[french]{babel} \usepackage[utf8]{inputenc} \usepackage[T1]{fontenc} \usepackage{amsmath} \usepackage{amsfonts} \usepackage{amssymb} \usepackage[version=4]{mhchem} \usepackage{stmaryrd} \usepackage{bbold} \title{ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES } \author{} \date{} \begin{document} \maketitle \section*{OPTION ÉCONOMIQUE} \section*{MATHÉMATIQUES II} Mardi 13 mai 2003 , de 8 h à 12 h. \begin{abstract} La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies. Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs. Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée. \end{abstract} L'objet du problème est l'étude de la rentabilité du «surbooking » pour une compagnie aérienne. \section*{Partie I: Expression de l'espérance du chiffre d'affaire} Dans cette partie, \(n\) est un entier naturel non nul, \(N\) un entier supérieur ou égal à 2 , et \(p\) un réel strictement compris entre 0 et 1 .\\ Une compagnie aérienne a vendu \(n\) billets à cent euros pour le vol 714 qui peut accueillir jusqu'à \(N\) passagers. La probabilité pour qu'un acheteur se présente à l'embarquement est \(p\) et les comportements des acheteurs sont supposés indépendants les uns des autres.\\ Un acheteur qui ne se présente pas à l'embarquement est remboursé à \(80 \%\), tandis qu'un acheteur qui se présente à l'embarquement mais n'obtient pas de place, le vol étant déjà complet, est remboursé à \(200 \%\). Soit \(X\) la variable aléatoire désignant le nombre d'acheteurs d'un billet se présentant à l'embarquement, soit \(Y\) la variable aléatoire désignant le nombre d'acheteurs d'un billet se présentant à l'embarquement mais n'obtenant pas de place et soit \(G\) la variable aléatoire désignant le montant en centaines d'euros du chiffre d'affaire de la compagnie sur le vol considéré.\\ On suppose ces variables aléatoires définies sur le même espace de probabilité ( \(\Omega, \mathcal{A}, \mathbf{P}\) ). \begin{enumerate} \item Quelle est la loi de \(X\) ? Donner son espérance et sa variance. \item Préciser, pour tout élément \(\omega\) de \(\Omega\), la valeur de \(Y(\omega)\) en fonction de \(N\) et de \(X(\omega)\), en distinguant les cas \(X(\omega)>N\) et \(X(\omega) \leqslant N\). \item Écrire l'expression de \(G\) en fonction de \(n, X, Y\). \item On suppose, dans cette question seulement, que \(n\) est inférieur ou égal à \(N\). Calculer alors l'espérance \(\mathbf{E}(G)\) de la variable aléatoire \(G\).\\ La compagnie cherche alors à évaluer la probabilité \(\mathbf{P}([X \geqslant N])\) et à savoir si le nombre \(n\) aurait pu être choisi de façon à optimiser son chiffre d'affaire. \end{enumerate} \section*{Partie II : Approximations dans des cas particuliers} On reprend, dans cette partie les notations et les définitions de la Partie I. \begin{enumerate} \item On suppose, dans cette question, que \(p\) est égal à 0,5 .\\ a) Soit \(X^{*}\) la variable aléatoire définie par : \(X^{*}=\frac{2 X-n}{\sqrt{n}}\). \end{enumerate} Donner l'espérance et la variance de la variable aléatoire \(X^{*}\).\\ b) Par quelle loi approcher la loi de \(X^{*}\) si \(n\) est assez grand? Montrer qu'alors une valeur approchée de la probabilité \(\mathbf{P}([X \geqslant N])\) est \(\Phi\left(\frac{n+1-2 N}{\sqrt{n}}\right)\),\\ où \(\Phi\) désigne la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite.\\ c) Pour tout réel \(x\) supérieur ou égal à 1, on pose : \(f(x)=\frac{x+1-2 N}{\sqrt{x}}\). Montrer que la fonction \(f\) est croissante.\\ d) On suppose que \(N\) est égal à 320 et on donne : \(\quad \Phi\left(\frac{7}{\sqrt{646}}\right) \approx 0,609 ; \quad \Phi\left(\frac{6}{\sqrt{645}}\right) \approx 0,592\). Que peut-on en déduire pour \(\mathbf{P}([X \geqslant N])\) si \(n\) est inférieur ou égal à 645 , puis si \(n\) est supérieur ou égal à 646 ?\\ 2. Pour tout entier naturel non nul \(m\), on considère la fonction \(g_{m}\) définie sur \(\mathbb{R}_{+}^{*}\) par \[ g_{m}(x)=e^{-x} \sum_{k=0}^{m} \frac{x^{k}}{k!} \] a) Montrer que la fonction dérivée de \(g_{m}\) est définie sur \(\mathbb{R}_{+}^{*}\) par : \(\quad g_{m}^{\prime}(x)=-e^{-x} \frac{x^{m}}{m!}\). Montrer qu'elle vérifie la double inégalité : \[ \forall x \in \mathbb{R}_{+}^{*}, \quad-e^{-m} \frac{m^{m}}{m!} \leqslant g_{m}^{\prime}(x) \leqslant 0 \] b) En déduire que, si \(a\) et \(b\) sont deux réels vérifiant \(0N\).\\ e) Pour tout entier naturel \(n\) non nul, comparer les événements \(\left[X_{n} \geqslant N\right]\) et \(\left[X_{n+1} \geqslant N\right]\). En déduire que la suite \(\left(\mathbf{P}\left[X_{n} \geqslant N\right]\right)_{n \geqslant 1}\) est monotone et convergente.\\ f) Prouver, pour tout entier naturel \(n\) non nul et tout réel strictement positif \(\varepsilon\), l'inégalité : \end{enumerate} \[ \mathbf{P}\left(\left[X_{n}-n p \geqslant-\varepsilon\right]\right) \geqslant 1-\frac{n p(1-p)}{\varepsilon^{2}} \] g) Déterminer la limite : \(\lim _{n \rightarrow+\infty} \frac{n p(1-p)}{(n p-N)^{2}}\); en déduire l'égalité : \(\lim _{n \rightarrow+\infty} \mathbf{P}\left(\left[X_{n} \geqslant N\right]\right)=1\).\\ 2. Soit \(n\) un entier naturel non nul.\\ a) Montrer que la variable \(Y_{n+1}-Y_{n}\) est une variable de Bernoulli et justifier l'égalité des événements \(\left[Y_{n+1}-Y_{n}=1\right]\) et \(\left[T_{n+1}=1\right] \cap\left[X_{n} \geqslant N\right]\).\\ b) En déduire les égalités : \[ \begin{aligned} & \mathbf{E}\left(Y_{n+1}\right)-\mathbf{E}\left(Y_{n}\right)=p \mathbf{P}\left(\left[X_{n} \geqslant N\right]\right) \\ & \mathbf{E}\left(G_{n+1}\right)-\mathbf{E}\left(G_{n}\right)=0,2+0,8 p-2 p \mathbf{P}\left(\left[X_{n} \geqslant N\right]\right) \end{aligned} \] c) Étudier la variation sur \(] 0,1\left[\right.\) de la fonction \(x \longmapsto \frac{0,2+0,8 x}{x}\).\\ d) Montrer que, si \(p\) est inférieur ou égal à \(\frac{1}{6}\), la suite \(\left(\mathbf{E}\left(G_{n}\right)\right)_{n \geqslant 1}\) est croissante.\\ 3. On suppose, dans cette question, que \(p\) est strictement supérieur à \(\frac{1}{6}\).\\ a) Comparer les nombres \(\frac{0,2+0,8 p}{2 p}\) et 1 , puis montrer qu'il existe un entier naturel \(n_{0}\) supérieur ou égal à \(N\), vérifiant : \[ \mathbf{P}\left(\left[X_{n_{0}} \geqslant N\right]\right)>\frac{0,2+0,8 p}{2 p} \quad \text { et } \quad \forall n