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Calcul de limite d'intégrale, diagonalisation d'un endomorphisme, expérience aléatoire en deux étapes et étude de fonction
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Le sujet comporte trois exercices et un problème. L'exercice 1 calcule, par encadrement, la limite d'une intégrale dépendant d'un paramètre entier. L'exercice 2 diagonalise un endomorphisme de dérivation seconde sur les polynômes de degré au plus 2 et étudie la convergence de ses puissances normalisées. L'exercice 3 étudie une expérience aléatoire combinant un jeu de pile ou face et des tirages dans des urnes dépendant du résultat. Le problème étudie une famille de fonctions x*exp(-n/x), leurs asymptotes, une suite implicitement définie et une série associée.

  1. 1Exercice 1 : calcul d'une limite d'intégraleOn étudie la monotonie et la convergence de la suite des intégrales de 1/(1+t+t^n) sur [0,1] puis sur [1,+infini[, pour en déduire la limite de l'intégrale sur [0,+infini[.
  2. 2Exercice 2 : diagonalisation d'un endomorphismeOn détermine la matrice, les valeurs propres et les sous-espaces propres d'un endomorphisme de dérivation seconde pondérée sur les polynômes, puis on calcule ses puissances et on étudie la convergence de la suite des puissances normalisées.
  3. 3Exercice 3 : expérience aléatoire à deux étapesOn étudie la loi du rang du premier pile obtenu lors de n lancers, puis celle du nombre de boules blanches tirées dans une urne dont le contenu dépend de ce rang.
  4. 4Problème : étude de la famille de fonctions x*exp(-n/x)On étudie les variations, les asymptotes obliques et une suite (u_n) définie implicitement par f_n(u_n)=1, avant d'étudier une suite d'intégrales I_n et la divergence de la série associée.

Description

Annale de maths appliquées BCE EDHEC pour la filiere ECE, session 2004.

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Concours d'admission sur classes préparatoires

MATHEMATIQUES

Option économique

Mardi 4 mai 2004, de 8h à 12h

La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer, dans la mesure du possible, les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.

L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.

Exercice 1

Le but de cet exercice est de calculer lim_(n → + ∞)∫_0^(+ ∞)1/(1 + t + t^n)dt.
Pour tout n de ℕ, on pose u_n = ∫_0^1 1/(1 + t + t^n)dt et on a, en particulier, u_0 = ∫_0^1 1/(2 + t)dt
  1. Pour tout n de ℕ, justifier l'existence de u_n.
  2. Calculer u_0 et u_1.
  3. a. Montrer que la suite ( u_n ) est croissante.
    b. Montrer que: ∀n ∈ ℕ, u_n ≤ ln2.
    c. En déduire que la suite ( u_n ) est convergente.
  4. a. Pour tout n de ℕ, écrire ln2 − u_n sous la forme d'une intégrale.
    b. En déduire que : ∀n ∈ ℕ, ln2 − u_n ≤ 1/(n + 1).
    c. Donner la limite de la suite (u_n).
  5. Pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 2 , on pose v_n = ∫_1^(+ ∞)1/(1 + t + t^n)dt.
    a. Justifier la convergence de l'intégrale définissant v_n.
    b. Montrer que: ∀n ≥ 2, 0 ≤ v_n ≤ 1/(n − 1).
    c. En déduire lim_(n → + ∞)v_n, puis donner la valeur de lim_(n → + ∞)∫_0^(+ ∞)1/(1 + t + t^n)dt.

Exercice 2

On note E l'espace vectoriel des fonctions polynomiales réelles de degré inférieur ou égal à 2 . On note e_0, e_1, e_2 les fonctions définies, pour tout réel x par e_0(x) = 1, e_1(x) = x et e_2(x) = x^2 et on rappelle que B = (e_0, e_1, e_2) est une base de E.
Soit f l'application qui à toute fonction polynomiale P de E associe la fonction Q = f(P), où Q est la dérivée seconde de l'application qui à tout réel x associe (x^2 − x)P(x).
  1. a. Montrer que f est un endomorphisme de E.
    b. Déterminer f(e_0), f(e_1) et f(e_2) en fonction de e_0, e_1 et e_2.
    c. En déduire que la matrice de f dans la base B est A = (2, − 2, 0; 0, 6, − 6; 0, 0, 12).
    d. Montrer sans calcul que f est un automorphisme de E.
  2. a. Donner les valeurs propres de f, puis en déduire que f est diagonalisable.
    b. Déterminer les sous-espaces propres de f.
  3. a. Justifier l'existence d'une matrice P inversible dont la première ligne ne contient que des " 1 " telle que A = PDP^(− 1), où D = (2, 0, 0; 0, 6, 0; 0, 0, 12).
    b. Montrer que: ∀n ∈ ℕ, A^n = PD^n P^(− 1).
  4. a. Déterminer la matrice P^(− 1).
    b. En déduire explicitement, en fonction de n, la matrice A^n.
    c. On dit qu'une suite de matrices ( M_n ) tend vers la matrice M, lorsque n tend vers + ∞, si chaque coefficient de M_n tend vers le coefficient situé à la même place dans M.
    On pose B = 1/(12)A. Montrer que la suite ( B^n ) tend vers une matrice J vérifiant J^2 = J.

Exercice 3

On désigne par n un entier naturel supérieur ou égal à 2 .
On lance n fois une pièce équilibrée (c'est-à-dire donnant "pile" avec la probabilité 1/2 et "face" également avec la probabilité 1/2 ), les lancers étant supposés indépendants.
On note Z la variable aléatoire qui vaut 0 si l'on n'obtient aucun "pile" pendant ces n lancers et qui, dans le cas contraire, prend pour valeur le rang du premier "pile".
  1. a. Déterminer, en argumentant soigneusement, l'ensemble Z(Ω).
    b. Pour tout k de Z(Ω), calculer P(Z = k). On distinguera les cas k = 0 et k ≥ 1.
    c. Vérifier que ∑_(k ∈ Z(Ω))P(Z = k) = 1.
    d. On rappelle que l'instruction "random(2)" renvoie un nombre au hasard parmi les nombres 0 et 1 . Recopier et compléter le programme suivant pour qu'il simule l'expérience décrite ci-dessus, l'entier n étant entré au clavier par l'utilisateur ("pile" sera codé par le nombre 1 et "face" par 0 ).
    Program EDHEC2004 ;
    var k, n, z, lancer : integer ;
    Begin
    Randomize ;
    Readln (n); k:=0; z:=0;
    Repeat
    k:=k + 1; lancer : = random(2);
    If (lancer = 1 ) then .......... ;
    until (lancer = 1 or ………. ) ;
    Writeln (z) ; end.
On dispose de n + 1 urnes U_0, U_1, …, U_n telles que pour tout k de {0, 1, …, n}, l'urne U_k contient k boules blanches et n − k boules noires.
On effectue des tirages d'une boule, au hasard et avec remise dans ces urnes de la façon suivante : si après les lancers de la pièce décrits dans la première question, la variable Z prend la valeur k (avec k ≥ 1 ), alors on tire une par une et avec remise, k boules dans l'urne U_k et l'on note X la variable aléatoire égale au nombre de boules blanches obtenues à l'issue de ces tirages. Si la variable Z a pris la valeur 0 , aucun tirage n'est effectué et X prend la valeur 0 .
2) Déterminer X(Ω).
3) a. Déterminer, en distinguant les cas i = 0 et 1 ≤ i ≤ n, la probabilité P(X = i/Z = 0).
b. Déterminer, en distinguant les cas i = n et 0 ≤ i ≤ n − 1, la probabilité P(X = i/Z = n).
c. Pour tout k de {1, 2, …, n − 1} déterminer, en distinguant les cas 0 ≤ i ≤ k et k < i ≤ n, la probabilité conditionnelle P(X = i/Z = k).
4) a. Montrer que P(X = 0) = ∑_(k = 1)^(n − 1)((n − k)/(2n))^k + 1/(2^n).
b. Montrer que P(X = n) = 1/(2^n).
c. Exprimer, pour tout i de {1, 2, …, n − 1}, P(X = i) sous forme d'une somme que l'on ne cherchera pas à réduire.
5) Vérifier, avec les expressions trouvées à la question précédente, que ∑_(i = 0)^n P(X = i) = 1.

Problème

Dans ce problème, la lettre n désigne un entier naturel non nul.
On note f_n la fonction définie sur ℝ par : f_n(x) = xe^(− n/x) si x ≠ 0 et f_n(0) = 0.
On note ( C_n ) la courbe représentative de f_n dans un repère orthonormé ( O, i⃗, j⃗ ).
  1. a. Montrer que f_n est continue à droite en 0 .
    b. Montrer que f_n est dérivable à droite en 0 et donner la valeur du nombre dérivé à droite en 0def_n.
  2. a. Montrer que f_n est dérivable sur ] − ∞, 0[ et sur ]0, + ∞[. Pour tout réel x non nul, calculer f_n^′(x) puis étudier son signe.
    b. Calculer les limites de f_n en + ∞, − ∞ et 0^−, puis donner le tableau de variation de f_n.
  3. a. Rappeler le développement limité à l'ordre 2 de e^u lorsque u est au voisinage de 0 .
    b. En déduire que, lorsque x est au voisinage de + ∞ ou au voisinage de − ∞, on a :
f_n(x) = x − n + (n^2)/(2x) + o(1/x)
c. En déduire qu'au voisinage de + ∞, ainsi qu'au voisinage de − ∞, (C_n) admet une asymptote "oblique" (D_n) dont on donnera une équation. Préciser la position relative de (D_n) et (C_n) aux voisinages de + ∞ et de − ∞.
d. Donner l'allure de la courbe ( C_1 ).
4) a. Montrer qu'il existe un unique réel, que l'on notera u_n, tel que f_n(u_n) = 1.
b. Vérifier que, pour tout n de ℕ^∗, u_n est strictement supérieur à 1 et que u_n est solution de l'équation xln(x) = n.
c. Étudier la fonction g définie sur [1, + ∞[ par g(x) = xlnx. En déduire, en utilisant la fonction g^(− 1), que lim_(n → + ∞)u_n = + ∞.
d. Justifier la relation lnu_n + ln(lnu_n) = lnn, puis montrer que lnu_n ∼ lnn.
En déduire un équivalent de u_n lorsque n est au voisinage de + ∞.
5) a. Montrer que la suite (u_n)_(n ≥ 1) est strictement croissante.
b. Montrer que : f_n(u_(n + 1)) = e^(1/(u_(n + 1))).
6) On pose I_n = ∫_(u_n)^(u_(n + 1))f_n(t)dt.
a. Montrer que : 1 ≤ (I_n)/(u_(n + 1) − u_n) ≤ e^(1/(u_(n + 1))).
b. En déduire un équivalent de I_n lorsque n est au voisinage de + ∞.
c. Montrer alors que la série de terme général I_n est divergente.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte ce sujet de maths appliquées EDHEC ECE 2004 ?
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Sur quels chapitres porte ce sujet de maths appliquées EDHEC ECE 2004 ?

Il porte sur les suites et intégrales à paramètre, la diagonalisation des endomorphismes, les probabilités conditionnelles et l'étude de fonctions avec asymptotes et suites implicites.

Quelles parties sont indépendantes dans ce sujet ?

Les trois exercices et le problème sont indépendants les uns des autres ; à l'intérieur de l'exercice 3, les deux premières questions sur le jeu de pile ou face précèdent l'étude des tirages dans les urnes qui en dépendent.

Quels résultats de cours faut-il connaître pour ce sujet ?

La convergence des suites monotones bornées, la diagonalisation des matrices et le calcul de leurs puissances, les probabilités conditionnelles, et les développements limités pour l'étude d'asymptotes.

Le sujet demande-t-il de programmer ?

Une question de l'exercice 3 demande de compléter un programme Pascal simulant l'expérience de pile ou face décrite dans l'énoncé.

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