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Annale de maths approfondies BCE ESSEC pour la filiere ECS, session 2010.

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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES

CONCOURS D'ADMISSION DE 2010
Concepteur : ESSEC
ESSECMATS

OPTION SCIENTIFIQUE

MATHEMATIQUES

Mardi 11 mai de 14 h à 18 h
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
IIs ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.

Notations et objectif du problème

On désigne par I l'intervalle [1, + ∞[; on note E l'espace vectoriel des fonctions continues et bornées sur I à valeurs réelles et C^1(I, ℝ) l'espace vectoriel des fonctions de classe C^1 sur I à valeurs réelles.
On fixe enfin a un réel strictement positif.
Pour f un élément de E, on dit qu'une fonction y de C^1(I, ℝ) est une solution du problème (E_f) si :
∀x ∈ I,
y^′(x) − ay(x) + f(x) = 0
L'objectif de ce problème est de montrer qu'à tout élément f de E, on peut associer une unique solution g de ( E_f ) qui soit bornée sur I, puis d'étudier l'opérateur U : f ↦ g.
Les trois parties du problèmes traitent, souvent à partir d'exemples, de propriétés de l'opérateur U.

I. Existence et propriétés élémentaires de l'opérateur U

  1. Etude de l'équation ( E_f )
    a) On considère f ∈ E et y ∈ C^1(I, ℝ). Ecrire la dérivée de x ↦ e^(− αx)y(x). Montrer alors que y est solution du problème (E_f) si et seulement si il existe K ∈ ℝ tel que: ∀x ∈ I,
y(x) = e^(ax)(K − ∫_1^x e^(− at)f(t)dt)
b) Montrer que, s'il existe une solution de ( E_f ) qui soit bornée sur I, celle-ci est unique.
c) Vérifier que l'intégrale ∫_1^(+ ∞)e^(− at)f(t)dt est convergente.
d) Démontrer que g : x ↦ e^(ax)∫_x^(+ ∞)e^(− at)f(t)dt est l'unique solution de (E_f) qui soit bornée sur I.
Dans toute la suite du problème, si f ∈ E, on note U(f) la fonction g obtenue à la question d).
2. Linéarité de U
a) Expliciter U(f) dans le cas où f = 1.
b) Montrer que U est un endomorphisme de E.
c) U est-il injectif ?
d) On définit les puissances successives de U par U^0 = Id_E et pour tout entier naturel n non nul, U^n = U^(n − 1) ∘ U. Montrer que, pour tout entier naturel n, U^(n + 1)(f) est la fonction : x ↦ e^(ax)∫_x^(+ ∞)((t − x)^n)/(n!)e^(− at)f(t)dt.
3. Cas des fonctions exponentielles
a) Pour k un nombre réel positif et f_k la fonction x ↦ e^(− kx), expliciterU(f_k).
b) En déduire que, pour tout réel λ ∈ ]0, 1/a], Ker(U − λid_E) ≠ {0}.
c) Pour tout entier naturel n, expliciter U^n(f_k). Pour x élément de I, préciser lim_(n → ∞)[U^n(f_k)](x).
4. Cas des fonctions sinus et cosinus
Dans cet exemple seulement (ensemble de la question I-4), on prendra a = 1.
a) Expliciter U(sin) et U(cos).
b) Montrer que le sous-espace P de E engendré par les fonctions sin et cos est stable par U et que (sin, cos) en est une base. Dans cette base, écrire la matrice M de l'endomorphisme U_P : {P → P; f ↦ U(f).
c) Calculer M^2, M^3, M^4. Expliciter M^n pour tout entier naturel n, puis préciser la limite des coefficients de M^n lorsque n tend vers l'infini.
5. Une autre famille de fonctions
Pour tout entier naturel n, on considère la fonction de Eφ_n : x ↦ e^(− x)x^n et on note ψ_n la fonction U(φ_n).
a) Pour n entier naturel non nul, établir une relation entre ψ_n, φ_n et ψ_(n − 1).
b) Pour p entier naturel, montrer que le sous espace F_p de E engendré par (φ_0, φ_1, …, φ_p) est stable par U et admet pour base (φ_0, φ_1, …, φ_p).
c) On prend ici p = 2, écrire dans la base (φ_0, φ_1, φ_2) de F_2 la matrice T_2 de l'endomorphisme U_2 : {F_2 → F_2; f ↦ U(f). Calculer T_2^n pour tout entier naturel n, puis préciser la limite des coefficients de T_2^n lorsque n tend vers l'infini.
6. Une autre expression de U(f)
Pour f ∈ E, montrer que : ∀x ∈ I, U(f)(x) = ∫_0^(+ ∞)e^(− at)f(x + t)dt.
7. Positivité de U
a) Pourf ∈ E, montrer que : |U(f)| ≤ U(|f|).
On considère maintenant φ un élément de E à valeurs positives et ψ = U(φ).
b) Montrer que ψ est à valeurs positives.
c) On suppose que φ est décroissante. Montrer que aψ ≤ φ puis que ψ est décroissante.
8. Commutation de U avec la dérivation
On note E_1 = {f ∈ E ∩ C^1(I, ℝ)/f^′ bornée sur I} et D l'opérateur de dérivation qui, à tout élément de E_1, associe sa dérivée.
a) Pour f un élément de E_1, montrer, en utilisant la question 6, que : aU(f) = f + U(f^′).
b) En déduire que, pour tout élément f de E_1, D(U(f)) = U(D(f)).
c) Pour f une fonction de E_1 à valeurs positives et décroissante, retrouver le résultat de la question 7.c) : U(f) est décroissante.

II. Comportement asymptotique de U(f) au voisinage de + ∞

On traite ici quelques cas fondamentaux, en partant d'exemples de fonctions f pour lesquelles on peut connaître le comportement de g = U(f) au voisinage de + ∞.
  1. Résultats préliminaires
On considère ici α et β deux fonctions à valeurs réelles, continues sur I. On suppose que, ∀x ∈ I, β(x) > 0, et que ∫_1^(+ ∞)β(t)dt converge.
a) On suppose ici que α(x) = _(x → + ∞)o(β(x)) et on se propose de montrer que ∫_x^(+ ∞)α(t)dt = _(x → + ∞)o(∫_x^(+ ∞)β(t)dt).
Soit ε > 0, montrer que : ∃A > 0/∀x ≥ A, |∫_x^(+ ∞)α(t)dt| ≤ ε∫_x^(+ ∞)β(t)dt. Conclure.
b) On suppose maintenant que α(x) ∼ _(x → + ∞)β(x), montrer que ∫_x^(+ ∞)α(t)dt ∼ _(x → + ∞)∫_x^(+ ∞)β(t)dt.
2. Cas des fonctions admettant une limite en + ∞
Si f est un élément de E admettant une limite finie b en + ∞ ( b est un nombre réel), montrer que g = U(f) admet une limite en + ∞ que l'on précisera (on pourra commencer par traiter le cas où b = 0 en écrivant, dans ce cas, f(t) = _(t → + ∞)o(1) et en utilisant la question 1.).
3. Cas des fonctions puissances
Dans cette question et la suivante, ω est un réel strictement positif, on note f_ω la fonction t ↦ 1/(t^ω) et g_ω = U(f_ω).
a) Montrer que g_ω(x) = (f_ω(x))/a − ω/ag_(ω + 1)(x). En déduire que g_ω(x) ∼ _(x → + ∞)(f_ω(x))/a.
b) Montrer que pour tout x de I : ∫_1^x(e^(− at))/tdt = lnx + ∑_(k = 1)^∞(− 1)^k(a^k)/(k ⋅ k!)(x^k − 1) (On pourra utiliser une inégalité de Taylor-Lagrange pour la fonction t ↦ e^(− at) ), et en déduire :
g_1(x) = e^(ax){ − lnx − ∑_(k = 1)^∞(− 1)^k(a^k)/(k ⋅ k!)(x^k − 1) + ∫_1^(+ ∞)(e^(− at))/tdt}
  1. Cas des fonctions comparables aux fonctions puissances f_ω
On note toujours f un élément de E et g = U(f).
a) Prouver que si f est négligeable devant f_ω au voisinage de + ∞, alors g est négligeable devant g_ω au voisinage de + ∞.
b) Prouver que si f est équivalent à f_ω au voisinage de + ∞, alors g est équivalent à f/a au voisinage de + ∞.
III Convergence absolue de ∫_1^(+ ∞)U(f)
On s'intéresse dans cette partie à la convergence de ∫_1^(+ ∞)|[U(f)](t)|dt dans le cas où ∫_1^(+ ∞)|f(t)|dt est elle-même convergente. On note toujours g = U(f).
  1. Etudes d'exemples
    a) Pour k un réel strictement positif et f_k : t ↦ e^(− kt), on note g_k = U(f_k). Vérifier que ∫_1^(+ ∞)g_k(t)dt est convergente.
    b) Pour ω un réel strictement positif, on note encore f_ω : t ↦ 1/(t^ω) et g_ω = U(f_ω). Pour quelles valeurs de ω, ∫_1^(+ ∞)g_ω(t)dt est-elle convergente ?
  2. Cas des fonctions positives
Dans cette question, f est un élément de E, à valeurs positives tel que ∫_1^(+ ∞)f(t)dt est convergente.
On note F : x ∈ I ↦ ∫_1^x f(t)dt, g = U(f) et G : x ∈ I ↦ ∫_1^x g(t)dt.
a) Vérifier que G^′ − aG = − F + g(1).
b) Justifier que F est dans E et montrer qu'il existe une constante réelle K telle que, pour tout x ∈ I, G(x) = Ke^(ax) + [U(F)](x) − (g(1))/a.
c) Vérifier que la fonction x ↦ (G(x))/x est bornée sur I.
d) En déduire que K = 0 et que G = U(F) − (g(1))/a.
e) Montrer alors que ∫_1^(+ ∞)g(t)dt est convergente.
3. Cas général
Dans cette question, f est un élément de E tel que ∫_1^(+ ∞)f(t)dt est absolument convergente.
Montrer que ∫_1^(+ ∞)g(t)dt est absolument convergente.

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