BCE Maths approfondies ESSEC ECS 2018Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2018
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Annale de maths approfondies BCE ESSEC pour la filiere ECS, session 2018.
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Conception : ESSEC
OPTION SCIENTIFIQUE
Mercredi 2 mai 2018, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
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Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Notations et objectifs :
Lorsque
r est un nombre réel strictement positif, on note :
Et à toute suite
a = (a_n)_(n ∈ ℕ) de
B(r) , on associe, sous réserve d'existence, la fonction
f_a : x ↦ ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n x^n .
Dans la première partie, on étudie quelques propriétés des ensembles
A(r) et
B(r) .
Dans la seconde, on étudie les propriétés de régularité des fonctionsf_a .
Dans la troisième partie, on obtient, dans le cas oùr > 1 , sous certaines hypothèses, une formule de réciprocité donnant la suite
a en fonction de la suite
(f_a^((n))(1))_(n ∈ ℕ) .
Dans la seconde, on étudie les propriétés de régularité des fonctions
Dans la troisième partie, on obtient, dans le cas où
Enfin, dans la dernière partie, on utilise les résultats obtenus pour l'étude de variables aléatoires discrètes.
Partie I-Premières propriétés et premiers exemples.
1- Soit
r un nombre réel strictement positif et
(a_n)_(n ∈ ℕ) une suite de
A(r) , montrer que, pour tout nombre réel
x de
[ − r, r] et pour tout entier naturel
k , la série
∑n^k|a_n||x|^n converge. En déduire que, pour tout réel
r^′ tel que
r ≤ r^′ , on a :
A(r^′) ⊂ A(r) .
2- Vérifier également que :0 < r ≤ r^′ ⇒ B(r^′) ⊂ B(r) et
A(r) ⊂ B(r)
3- Montrer que, pour tout nombre réel strictement positifr, A(r) est un sous-espace vectoriel de l'espace vectoriel des suites réelles.
4- Exemples :
a- On souhaite montrer que, pour toutr réel strictement positif, la suite
α = (1/(n!))_(n ∈ ℕ) appartient à
A(r) . Pour cela, on pose pour tout entier naturel
k : u_n(k) = (n^(k + 2)r^n)/(n!) . En considérant le quotient
(u_(n + 1)(k))/(u_n(k)) , montrer que la suite
(u_n(k))_(n ∈ ℕ) converge vers 0 . Conclure alors :
α = (1/(n!))_(n ∈ ℕ) ∈ A(r) .
b- Pourλ réel strictement positif, on note
β(λ) la suite
(λ^n)_(n ∈ ℕ) . Déterminer les réels strictement positifs
r pour lesquels la suite
β(λ) appartient à
B(r) . Déterminer ensuite les réels
r strictement positifs pour lesquels la suite
β(λ) appartient à
A(r) .
5- Soitρ un réel strictement positif et
(a_n)_(n ∈ ℕ) une suite de
B(ρ) . Montrer que, pour tout réel
r de
]0, ρ[ , la suite
(a_n)_(n ∈ ℕ) est dans
A(r) .
(On pourra penser à écrire :n^k|a_n|r^n = |a_n|ρ^n n^k(r/ρ)^n .)
2- Vérifier également que :
3- Montrer que, pour tout nombre réel strictement positif
4- Exemples :
a- On souhaite montrer que, pour tout
b- Pour
5- Soit
(On pourra penser à écrire :
Partie II - Régularité de la fonction
f_a
Dans cette partie
R désigne un réel strictement positif et
a = (a_n)_(n ∈ ℕ) une suite de
B(R) .
6- Vérifier quef_a : x ↦ ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n x^n est définie sur ]
− R, R [ (on pourra utiliser la question 5).
7- Continuité def_a :
a- Soitr un réel de
]0, R[, x dans
[ − r, r] et
h un réel tel que :
x + h ∈ [ − r, r] , montrer que, pour tout entier naturel
n : |(x + h)^n − x^n| ≤ nr^(n − 1)|h| .
b- Justifier alors soigneusement que|f_a(x + h) − f_a(x)| ≤ 1/r(∑_(n = 0)^(+ ∞)n|a_n|r^n)|h| .
c- Montrer alors quef_a est continue sur
[ − r, r] puis sur
] − R, R[ .
6- Vérifier que
7- Continuité de
a- Soit
b- Justifier alors soigneusement que
c- Montrer alors que
8- Caractère
C^1 de
f_a :
On considère ici un réelr de
]0, R[ et
x dans
[ − r, r] . Pour tout
n de
ℕ , on pose
S_n(x) = ∑_(k = 0)^n a_k x^k et, sous réserve d'existence :
g_a : x ↦ ∑_(n = 1)^(+ ∞)na_n x^(n − 1) .
a- Soitρ dans
[r, R[ . Justifier que la suite
(na_n)_(n ∈ ℕ) appartient à
B(ρ) , en déduire que
g_a est définie et continue sur
] − R, R[ .
b- Vérifier que, pour toutn de
ℕ^∗ : S_n(x) = a_0 + ∫_0^x S_n^′(t)dt .
c- Montrer que, pour toutn de
ℕ^∗ : |∫_0^x(g_a(t) − S_n^t(t))dt| ≤ ∑_(k = n + 1)^(+ ∞)k|a_k|r^k .
d- En déduire que :f_a(x) = a_0 + ∫_0^x g_a(t)dt .
e- Montrer alors quef_a est de classe
C^1 sur
] − R, R[ et que :
f_a^′ = g_a .
On considère ici un réel
a- Soit
b- Vérifier que, pour tout
c- Montrer que, pour tout
d- En déduire que :
e- Montrer alors que
9- Caractère
C^∞ de
f_a :
a- Soitr de
]0, R[ . Montrer que la suite
(a_n)_(n ∈ ℕ) appartient à
A(r) si et seulement si, pour tout
k de
ℕ , la série
∑_(n ≥ k)(n/k)|a_n|r^(n − k) converge.
b- Montrer quef_a est de classe
C^∞ sur
] − R, R[ et que , pour tout
x de
] − R, R[ et tout
k de
ℕ : f_a^((k))(x) = k!(∑_(n = k)^(+ ∞)(n/k)a_n x^(n − k)) .
c- Pour toutn de
ℕ , exprimer
a_n en fonction de
f_a^((n))(0) .
a- Soit
b- Montrer que
c- Pour tout
10-Exemples :
a- On poseα = (1/(n!))_(n ∈ ℕ) et
f_α : x ↦ ∑_(n = 0)^(+ ∞)(x^n)/(n!) . Donner une expression de
f_α(x) pour tout
x ∈ ℝ . Pour tout
k de
ℕ , calculer
f_α^((k))(1) .
b- Soitλ un réel strictement positif,
β la suite
(λ^n)_(n ∈ ℕ) et
f_β : x ↦ ∑_(n = 0)^(+ ∞)λ^n x^n . Donner une expression de
f_β(x) pour tout
x de
] − 1/λ, 1/λ[ . En déduire que, pour tout
k de
ℕ et tout
x de
] − 1/λ, 1/λ[ , la série
∑_(n ≥ k)(n/k)(λx)^(n − k) converge et :
∑_(n = k)^(+ ∞)(n/k)(λx)^(n − k) = 1/((1 − λx)^(k + 1))
a- On pose
b- Soit
Partie III - Une formule de réciprocité.
Dans cette partie,
R désigne un réel strictement supérieur à
1 et
a = (a_n)_(n ∈ ℕ) est une suite de
B(R) telle que:
∀n ∈ ℕ, a_n ≥ 0 .
Pour tout
n de
ℕ , on note
b_n = (f_a^((n))(1))/(n!) et on fait l'hypothèse (
H ) qu'il existe un réel
ρ strictement supérieur à 1 tel que la suite
(b_n ρ^n)_(n ≥ 0) converge vers 0 .
11- Expression de
a_0 :
a- Montrer que:∀N ∈ ℕ, f_a(0) = ∑_(p = 0)^N(− 1)^p b_p + (− 1)^(N + 1)∫_0^1(t^N)/(N!)f_a^((N + 1))(t)dt .
b- Démontrer que :lim_(N → + ∞)∫_0^1(t^N)/(N!)f_a^((N + 1))(t)dt = 0 .
c- En déduire que la série∑_(p ≥ 0)(− 1)^p b_p converge et que :
a_0 = ∑_(p = 0)^(+ ∞)(− 1)^p b_p .
12-Généralisation: On considère ici un entier naturels fixé.
a- Montrer que :∀N ∈ ℕ, f_a^((s))(0) = ∑_(p = 0)^N(− 1)^p(f_a^((p + s))(1))/(p!) + (− 1)^(N + 1)∫_0^1(t^N)/(N!)f_a^((N + s + 1))(t)dt .
b- Vérifier que :∀N ∈ ℕ, |∫_0^1(t^N)/(N!)f_a^((N + s + 1))(t)dt| ≤ (f_a^((N + s + 1))(1))/((N + s + 1)!)ρ^(N + s + 1)((N + s + 1)!)/((N + 1)!)1/(ρ^(N + s + 1)) .
c- Déterminerlim_(N → + ∞)∫_0^1(t^N)/(N!)f_a^((N + s + 1))(t)dt .
d- Montrer alors que la série∑_(p ≥ 0)(− 1)^p((p + s)/s)b_(p + s) converge et :
a_s = ∑_(n = s)^(+ ∞)(− 1)^(n − s)(n/s)b_n .
a- Montrer que:
b- Démontrer que :
c- En déduire que la série
12-Généralisation: On considère ici un entier naturel
a- Montrer que :
b- Vérifier que :
c- Déterminer
d- Montrer alors que la série
13-Cas particulier: on suppose dans cette question que
a = (a_n)_(n ∈ ℕ) est une suite de réels positifs pour laquelle il existe un entier naturel
d tel que :
∀n ∈ ℕ, n ≥ d + 1 ⇒ a_n = 0 .
a- Que peut-on dire de la fonctionf_a ?
b- Montrer que la condition(H) est réalisée.
c- En déduire que, pour touts de
[ [0, d] ], a_s = ∑_(n = s)^d(− 1)^(n − s)(n/s)b_n .
a- Que peut-on dire de la fonction
b- Montrer que la condition
c- En déduire que, pour tout
Partie IV - Applications aux variables aléatoires discrètes.
Dans cette partie, les variables aléatoires seront discrètes, définies sur un espace probabilisé
(Ω, A, P) , à valeurs dans
ℕ . Pour une telle variable aléatoire
X , on pourra utiliser, sans les rappeler, les notations suivantes:
14-Premiers résultats :
a- Justifier que la suitea appartient à
B(1) .
b- En déduire qu'il existe un réelR au moins égal à l tel que
G_X soit définie et de classe
C^∞ sur
] − R, R[ .
a- Justifier que la suite
b- En déduire qu'il existe un réel
15-Premier exemple :
a- On suppose tout d'abord queX suit une loi de Poisson de paramètre 1, déterminer la fonction
G_X , vérifier qu'elle est de classe
C^∞ sur
ℝ et, pour tout
s de
ℕ , calculer
G_X^((s))(1) .
b- On suppose maintenant queX est une variable aléatoire discrète définie sur un espace probabilisé
(Ω, A, P) telle que :
X(Ω) = ℕ et vérifiant :
G_X = f_a est définie sur
ℝ , de classe
C^∞ sur
ℝ et pour tout
s de
ℕ : f_a^((s))(1) = 1 . Justifier que l'hypothèse
(H) du III est réalisée et déterminer
a_n pour tout
n de
ℕ . Quelle est la loi de
X ?
a- On suppose tout d'abord que
b- On suppose maintenant que
16-Deuxième exemple : On considère ici un réel
p dans
]0, 1[ et on note
q = 1 − p .
a- On suppose queX + 1 suit une loi géométrique de paramètre
p . Déterminer la suite
a = (a_n)_(n ∈ ℕ) puis la fonction
G_X ; vérifier que
G_X est de classe
C^∞ sur
] − 1/q, 1/q[ . Enfin, pour tout
s de
ℕ , calculer
G_X^((s))(1) .
b- On suppose maintenant que :p > 1/2 . Vérifier que :
q/p < 1 .
On considèreX une variable aléatoire discrète définie sur un espace probabilisé
(Ω, A, P) telle que :
X(Ω) = ℕ . On suppose de plus que :
G_X = f_a est définie et de classe
C^∞ sur
] − 1/q, 1/q[ , et pour tout
s de
ℕ : (f_a^((s))(1))/(s!) = (q/p)^s . Justifier que l'hypothèse (
H ) du III est réalisée et déterminer
a_n pour tout
n ∈ ℕ . Quelle est la loi de
X + 1 ?
a- On suppose que
b- On suppose maintenant que :
On considère
17- Cas où
X est une variable aléatoire ne prenant qu'un nombre fini de valeurs :
On suppose dans cette question queX(Ω) est inclus dans
[ [0, d] ] où
d est un entier de
ℕ^∗ .
On note Pol_d le sous-espace des fonctions de
ℝ dans
ℝ constitué des fonctions polynomiales de degré inférieur ou égal à
d . Pour
s de
[ [0, d] ] , on note
e_s la fonction
x ↦ x^s et on rappelle que
(e_s)_(s ∈ [ [0, d] ]) est une base de Pol
_d .
On suppose dans cette question que
On note Pol
On définit les fonctions de
Pol_d :
H_0 : x ↦ 1 et pour tout
s de
[ [1, d] ], H_s : x ↦ (x(x − 1)…(x − s + 1))/(s!) = 1/(s!)∏_(k = 0)^(s − 1)(x − k) .
a- Montrer que la famille(H_s)_(s ∈ [0, d]) est une base de
Pol_d .
On noteΔ défini sur Pol
_d par :
∀P ∈ Pol_d, Δ(P) : x ↦ P(x + 1) − P(x) .
b- Vérifier queΔ est un endomorphisme de
Pol_d .
c- Montrer que :Δ(H_0) = 0 et encore :
∀s ∈ [ [1, d] ], Δ(H_s) = H_(s − 1) et
H_s(0) = 0 .
d- Montrer que :∀P ∈ Pol_d, ∀x ∈ ℝ, P(x) = ∑_(s = 0)^d[(Δ^s(P))(0)]H_s(x) .
e- En déduire que, pour toutk de
[ [0, d] ] et pour tout
n de
ℕ :
a- Montrer que la famille
On note
b- Vérifier que
c- Montrer que :
d- Montrer que :
e- En déduire que, pour tout
f- Montrer alors que, pour tout
k de
[ [0, d] ] , l'espérance de
X^k est :
g- Exemple : on suppose ici que :
d = 2, E(X) = 1 et
E(X^2) = 3/2 . Déterminer
b_0, b_1 et
b_2 , puis
a_0, a_1 et
a_2 . Reconnaître la loi de
X .
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