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BCE Maths approfondies HEC ECS 2000Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2000

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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2000.

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ECOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES

CONCOURS D'ADMISSION SUR CLASSES PREPARATOIRES

OPTION SCIENTIFIQUE

MATHEMATIQUES I

Jeudi 18 Mai 2000, de 8h. à 12h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Ce problème a pour objet l'étude des points en lesquels une application linéaire de ℝ^p dans ℝ atteint son maximum sur l'ensemble des solutions d'un système d'inéquations linéaires.
Pour tout entier p strictement positif, on identifiera ℝ^p et 𝕄_(p, 1)(ℝ).

Partie I. Préliminaires

On dit qu'une partie K non vide de ℝ est majorée lorsqu'il existe un réel M tel que
∀x ∈ K, x ⩽ M
Un réel M vérifiant ces inégalités s'appelle un majorant de K; on dit aussi que M majore K.
Dans ce qui suit on suppose que K est une partie non vide et majorée de ℝ.
Soit M un majorant de K et a un élément de K. On définit les suites (u_n)_(n ∈ ℕ) et (v_n)_(n ∈ ℕ) par:
u_0 = a, v_0 = M; ∀n ∈ ℕ, (u_(n + 1), v_(n + 1)) = {((u_n + v_n)/2, v_n), si (u_n + v_n)/2 ne majore pas K; (u_n, (u_n + v_n)/2), sinon
  1. On suppose, dans cette question seulement, que K = [0, 1[ ∪ [3, 4[, a = 0 et que M = 10.
Déterminer ( u_n, v_n ) pour tout entier n appartenant à {1, 2, 3, 4}.
2) On revient désormais au cas général.
a) Montrer que: ∀n ∈ ℕ, u_n ⩽ v_n.
b) Montrer que les deux suites (u_n)_(n ∈ ℕ) et (v_n)_(n ∈ ℕ) sont adjacentes et convergent vers un réel b.
c) Montrer que pour tout entier positif n, v_n est un majorant de K, puis que b majore K.
d) Montrer qu'il existe une suite d'éléments de K qui converge vers b.
e) On suppose que b^′ est un majorant de K.
  • Montrer que b^′ ⩾ b.
  • En déduire que b ne dépend pas des choix initiaux de a et M pourvu que a appartienne à K et que M majore K.
    Désormais, on notera α_K le majorant b de K ainsi obtenu.

Partie II. Étude d'un exemple

On munit ℝ^2 de sa norme euclidienne définie par ‖(x, y)‖ = √(x^2 + y^2) pour tout (x, y) appartenant à ℝ^2.
  1. On considère trois nombres réels a, b, c, tels que (a, b) ≠ (0, 0). On définit alors les trois ensembles:
    𝒟 = {(x, y) ∈ ℝ^2; ax + by + c = 0}, ℛ_+ = {(x, y) ∈ ℝ^2; ax + by + c > 0} et ℛ_− = {(x, y) ∈ ℝ^2; ax + by + c < 0}
    a) Montrer que ℛ_+est une partie ouverte de ℝ^2.
On pourra montrer, en utilisant la continuité de (x, y) ⟼ ax + by + c en un point (x_0, y_0) appartenant à ℛ_+, qu'il existe une boule ouverte centrée en ( x_0, y_0 ) et incluse dans ℛ_+.
Il s'ensuit, mutatis mutandis, que ℛ _ est également une partie ouverte de ℝ^2, ce que l'on admettra.
b) Soit (x, y) et (x^′, y^′) deux éléments de ℛ_+. Montrer que, pour tout réel λ appartenant à [0, 1], le couple (λx + (1 − λ)x^′, λy + (1 − λ)y^′) appartient à ℛ_+.
c) On suppose que ( x, y ) et ( x^′, y^′ ) appartiennent respectivement à ℛ_+et ℛ_−.
En considérant la fonction λ ⟼ a(λx + (1 − λ)x^′) + b(λy + (1 − λ)y^′) + c, montrer qu'il existe λ dans [0, 1] tel que (λx + (1 − λ)x^′, λy + (1 − λ)y^′) appartient à 𝒟.
2) Soit k un entier strictement positif. On considère des parties non vides et ouvertes de ℝ^2 : A_1, …, A_k.
a) On suppose dans cette sous-question que A_1 ∩ … ∩ A_k est non vide. Montrer que A_1 ∩ … ∩ A_k est une partie ouverte de ℝ^2.
Si ( x_0, y_0 ) est un élément de A_1 ∩ … ∩ A_k, on montrera qu'il existe un réel r strictement positif tel que la boule de centre ( x_0, y_0 ) et de rayon r soit incluse dans A_1 ∩ … ∩ A_k.
b) Montrer que A_1 ∪ … ∪ A_k est une partie ouverte de ℝ^2.
3) On note Δ l'ensemble {(x, y) ∈ ℝ^2; x ⩾ 0, y ⩾ 0, 1 − 2x + y ⩾ 0 et 1 + x − 2y ⩾ 0} et g l'application définie sur Δ par:
∀(x, y) ∈ Δ, g(x, y) = 3x − y + 4
a) Représenter graphiquement Δ dans un plan 𝒫 muni d'un repère orthonormé (O, ı⃗, ȷ⃗).
b) Montrer que Δ est une partie fermée et bornée de ℝ^2.
c) Montrer que g admet un maximum sur Δ.
d) Ce maximum peut-il être atteint en un point de l'ensemble Δ^′ défini par:
Δ^′ = {(x, y) ∈ ℝ^2; x > 0, y > 0, 1 − 2x + y > 0 et 1 + x − 2y > 0}
e) Déterminer l'ensemble des points de Δ où ce maximum est atteint.
4) On considère la matrice A = (2, − 1, 1, 0; − 1, 2, 0, 1) et la matrice colonne B = (1/1).
On note 𝒞 l'ensemble {X = (x_1; x_2; x_3; x_4) ∈ ℝ^4; x_1 ⩾ 0, x_2 ⩾ 0, x_3 ⩾ 0, x_4 ⩾ 0 et AX = B}.
a) Montrer que X = (x_1; x_2; x_3; x_4) appartient à 𝒞 si et seulement si x_1, x_2, x_3, x_4 satisfont :
x_3 = 1 − 2x_1 + x_2, x_4 = 1 + x_1 − 2x_2, (x_1, x_2) ∈ Δ
b) On considère l'élément W = (2; 4; 1; 3) appartenant à ℝ^4.
On munit ℝ^4 de son produit scalaire canonique : ⟨X, Y⟩ = ^t X.Y. On considère également la fonction f définie sur 𝒞 par:
∀X ∈ 𝒞, f(X) = ⟨X, W⟩
  • Montrer que f(X) = g(x_1, x_2) pour tout élément X = (x_1; x_2; x_3; x_4) appartenant à 𝒞.
  • Déterminer l'ensemble des points en lesquels f atteint son maximum sur 𝒞.

Partie III. Sommets et maximum

Désormais n et p désigneront des entiers strictement positifs.
On considère une matrice A appartenant à 𝕄_(n, p)(ℝ), et deux matrices colonnes B et W appartenant respectivement à ℝ^n et ℝ^p.
Pour tout élément X de ℝ^p et pour tout i appartenant à {1, …, p}, nous noterons X_i sa i-ième composante, et ainsi X = (X_1; ⋮; X_p).
On dira qu'un élément X de ℝ^p est positif et on écrira X ⩾ 0, lorsque toutes ses composantes sont positives.
On munit ℝ^p de son produit scalaire canonique : ⟨X, Y⟩ = ^t X.Y.
On considère l'ensemble 𝒞 = {X ∈ ℝ^p; X ⩾ 0 et AX = B} et l'application f définie sur 𝒞 par :
∀X ∈ 𝒞, f(X) = ⟨X, W⟩
On dit qu'un élément Z de 𝒞 est un sommet de 𝒞 lorsque :
∀(Z^′, Z^(′′)) ∈ 𝒞^2, ∀λ ∈ ]0, 1[, (Z = λZ^′ + (1 − λ)Z^(′′)) ⇒ (Z^′ = Z^(′′))
Si X = (X_1; ⋮; X_p) est un élément de ℝ^p, on notera s(X) l'ensemble {i ∈ {1, …, p}; X_i ≠ 0}; cet ensemble sera appelé le support de X.
Enfin, on notera C^1, C^2, …, C^p les colonnes de A.
Toutes ces notations seront utilisées jusqu'à la fin du problème.
  1. Vérifier que si l'élément nul de ℝ^p appartient à 𝒞, alors il est un sommet de 𝒞.
  2. On revient au cas général et on suppose dans ce qui suit que 𝒞 est non vide et que f atteint son maximum sur 𝒞 en U. Ce maximum sera noté M_0. Le but de ce qui va suivre est de construire un sommet de 𝒞 en lequel f atteint son maximum. On suppose donc que U n'est pas un sommet de 𝒞 et on considère deux éléments distincts U^′, U^(′′) appartenant à 𝒞 et un réel λ appartenant à ]0, 1[ tels que U = λU^′ + (1 − λ)U^(′′).
    a) Vérifier que f(U^′) = f(U^(′′)) = f(U) et en déduire que le vecteur V = U^(′′) − U^′ est orthogonal à W.
Le vecteur U^(′′) − U^′ étant non nul, il a au moins une composante non nulle et quitte à échanger U^′ et U^(′′) on peut supposer que le vecteur V égal à U^(′′) − U^′ admet une composante strictement négative. C'est ce que nous supposons désormais.
b) - Montrer que s(U^′) ⊂ s(U), s(U^(′′)) ⊂ s(U) et s(V) ⊂ s(U).
  • Pour tout réel μ, calculer : A(U + μV).
  • Montrer que s(U + μV) ⊂ s(U) pour tout réel μ.
    c) Montrer que la famille (C^i)_(i ∈ s(U)) est liée. On pourra considérer AV.
    d) On considère K = {μ ∈ ℝ, U + μV ∈ 𝒞}.
  • Montrer que K est une partie non vide et majorée de ℝ.
  • Montrer que U + α_K V appartient à 𝒞 et que f(U + α_K V) = M_0.
Le nombre α_K a été défini dans la partie I.
e) On suppose que,pour tout i appartenant à s(U), la i-ième composante Y_i de la colonne Y égale à U + α_K V est non nulle.
En remarquant que pour tout i appartenant à s(U), lim_(μ > →^0)(U_i + (α_K + μ)V_i) = U_i + α_K V_i, justifier
l'existence d'un réel η, strictement positif, tel que U + (α_K + η)V appartienne à 𝒞.
En déduire que s(U + α_K V) est strictement inclus dans s(U).
f) Nous noterons désormais U^((1)) = U + α_K V et nous supposons que U^((1)) n'est pas un sommet de 𝒞.
En se servant des questions précédentes, montrer que l'on peut construire un élément U^((2)) de 𝒞 tel que f(U^((2))) = M_0 et tel que s(U^((2))) soit strictement inclus dans s(U^((1))).
g) Déduire de ce qui précède l'existence d'un sommet de 𝒞 en lequel f atteint son maximum sur 𝒞.

Partie IV. Existence du maximum de la fonction f

Dans cette partie nous reprenons les mêmes notations que dans la partie précédente et nous noterons par ⟨X, X^′⟩ aussi bien le produit scalaire canonique de deux vecteurs X et X^′ de ℝ^p, que le produit scalaire canonique de deux vecteurs X et X^′ de ℝ^n.
  1. Montrer qu'il existe une matrice A^′ appartenant à 𝕄_(p, n)(ℝ) telle que :
∀(X, Y) ∈ ℝ^p × ℝ^n, ⟨AX, Y⟩ = ⟨X, A^′ Y⟩
  1. On note r le rang de la matrice A. On suppose d'une part que r est non nul, et d'autre part que la famille ( C^1, C^2, …, C^r ) est libre.
    On note E l'espace vectoriel engendré par les colonnes C^1, …, C^p de A.
    a) Montrer que l'application θ : Y ⟼ (⟨Y, C^1⟩; ⋮; ⟨Y, C^r⟩) est un isomorphisme de E dans ℝ^r.
    b) Montrer qu'il existe un unique vecteur colonne Z appartenant à E tel que, pour tout i appartenant à {1, …, r}, on a ⟨Z, C^i⟩ = W_i. On rappelle que W_i représente la i-ième composante du vecteur W introduit dans le préambule de la partie III.
    c) Exprimer les composantes dans la base canonique de ℝ^p du vecteur colonne A^′ Z, à l'aide des produits scalaires ⟨Z, C^i⟩, (i = 1, …, p).
    d) Dans cette sous-question on suppose en outre que : ∀i ∈ {r + 1, …, p}, ⟨Z, C^i⟩ ⩾ W_i.
  • Soit X un élément appartenant à 𝒞, montrer que ⟨Z, B⟩ ⩾ ⟨X, W⟩.
  • On suppose qu'il existe un vecteur U appartenant à 𝒞 tel que s(U) = {1, …, r}.
Prouver que la fonction f : X ⟼ ⟨X, W⟩ atteint son maximum sur 𝒞 en U et que U est un sommet de b.
3) Dans cette question A et W sont respectivement la matrice et le vecteur introduits dans la partie II.
a) Déterminer la valeur de r.
b) Déterminer le vecteur Z.
c) Est-ce que A^′ Z − W ⩾ 0 ?
d) Retrouve-t-on les résultats de la partie II?
&& &

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