BCE Maths approfondies HEC/ESCP ECS 2020, épreuve 2Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2020
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Annale de maths approfondies BCE HEC/ESCP pour la filiere ECS, session 2020.
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Conception : HEC Paris - ESCP BS
MATHÉMATIQUES II
Mercredi 29 avril 2020, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Lorsque l'on cherche à estimer un paramètre inconnu à partir d'un échantillon de données, on appelle statistique exhaustive toute fonction de ces données qui résume à elle seule l'information que ces données fournissent sur le paramètre.
On donne ici une définition précise de cette notion d'exhaustivité dans le cas des échantillons de variables aléatoires discrètes, illustrée de plusieurs exemples qui en montrent l'intérêt.
On donne ici une définition précise de cette notion d'exhaustivité dans le cas des échantillons de variables aléatoires discrètes, illustrée de plusieurs exemples qui en montrent l'intérêt.
On s'intéressera dans ce problème à l'estimation d'un paramètre réel inconnu
θ appartenant à un intervalle
Θ .
On dispose pour cela de plusieurs observations
x_1, …, x_n considérées comme les réalisations de variables aléatoires discrètes
X_1, …, X_n définies sur le même espace probabilisable (
Ω, A ), à valeurs dans une partie
B de
ℕ .
L'espace probabilisable (
Ω, A ) est muni d'une famille
(P^θ)_(θ ∈ Θ) de probabilités indexées par le paramètre
θ .
On fait, pour toutes les valeurs du paramètre
θ , les trois hypothèses suivantes.
- Les variables aléatoires
X_1, …, X_n sont mutuellement indépendantes, c'est-à-dire :
- Les variables aléatoires
X_1, …, X_n suivent toutes la même loi qu'une variable aléatoire de référence, notéeX , à valeurs dansB , c'est-à-dire :
- Tous les éléments de
B sont des valeurs effectivement possibles deX , c'est-à-dire :
On appelle statistique toute variable aléatoire
S de la forme
ω ⟼ s(X_1(ω), …, X_n(ω)) , où
s désigne une application définie sur
B^n et à valeurs réelles. On note alors
S = s(X_1, …, X_n) .
Pour toutθ ∈ Θ , on note
E^θ(S) l'espérance de
S lorsque (
Ω, A ) est muni de la probabilité
P^θ (si cette espérance existe). On note de même
V^θ(S) la variance de
S (si elle existe).
Pour tout
Partie 1 : développements en série
- Dans cette question,
x désigne un nombre réel strictement compris entre 0 et 1 .
a) Justifier la convergence de la série∑_(k ≥ 1)(x^k)/k .
b) Vérifier, pour toutm ∈ ℕ^∗ et toutt ∈ ]0, 1[ , l'égalité :
c) Démontrer que l'intégrale
∫_0^x(t^m)/(1 − t) dt tend vers 0 quand l'entier
m tend vers l'infini.
d) En déduire la somme de la série∑_(k ≥ 1)(x^k)/k .
2. Dans cette question, indépendante de la précédente,(a_k)_(k ∈ ℕ) désigne une suite de nombres réels telle que la série
∑_(k ≥ 0)a_k c^k est absolument convergente pour un réel strictement positif
c .
a) Justifier que la fonctionf : x ⟼ a_0 + ∑_(k = 1)^(+ ∞)a_k x^k est bien définie sur le segment
[ − c, + c] .
b) Pour un entier naturelm , on pose :
M_m = ∑_(k = m + 1)^(+ ∞)|a_k|c^(k − m − 1) .
d) En déduire la somme de la série
2. Dans cette question, indépendante de la précédente,
a) Justifier que la fonction
b) Pour un entier naturel
Justifier, pour tout
x ∈ [ − c, + c] , l'inégalité :
c) Justifier, pour tout
m ∈ ℕ^∗ , le développement limité au voisinage de 0 :
d) Démontrer que si la fonction
f est nulle sur l'intervalle
]0, + c ], alors
(a_k)_(k ∈ ℕ) est la suite nulle.
Dans toute la suite du problème, pour tout
θ ∈ Θ et tout
(x_1, …, x_n) ∈ B^n , on note :
Cette quantité, qui s'écrit aussi
∏_(i = 1)^n P^θ([X = x_i]) d'après (2), est appelée la vraisemblance de la valeur
θ du paramètre au vu des observations
x_1, …, x_n .
Partie II : estimateur du maximum de vraisemblance, un exemple
Dans cette partie,
Θ est l'intervalle ouvert
]0, 1[, B est égal à
ℕ^∗ et on a :
On note
X¯ la variable aléatoire
1/n∑_(i = 1)^n X_i .
3. Soitθ ∈ Θ .
a) Reconnaître la loi deX lorsque (
Ω, A ) est muni de la probabilité
P^θ .
b) En déduire queX¯ est un estimateur sans biais du paramètre
1/θ .
c) Quel est le risque quadratique de cet estimateur?
4. On noteT la variable aléatoire
1/n∑_(i = 1)^n 1/(X_i) .
a) En utilisant le résultat de la question 1.d, justifier que :
3. Soit
a) Reconnaître la loi de
b) En déduire que
c) Quel est le risque quadratique de cet estimateur?
4. On note
a) En utilisant le résultat de la question 1.d, justifier que :
b) En déduire que
T est un estimateur de
θ dont le biais
b_θ(T) est strictement positif.
5. Soit(x_1, …, x_n) ∈ B^n .
a) Justifier, pour toutθ ∈ Θ , l'égalité :
5. Soit
a) Justifier, pour tout
b) En déduire que, lorsque les
x_i ne sont pas tous égaux à 1 , le nombre
n/(∑_(i = 1)^n x_i) est l'unique valeur de
θ qui maximise la vraisemblance
L(x_1, …, x_n, θ) .
6. On noteU la variable aléatoire
n/(∑_(i = 1)^n X_i) .
a) Établir, pour toutθ ∈ Θ et tout entier
k ≥ n , l'égalité:
6. On note
a) Établir, pour tout
b) En déduire que
U est un estimateur de
θ dont le biais
b_θ(U) est donné par :
c) Justifier que
b_θ(U) est strictement positif, quelle que soit la valeur du paramètre
θ .
7. Dans cette question, on suppose que le nombre des observations est illimité. On dispose donc, pour estimer le paramètreθ , d'une suite
(X_n)_(n ∈ ℕ^∗) de variables aléatoires mutuellement indépendantes et de même loi.
Pour tout entiern ∈ ℕ^∗ , on note
T_n = 1/n∑_(i = 1)^n 1/(X_i) et
U_n = n/(∑_(i = 1)^n X_i) .
Étudier la convergence des deux suites d'estimateurs(T_n)_(n ∈ ℕ^∗) et
(U_n)_(n ∈ ℕ^∗) du paramètre
θ .
7. Dans cette question, on suppose que le nombre des observations est illimité. On dispose donc, pour estimer le paramètre
Pour tout entier
Étudier la convergence des deux suites d'estimateurs
Dans toute la suite du problème, on dit qu'une statistique
S = s(X_1, …, X_n) est exhaustive s'il existe une application
g de
s(B^n) × Θ dans
ℝ_+ et une application
h de
B^n dans
ℝ_+ telles que :
Partie III : statistique exhaustive, un exemple
Dans cette partie, on suppose que
B = {0, 1}, Θ = ]0, 1 [ et que, quel que soit
θ ∈ Θ , les variables aléatoires
X_1, …, X_n suivent la loi de Bernoulli de paramètre
θ , lorsque l'espace probabilisable (
Ω, A ) est muni de la probabilité
P^θ .
On pose :S = ∑_(i = 1)^n X_i .
8. a) Démontrer que la vraisemblance de n'importe quelle valeurθ ∈ Θ du paramètre est donnée par :
On pose :
8. a) Démontrer que la vraisemblance de n'importe quelle valeur
b) En déduire que la statistique
S est exhaustive.
9. Soitk ∈ [ [0, n] ] et
(x_1, …, x_n) ∈ {0, 1}^n .
a) Calculer la probabilité conditionnelleP_([S = k])^θ([X_1 = x_1] ∩ ⋯ ∩ [X_n = x_n]) et vérifier que la loi conditionnelle du vecteur aléatoire
(X_1, …, X_n) sachant l'événement
[S = k] ne dépend pas du paramètre
θ .
b) Établir, pour toutθ ∈ Θ , l'égalité :
P_([S = k])^θ([X_1 = 1]) = k/n .
10. Le script Scilab suivant permet d'effectuer des simulations, qu'il place dans une matrice Y , dont il évalue ensuite la moyenne de chaque colonne.
9. Soit
a) Calculer la probabilité conditionnelle
b) Établir, pour tout
10. Le script Scilab suivant permet d'effectuer des simulations, qu'il place dans une matrice Y , dont il évalue ensuite la moyenne de chaque colonne.
--> theta=0.3;
--> N=100000;
--> n=10;
--> k=4;
--> U=grand(n,N,'bin',1,theta);
--> S=sum(U,'r'); // somme des lignes de U, colonne par colonne
--> K=find(S==k) ; // recherche des coefficients de S égaux à k
--> Y=U(1:n,K);
--> M=mean(Y,'c') // moyenne des colonnes de Y, ligne par ligne
ans =
0.4019917
0.4042436
0.4008908
0.3962868
0.4054947
0.3953861
0.3990892
0.4002402
0.3941851
0.4021919
a) Décrire avec précision ce que représente une colonne de la matrice U.
b) Expliquer pourquoi les coefficients de Y fournissent une simulation d'une loi conditionnelle du vecteur (X_1, …, X_n ).
c) Commenter les résultats trouvés pour les coefficients de M.
11. Á la suite du script précédent, on exécute l'instruction suivante :
-->C = Y∗Y^′/ length
(K) ;
a) Donner le format de la matrice C et indiquer la valeur de son coefficientC(1, 1) .
b) Á quelle valeur approchée peut-on s'attendre pourC(1, 2) et pour les autres coefficients non diagonaux de la matrice C ?
c) Quelle est la somme totale des coefficients de la matrice C ?
b) Expliquer pourquoi les coefficients de Y fournissent une simulation d'une loi conditionnelle du vecteur (
c) Commenter les résultats trouvés pour les coefficients de M.
11. Á la suite du script précédent, on exécute l'instruction suivante :
-->
a) Donner le format de la matrice C et indiquer la valeur de son coefficient
b) Á quelle valeur approchée peut-on s'attendre pour
c) Quelle est la somme totale des coefficients de la matrice C ?
Partie IV : inégalité de Rao-Blackwell
Dans cette partie, on reprend les hypothèses générales du préambule et on considère une statistique exhaustive
S = s(X_1, …, X_n) , au sens donné par (5).
On admet que, pour tout élémentu de
s(B^n) et tout élément
(x_1, …, x_n) de
B^n , la probabilité conditionnelle
P_([S = u])^θ([X_1 = x_1] ∩ ⋯ ∩ [X_n = x_n]) ne dépend pas de
θ .
12. SoitT un estimateur sans biais du paramètre
θ .
a) Démontrer que, pour toutu ∈ s(B^n) , l'espérance conditionnelle
E_([S = u])^θ(T) existe et que sa valeur ne dépend pas de
θ .
b) Justifier que([S = u])_(u ∈ s(B^n)) est un système complet d'événements.
13. Comme l'espérance conditionnelleE_([S = u])^θ(T) ne dépend pas de la valeur de
θ , on peut la noter
E_([S = u])(T) et définir une application
r de
B^n dans
ℝ par :
On admet que, pour tout élément
12. Soit
a) Démontrer que, pour tout
b) Justifier que
13. Comme l'espérance conditionnelle
a) En utilisant la formule de l'espérance totale, démontrer que
R = r(X_1, …, X_n) est un estimateur sans biais de
θ .
b) On suppose queT admet une variance, quelle que soit la valeur du paramètre
θ . Justifier qu'il en est de même pour
R et en utilisant les inégalités
b) On suppose que
établir, pour tout
θ ∈ Θ , l'inégalité (appelée inégalité de Rao-Blackwell) :
- Un exemple d'estimateur sans biais optimal
Dans cette question uniquement, on suppose que
B = ℕ, Θ = ]0, + ∞[ et que, pour tout
θ ∈ Θ , la loi commune des variables aléatoires
X_1, …, X_n sur l'espace probabilisé (
Ω, A, P^θ ) est la loi de Poisson de paramètre
θ .
a) Justifier que la statistiqueS = ∑_(i = 1)^n X_i est exhaustive.
b) Soitu ∈ ℕ et
(x_1, …, x_n) ∈ ℕ^n .
a) Justifier que la statistique
b) Soit
Vérifier que la probabilité conditionnelle
P_([S = u])^θ([X_1 = x_1] ∩ ⋯ ∩ [X_n = x_n]) ne dépend pas de
θ .
c) Soitu ∈ ℕ .
c) Soit
Démontrer que chacune des variables aléatoires
X_1, …, X_n suit une loi binomiale lorsque l'espace probabilisable (
Ω, A ) est muni de la probabilité
P_([S = u])^θ . Sont-elles indépendantes pour cette probabilité?
d) Trouver une suite réelle(φ_k)_(k ∈ ℕ) telle que
d) Trouver une suite réelle
et en prouver l'unicité à l'aide du résultat de la question 2 .
e) En exploitant le résultat de la question 13, démontrer que, parmi les estimateurs sans biais deθ , l'estimateur
1/n∑_(i = 1)^n X_i est optimal, c'est-à-dire que son risque quadratique est inférieur ou égal à celui de tout autre estimateur sans biais de
θ .
e) En exploitant le résultat de la question 13, démontrer que, parmi les estimateurs sans biais de
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