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Annale de maths approfondies BCE HEC/ESCP pour la filiere ECS, session 2008.

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283
CCIP_M2_S

Concepteur : H.E.C. - E.S.C.P. - E.A.P.

OPTION SCIENTIFIQUE

MATHEMATIQUES II

Mercredi 7 mai 2008, de 14 h . à 18 h .
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Toutes les variables aléatoires qui interviennent dans ce problème sont supposées définies sur le même espace probabilisé ( Ω, A, P ). Sous réserve d'existence, on note E(X) et V(X) respectivement, l'espérance et la variance d'une variable aléatoire réelle X quelconque. Pour toute variable aléatoire réelle X admettant une densité sur ℝ, notée f_X, on note D_X l'ensemble des réels s pour lesquels la variable aléatoire e^(sX) admet une espérance, et on note Φ_X la fonction définie sur D_X par : Φ_X(s) = E(e^(sX)).
On admet les résultats suivants :
  • si deux variables aléatoires X et Y sont telles que Φ_X et Φ_Y coïncident sur un intervalle ouvert non vide, alors X et Y ont la même loi ;
  • si n est un entier naturel non nul, et X_1, X_2, …, X_n des variables aléatoires réelles quelconques, mutuellement indépendantes, alors, pour tout entier p de [ [1, n − 1] ] et pour toutes fonctions réelles continues φ_1 et φ_2, les variables aléatoires φ_1(X_1, …, X_p) et φ_2(X_(p + 1), …, X_n) sont indépendantes;
  • si X et Y sont des variables aléatoires indépendantes admettant une espérance, alors XY admet une espérance, et E(XY) = E(X)E(Y).
    La fonction exponentielle est également notée exp. On rappelle que : ∫_(− ∞)^(+ ∞)exp((− x^2)/2)dx = √(2π).
    Dans tout le problème, U désigne une variable aléatoire qui suit la loi normale centrée réduite.

Préliminaire

On rappelle que, pour tout s de D_X, on a : Φ_X(s) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)exp(sx)f_X(x)dx.
  1. Soit a un réel non nul et b un réel quelconque.
    a) Montrer que l'intégrale ∫_(− ∞)^(+ ∞)exp(− ax^2)dx est convergente si et seulement si a > 0, et vaut alors √(π/a).
    b) En déduire que l'intégrale ∫_(− ∞)^(+ ∞)exp(− ax^2 + bx)dx est convergente si et seulement si a > 0, puis montrer que dans ces conditions, on a : ∫_(− ∞)^(+ ∞)exp(− ax^2 + bx)dx = √(π/a)exp((b^2)/(4a)).
  2. a) Déterminer D_U; pour tout s de D_U, calculer Φ_U(s).
    b) On pose : Z = U^2. Établir que : D_Z = ] − ∞, 1/2 [; montrer, à l'aide du théorème de transfert, que pour tout réel s de D_Z, on a : Φ_Z(s) = (1 − 2s)^(− 1/2).
  3. Soit X une variable aléatoire réelle à densité, et soit μ et β deux réels quelconques.
    a) Montrer qu'un réel s appartient à D_(μX + β) si et seulement si μs appartient à D_X, et que dans ce cas, on a : Φ_(μX + β)(s) = exp(βs)Φ_X(μs).
    b) On suppose que X suit une loi γ de paramètre ν, où ν est un réel strictement positif.
Montrer que : D_X = ] − ∞, 1 [; pour tout s de D_X, établir la formule : Φ_X(s) = (1 − s)^(− ν). De même, déterminer D_(2X); pour tout s de D_(2X), calculer Φ_(2X)(s).

Partie I. Loi du χ^2 centré

Soit r un entier supérieur ou égal à 1 . On considère une variable aléatoire X_r suivant la loi Γ de paramètres (2, r/2), c'est-à-dire que X_r possède une densité f_(X_r) donnée par :
f_(X_r)(x) = {1/(2^(r/2) × Γ(r/2)) × x^(r/2 − 1) × exp(− x/2), si x > 0; 0, si x ⩽ 0
On dit que X_r suit une loi du χ^2 («chi deux») centré à r degrés de liberté, et on note : X_r↪χ^2(r).
  1. Étudier les variations de f_(X_4) et tracer sa courbe représentative dans un repère orthogonal du plan.
  2. a) Montrer que la variable aléatoire (X_r)/2 suit une loi γ de paramètre r/2. En déduire E(X_r) et V(X_r).
    b) Déterminer D_(X_r); pour tout s de D_(X_r), calculer Φ_(X_r)(s).
  3. Soit n un entier de ℕ^∗. On considère n variables aléatoires indépendantes U_1, U_2, …, U_n de même loi que U. Pour tout i de [ [1, n] ], on pose : Z_i = U_i^2.
    a) Vérifier que X_1 et U^2 sont de même loi.
    b) On pose : W_n = ∑_(i = 1)^n Z_i. Quelle est la loi de probabilité de W_n ?
    c) Déterminer D_(W_n), et pour tout s de D_(W_n), exprimer Φ_(W_n)(s) en fonction de s et de n. Établir une relation entre Φ_(W_n)(s) et Φ_(Z_1)(s), Φ_(Z_2)(s), …, Φ_(Z_n)(s).
  4. Soit T une variable aléatoire qui suit la loi normale centrée, de variance σ^2 inconnue, σ étant un réel strictement positif. Pour n entier supérieur ou égal à 2 , on dispose d'un n-échantillon indépendant, identiquement distribué (i.i.d.), T_1, T_2, …, T_n de la loi de T. On considère la variable aléatoire S_n définie par : S_n = 1/n∑_(i = 1)^n T_i^2.
    a) Montrer que S_n est un estimateur sans biais et convergent du paramètre σ^2.
    b) Soit α un réel vérifiant : 0 < α < 1, et soit k_α le réel strictement positif tel que : P([W_n ⩾ k_α]) = 1 − α. Montrer que l'intervalle ]0, (nS_n)/(k_α)] est un intervalle de confiance de σ^2 au risque α.

Partie II. Loi du χ^2 décentré

On considère une suite (M_j)_(j ⩾ 1) de variables aléatoires définies sur un espace probabilisé (Ω, A, P), mutuellement indépendantes, telles que pour tout j de ℕ^∗, M_j suive la loi normale d'espérance m_j(m_j ∈ ℝ) et de variance égale à 1 .
Pour n entier de ℕ^∗, on pose : Y_n = ∑_(j = 1)^n M_j^2 et λ_n = ∑_(j = 1)^n m_j^2.
On dit que Y_n suit une loi du χ^2 décentré à n degrés de liberté, de paramètre de décentrage λ_n, et on note: Y_n↪χ^2(n, λ_n).
  1. Dans cette question uniquement, on suppose que l'entier n est égal à 1 .
    a) Montrer les deux égalités suivantes : E(U^3) = 0 et E(U^4) = 3.
    b) En déduire, en fonction de λ_1, les valeurs respectives de E(Y_1) et de V(Y_1).
    c) Montrer que : D_(Y_1) = ] − ∞, 1/2 [ et établir, pour tout réel s de D_(Y_1), la formule suivante :
Φ_(Y_1)(s) = (1 − 2s)^(− 1/2) × exp((sλ_1)/(1 − 2s))
  1. Soit n un entier de ℕ^∗.
    a) Calculer E(Y_n) et V(Y_n) en fonction de n et λ_n.
    b) On admet que l'on a : D_(Y_n) = ] − ∞, 1/2 [. Pour tout s de D_(Y_n), exprimer Φ_(Y_n)(s) en fonction de s, n et λ_n.

Partie III. Nombre aléatoire de degrés de liberté

Sur un espace probabilisé ( Ω, A, P ), on considère une variable aléatoire X à valeurs dans ℝ admettant une espérance E(X), et une variable aléatoire K à valeurs dans ℕ. On note N_K l'ensemble des entiers naturels k vérifiant P([K = k]) > 0, et on suppose que pour tout entier k de N_K, la variable aléatoire X admet une espérance pour la probabilité conditionnelle P_([K = k]), notée E(X/K = k).
On admet alors l'égalité suivante : (⋆)E(X) = ∑_(k ∈ N_K)E(X/K = k)P([K = k])
Soit g l'application définie sur ℕ par : g(k) = {E(X/K = k), si k ∈ N_K; 0, sinon.
  1. Vérification de la formule ( ⋆ ) sur un exemple.
Soit (J_i)_(i ⩾ 1) une suite de variables aléatoires définies sur ( Ω, A, P ), indépendantes et de même loi uniforme sur l'intervalle [0, 1]. Pour tout k de ℕ^∗, on pose : X_k = sup_(1 ⩽ i ⩽ k)(J_i); autrement dit, pour tout ω de Ω, X_k(ω) = max_(1 ⩽ i ⩽ k)J_i(ω). Soit K une variable aléatoire définie sur ( Ω, A, P ) qui suit la loi uniforme discrète sur [ [1, n] ](n ∈ ℕ^∗). On suppose que K est indépendante des variables aléatoires de la suite (J_i)_(i ⩾ 1).
Pour tout ω de Ω, on pose : X(ω) = max_(1 ⩽ i ⩽ K(ω))J_i(ω), et on admet que X est une variable aléatoire définie sur(Ω, A, P).
a) Établir, pour tout entier k de [ [1, n] ] et pour tout réel x, la relation : P_([K = k])([X ⩽ x]) = P([X_k ⩽ x]).
b) Déterminer la fonction de répartition F_X de la variable aléatoire X.
c) En déduire que X est une variable aléatoire à densité, qui admet une espérance E(X) que l'on exprimera en fonction de ∑_(k = 1)^n k/(k + 1).
d) Vérifier l'égalité ( ⋆) : E(X) = E(g(K)).
2. Soit (U_i)_(i ⩾ 1) une suite de variables aléatoires indépendantes qui suivent la loi normale centrée réduite. Soit K une variable aléatoire indépendante des variables aléatoires de la suite (U_i)_(i ⩾ 1), qui suit la loi de Poisson de paramètre λ/2 strictement positif.
Pour n entier de ℕ^∗, on pose : H_n = U_1^2 + U_2^2 + ⋯ + U_(n + 2K)^2. On admet que H_n est une variable aléatoire à densité à valeurs positives, et que D_(H_n) = ] − ∞, 1/2[.
Soit s un réel de ] − ∞, 1/2[.
a) Montrer que pour tout k de ℕ, la loi conditionnelle de H_n sachant [K = k] est la loi de la variable aléatoire W_(n + 2k) définie dans la question I.3.b.
b) En posant : X = e^(sH_n), déterminer, pour tout entier k de ℕ, l'expression de g(k) en fonction de k.
c) Établir la formule suivante :
E(g(K)) = (1 − 2s)^(− n/2) × exp((λs)/(1 − 2s))
d) En utilisant l'égalité ( ⋆ ), admise au début de cette partie, avec X = e^(sH_n), déterminer la loi de H_n.
e) À l'aide de la question III.2.a, montrer que pour tout entier n supérieur ou égal à 3 , on a :
E(1/(H_n)) = E(1/(n − 2 + 2K))

Partie IV. Estimateur de James-Stein

Soit p un entier supérieur ou égal à 3 . On suppose qu'un modèle aléatoire défini sur ( Ω, A, P ) comporte p paramètres réels inconnus θ_1, …, θ_p non tous nuls. Un échantillon d'observations statistiques permet d'exhiber des estimateurs θ_1 ˆ, …, θ_p ˆ sans biais des paramètres θ_1, …, θ_p respectivement. On suppose que les variables aléatoires θ_1 ˆ, …, θ_p ˆ sont indépendantes et suivent une loi normale de variance égale à 1 .
On pose : θ = (θ_1, …, θ_p), θˆ = (θ_1 ˆ, …, θ_p ˆ), B_p = ∑_(j = 1)^p θ_j ˆ^2 et b_p = ∑_(j = 1)^p θ_j^2.
On dit que le vecteur aléatoire θˆ est un estimateur sans biais du paramètre vectoriel θ, et E(θˆ) est alors le vecteur θ.
On définit le risque quadratique scalaire d'un estimateur θ^∗ de θ, noté R(θ^∗, θ), par :
R(θ^∗, θ) = E(∑_(j = 1)^p(θ_j^∗ − θ_j)^2)
Dans cette partie, on cherche un estimateur θ^∗ de θ, représenté par un vecteur aléatoire (θ_1^∗, …, θ_p^∗), dont le risque R(θ^∗, θ) est strictement inférieur à R(θˆ, θ).
  1. Justifier que la variable aléatoire B_p suit la loi χ^2(p, b_p), et qu'elle constitue un estimateur biaisé de b_p.
  2. On pose : θ^∗ = (1 − c/(B_p)) × θˆ, où c est un paramètre réel strictement positif. Soit K une variable aléatoire qui suit la loi de Poisson de paramètre (b_p)/2.
    a) En admettant que l'on a : E(1/(B_p)∑_(j = 1)^p θ_j θ^_j) = E((2K)/(p − 2 + 2K)), établir l'égalité suivante :
R(θ^∗, θ) − R(θ^, θ) = (c^2 − 2c(p − 2)) × E(1/(p − 2 + 2K))
b) Montrer que l'inégalité : R(θ^∗, θ) < R(θˆ, θ), est vérifiée si et seulement si : 0 < c < 2(p − 2). Déterminer en fonction de p, la valeur de c pour laquelle R(θ^∗, θ) − R(θˆ, θ) est minimale.
Comment s'écrit alors l'estimateur θ^∗ ?

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