BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2008, épreuve 2Sujet, corrigé et rapport du jury
Epreuve de maths appliquées - ECE 2008
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2008.
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OPTION ECONOMIQUE
MATHEMATIQUES II
Mercredi 7 mai 2008, de 14 h à 18 h
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Tout au long du sujet
N désigne un entier naturel supérieur ou égal à 2 .
Notations :
Notations :
- Pour
x ∈ ℝ , on note|x| la valeur absolue dex . - Pour tout vecteur
V = (v_1; ⋅; ⋅; v_N) ∈ M_(N, 1)(ℝ) , on note|V| = (|v_1|; ⋅; ⋅; |v_N|) ∈ M_(N, 1)(ℝ)
et‖V‖_1 = ∑_(j = 1)^N|v_j| . - On notera
I_N la matrice identitée deM_N(ℝ) . - Pour
A ∈ M_N(ℝ) , on note^t A la matrice transposée deA .
Résultat admis :
- Pour
(A, B) ∈ M_N(ℝ)^2 , on a^t(AB) = ^t B^t A .
Définitions :
- Une matrice est dite positive si tous ses coefficients sont des nombres réels positifs ou nuls; elle est dite strictement positive si tous ses coefficients sont des nombres réels strictement positifs.
- Un vecteur colonne
V ∈ M_(N, 1)(ℝ) est dit de probabilité siV est positif et si‖V‖_1 = 1 . - Une matrice
Q = (Q(i, j))_(1 ≤ i ≤ N, 1 ≤ j ≤ N) ∈ M_N(ℝ) est dite stochastique si elle est positive et si∑_(i = 1)^N Q(i, j) = 1 pour tout1 ≤ j ≤ N . - Un vecteur
V ∈ M_(N, 1)(ℝ) est dit invariant parQ ∈ M_N(ℝ) siQV = V . - Soit
Q ∈ M_N(ℝ) . La suite de matrice(Q^n)_(n ≥ 0) est convergente vers la matriceQ_∞ si pour tout(i, j) ∈ {1, …, N}^2, (Q^n(i, j))_(n ≥ 0) converge versQ_∞(i, j) .
Préliminaires
Soit
V = (v_1; ⋅; ⋅; v_N) ∈ M_(N, 1)(ℝ) tel que
P1. Montrer que, pour tout
x réel,
|x| − x ≥ 0 .
P2. Etude du casN = 3 . On supposera donc, dans cette question P2 uniquement,
N = 3 .
P2.a Montrer que
P2. Etude du cas
P2.a Montrer que
P2.b Montrer à l'aide de (E), que si
|v_j v_(j^′)| > 0 pour
(j, j^′) ∈ {1, 2, 3}^2 tel que
j ≠ j^′ , alors
v_j et
v_(j^′) ont même signe.
P2.c Conclure que
V = |V| ou
V = − |V| .
P3. Montrer queV = |V| ou
V = − |V| dans le cas général où
N est un entier quelconque vérifiant
N ≥ 2 .
P3. Montrer que
Partie I Google et PageRank
En 1998, Sergey Brin et Larry Page, co-fondateurs de Google, ont introduit la notion de PageRank. Le PageRank est un indice mesurant la notoriété de chacune des pages Web référencées dans Google. Bien que les outils de calcul de cet indice soient maintenus secrets, le principe mathématique sur lequel repose ce calcul est public et peut-être résumé comme suit.
On numérote de 1 à
N les pages Web référencées dans Google (on pense que
N = 10^9 est un bon ordre de grandeur). On dira qu'une page
j ∈ {1, …, N} pointe vers une autre page
i ∈ {1, …, N} s'il existe un lien dans la page
j permettant de rejoindre la page
i en cliquant dessus.
Pour tout
j ∈ {1, …, N} , on note
d_j le nombre de pages vers lesquelles la
j^(ème) page pointe. Lorsque
d_j = 0 pour chaque couple de pages
(i, j) posons
A(i, j) = 0 si
i ≠ j et
A(j, j) = 1 . Lorsque
d_j > 0 , posons soit
A(i, j) = 1/d_j si
j pointe vers
i soit
A(i, j) = 0 sinon. Si
ρ ∈ [0, 1[ , on définit la matrice de Google
G = (G(i, j))_(1 ≤ i ≤ N, 1 ≤ j ≤ N) par
Pour tout
j ∈ {1, …, N} , le PageRank d'une page
j est un nombre réel positif ou nul noté
p(j) . Les
p(j), 1 ≤ j ≤ N sont par ailleurs définis par le système d'équations
A la question "que mesure exactement pour une page
j ∈ {1, …, N} donnée ce fameux PageRank
p(j) ?", leurs concepteurs assurent qu'il s'agit de la "chance" qu'un surfeur se retrouve sur la page
j en question. Le but de ce sujet est de lever un coin du voile entourant le mystère du PageRank en justifiant d'une part de l'existence et de l'unicité de la solution du système ( S ) et en fournissant d'autre part une interprétation probabiliste de ce système permettant de donner un sens mathématique aux affirmations de Brin et Page.
A. Etude de la matrice G de Google
On démontre dans cette section quelques propriétés simples de la matrice
G de Google.
I.A. 1 Montrer queG ∈ M_N(ℝ) est une matrice strictement positive.
I.A. 2 Soitj ∈ {1, …, N} tel que
d_j = 0 , montrer que
∑_(i = 1)^N G(i, j) = 1 .
I.A. 3 Soitj ∈ {1, …, N} tel que
d_j > 0 . En écrivant que
I.A. 1 Montrer que
I.A. 2 Soit
I.A. 3 Soit
montrer que
∑_(i = 1)^N G(i, j) = 1 .
I.A. 4 Que peut-on en déduire pourG ?
I.A. 5 Montrer que le vecteur(p(1); ⋅; ⋅; p(N)) ∈ M_(N, 1)(ℝ) défini en (S), en admettant qu'il existe, est invariant par
G .
I.A. 4 Que peut-on en déduire pour
I.A. 5 Montrer que le vecteur
B. Modèle du surfeur sur le Web
Dans toute cette partie (
Ω, F, P ) désigne un espace probabilisé et toutes les variables aléatoires utilisées sont toutes définies sur cet espace. On rappelle que l'on numérote de 1 à
N les
N pages Web référencées dans Google. On considère un internaute surfant sur le Web en utilisant Google, on
noteX_0 la première page visitée et
X_n la page sur laquelle il se retrouve au bout de
n opérations (soit de clic sur un lien dans une page soit d'abandon au profit d'une autre adresse). Pour tout
n ∈ ℕ ,
X_n est à valeurs dans
{1, 2, …, N} et on admettra que la suite de variables aléatoires
(X_n)_(n ≥ 0) vérifie pour tout entier
n ≥ 1 et tout
(x_(n − 1), x_n) ∈ {1, 2, …, N}^2
note
où
G est la matrice de Google. On considère
n un entier naturel strictement positif.
I.B. 1 On noteV_n le vecteur de
M_(N, 1)(ℝ) dont pour tout
i ∈ {1, 2, …, N} , la
i^(ème) composante est définie par
(v_n)_i = P(X_n = i) . Vérifier que
V_n est bien un vecteur de probabilité.
I.B. 2 Exprimer pour tout(i, j) ∈ {1, 2, …, N}^2 P({X_n = i} ∩ {X_(n − 1) = j}) à l'aide de
G et
V_(n − 1) .
I.B. 3 En déduire queV_n = GV_(n − 1) .
I.B. 4 Montrer que pour toutk entier naturel
V_k = G^k V_0 .
I.B. 1 On note
I.B. 2 Exprimer pour tout
I.B. 3 En déduire que
I.B. 4 Montrer que pour tout
Partie II Matrices stochastiques
Le but de cette deuxième partie est de prouver l'existence et l'unicité d'un vecteur de probabilité invariant pour une matrice stochastique strictement positive.
A. Etude d'un exemple
On considère une matrice
Q ∈ M_2(ℝ) stochastique et strictement positive.
Q peut se mettre sous la forme
avec
q ∈ ]0, 1[ et
q^′ ∈ ]0, 1[ .
II.A. 1 Déterminer l'ensemble des vecteursV ∈ M_(2, 1)(ℝ) vérifiant
QV = V .
II.A. 2 Montrer qu'il existe un unique vecteur de probabilitéV_∞ ∈ M_(2, 1)(ℝ) invariant par
Q et le calculer.
II.A. 3 Prouver que pour tout entiern ≥ 1
II.A. 1 Déterminer l'ensemble des vecteurs
II.A. 2 Montrer qu'il existe un unique vecteur de probabilité
II.A. 3 Prouver que pour tout entier
II.A. 4 En déduire que
(Q^n)_(n ≥ 1) converge lorsque
n tend vers l'infini vers une matrice dont les deux vecteurs colonnes sont égaux à
V_∞ .
On cherchera à généraliser ce résultat dans la partie III.
B. Existence d'un vecteur de probabilité invariant
Dans cette section II.B,
Q ∈ M_N(ℝ) est une matrice stochastique.
II.B. 1 On noteU le vecteur élément de
M_(N, 1)(ℝ) dont toutes les composantes valent 1 . Calculer
^t QU .
II.B. 2 Montrer que siQ − I_N est inversible, alors
^t Q − I_N est aussi inversible.
II.B. 3 Déduire des deux questions précédentes que 1 est valeur propre deQ .
II.B. 1 On note
II.B. 2 Montrer que si
II.B. 3 Déduire des deux questions précédentes que 1 est valeur propre de
Soit
λ une valeur propre réelle de
Q telle que
|λ| = 1 et
V ∈ M_(N, 1)(ℝ) un vecteur propre de
Q associé à la valeur propre
λ .
II.B. 4 Prouver que le vecteurQ|V| − |V| est positif.
II.B. 5 Montrer que le vecteur|V| est invariant par
Q .
II.B. 4 Prouver que le vecteur
II.B. 5 Montrer que le vecteur
Indication : on pourra sommer les composantes du vecteur
Q|V| − |V| .
II.B. 6 Prouver l'existence d'au moins un vecteur de probabilité invariant parQ .
II.B. 6 Prouver l'existence d'au moins un vecteur de probabilité invariant par
C. Unicité d'un vecteur de probabilité invariant
Dans cette section II.C,
Q ∈ M_N(ℝ) est une matrice stochastique strictement positive. On sait d'après II.B. 6 qu'il existe au moins un vecteur de probabilité invariant par
Q noté
Cette section II.C permettra de démontrer l'unicité d'un tel vecteur.
II.C. 1 Prouver que siV est un vecteur positif invariant par
Q , alors soit
V = 0_(M_(N, 1)(ℝ)) soit
V est strictement positif.
II.C. 2 Justifier queV_∞ est strictement positif.
II.C. 1 Prouver que si
II.C. 2 Justifier que
On considère à présent un autre vecteur de probabilité noté
invariant par
Q . Puis, on définit
II.C. 3 Montrer que
V est invariant par
Q .
II.C. 4 Montrer queV est positif mais pas strictement positif.
II.C. 5 En déduire queW_∞ = αV_∞ .
II.C. 6 En conclure queW_∞ = V_∞ .
II.C. 4 Montrer que
II.C. 5 En déduire que
II.C. 6 En conclure que
On reprend jusqu'à la fin de cette partie les notations de la partie I sur Google et la notion de PageRank.
II.C. 7 Montrer que le système ( S ) définissant le PageRank admet bien une et une seule solution.
II.C. 8 Démontrer quep(i) ≥ (1 − ρ)/N pour tout
i ∈ {1, …, N} .
II.C. 9 Le rôle du paramètreρ est essentiel pour assurer l'unicité de la solution du système (S). Que se passerait-il pour
ρ = 1 et disons
N = 3 pour simplifier à l'extrême? (Songer qu'il peut exister des pages Web qui ne pointent vers aucune autre!).
II.C. 7 Montrer que le système ( S ) définissant le PageRank admet bien une et une seule solution.
II.C. 8 Démontrer que
II.C. 9 Le rôle du paramètre
Partie III Validation du PageRank
Dans toute cette partie III, on considère
Q ∈ M_N(ℝ) matrice stochastique strictement positive. On notera
V_∞ l'unique vecteur de probabilité invariant par
Q .
A. Valeurs propres de
Q
Il s'agit dans cette section III.A de localiser les valeurs propres de
Q .
III.A. 1 Vérifier que pour tout vecteurV ∈ M_(N, 1)(ℝ) on a
III.A. 1 Vérifier que pour tout vecteur
avec de plus
‖QV‖_1 = ‖V‖_1 lorsque
V est positif.
III.A. 2 En déduire que pour toute valeur propre réelleλ de
Q , on a
|λ| ≤ 1 .
III.A. 2 En déduire que pour toute valeur propre réelle
Soient
λ une valeur propre réelle de
Q telle que
|λ| = 1 , et
V ∈ M_(N, 1)(ℝ) un vecteur propre de
Q associé à
λ tel que
‖V‖_1 = 1 . On sait grâce au II.B. 5 que
|V| = V_∞ .
III.A. 3 Etablir l'identité
III.A. 3 Etablir l'identité
où
v_i est la
i^(ème) composante de
V pour
i ∈ {1, …, N} .
III.A. 4 En déduire en utilisant P 3 queV est colinéaire à
|V| puis que
λ = 1 .
III.A. 4 En déduire en utilisant P 3 que
B. Convergence
On fera dans cette section III.B l'hypothèse supplémentaire que
Q est diagonalisable.
Le but de ce qui suit est d'établir que la suite(Q^n)_(n ≥ 1) converge, lorsque
n tend vers l'infini, vers la matrice
Q_∞ dont les vecteurs colonnes sont tous égaux à
V_∞ .
III.B. 1 Montrer qu'il existe une matrice diagonaleD ∈ M_N(ℝ) et une matrice inversible
S ∈ M_N(ℝ) , telles que pour tout
n ≥ 1, Q^n = SD^n S^(− 1) .
III.B. 2 Prouver que parmi lesN coefficients diagonaux de
D un et un seul est égal à 1 alors que tous les autres sont de valeur absolue strictement inférieure à 1 .
III.B. 3 En déduire que la suite(Q^n)_(n ≥ 1) converge vers une matrice
Q_∞ .
III.B. 4 Prouver que pour toutn ≥ 1, Q^n est stochastique puis que
Q_∞ est stochastique.
III.B. 5 Démontrer queQQ_∞ = Q_∞ .
III.B. 6 En déduire que chacun des vecteurs colonnes deQ_∞ est invariant par
Q .
III.B. 7 Conclure.
Le but de ce qui suit est d'établir que la suite
III.B. 1 Montrer qu'il existe une matrice diagonale
III.B. 2 Prouver que parmi les
III.B. 3 En déduire que la suite
III.B. 4 Prouver que pour tout
III.B. 5 Démontrer que
III.B. 6 En déduire que chacun des vecteurs colonnes de
III.B. 7 Conclure.
On admettra pour la partie III.C que
(Q^n)_(n ≥ 1) converge lorsque
n tend vers l'infini vers la matrice
Q_∞ dont les vecteurs colonnes sont tous égaux à
V_∞ sous les seules hypothèses
Q stochastique et strictement positive.
C. Application au modèle du surfeur
On reprend pour la fin du sujet les notations du PageRank de Google décrit dans l'introduction de la partie I et du modèle du surfeur décrit dans la partie I.B. On considère
X_∞ la variable aléatoire à valeurs dans
{1, …, N} dont la loi est définie par
III.C. 1 Montrer que
(X_n)_(n ≥ 0) converge en loi vers
X_∞ lorsque
n tend vers l'infini.
III.C. 2 En quoi ce résultat donne-t-il du sens à l'assertion un peu vague: "le PageRank d'une page donnée représente la chance qu'un internaute se retrouve sur la page en question lorsqu'il surfe"?
III.C. 2 En quoi ce résultat donne-t-il du sens à l'assertion un peu vague: "le PageRank d'une page donnée représente la chance qu'un internaute se retrouve sur la page en question lorsqu'il surfe"?
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