BCE Maths approfondies ESSEC ECS 2014Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2014
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Annale de maths approfondies BCE ESSEC pour la filiere ECS, session 2014.
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Concours d'admission de 2014
Conception : ESSEC
OPTION SCIENTIFIQUE
MATHÉMATIQUES I
Vendredi 9 mai 2014, de 14 h. à 18 h.
La présentation, la lisibilité, l'arthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Le problème comporte 6 parties.
Le but du problème est d'étudier les matricesA ∈ M_n(ℝ) telles que
^t AA = A^t A .
Une matriceA ∈ M_n(ℝ) vérifiant cette propriété sera dite normale.
Dans tout le problème :
Le but du problème est d'étudier les matrices
Une matrice
Dans tout le problème :
-
n désigne un entier supérieur ou égal à 1 . -
B_0 = (e_1, …, e_n) est la base canonique deℝ^n . - Si
x = ∑_(i = 1)^n x_i e_i , on identifierax et la matriceX = (x_1; ⋮; x_n) de ses coordonnées dans la baseB_0 . -
⟨|⟩ est le produit scalaire usuel deℝ^n : ⟨x|y⟩ = ^t XY = ∑_(i = 1)^n x_i y_i six = ∑_(i = 1)^n x_i e_i ety = ∑_(i = 1)^n y_i e_i . La norme euclidienne associée à⟨|⟩ est notée‖‖ . - Pour
A ∈ M_n(ℝ) etf l'endomorphisme deℝ^n représenté parA dans la baseB_0 , on notef^∗ l'endomorphisme représenté par^t A dans la baseB_0 . - Un endomorphisme de
ℝ^n représenté par une matrice normale dans la baseB_0 est dit normal, il vérifie doncf^∗ of= f ∘ f^∗ . - Si
F est un sous-espace vectoriel deℝ^n etf ∈ L(ℝ^n) , on dit queF est stable parf si :∀x ∈ F ,f(x) ∈ F . Dans ce cas, on notef_F l'endomorphisme deF défini par :∀x ∈ F, f_F(x) = f(x) . - Si
θ ∈ ℝ , on noteR_θ = (cosθ, sinθ; − sinθ, cosθ) .
Partie I - Matrices normales d'ordre 2.
Soit
A = (a, b; c, d) ∈ M_2(ℝ) .
- Vérifier que
A est une matrice normale si et seulement si ou bienA est symétrique ou bien il existeρ ∈ ℝ_+^∗ etθ ∈ ℝ tels queA = ρR_θ . - On suppose que
A est une matrice normale, montrer qu'il existeP ∈ ℝ[X] tel que^t A = P(A) (on pourra utiliser^t A + A) . - Déterminer les matrices normales
A deM_2(ℝ) telles queA^2 − A + I_2 = 0 .
Partie II- L'endomorphisme
f^∗ .
Dans cette partie,
A = (a_(i, j))_((i, j) ∈ [ [1, n] ]^2) ∈ M_n(ℝ) et
f est l'endomorphisme de
ℝ^n représenté par
A dans la base
B_0 .
4) Propriétés élémentaires def^∗ :
a- Préciser l'endomorphisme(f^∗)^∗ .
b- Sif est inversible, préciser l'endomorphisme
(f^(− 1))^∗ .
5) Caractérisation de l'endomorphismef^∗ :
a- Pour tout couple(i, j) dans
[ [1, n] ]^2 , exprimer
⟨f(e_i)|e_j⟩ à l'aide des coefficients de
A .
b- Montrer que :∀(x, y) ∈ (ℝ^n)^2, ⟨f(x)|y⟩ = ⟨x|f^∗(y)⟩ .
c- Montrer quef^∗ est l'unique endomorphisme de
ℝ^n vérifiant :
4) Propriétés élémentaires de
a- Préciser l'endomorphisme
b- Si
5) Caractérisation de l'endomorphisme
a- Pour tout couple
b- Montrer que :
c- Montrer que
- Montrer que si
f est un endomorphisme normal:∀x ∈ ℝ^n, ‖f(x)‖ = ‖f^∗(x)‖ . - Réciproquement, soit
g ∈ L(ℝ^n) tel que, pour toutx ∈ ℝ^n, ‖g(x)‖ = ‖g^∗(x)‖ . En exploitant l'égalité‖g(x + y)‖ = ‖g^∗(x + y)‖ , montrer queg est normal. - Vérifier que, si
A est une matrice normale deM_n(ℝ) , la matrice def dans toute base orthonormale deℝ^n est normale.
Dans la suite du problème, on admettra les résultats suivants :
Sif est un endomorphisme d'un espace euclidien
E muni du produit scalaire
⟨|⟩ , on notera encore
f^∗ l'unique endomorphisme de
E vérifiant:
∀(x, y) ∈ (E)^2, ⟨f(x)|y⟩ = ⟨x|f^∗(y)⟩ .
Dans toute base orthonormée deE , la matrice de
f^∗ est la transposée de la matrice de
f .
On dira encore quef est normal si
f^∗ of
= f ∘ f^∗ .
Si
Dans toute base orthonormée de
On dira encore que
Partie III -Matrices normales et polynômes annulateurs.
- Soit
A ∈ M_n(ℝ) une matrice normale telle qu'il existep ∈ ℕ^∗ vérifiantA^p = 0 . SoitS = ^t AA , vérifier queS^p = 0 et montrer queS = 0 . Montrer alors queA = 0 . - Soit
A ∈ M_n(ℝ) une matrice normale, on suppose qu'il existeP ∈ ℝ[X] etq ∈ ℕ^∗ tel queP^q(A) = 0 , montrer queP(A) = 0 . - Exemple : Soit
M ∈ M_n(ℝ) telle queM^2 + M − ^t M = I_n . Déterminer un polynôme annulateur deM de degré 4, le factoriser. En déduire que(M − I_n)^3 ⋅ (M + I_n)^3 = 0 . Montrer alors queM est symétrique et queM^2 = I_n .
Dans la suite de cette partie, on suppose que
A est une matrice normale non nulle de
M_n(ℝ) .
12) Montrer queA admet un polynôme annulateur
P ∈ ℝ[X] , de degré au moins égal à 1 , dont les racines complexes sont toutes de multiplicité 1.
12) Montrer que
On note
I_A l'ensemble des polynômes de
ℝ[X] annulateurs de
A dont les racines complexes sont toutes de multiplicité 1 , et on pose
D_A = {degQ; Q ∈ I_A} .
13) Justifier queD_A admet un minimum
d , soit
π un élément de
I_A de degré
d . On note
λ_1, …, λ_d les racines complexes deux à deux distinctes de
π .
a- Montrer queλ_1, …, λ_d sont les valeurs propres complexes de
A .
b- En déduire que l'unique élément deI_A de degré
d , de coefficient dominant égal à 1 est
13) Justifier que
a- Montrer que
b- En déduire que l'unique élément de
Dans la suite du problème, on note
π_A ce polynôme.
14) Déterminerπ_M pour
M ∈ M_n(ℝ) telle que
M^2 + M − ^t M = I_n et
M ≠ ± I_n .
14) Déterminer
Partie IV - Propriétés spectrales des matrices normales.
Dans cette partie,
A ∈ M_n(ℝ) est une matrice normale,
f l'endomorphisme de
ℝ^n représenté par
A dans la base
B_0 .
On note toujoursπ_A le polynôme associé à
A défini dans la partie III.
15) Montrer que Kerf = Kerf^∗ . Plus généralement, si
λ ∈ ℝ , vérifier que
Ker(f − λid_(ℝ^n)) = Ker(f^∗ − λid_(ℝ^n)) , en déduire que les espaces propres, s'ils existent, de
f et de
f^∗ sont identiques.
16) SoitQ ∈ ℝ[X] et
F = Ker(Q(f)) , montrer que
F est un sous-espace vectoriel de
ℝ^n stable par
f et
f^∗ . Montrer que
F^⊥ est aussi stable par
f et
f^∗ . Vérifier alors que
f_F et
f_(F^⊥) sont deux endomorphismes normaux respectivement de
F et de
F^⊥ et que
(f_F)^∗ = (f^∗)_F .
17) Recherche d'un sous-espace stable.
On note toujours
15) Montrer que Ker
16) Soit
17) Recherche d'un sous-espace stable.
On désire montrer qu'il existe un sous-espace
F , stable par
f et
f^∗ , de dimension 1 ou 2 :
a- Premier cas : on suppose queπ_A admet une racine réelle
λ : π_A(λ) = 0 et
λ ∈ ℝ .
Montrer qu'il existee ≠ 0_(ℝ^n) appartenant à
Ker(f − λid_(ℝ^n)) . Montrer que
F = Vect(e) convient.
Deuxième cas : on suppose maintenant queπ_A n'admet pas de racine réelle.
b- Justifier l'existence d'un couple de réels(a, b) tels que
a^2 − 4b < 0 et
f^2 + af + bid_(ℝ^n) ne soit pas inversible. On note
G = Ker(f^2 + af + bid_(ℝ^n)) et
g = f_G .
c- Vérifier queh = g + g^∗ est diagonalisable. On note
e un vecteur propre de
h .
d- Montrer alors queF = Vect(e, f(e)) convient.
18) Montrer qu'il existe une base orthonorméeC de
ℝ^n dans la quelle la matrice de
f est de la forme :
M_C(f) = (λ_1, 0, ⋯, ⋯, ⋯, 0; 0, ⋱, ⋱, ⋮; ⋮, ⋱, λ_p, (0), ⋮; ⋮, (0), ρ_1 R_(θ_1), ⋱, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0; 0, ⋯, ⋯, ⋯, 0, ρ_s R_(θ_s)) où
λ_1, ⋯, λ_p sont des réels,
ρ_1, ⋯, ρ_s sont des réels
positifs etθ_1, ⋯, θ_s des réels appartenant à
[0, 2π[ .
19) Quelles sont les matrices normalesA pour lesquelles
π_A a toutes ses racines réelles ?
a- Premier cas : on suppose que
Montrer qu'il existe
Deuxième cas : on suppose maintenant que
b- Justifier l'existence d'un couple de réels
c- Vérifier que
d- Montrer alors que
18) Montrer qu'il existe une base orthonormée
positifs et
19) Quelles sont les matrices normales
Partie V - Etude d'un exemple.
Dans cette partie,
A est une matrice normale et inversible de
M_n(ℝ) telles que
(A + I_n)^7 = A^7 + I_n .
On noteP = (X + 1)^7 − X^7 − 1 .
20) Déterminer les complexesz ∈ ℂ tels que
{P(z) = 0; P^′(z) = 0 puis factoriser
P dans
ℂ[X] et dans
ℝ[X] .
21) Montrer queA est une matrice orthogonale de
ℝ^n .
22) Montrer que^t A est un polynôme en
A .
23) On suppose de plus quen est impair et que
A ≠ − I_n , déterminer le polynôme
π_A associé à
A .
On note
20) Déterminer les complexes
21) Montrer que
22) Montrer que
23) On suppose de plus que
Partie VI - Généralisation.
Dans cette partie
A est une matrice normale non nulle de
M_n(ℝ), f l'endomorphisme canoniquement associé à
A . On note
π_A le polynôme associé à
A , tel que défini à la question 13 .
On désire démontrer que
^t A est un polynôme en
A .
Plus précisément, on cherche un polynômeP ∈ ℝ[X] , de degré inférieur ou égal à
n − 1 , tel que
^t A = P(A) .
24) Quel polynômeP convient lorsque
π_A a toutes ses racines réelles?
Plus précisément, on cherche un polynôme
24) Quel polynôme
Dans la suite de cette partie, on suppose que
A admet
2t valeurs propres complexes non réelles distinctes.
On les noteμ_1, μ¯_1, μ_2, μ¯_2, …, μ_t, μ¯_t . Pour tout
q de
[ [1, t] ] , on note
μ_q = ρ_q e^(iθ_q) , où
ρ_q est un réel strictement positif et
θ_q un réel appartenant à
[0, 2π[ . Enfin, on note
λ_1, ⋯, λ_r les valeurs propres réelles distinctes de
A .
On les note
On a :
π_A = ∏_(k = 1)^r(X − λ_k)∏_(q = 1)^t(X^2 − 2ρ_q cosθ_q X + ρ_q^2) .
D'après la question 18, il existe une base orthonorméeC de
ℝ^n dans laquelle la matrice de
f est de la forme :
M_C(f) = (λ_1, 0, ⋯, ⋯, ⋯, 0; 0, ⋱, ⋱, ⋮; ⋮, ⋱, λ_r, (0), ⋮; ⋮, (0), ρ_1 R_(θ_1), ⋱, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0; 0, ⋯, ⋯, ⋯, 0, ρ_t R_(θ_t)) (les réels
λ_k pouvant être répétés plusieurs fois ainsi que les matrices
ρ_q R_(θ_q) ).
25) PréciserM_C(f^∗) .
26) Montrer que(f^∗ = P(f)) ⇔ (∀k ∈ [ [1, r] ], λ_k = P(λ_k) et
(∀k ∈ [ [1, t] ], μ_k^– = P(μ_k))) .
D'après la question 18, il existe une base orthonormée
25) Préciser
26) Montrer que
On note
S = ∏_(k = 1)^r(X − λ_k) et
Q = ∏_(q = 1)^t(X^2 − 2ρ_q cosθ_q X + ρ_q^2) = ∏_(q = 1)^t(X − μ_q)(X − μ_q^–) et on introduit les familles de polynômes
(L_j)_(j ∈ [1, r]), (Q_j)_(j ∈ [1, t]) et
(T_j)_(j ∈ [1, t]) telles que :
pour toutj ∈ [ [1, r] ], L_j = (∏_(k = 1; k ≠ j)^r(X − λ_k)/(λ_j − λ_k)) ⋅ Q/(Q(λ_j)) ,
pour toutj ∈ [ [1, t] ], Q_j = S/(S(μ_j)) ⋅ (∏_(k = 1; k ≠ j)^t((X − μ_k)(X − μ_k^–))/((μ_j − μ_k)(μ_j − μ_k^–))) ⋅ ((X − μ_j^–)/(μ_j − μ_j^–)) et
pour toutj ∈ [ [1, t] ], T_j = S/(S(μ_j^–)) ⋅ (∏_(k = 1; k ≠ j)^t((X − μ_k)(X − μ_k^–))/((μ_j^– − μ_k)(μ_j^– − μ_k^–))) ⋅ ((X − μ_j)/(μ_j^– − μ_j)) .
Enfin, on poseP = ∑_(k = 1)^r λ_k L_k + ∑_(k = 1)^t(μ_k^–Q_k + μ_k T_k) .
27) Montrer queP ∈ ℝ[X] et que
^t A = P(A) .
28) PréciserP lorsque
π_A = X(X + 1)(X^2 + X + 1) .
pour tout
pour tout
pour tout
Enfin, on pose
27) Montrer que
28) Préciser
FIN.
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