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BCE Maths approfondies HEC ECS 2005Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2005

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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2005.

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Concepteur : H.E.C.

OPTION : SCIENTIFIQUE

MATHEMATIQUES I

Mercredi 18 Mai 2005, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.

On rappelle que :

  • pour tout réel x strictement positif, l'intégrale ∫_0^(+ ∞)t^(x − 1)e^(− t)dt = ∫_0^(+ ∞)e^((x − 1)lnt)e^(− t)dt est convergente ;
  • la fonction Γ est définie sur ℝ^(+ ∗), et associe à tout réel x strictement positif, le réel strictement positif Γ(x) = ∫_0^(+ ∞)t^(x − 1)e^(− t)dt;
  • pour tout réel x strictement positif, Γ(x + 1) = xΓ(x).
Pour tout entier naturel k non nul, et pour toute fonction f définie sur ℝ^(+ ∗), k fois dérivable, on note f^((k)) la dérivée k-ième de la fonction f. Les dérivées première et seconde sont également notées f^′ et f^(′′).
Dans les parties II et III du problème, exp désigne la fonction exponentielle. Les parties III et IV sont indépendantes.
Le problème a pour objet la mise en évidence de certaines propriétés de la fonction Γ.

Partie I. Une expression de Γ(x)

  1. Soit n un entier supérieur ou égal à 1 .
    a) Pour tout réel u tel que 0 ⩽ u < 1, montrer que ln(1 − u) ⩽ − u. En déduire, pour tout réel t de l'intervalle [0, n], l'inégalité : (1 − t/n)^n ⩽ e^(− t).
    b) Étudier les variations de la fonction φ définie sur [0, √n[ qui, à tout réel t de [0, √n[ associe :
φ(t) = ln(1 − (t^2)/n) − t − nln(1 − t/n)
Établir, pour tout réel t de [0, √n], l'inégalité :
(1 − (t^2)/n)e^(− t) ⩽ (1 − t/n)^n
c) Justifier, pour tout réel t de [0, n], les inégalités :
e^(− t) − (t^2)/ne^(− t) ⩽ (1 − t/n)^n ⩽ e^(− t)
En déduire que, pour tout réel x strictement positif :
Γ(x) = lim_(n → + ∞)∫_0^n(1 − t/n)^n t^(x − 1)dt
  1. a) Pour tout réel x strictement positif et pour tout entier naturel n non nul, montrer que les intégrales ∫_0^1 y^(x − 1)dy et ∫_0^1 y^(x − 1)(1 − y)^n dy sont convergentes.
    On pose alors B_0(x) = ∫_0^1 y^(x − 1)dy et pour tout n supérieur ou égal à 1, B_n(x) = ∫_0^1 y^(x − 1)(1 − y)^n dy.
    b) À l'aide d'une intégration par parties, montrer, pour tout n de ℕ^∗, l'égalité :
B_n(x) = (n!)/(x(x + 1)⋯(x + n))
En déduire, pour tout n de ℕ, la formule :
B_n(x) = (Γ(x) × Γ(n + 1))/(Γ(x + n + 1))
c) Montrer que, pour tout réel x strictement positif :
Γ(x) = lim_(n → + ∞)(n^x n!)/(x(x + 1)⋯(x + n))
En déduire que, pour tout réel x strictement positif, Γ(x + n) ∼ n^x(n − 1)!, lorsque n tend vers + ∞.
d) Pour tout n de ℕ^∗, on pose λ_n = (Γ(n/2))/(Γ((n + 1)/2)). Montrer que λ_n ∼ √(2/n) lorsque n tend vers + ∞.

Partie II. Dérivabilité de la fonction Γ et conséquences

  1. a) Montrer que, pour tout entier naturel k non nul, et pour tout réel x strictement positif, l'intégrale ∫_0^(+ ∞)t^(x − 1)(lnt)^k e^(− t)dt est absolument convergente. On note g_k(x) la valeur de cette intégrale.
    b) Soit [a, b] un segment de ℝ^(+ ∗). Soit x_0 et x deux éléments distincts de ]a, b[. Établir l'inégalité :
|Γ(x) − Γ(x_0) − (x − x_0)g_1(x_0)| ⩽ ((x − x_0)^2)/2∫_0^(+ ∞)(lnt)^2(sup_(α ∈ [a, b])t^(α − 1))e^(− t)dt
c) Montrer l'inégalité suivante :
∫_0^(+ ∞)(lnt)^2(sup_(α ∈ [a, b])t^(α − 1))e^(− t)dt ⩽ ∫_0^1(lnt)^2 t^(a − 1)e^(− t)dt + ∫_1^(+ ∞)(lnt)^2 t^(b − 1)e^(− t)dt
En déduire que la fonction Γ est dérivable en x_0 et que Γ^′(x_0) = g_1(x_0).
d) Établir que la fonction Γ est dérivable sur ℝ^(+ ∗) et que Γ^′ = g_1.
On montrerait de même que la fonction Γ est deux fois dérivable sur ℝ^(+ ∗), et que Γ^(′′) = g_2. Ce résultat est admis dans toute la suite du problème.
2. Pour tout n de ℕ^∗, on pose γ_n = − lnn + ∑_(k = 1)^n 1/k.
a) Établir, pour tout entier n supérieur ou égal à 2 , la double inégalité suivante : ∑_(k = 2)^n 1/k < lnn < ∑_(k = 1)^(n − 1)1/k.
En déduire que, pour tout entier naturel n non nul, on a 0 < γ_n ⩽ 1.
b) Montrer que la suite (γ_n)_(n ∈ ℕ^∗) est décroissante et convergente. On note γ sa limite.
3. a) Pour tout réel x strictement positif, et pour tout entier n strictement positif, montrer l'égalité :
∏_(k = 1)^n[(1 + x/k)exp(− x/k)] = exp(− xγ_n) × ((x + 1)(x + 2)⋯(x + n))/(n^x n!)
b) On pose v_n(x) = ∏_(k = 1)^n[(1 + x/k)exp(− x/k)]. Montrer que la suite (v_n(x))_(n ∈ ℕ^∗) est convergente. On note ℓ(x) sa limite. Montrer la relation :
ℓ(x) = (exp(− γx))/(xΓ(x))
  1. a) Soit x un réel strictement positif fixé. Montrer que la série de terme général x/n − ln(1 + x/n), n ⩾ 1, est convergente.
    b) Justifier, pour tout réel x strictement positif, l'égalité :
ln(ℓ(x)) = − ∑_(n = 1)^∞[x/n − ln(1 + x/n)]
En déduire, pour tout réel x strictement positif, la relation :
ln(Γ(x)) = − γx − lnx + ∑_(n = 1)^∞[x/n − ln(1 + x/n)]
  1. Soit ψ la fonction définie sur ℝ^(+ ∗) par ψ(x) = d/(dx)[ln(Γ(x))].
Établir, pour tout réel x strictement positif l'égalité : ψ(x + 1) = ψ(x) + 1/x.
Déterminer un équivalent simple de ψ(x) lorsque x tend vers 0^+. Justifier, pour tout entier n supérieur ou égal à 2 , la formule :
ψ(n) = ψ(1) + ∑_(k = 1)^(n − 1)1/k
  1. Pour tout entier n supérieur ou égal à 1 , on considère la fonction U_n définie sur ℝ^(+ ∗) par :
U_n(x) = ln(1 + x/n) − x/n
On désigne par A(x) la somme de la série de terme général U_n(x).
a) Montrer que A est deux fois dérivable sur ℝ^(+ ∗). En particulier, exprimer pour tout réel x strictement positif, A^′(x) et A^(′′)(x) en fonction de Γ(x), Γ^′(x) et Γ^(′′)(x).
b) Soit x un réel strictement positif fixé. Montrer que, pour tout entier k supérieur ou égal à 1 , la série de terme général U_n^((k))(x) est absolument convergente.
Dans toute la suite du problème, on admet les deux résultats suivants : pour tout réel x strictement positif on a
A^′(x) = ∑_(n = 1)^∞U_n^′(x) et A^(′′)(x) = ∑_(n = 1)^∞U_n^(′′)(x)
  1. Calculer ψ(1) en fonction de γ. En déduire la valeur de lim_(n → + ∞)(lnn − ψ(n)).
  2. On veut établir dans cette question que pour tout réel y strictement positif, on a ψ^′(y) > 1/y.
Soit x un réel strictement positif fixé. On considère la fonction G définie sur ℝ^(+ ∗) qui, à tout réel t strictement positif, associe G(t) = 1/((t + x)^2).
a) Montrer que sur ℝ^(+ ∗), G est positive, strictement décroissante, et que l'intégrale ∫_1^(+ ∞)G(t)dt est convergente.
b) En déduire la double inégalité : 0 < ∫_1^(+ ∞)G(t)dt < ∑_(k = 1)^∞G(k).
c) Établir l'inégalité : ψ^′(x) > 1/(x + 1) + 1/(x^2). Conclure.

Partie III. Estimation des paramètres d'une loi Γ(θ, r)

On considère une variable aléatoire X, qui suit une loi Γ(θ, r), les deux paramètres inconnus θ et r étant des réels strictement positifs. Une densité f de X est donnée par :
f(x) = {1/(Γ(r)θ^r) × x^(r − 1)exp(− x/θ), si x > 0; 0, si x ⩽ 0
Soit p un entier supérieur ou égal à 2 . On considère un p-échantillon i.i.d. ( X_1, X_2, …, X_p ) de la loi de X : les variables aléatoires X_1, …, X_p sont mutuellement indépendantes et de même loi que X.
On désigne par x_1, x_2, …, x_p, un p-échantillon de réalisations des variables aléatoires X_1, X_2, …, X_p, respectivement; les réels x_1, x_2, …, x_p sont fixés, strictement positifs et non tous égaux.
Soit L la fonction (appelée fonction de vraisemblance) définie sur ℝ^(+ ∗) × ℝ^(+ ∗) à valeurs dans ℝ^(+ ∗) qui, à tout couple (θ, r) de réels strictement positifs, associe :
L(θ, r) = ∏_(i = 1)^p f(x_i)
On pose F(θ, r) = ln(L(θ, r)).
  1. Montrer que la recherche du maximum de L sur ℝ^(+ ∗) × ℝ^(+ ∗) est équivalente à la recherche du maximum de F sur ce même ensemble.
  2. a) Établir l'existence sur ℝ^(+ ∗) × ℝ^(+ ∗), des dérivées partielles d'ordre 1 et 2 de la fonction F. Les calculer.
    b) Montrer que les éventuels points critiques ( θ^⋆, r^⋆ ) vérifient le système ( S ) d'équations suivant :
    (S) {θ^⋆r^⋆ = x¯; lnr^⋆ − (Γ^′(r^⋆))/(Γ(r^⋆)) = lnx¯ − 1/p∑_(i = 1)^p lnx_i
    dans lequel x¯ = 1/p∑_(i = 1)^p x_i.
  3. On pose K_p = lnx¯ − 1/p∑_(i = 1)^p lnx_i.
    a) Justifier, pour tout réel x > 0 et différent de 1 , l'inégalité : lnx < x − 1. En déduire que K_p > 0.
    b) Soit h la fonction définie sur ℝ^(+ ∗) par :
h(y) = lny − (Γ^′(y))/(Γ(y)) − K_p
Étudier les variations de h et dresser son tableau de variations.
c) Montrer que l'équation (2) admet sur ℝ^(+ ∗) une unique solution r^⋆. En déduire que le système d'équations ( S ) admet une unique solution (θ^⋆, r^⋆).
4. Écrire la hessienne ∇^2 F de F au point (θ^⋆, r^⋆).
En déduire qu'au point (θ^⋆, r^⋆), la fonction L admet un maximum local.
On peut démontrer qu'en ce point, on obtient en fait un maximum global de L. On dit que le couple ( θ^⋆, r^⋆ ) est une estimation du couple inconnu (θ, r) obtenue par la méthode du maximum de vraisemblance.

Partie IV. Estimateur sans biais de l'écart-type σ d'une loi normale centrée

Soit X une variable aléatoire qui suit une loi normale centrée et d'écart-type σ; le paramètre réel inconnu σ est strictement positif.
  1. Montrer que la variable aléatoire T = (X^2)/(2σ^2) suit une loi γ de paramètre 1/2. En déduire la valeur de Γ(1/2).
  2. Pour n entier naturel non nul, on considère un n-échantillon (X_1, X_2, …, X_n) i.i.d. (indépendant, identiquement distribué) de la loi de X.
    a) On désigne par S_n la variable aléatoire S_n = ∑_(i = 1)^n(X_i^2)/(2σ^2). Quelle est la loi de probabilité de S_n ?
    b) En déduire que la variable aléatoire Y_n définie par Y_n = 1/n∑_(i = 1)^n X_i^2, est un estimateur sans biais de σ^2.
  3. a) Montrer que l'espérance de √(Y_n), notée E(√(Y_n)), vérifie : E(√(Y_n)) < σ.
    b) Donner l'expression de E(√(Y_n)) en fonction de n et σ.
    c) Montrer que la variable aléatoire σ_n ˆ définie par :
σ_n ˆ = (λ_n)/(√2) ⋅ (∑_(i = 1)^n X_i^2)^(1/2)
où λ_n a été défini dans la question I.2.d, est un estimateur sans biais du paramètre σ.
4. a) Calculer la variance V(σ_n ˆ) de l'estimateur σ_n ˆ en fonction de n et σ.
b) La suite (σ_n ˆ)_(n ∈ ℕ^∗) d'estimateurs de σ converge-t-elle en probabilité vers σ ?

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