BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2014, épreuve 2Sujet, corrigé et rapport du jury
Epreuve de maths appliquées - ECE 2014
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2014.
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Concours d'admission de 2014
OPTION ÉCONOMIQUE
MATHÉMATIQUES II
Mercredi 7 mai 2014, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
S'interroger sur la répartition des nombres dans un tableau de données est une question importante des mathématiques du hasard. Le problème propose trois approches dans des situations diverses. Dans une première partie, on étudie la loi du premier chiffre significatif. Dans une deuxième, on introduit une fonction auxilliaire pour obtenir un renseignement sur la répartition moyenne des nombres dans une table de logarithmes. Enfin, dans la troisième, on s'intéresse à la fréquence d'apparition d'une décimale dans l'écriture d'un nombre. Les trois parties sont indépendantes
I Autour de la loi de Benford
Soit
x ∈ ℝ . On note
[x] sa partie entière, c'est-à-dire le plus grand entier relatif inférieur ou égal à
x , et
{x} sa partie fractionnaire :
{x} = x − [x] . On note log
z le logarithme en base 10 du réel
z > 0 . On a donc
logz = (lnz)/(ln10) . On rappelle en particulier les propriétés suivantes, qu'on pourra utiliser sans démonstration
On a par exemple
log(100) = 2, log(√(10)) = 1/2 .
1)
(a) Montrer que pour tout réelx positif et non nul, on a
1)
(a) Montrer que pour tout réel
Cette décomposition est dite notation scientifique de
x .
(b) Montrer que pour toutx > 0 , le couple
(10^({logx}), [logx]) est l'unique couple
(α, n) dans
[1, 10[ × Z tel que
x = α ⋅ 10^n .
(c) Soitx > 0 . On pose
γ = [10^({logx})] . Montrer que
γ ∈ {1, 2, …, 9} .
γ est appelé le premier chiffre significatif de
x .
2) Pour tout entier naturelk tel que
1 ≤ k ≤ 9 , on pose
p_k = log(1 + 1/k) . Montrer que
∑_(k = 1)^9 p_k = 1 .
(p_k)_(1 ≤ k ≤ 9) définit donc une loi de probabilité sur
{1, 2, …, 9} dite loi de Benford.
3) SoitX une variable aléatoire réelle strictement positive. On suppose que la variable aléatoire réelle
Y = {logX} suit une loi uniforme sur [0,1[.
(a) Soitk ∈ {1, 2, …, 9} . Montrer que
[10^Y] = k ⟺ k ≤ 10^Y < k + 1
(b) On considère la variable aléatoireΓ = [10^({logX})] égale au premier chiffre significatif de
X .
(b) Montrer que pour tout
(c) Soit
2) Pour tout entier naturel
3) Soit
(a) Soit
(b) On considère la variable aléatoire
Déterminer la loi de la variable aléatoire
Γ .
4) SoitY une variable aléatoire réelle admettant une densité
g continue sur
ℝ . On suppose que
(h1)g atteint son maximum
M en un unique point
a_0 ∈ ℝ .
(h2)g est croissante sur
] − ∞, a_0] et décroissante sur
[a_0, + ∞[
(a)
i) Montrer que pour touty ∈ ℝ et tout
n ∈ Z, {y} = {y − n} .
ii) Déduire que pour toutn ∈ Z , la loi de
{Y} est identique à celle de
{Y − n} .
iii) Déterminer une fonction de densitég~ continue de la variable aléatoire
Y − [a_0] .
iv) Montrer queg~ admet un unique maximum en un point
a~_0 ∈ [0, 1[ .
v) Montrer queg~ vérifie les conditions (h1) et (h2) ci-dessus avec
a~_0 remplaçant
a_0 .
4) Soit
(h1)
(h2)
(a)
i) Montrer que pour tout
ii) Déduire que pour tout
iii) Déterminer une fonction de densité
iv) Montrer que
v) Montrer que
On supposera donc désormais que
a_0 ∈ [0, 1[ . On fixe
x ∈ ]0, 1[ et on note
I_(n, x) = [n, n + x[ pour
n ∈ Z .
(b)
i) Soitφ une fonction positive continue et croissante sur
[0, 1] . Montrer, en utilisant un changement de variable, que
∫_0^x φ(t)dt ≤ x.∫_0^1 φ(u)du .
ii) Déduire que pour toutn ∈ Z tel que
n ≤ − 1 , on a
1/x∫_(I_(n, x))g(t)dt ≤ ∫_n^(n + 1)g(t)dt
(b)
i) Soit
ii) Déduire que pour tout
On admettra qu'on montrerait de même que pour
n ≥ 2, 1/x∫_(I_(n, x))g(t)dt ≤ ∫_(n − 1 + x)^(n + x)g(t)dt
iii) Montrer que1/x∑_(n ≥ 1)∫_(I_(− n, x))g(t)dt ≤ ∫_(− ∞)^0 g(t)dt et que
1/x∑_(n ≥ 2)∫_(I_(n, x))g(t)dt ≤ ∫_(1 + x)^(+ ∞)g(t)dt
iv) Montrer que∫_(I_(0, x))g(u)du ≤ xM et que
∫_(I_(1, x))g(u)du ≤ xM
v) Conclure que1/x∑_(n ∈ Z)∫_(I_(n, x))g(u)du = 1/x∑_(n ≥ 1)∫_(I_(− n, x))g(u)du + 1/x∑_(n ≥ 0)∫_(I_(n, x))g(u)du ≤ 1 + 2M
iii) Montrer que
iv) Montrer que
v) Conclure que
On montrerait de même que
1/x∑_(n ∈ Z)∫_(I_(n, x))g(u)du ≥ 1 − 2M , inégalité qu'on admettra.
vi) Montrer que l'événement({Y} < x) est égal à
⋃_(n ∈ ℤ)(Y ∈ I_(n, x)) .
vii) Déduire que|P({Y} < x) − x| ≤ 2M .
5) Soit(Z_n)_(n ≥ 1) une suite de variables aléatoires telle que
Z_n suit une loi exponentielle de paramètre
1/n . On pose
X_n = 10^(√(Z_n)) et
Y_n = logX_n = √(Z_n) .
(a) Déterminer une densitég_n de la loi de
Y_n , continue sur
IR .
(b) Étudier les variations deg_n sur
ℝ^+ et déterminer son maximum.
(c) Montrer que pour toutx ∈ ]0, 1[, |P({Y_n} < x) − x| ≤ 2√(2/n)e^(− 1/2) .
(d) Montrer que la suite({Y_n})_(n ≥ 1) converge en loi vers la loi uniforme sur
[0, 1[ .
vi) Montrer que l'événement
vii) Déduire que
5) Soit
(a) Déterminer une densité
(b) Étudier les variations de
(c) Montrer que pour tout
(d) Montrer que la suite
II Répartition des valeurs dans une table numérique
Henri Poincaré (1854-1912) a proposé au début du 20ème siècle une façon originale d'étudier la répartition des valeurs d'une table numérique en montrant que pour un bon choix d'une fonction
F de période assez grande par rapport à l'incrémentation des valeurs de la table, la moyenne des valeurs prises par
F sur la table sera petite, ce qui indique une certaine forme d'équilibre dans la répartition de ces valeurs.
Poincaré considère l'exemple des valeurs d'une table de logarithmes
Poincaré considère l'exemple des valeurs d'une table de logarithmes
pour
n = 1, 2, 3, …, 10.000 et pose
F(y) = sin(1000.π.y) , fonction de période
1/(500) , grande par rapport à l'incrémentation
1/(100.000) dans la table. Il s'intéresse à la moyenne des valeurs de
F sur la table, c'est-à-dire à
et désire montrer que cette valeur est petite.
Posons
Posons
(a) Soit
φ une fonction de classe
C^2 sur
[1/2, + ∞[ . On suppose qu'il existe un réel
M > 0 tel que, pour tout
u ∈ [1/2, + ∞[, |φ^(′′)(u)| ≤ M .
Montrer que pourn ∈ ℕ^∗ et
|h| ≤ 1/2 , on a
Montrer que pour
(b) Déduire que pour tout
n ∈ ℕ^∗ ,
- On pose
φ(x) = sin(1000 ⋅ π ⋅ ln(1 + x/(100.000))) .
(a) Calculerφ^(′′) .
(b) Montrer que pour toutu ∈ [1/2, + ∞[ , on a
Dans la suite, on admettra que
(π^2)/((100)^2) + π/(1000 ⋅ (100)^2) < 0, 001 .
(c) Exprimer pourk ∈ ℕ^∗ le réel
φ(k) en fonction de
F et de
z_k puis montrer que
(c) Exprimer pour
(d) Déduire que
|J − S| < 0, 001
8)
(a) Montrer que
8)
(a) Montrer que
(b) Soient
a, b, ω des réels tels que
0 < a < b et
ω > 0 .
i) Montrer que|∫_(lna)^(lnb)cos(ωu)e^u du| ≤ b − a .
ii) À l'aide d'une intégration par parties et de l'inégalité précédente montrer
i) Montrer que
ii) À l'aide d'une intégration par parties et de l'inégalité précédente montrer
(c) Déduire de la question précédente que
|J| < 1/(100) .
(d) Conclure que|S| < 1/(100) + 1/(1000) .
(d) Conclure que
III Sur les nombres normaux
Dans cette partie, on se donne un espace probabilisé (
Ω, A, P ) et on notera comme d'habitude, sous réserve d'existence,
E(X) et
V(X) l'espérance et la variance d'une variable aléatoire réelle
X .
On commence par rappeler les deux points de théorie suivants.
(i) Pour toute suite d'événements(C_k)_(k ∈ ℕ) dans
Ω , on a
P(⋃_(k = 0)^∞C_k) ≤ ∑_(k = 0)^∞P(C_k) avec la convention que cette série vaut
+ ∞ si elle diverge.
(ii) Si(C_k)_(k ∈ ℕ) est une suite décroissante d'événements dans
Ω , au sens où
∀k ≥ 0, C_k ⊃ C_(k + 1) , on a
P(⋂_(k ≥ 0)C_k) = lim_(k → + ∞)P(C_k)
On rappelle aussi l'inégalité de Markov : siZ est une variable aléatoire positive admettant une espérance
E(Z) , pour tout
α > 0 , on a
P(Z > α) ≤ (E(Z))/α .
On considère ici le tirage au sort d'un nombre réel entre 0 et 1 qu'on modélise de la façon suivante :(X_n)_(n ≥ 1) est une suite de variables aléatoires indépendantes, de même loi uniforme à valeurs dans
{0, 1, 2, …, 9} . Les
(X_n)_(n ≥ 1) représentent les décimales du nombre tiré au hasard c'est-à-dire que ce nombre est
∑_(k = 1)^(+ ∞)(X_k)/(10^k) .
On définit enfin pour toutk ≥ 1 une variable aléatoire
Y_k à valeurs 0 ou 1 par
Y_k = 1 si
X_k = 1 et
Y_k = 0 si
X_k ≠ 1 .
9)
(a) Montrer que les variablesY_k sont indépendantes et de même loi que l'on précisera.
(b) DéterminerE(Y_k) et
V(Y_k) .
On commence par rappeler les deux points de théorie suivants.
(i) Pour toute suite d'événements
(ii) Si
On rappelle aussi l'inégalité de Markov : si
On considère ici le tirage au sort d'un nombre réel entre 0 et 1 qu'on modélise de la façon suivante :
On définit enfin pour tout
9)
(a) Montrer que les variables
(b) Déterminer
On pose
S_n = ∑_(k = 1)^n Y_k . Par conséquent,
(S_n)/n représente la fréquence des 1 dans la suite des décimales du nombre tiré.
(c) CalculerV((S_n)/n) en fonction de
n .
(d) Soitε > 0 fixé. Montrer
P(|(S_n)/n − 1/(10)| > ε) ≤ (V(S_n/n))/(ε^2) .
(e) En déduire que
(c) Calculer
(d) Soit
(e) En déduire que
On va dans la suite améliorer ce résultat en montrant qu'en fait pour la plupart des nombres réels, la fréquence des 1 dans leurs décimales vaut
1/10 .
10) Soit(A_n)_(n ≥ 1) une suite d'événements.
(a) On poseA = ⋂_(N ≥ 1)⋃_(k = N)^∞A_k . Montrer que
A est l'ensemble des
ω qui appartiennent à une infinité d'événements
A_k .
(b) On pose, pour toutN ≥ 1, B_N = ⋃_(k = N)^∞A_k . Montrer que
∀N ≥ 0, B_N ⊃ B_(N + 1) .
(c) Déduire quelim_(N → + ∞)P(B_N) = P(A) .
(d) On suppose que∑_(k = 1)^∞P(A_k) < ∞ .
i) Que vautlim_(N → + ∞)∑_(k = N)^∞P(A_k) ?
ii) Conclure queP(A) = 0 .
11) On pose, pour toutk ≥ 1, Y_k^′ = Y_k − 1/(10) .
(a) Montrer que(S_n)/n − 1/(10) = 1/n∑_(k = 1)^n Y_k^′ .
(b) Montrer que les variablesY_k^′ sont indépendantes, d'espérance nulle et telles que
|Y_k^′| ≤ 1 .
(c) Montrer queE[(∑_(k = 1)^n Y_k^′)^4] ≤ n + 3n(n − 1) .
(d) Déduire que
10) Soit
(a) On pose
(b) On pose, pour tout
(c) Déduire que
(d) On suppose que
i) Que vaut
ii) Conclure que
11) On pose, pour tout
(a) Montrer que
(b) Montrer que les variables
(c) Montrer que
(d) Déduire que
(e) On pose, pour
k ≥ 1, A_k = (((S_k)/k − 1/(10))^4 > 1/(√k)) . Montrer que
P(A_k) ≤ 3/(k^(3/2)) .
(f) Déduire que∑_(k ≥ 1)P(A_k) est une série convergente.
(g) On considère l'événementA = {ω ∈ Ω, ((S_k(ω))/k − 1/(10))^4 > 1/(√k) pour une infinitéde
k} . Montrer que
P(A) = 0 .
(h) Déduire qu'avec probabilité 1 , on peut trouverN tel que pour tout
k ≥ N, |(S_k)/k − 1/(10)| ≤ 1/(8√k) .
(i) Conclure qu'avec probabilité 1 , on alim_(k → + ∞)(S_k)/k = 1/(10) .
(f) Déduire que
(g) On considère l'événement
(h) Déduire qu'avec probabilité 1 , on peut trouver
(i) Conclure qu'avec probabilité 1 , on a
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