À l’image de Calips0, je vous trouve très dur avec ce reportage. Certes, le cadrage était (en partie biaisé). Mais votre regard sur le reportage aussi : vous n’en avez retenu que les aspects les plus dénigrants/négatifs.
En voyant ce reportage, je vois des élèves qui vantent les mérites de l’entraide au sein de la classe, des élèves solidaires les uns des autres, une description assez fidèle de ce qu’est la « colle », …
Leur travail est plutôt bon : ils ont décrit (du point de vue de certains élèves) ce qu’était la vie dans un certain type de prépa. Et globalement, j’ai l’impression qu’ils résument bien la façon dont certains peuvent vivre la prépa. En plus, ils prennent bien soin de suivre plusieurs élèves, qui ont chacun une perception différente de ce qui leur est demandé en prépa. Et ce je n’ai pas l’impression que les élèves choisis soient particuliers : au cours de ma scolarité en classe prépa, j’en ai croisé qui ressemblaient assez bien à ceux qui sont présentés ici.
Ils n’insistent pas sur les différences entre prépa littéraire/scientifique : certes, mais ce n’est pas leur propos. Les éléments abordés sont assez communs aux deux types de prépa (bien que, dans la réalité, elles soient nettement différentes). Et si le choix de B/L et BCPST (deux filières « minoritaires ») peut surprendre, il n’est pas génant ici : les aspects spécifiques de ces prépas ne sont pas du tout abordés.
Quand on résume une année de prépa en 30 minutes
C’est là toute la difficulté de l’exercice. Ils ne sont pas allés faire une enquête sociologique, et ce n’est pas ce qu’on leur demande. Leur objectif était de décrire la prépa du point de vue des élèves, c’est ce qu’ils ont fait. Et plutôt bien, à mon sens.
Le principal reproche qu’on pourrait leur faire, à mon sens, est d’assimiler les prépas qu’on pourrait appeler « parisiennes » (qui préparent aux concours plus exotiques/sélectifs), type Lakanal, à l’ensemble des prépas. J’ai assez bien retrouvé l’ambiance de Fénelon dans ce reportage (bon, le vivre fait que c’est beaucoup plus chaleureux, convivial, acceptable que de le voir décrit par un journaliste), mais assez peu l’ambiance Pissarro (moins de pression sur les élèves, des enjeux assez différents, …).
J’aimerais insister sur une des principales qualité du reportage (à mon sens) : casser le mythe des élèves de prépa qui se tirent dans les pattes tout le temps, qui se font des crasses les uns aux autres, etc. En fait, j’ai moi-même longtemps cru (même en prépa) que ça se passait comme ça dans les plus prestigieuses. Et je crois qu’en-dehors de la prépa, c’est assez répandu. Et, justement, le reportage éclaircit bien ce point.