BCE Maths approfondies HEC/ESCP ECS 2010, épreuve 2Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2010
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Annale de maths approfondies BCE HEC/ESCP pour la filiere ECS, session 2010.
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BCH
BANQUE COMMUNE D'EPREUVES
CONCOURS D'ADMISSION DE 2010
Conceptions : H.E.C. - E.S.C.P. / EUROPE
OPTION SCIENTIFIQUE
MATHEMATIQUES II
Lundi 10 mai 2010, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Dans tout le problème :
- toutes les variables aléatoires sont supposées définies sur un espace probabilisé (
Ω, A, P ); - pour tout réel
t > 0, X_t désigne une variable aléatoire à valeurs strictement positives qui suit la loi gamma de paramètret , notéeγ(t) ; -
U désigne une variable aléatoire qui suit la loi uniforme sur]0, 1 ]; - l'espérance et la variance d'une variable aléatoire
A sont notées respectivementE(A) etV(A) ; - la notation exp désigne la fonction exponentielle de base e .
On rappelle ou on admet sans démonstration les résultats suivants :
- la fonction
Γ définie pour tout réelt > 0 parΓ(t) = ∫_0^(+ ∞)e^(− u)u^(t − 1)du , est de classeC^∞ surℝ^(+ ∗) ; on noteΓ^′ etΓ^(′′) les dérivées première et seconde de la fonctionΓ . Pour tout réelt > 0 , les intégrales∫_0^(+ ∞)(lnu)e^(− u)u^(t − 1)du et∫_0^(+ ∞)(lnu)^2 e^(− u)u^(t − 1)du sont convergentes et valent respectivementΓ^′(t) etΓ^(′′)(t) ; - on a pour tout réel
t > 0 : Γ(t + 1) = tΓ(t) ; - pour tout réel
t > 0 , une densitéf_(X_t) deX_t est donnée par :f_(X_t)(x) = {1/(Γ(t))e^(− x)x^(t − 1), si x > 0; 0, si x ⩽ 0 ; -
Γ(1/2) = √π .
L'objet du problème est de démontrer quelques propriétés de la fonction
Γ en utilisant des méthodes essentiellement probabilistes.
Partie I. Quelques résultats préliminaires
- On pose pour tout
n deℕ^∗ : h_n = ∑_(k = 1)^n 1/k . On considère les deux suites(γ_n)_(n ⩾ 1) et(v_n)_(n ⩾ 1) définies par : pour toutn deℕ^∗, γ_n = h_n − lnn etv_n = γ_(n + 1) − γ_n .
a) Montrer que la série de terme généralv_n est convergente.
b) En déduire la convergence de la suite(γ_n)_(n ⩾ 1) ; on noteγ sa limite.
c) On pose pour tout réelt > 0 : d_(n, t) = γ + ln(t + n) − h_n . Déterminerlim_(n → + ∞)d_(n, t) . - a) Rappeler sans démonstration les valeurs respectives de
E(X_t) etV(X_t) .
b) On note pour tout réelt > 0, ψ(t) = Γ^′(t)/Γ(t) , etψ^′ la dérivée deψ . Montrer queE(ln(X_t)) = ψ(t) etV(ln(X_t)) = ψ^′(t) . - a) Montrer que pour tout réel
t > 1, E(1/X_t) existe et calculer sa valeur.
b) Établir pour tout réelx > 0 , l'encadrement :1 − 1/x ⩽ lnx ⩽ x − 1 .
En déduire que l'on a :
(lnx)^2 ⩽ (1 − 1/x)^2 + (x − 1)^2 .
c) À l'aide des questions précédentes, établir les inégalités suivantes : pour tout réelt > 0, E(ln((X_t)/t)) ⩽ 0 ; pour tout réel
t > 1, E(ln((X_t)/t)) ⩾ − 1/(t − 1) ; pour tout réel
t > 2, E(ln^2((X_t)/t)) ⩽ (2t)/((t − 2)^2) .
d) Soitt un réel fixé strictement positif. Montrer que la suite de variables aléatoires
(ln((X_(t + n))/(t + n)))_(n ⩾ 1) converge en probabilité vers 0
4. Soit(A_n)_(n ⩾ 1), (B_n)_(n ⩾ 1) et
(C_n)_(n ⩾ 1) trois suites de variables aléatoires à densité qui convergent en probabilité vers 0 . On pose pour tout
n de
ℕ^∗ : D_n = A_n + B_n + C_n . Soit
(u_n)_(n ⩾ 1) une suite réelle qui converge vers
u . On considère deux variables aléatoires réelles à densité
M et
N telles que pour tout
n de
ℕ^∗, M est de même loi que
N + D_n + u_n .
a) Montrer pour tout réelε > 0 , l'inclusion :
[|D_n| > ε] ⊂ [|A_n| > ε/3] ∪ [|B_n| > ε/3] ∪ [|C_n| > ε/3] .
c) À l'aide des questions précédentes, établir les inégalités suivantes : pour tout réel
d) Soit
4. Soit
a) Montrer pour tout réel
En déduire que la suite
(D_n)_(n ⩾ 1) converge en probabilité vers 0 .
b) On pose pour toutn de
ℕ^∗ : V_n = D_n + u_n − u . Montrer que la suite de variables aléatoires
(V_n)_(n ⩾ 1) converge en probabilité vers 0 . En déduire la limite en probabilité de la suite
((N + u) + V_n)_(n ⩾ 1) .
c) On admet sans démonstration que la convergence en probabilité entraîne la convergence en loi.
b) On pose pour tout
c) On admet sans démonstration que la convergence en probabilité entraîne la convergence en loi.
Montrer que les variables aléatoires
M et
N + u sont de même loi.
5. Soit (α, β ) un couple de réels strictement positifs, et
X_α et
X_β deux variables aléatoires indépendantes de lois respectives
γ(α) et
γ(β) . On pose :
T_(α, β) = (X_α)/(X_β), Q_(α, β) = ln(T_(α, β)) et
B(α, β) = (Γ(α)Γ(β))/(Γ(α + β)) .
a) PréciserQ_(α, β)(Ω) . Déterminer une densité de
ln(X_α) et de
− ln(X_β) respectivement.
b) En déduire qu'une densitéf_(Q_(α, β)) de
Q_(α, β) est donnée par : pour tout réel
x ,
5. Soit (
a) Préciser
b) En déduire qu'une densité
c) À l'aide du changement de variable
u = e^y(1 + e^(− x)) , dont on justifiera la validité, établir la formule suivante : pour tout
x réel,
f_(Q_(α, β))(x) = 1/(B(α, β)) × (e^(αx))/((1 + e^x)^(α + β)) .
d) En déduire une densitéf_(T_(α, β)) de
T_(α, β) .
e) On pose :J_(α, β) = (X_α)/(X_α + X_β) . Montrer qu'une densité
f_(J_(α, β)) de
J_(α, β) est donnée par :
d) En déduire une densité
e) On pose :
Partie II. Étude de la variable aléatoire
ln(X_t)
Soit
(Y_k)_(k ⩾ 1) une suite de variables aléatoires indépendantes de même loi exponentielle de paramètre 1. On suppose que pour tout réel
α > 0, X_α est indépendante de chacune des variables aléatoires de la suite
(Y_k)_(k ⩾ 1) .
On pose :
S_0 = 0 et pour tout
k de
ℕ^∗, S_k = ∑_(i = 1)^k Y_i .
6. Rappeler sans démonstration la loi deS_k ainsi que les valeurs respectives de
E(S_k) et
V(S_k) .
7. a) Justifier pour toutn de
ℕ^∗ , l'égalité suivante :
ln(X_t) = ln(∏_(k = 1)^n(X_t + S_(k − 1))/(X_t + S_k)) + ln(X_t + S_n) .
b) Montrer que pour tout entierm de
ℕ^∗ , la loi de
X_t + S_m est celle de
X_(t + m) .
6. Rappeler sans démonstration la loi de
7. a) Justifier pour tout
b) Montrer que pour tout entier
On admet jusqu'à la fin du problème les résultats suivants :
- soit
n un entier deℕ^∗ etA_1, …, A_n des variables aléatoires réelles mutuellement indépendantes. Alors, pour toutp de[ [1, n − 1] ] , pour toutes fonctions réellesφ_1 etφ_2 continues, les variables aléatoiresφ_1(A_1, …, A_p) etφ_2(A_(p + 1), …, A_n) sont indépendantes; - si
A etB sont deux variables aléatoires indépendantes admettant une espérance, alorsAB admet une espérance etE(AB) = E(A)E(B) ; - pour tout couple
(α, β) de réels strictement positifs, si les variables aléatoiresX_α etX_β sont indépendantes, de lois respectivesγ(α) etγ(β) , alors les variables aléatoires(X_α)/(X_α + X_β) etX_α + X_β sont indépendantes.
- On pose pour tout
k deℕ^∗ : R_(t, k) = (X_t + S_(k − 1))/(X_t + S_k) .
a) Montrer queR_(t, 1) etR_(t, 2) sont indépendantes. On admet dans la suite que les variables aléatoiresR_(t, k)(k ⩾ 1) sont indépendantes.
b) En déduire à l'aide des questions précédentes que pour toutn deℕ^∗ , les variables aléatoiresln(X_t) et∑_(k = 1)^n ln(R_(t, k)) + ln(X_(t + n)) sont de même loi. - a) Déterminer la loi de la variable aléatoire
− lnU .
b) À l'aide de la question 5.e, calculer une densitéf_(R_(t, k)) de la variable aléatoireR_(t, k) .
c) Soit(U_k)_(k ⩾ 1) une suite de variables aléatoires indépendantes de même loi queU . Montrer que pour toutk deℕ^∗ , les variables aléatoiresR_(t, k) etU_k^(1/(t + k − 1)) sont de même loi.
d) Déduire des questions précédentes que pour toutn deℕ^∗ , la variable aléatoireln(X_t) est de même loi que la variable aléatoire∑_(k = 0)^(n − 1)(1/(k + 1) − (Y_(k + 1))/(t + k)) + ln((X_(t + n))/(t + n)) + d_(n, t) − γ . - En utilisant les résultats des questions 1.c,2.b,3.c et 9.d, montrer que pour tout réel
t > 0 , on a:
- En utilisant la question 3.c, calculer
lim_(t → + ∞)(ψ(t) − lnt) . - On pose :
W = U^(1/μ) , oùμ désigne un paramètre réel strictement positif inconnu. Afin d'estimerμ , on considère pourp supérieur ou égal à 3 , unp -échantillon(W_1, W_2, …, W_p) i.i.d. de la loi deW .
On pose :G_p = − p(∑_(i = 1)^p lnW_i)^(− 1) . Justifier que la variable aléatoireG_p est un estimateur du paramètreμ . Est-il sans biais? Est-il convergent? - On rappelle que l'appel à la fonction Pascal random a pour résultat un nombre de type real pris au hasard dans l'intervalle
[0, 1[ .
a) SoitX la fonction Pascal suivante :
function X(lambda : real) : real;
begin
X := -ln(1-random)/lambda
end ;
Cette fonction simule une variable aléatoire réelle. Donner sa loi. Justifier votre réponse.
b) Écrire une fonction Pascal d'en-tête g(n : integer) : real simulant une variable aléatoire de loiγ(n) .
c) Soit m la fonction Pascal suivante :
b) Écrire une fonction Pascal d'en-tête g(n : integer) : real simulant une variable aléatoire de loi
c) Soit m la fonction Pascal suivante :
function m(p : integer) : real;
begin
m := p/g(p)
end ;
On appelle la fonction m pour différentes valeurs de
p de plus en plus grandes. Que devrait-on constater?
Partie III. Quelques propriétés de la fonction
Γ
Les notations sont celles des parties I et II.
14. Première application : les formules de Wilks et Legendre.
a) Soit(a_k)_(k ∈ ℕ) une suite réelle. Pour tout
n de
ℕ^∗ et tout réel
t > 0 , établir l'égalité :
14. Première application : les formules de Wilks et Legendre.
a) Soit
b) Exprimer
w_n = ∑_(k = 0)^(n − 1)(1/(2k + 1) − 1/(2k + 2)) en fonction de deux termes de la suite
(h_n)_(n ⩾ 1) . En déduire que
lim_(n → + ∞)w_n = ln2 .
c) Pourt > 0 , soit
X_t et
X_(t + 1/2) deux variables aléatoires indépendantes de lois respectives
γ(t) et
γ(t + 1/2) . En utilisant les questions 4 et 9.d, montrer que la variable aléatoire
2ln(X_t) est de même loi que la variable aléatoire
ln(X_(t/2)) + ln(X_((t + 1)/2)) + 2ln2 .
d) On pose :t = 2s . Déduire de la question précédente que pour tout réel
r > 0, (X_(2s))^(2r) et
2^(2r)(X_s)^r(X_(s + 1/2))^r sont de même loi.
e) En choisissant une valeur particulière des , établir pour tout
r > 0 , la formule :
c) Pour
d) On pose :
e) En choisissant une valeur particulière de
- Deuxième application : la formule de Stirling.
a) Déterminer quatre réelsa, b, c, d tels que pour tout réelu > 0 , on a :1/(u^2(u + 1)^2) = a/(u^2) + b/((u + 1)^2) + c/u + d/(u + 1) .
En déduire pour tout
t > 0 , la relation :
ψ^′(t) = 1/t + 1/(2t^2) + 1/2∑_(k = 0)^(+ ∞)1/((t + k)^2(t + k + 1)^2) .
On admet sans démonstration que pour toutu > 0 , on a :
On admet sans démonstration que pour tout
b) Déduire des deux résultats précédents, pour tout
t > 0 , les deux encadrements :
En déduire un équivalent de
E(ln(X_t)) et de
V(ln(X_t)) respectivement, lorsque
t tend vers
+ ∞ .
c) Calculer pour touty vérifiant
y > t > 0 , l'intégrale :
∫_t^y(ψ(x) − ln(x) + 1/(2x))dx .
c) Calculer pour tout
Montrer pour
t fixé, l'existence de
lim_(y → + ∞)ln((Γ(y))/(y^(y − 1/2)e^(− y))) ; on note
θ cette limite.
d) En utilisant la question 14.e et l'identité :x^x = (x + 1/2)^x(1 + 1/(2x))^(− x) , valable pour
x > 0 , calculer
e^θ .
d) En utilisant la question 14.e et l'identité :
En déduire que
Γ(x) est équivalent à
√(2π)x^(x − 1/2)e^(− x) , lorsque
x tend vers
+ ∞ .
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