Bon, flemme de lire tous vos posts, j’ai parcouru en diagonale l’article de Marianne où je me suis arrêté à la première phrase : « Depuis qu’elles sont massivement scolarisées, les filles réussissent mieux que les garçons. »
Dans la suite de l’article, le journaliste expose des statistiques de réussite entre le CP et le bac. Là, je trouve qu’il se décrédébilise totalement ! La primaire, collège et lycée c’est bien joli, mais quand on se rend à un entretien d’embauche on ne montre pas ses bulletins de note de collège me semble-t-il.
Alors sans aller jusqu’aux critères d’Eliiiiiiiiite (Medaille Fields…) on peut regarder un peu plus loin. Pour ce qui est des écoles d’ingénieur, si on regarde les statistiques SCEI des écoles les plus sélectives, on voit que l’évolution « pourcentage de filles inscrites » → « pourcentage de filles intégrées » ne montre pas vraiment une supériorité scolaire féminine. Je ne tire aucune conclusion, mais je réfute en tout cas le sous-titre de Marianne.
M’enfin, j’essaierai de revenir pour au moins commenter le post d’Eliiiiiiiiite dont la teneur en ironie avoisine les 0% (si si Cecrops !) car le sujet me tient à coeur.
Bonne nuit.
Bon,d’abord j’aimerais surtout pas généraliser mais j’ai constaté personnellement, chez des connaissances très proches,une forte tendance à se sous-estimer;
Une jeune fille ayant un très bon niveau en maths et en physique en terminale a refusé de faire une prépa (notre prof de physique lui a quasiment obligé d’en faire une!) au détriment de l’INSA de Lyon (très bonne école d’ingénieurs post-bac) juste parce qu’elle pensait ne pas etre assez forte pour suivre le rythme qui y est pratiqué (on ne peut pas tirer de conclusions mais je connais plusieurs garçons dans ma classe de terminale qui étaient visiblement moins bons qu’elle et qui ont choisi une prépa et réussi leurs concours,bien sur plusieurs aspects entrent en compte,certains qu’on ne peut maitriser mais son excuse n’est pas très légitime).
J’ai aussi constaté qu’un moyen pour palier à ce manque de confiance en prépa (aussi bien chez les filles que chez les garçons) était de travailler beaucoup trop, avec un rapport (quantité assimilée)/(quantité traitée) assez faible au final(« comme ca je ne me culpabiliserai pas » m’as-t-on dit…),et le fait que cela ne paie pas toujours les rendaient encore plus stressées; par exemple plusieurs de mes amies stressaient énormément en ds alors qu’à priori on avait les mêmes connaissances (meme si cela ne suffit pas…).
En fait la question que je me suis posé est; pourquoi les filles ont-elles moins confiance en elles-memes que les garçons (dans le domaines des maths et de la physique)?
Encore une fois j’aimerai pas généraliser mais je pense que le fait que la science fut trop longtemps réservée qu’aux hommes (il y a des sciècles, hein
)et que malgrès une présence féminine de plus en plus importante dans ce domaine là, une certaine psychologie fut instaurée dans notre société qui fait que ces dernières sont moins sures d’elles .
Personellement j’ai rencontré plusieurs garçons qu’on peut qualifier « d’intelligents » (faute d’un meilleur terme, dans le sens où ces personnes là assimilent directement les connaissances traitées et se permettent d’exploser les notes de ds en ne foutant presque rien du tout de leurs journées, étant actuellement à l’X ou ULM dont certains ayant majoré) alors que je n’ai connu qu’une seule fille de ce type là (à ULM info actuellement) et oh surprise, c’etait la rare fille de prépa qui ne partait jamais perdante avant une colle ou un ds.
Comme je l’ai dit beaucoup de filles (du moins je le pense, apres j’ai peut etre tort) ont pour reaction de travailler enormement (cf stereotype de la petite fille parfaite qui a de bonnes notes partout…) quand la difficulté augmente,ce qui semble leur réussir en médecine (encore une fois experience personnelle, je me trompe peut etre) et moins en prépa ou une certaine créativité est requise mais qui est souvent inhibée à cause du stress.
Mes propos sont à prendre avec des pincettes, ce ne sont que des cas particuliers mais un peu de confiance en soi ne ferai pas de mal
Sinon le titre peut prêter à confusion 
Effectivement, les filles réussissent significativement moins bien que les garçon en prépa (Voir stat scei et comparer classés et inscrits)
Évidemment il n’y a pas de conclusion à tirer au niveau individuel ni au niveau d’une classe mais en ordre de grandeur, il 26% des inscrits aux concours les plus sélectifs qui sont des filles et celles-ci ne représentent que 20% des classés. (on voit ça quasiment pour chacun des concours les plus sélectifs, presque aucune inversion quelle que soit la filière)
Je pense que la confiance en soi peut éventuellement être importante. Dans le même ordre d’idée, l’esprit de compétition a une importance en prépa et pourrait jouer un rôle dans la différence.
Je pense aussi à une autre explication: les meilleurs garçons sont peut plus attirés que les meilleures filles par la maths sup. Enfin ça c’est un fait déjà avéré, il n’y a je crois que 26% de filles en taupe, mais peut être que cette différence est encore plus marquée parmi les tous meilleurs élèves. En tout cas ça permettrait d’expliquer cette différence.
Je me demandais aussi, mais ce n’est pas directement en rapport avec ce qui précède a priori, s’il existe une comparaison de la sociologie des taupins filles et garçon (du genre origines sociales selon le sexe, est-ce qu’on retrouve le même profil?)
Moi ce que j’aimerais encore plus que de trouver des explications possibles, ce serait des bons moyens de tester certaines de ces hypothèses, même les plus simples. Jusque là, l’essentiel des pseudo études qui ont été faites montre bien la très grande difficulté d’interprétation des chiffres que l’on peut obtenir sur le sujet.
007 a écrit:
aie aie, j’aurai dû m’en douter, le débat dérape un peu.
Revenons sur des choses compréhensibles et palpables et concentrons nous sur les débuts de carrière, pour ne pas faire intervenir la maternité. Un argument qui m’a frappé c’est
De ce que je vois autour de voir, le problème de la maternité (ou plutôt de la maternité non encore réalisée) pose surtout des problème pour les premiers emplois. Car le risque est grand (vu des entreprises) que la femme se dise : « C’est bon, j’ai un CDI, je peux faire un enfant. »
Je crois surtout que la différence homme / femme vient de là. Pour des raisons historiques, sociologiques, traditionnelles, comme vous voulez, mais au niveau « cadre », niveau où la force physique ne joue pas, tout vient de là. On « croit » qu’une femme va plus se tourner vers ses enfants que vers son boulot …
Timinus a écrit:
Bon là il ne s’agit pas de moi donc ça ne m’énerve pas particulièrement, mais je trouve ça pénible quand quelqu’un présente de vrai arguments et qu’ensuite on prend le seul morceau auquel on peut trouver quelque chose à redire et on ne répond qu’à celui là.
Non, j’ai répondu aussi à la partie du message de Chaotix que je n’ai pas citée.
Pour ce qui est du débat, je ne vais rien ajouter pour le moment, d’autre ayant déjà dit à peu près ce que je pense.
Je vais juste soulever un point. Il serait intéressant de mesurer l’influence qu’a le fait d’avoir une mère scientifique/ayant fait prépa sur le fait de que les filles s’autocensurent ou pas pour les voies scientifiques et la prépa… (Ma mère est prof de maths (après prépa+ENS), et il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’en tant que fille, je pouvais être moins douée que les garçons pour les maths, ou moins capable de faire prépa… En aurait-il été différemment si je n’avais pas eu de modèle matheux féminin ? À noter que ma grand-mère maternelle était également prof de maths.)
Merci à tous pour vos contributions raisonnées et informatives.
Comme le dit Cecrops, il faudrait être capable de tester les hypothèses sérieusement, mais je crains que ce soit au prix d’un investissement colossal, car c’est terriblement subtil. Heavenel rapporte une information cependant importante : l’étude de l’OCDE rapportée par Le Monde montre que les femmes sans interruption de travail et à responsabilité égale gagnent moins que les hommes. Cela contredit mon expérience, nécessairement trop personnelle et liée à mon seul domaine, celui du traitement de l’information.
Il n’en reste pas moins que les chiffres montrent quand même une investigation des filles vers les écoles dites féminines (voir le haut de la page 2 de ce forum) qui sont les écoles où les diplômés, tant pour les hommes et femmes, ont le plus de mal à décrocher un job, job moins bien payé. Le nombre de filles que j’ai pu rencontrer et qui m’ont dit vouloir se préparer à une école en bio-agro ou chimie et ne pas considérer d’autres champs m’a toujours frappé (je fais des forums étudiant où je rencontre pas mal de monde). Ce serait intéressant de croiser cette étude de l’OCDE avec les domaines d’exercice des métiers.
Ensuite il a des exemples sur le comportement, le stress, l’éducation. Cela ne peut malheureusement pas relever des statistiques. Ils rejoignent mon expérience. Je peux enrichir ces cas avec l’exemple suivant :
C. a fait une prépa scientifique contre l’avis de son père qui lui conseillait l’INSA ; en 3/2, le prof de maths l’avait pris en grippe (mysoginie ?) et du coup elle a perdu confiance et s’est retrouvée avant dernière de classe. Remontée pour passer les concours, elle a bien réussie, n’a pas intégrée l’école la plus cotée au désespoir de son père (encore lui !) mais une école de physique (l’équivalent de Phelma maintenant). Elle a repris confiance, fait sa 3e année aux USA, entrepris une thèse (toujours aux USA) sur la physique appliquée à la médecine, et s’est vue recherchée par deux grandes entreprises multinationales du secteur. Elle a choisi une entreprise allemande, a négocié son salaire de début âprement (avec dans son dos son père qui lui disait qu’elle exagérait ; l’aurait-il dit à son fils ?) et elle démarré une carrière plutôt prometteuse (à ce jour elle est cadre supérieur, et identifiée comme haut potentiel pour l’entreprise). Cela illustre l’importance de la confiance en soi mise en avant par Monty, confiance en soi plutôt faible chez les filles qui ont une attitude plus « modeste », cela montre aussi l’influence de la famille ; dans ce cas précis, malgré les reproches que je fais au père
, les parents l’ont toujours soutenu et invité à être responsable, indépendante et battante
.
Mais cela ne reste qu’un exemple et non une étude scientifique.
Il est vrai que les goûts en matière de domaine des femmes sont différents de ceux des hommes. Il existe de nombreuses études qui montrent que les femmes sont plus portées vers le concrets que les hommes : d’où la bio et non les maths. Secteurs qui payent moins ? peut-être mais quelle importance si on est heureux dans son job. Personnellement je n’aurais jamais pu envisager un grandes écoles d’ingénieurs généralistes, menant à des postes de managers car je me serai ennuyer dans ce type de boulot.
Il est vrai que les femmes sont plus sensibles que les hommes, or en prépas il y a beaucoup d’oraux, très révélateur de ce type de sensibilité et, à capacités égales, quelqu’un de sensible les réussira moins bien.
En ce qui concerne la maternité, déjà merci d’éviter l’expression « tomber enceinte » : on dirait un accident grave… Cependant il est vrai que c’est une des causes de salaire inférieur pour les femmes. Elles y sont en effet plus sujettes que les hommes (indéniable ^^). Et même si cela ne fait pas partie du projet d’une femme celle-ci est pénalisé par cette capacité et cette probabilité.
Et peut-être que les hommes sont plus attirés par le fric …
En effet, de toutes façons ce ne sont que des statistiques.
Et comme je l’ai dit dans un précédent message, ma mère étant prof de maths, je ne me suis même pas posé la question.
Nous allons vite retomber dans le débat éternel mais passionnant de l’innée et l’acquis. 
Pour revenir sur le sujet, de quelles façons pensez-vous que des garçons soient « désavantagés » au travail face à des femmes? (oui, je suis provoc, mais quand on me pose une question, je regarde toujours aussi la question dans l’autre sens
).
Kowt a écrit:
En tout cas toi, tu n’y a pas cru à la bêtise qui dit que les filles sont mauvaises en maths ^^
Le problème est justement que beaucoup en sont persuadées.
Les chiffres sur la répartition /non cités un peu plus haut rendent bien compte du problème. Ca m’est arrivé souvent de devoir convaincre une fille classée dans les cinq premières qu’elle avait sa place en * et qu’elle y réussirait. Un garçon, jamais !
Le problème se pose d’ailleurs dès la seconde. A 11 de moyenne scientifique, les garçons ne se posent pas de questions : ils vont en S. A 13, les filles vont en ES…
Bonjour,
Une bonne nouvelle sur le front de la lutte pour l’égalité des sexes :
Pour l’année 2009, la différence de salaire à l’embauche des ingénieurs est de 2,6% seulement (enquête CNISF).
Le rapport révèle cependant une difficulté: le taux de chômage est fort pour les jeunes ingénieurs (18%, contre seulement 4% deux ans avant), et peut être que le chômage des jeunes femmes occulte cette réduction d’écart de salaire.
Il faudrait pouvoir lire l’enquête de la CGE (conférence des grandes écoles) sur l’insertion des jeunes diplômés pour y voir plus clair, mais elle n’est toujours pas publiée. Aucune explication du retard n’est fournie; J’espère juste que ce n’est pas de la censure vu les difficulté de l’emploi en ce moment
.
Cette longue étude offre aussi un chapitre sur « mixité et diversité » avec une étude des politiques d’entreprise à ce sujet.
Enfin, pour revenir sur un point évoqué dans ce forum: 72% des ingénieurEs sortent d’une formation bio-agro ou chimie.
Aguila a écrit:
[quote=« 007 »]
Enfin, pour revenir sur un point évoqué dans ce forum: 72% des ingénieurEs sortent d’une formation bio-agro ou chimie.
Normal : c’est plus intéressant !! 
[/quote]
OK pour l’intéret des études, mais quand on lit ensuite les statistiques sur les salaires et le chômage, avec 72% de filles dans ce domaine, cela plombe les chiffres de cette « catégorie » et on met cela sur le dos du sexisme 
Donc il faudrait peut etre voir aussi l’intéret d’une formation pour le travail qu’il procure ensuite (dans tous les sens du mot intéret
)
Personnellement je préfère faire un boulot qui me plaît mais moins bien payer plutôt que me faire c**** dans un boulot d’ingé généraliste…
Après ça dépend des écoles : il y a 5 très bonnes écoles de biologie alors qu’il y en as beaucoup plus dans les autres domaines. Ça joue aussi.
Prenons l’exemple d’un réseau qui nous est commun : polytech’ : est-ce qu’on peut dire que quelqu’un sortant d’une filière bio de polytech’ a plus de mal a trouver un emploi que celui qui sort d’une filière méca, toujours à Polytech’. Je n’en suis pas sûre du tout…
Personnellement je ne comprend pas cette nouvelle mode qu’ont les gens de sans cesse vouloir faire de la femme la stricte égale de l’homme jusque dans les moindres détails, et je ne parle pas tellement des inégalités de salaire. Je suis peut-être un peu bête ou naïf mais dans ma vision du monde une femme ne se résume pas a un homme avec une morphologie différente.