BCE Maths approfondies HEC ECS 2009Sujet
Epreuve de maths approfondies - ECS 2009
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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2009.
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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES
CONCOURS D'ADMISSION DE 2009
Conception : HAUTES ETUDES COMMERCIALES
OPTION SCIENTIFIQUE
HEC
____ MATS
MATHEMATIQUES
Mardi 28 avril 2009, de 8 h . à 12 h .
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Le problème a pour objet l'étude de quelques propriétés des suites récurrentes linéaires intervenant notamment dans l'analyse de processus aléatoires utilisés en prévision économique, ainsi que leur lien avec la notion de polynôme minimal.
Les parties II, III et IV sont indépendantes de la partie I.
Les parties II, III et IV sont indépendantes de la partie I.
Partie I. Deux exemples
Exemple 1.
- On considère la suite
s = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) définie pars_1 = 1, s_2 = 4/5, s_3 = 2/5 et la relation : pour toutn deℕ^∗ ,s_(n + 3) = 3/2s_(n + 2) − s_(n + 1) + 1/4s_n .
a) Écrire une fonction Pascal d'en-tête suite(s1,s2,s3: real,n : integer) : real qui, pour toutn deℕ^∗ , renvoie len -ième terme de cette suite.
b) Établir, pour toutn deℕ^∗ , l'égalité :s_n = 1/(5 × 2^(n − 2)) + 3/(5 × 2^((n − 2)/2)) × sin(nπ/4) .
c) Déterminer la limite de la suite(s_n)_(n ∈ ℕ^∗) .
d) Montrer que le polynômeP(X) = X^3 − 3/2X^2 + X − 1/4 admet une unique racine réelleλ_1 , valant1/2 ; déterminer ses deux racines complexesλ_2 etλ_3 dont on précisera le module et un argument.
e) On admet qu'il existe trois nombres complexesα_1, α_2, α_3 vérifiant, pour toutn deℕ^∗ , la relation suivante :s_n = (α_1)/(2^n) + α_2 λ_2^n + α_3 λ_3^n . Calculerα_1, α_2 etα_3 . Retrouver la limite de la suite(s_n)_(n ∈ ℕ^∗) .
Exemple 2.
Soit (
x, y ) un élément de
ℝ^2 et
P le polynôme de
ℝ[X] défini par :
P(X) = X^2 − xX − y . On note
r_1 et
r_2 les racines réelles ou complexes, distinctes ou confondues du polynôme
P .
2. a) Dans le plan rapporté à un repère orthonormé (O, ı⃗, ȷ⃗ ), représenter graphiquement l'ensemble
D des points de coordonnées
(x, y) défini par :
2. a) Dans le plan rapporté à un repère orthonormé (
b) Distinguer sur le graphique la partie de
D dans laquelle les racines de
P sont réelles.
3. En étudiant séparément le cas où les racinesr_1 et
r_2 sont réelles et le cas où elles sont complexes, établir l'équivalence des trois conditions suivantes :
i)|r_1| < 1 et
|r_2| < 1 .
ii)P(− 1) > 0, P(1) > 0 et
|r_1 r_2| < 1 .
iii)|y| < 1 et
|x| < 1 − y .
3. En étudiant séparément le cas où les racines
i)
ii)
iii)
On désigne par
E l'ensemble des variables aléatoires discrètes définies sur un espace probabilisé et admettant un moment d'ordre 2 . On note
E(A) et
V(A) respectivement, l'espérance et la variance d'une variable aléatoire
A de
E . Si
A et
B appartiennent à
E , leur covariance est notée
cov(A, B) .
On appelle processus aléatoireY = (Y_t)_(t ∈ ℤ) , toute application
Y définie sur
ℤ à valeurs dans
E .
SoitW = (W_t)_(t ∈ ℤ) un processus aléatoire constitué de variables aléatoires mutuellement indépendantes, vérifiant pour tout
t de
ℤ , les égalités suivantes :
E(W_t) = 0 et
V(W_t) = σ^2 , avec
σ strictement positif fixé.
Soit (a_1, a_2 ) un élément de
ℝ^2 . On considère un processus aléatoire
Y = (Y_t)_(t ∈ ℤ) formé de variables aléatoires centrées, de même variance strictement positive et qui vérifient, pour tout
t de
ℤ :
On appelle processus aléatoire
Soit
Soit (
On suppose que :
- pour tout couple
(t, k) deℤ × ℕ^∗, cov(W_t, Y_(t − k)) = 0 ; - pour tout couple
(t, k) deℤ^2, cov(Y_t, Y_(t − k)) ne dépend que dek .
On pose alors, pour tout
k de
ℤ : γ_k = cov(Y_t, Y_(t − k)) et
ρ_k = (γ_k)/(γ_0) .
4. a) Que représenteγ_0 pour le processus
Y ?
b) Établir, pour toutk de
ℤ , l'égalité :
γ_(− k) = γ_k .
c) Montrer, pour toutt de
ℤ , l'égalité :
cov(W_t, Y_t) = σ^2 .
5. On suppose dans cette question que le couple (a_1, a_2 ) appartient à l'ensemble
D défini dans la question 2.a.
a) Exprimerγ_1 et
γ_2 en fonction de
γ_0, a_1 et
a_2 . En déduire l'expression de
ρ_1 et
ρ_2 en fonction de
a_1 et
a_2 .
b) Établir les deux inégalités :a_1 ρ_1 + a_2 ρ_2 ⩾ 0 et
|ρ_1| < 1 , ainsi que l'encadrement :
0 ⩽ a_1 ρ_1 + a_2 ρ_2 < 1 .
c) Exprimerγ_0 en fonction de
σ^2, a_1, a_2, ρ_1 et
ρ_2 .
6. a) Montrer que la suite(ρ_k)_(k ∈ ℕ) vérifie une relation de récurrence linéaire d'ordre 2 .
b) Soitr_1 et
r_2 les racines du polynôme
P(X) = X^2 − a_1 X − a_2 . Montrer que la suite
(ρ_k)_(k ∈ ℕ) converge vers 0 si et seulement si
|r_1| < 1 et
|r_2| < 1 (on distinguera trois cas :
r_1 et
r_2 réels avec
|r_1| < |r_2|, r_1 et
r_2 réels avec
|r_1| = |r_2|, r_1 et
r_2 complexes conjugués).
4. a) Que représente
b) Établir, pour tout
c) Montrer, pour tout
5. On suppose dans cette question que le couple (
a) Exprimer
b) Établir les deux inégalités :
c) Exprimer
6. a) Montrer que la suite
b) Soit
Partie II. Suites récurrentes linéaires d'ordre
p
Dans cette partie,
p est un entier de
ℕ^∗ et (
a_1, a_2, …, a_p ) un élément de
ℂ^p vérifiant
a_p ≠ 0 . On note
S le
ℂ -espace vectoriel des suites complexes et
S_p le sous-ensemble de
S formé des suites
s = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) récurrentes linéaires d'ordre
p , c'est-à-dire, qui vérifient pour tout
n de
ℕ^∗ :
- Montrer que
S_p est un sous-espace vectoriel deS . - Soit
Φ l'application deS_p dansℂ^p qui, à toute suite(s_n)_(n ∈ ℕ^∗) deS_p , associe lep -uplet (s_1, s_2, …, s_p ) deℂ^p . Montrer queΦ est un isomorphisme d'espaces vectoriels. En déduire la dimension deS_p . - On note (
e_1, e_2, …, e_p ) la base canonique deℂ^p etΦ^(− 1) l'application réciproque deΦ . Pour touti de[ [1, p] ] , on considère la suitev^((i)) = (v_n^((i)))_(n ∈ ℕ^∗) définie par :v^((i)) = Φ^(− 1)(e_i) .
a) Justifier que la famille(v^((1)), v^((2)), …, v^((p))) constitue une base deS_p . Préciser les coordonnées de toute suite(s_n)_(n ∈ ℕ^∗) deS_p dans la base(v^((1)), v^((2)), …, v^((p))) .
b) Calculer, pour toutj de[ [1, p] ], v_j^((1)), v_j^((2)), …, v_j^((p)) . Montrer que, pour touti de[ [1, p] ] , on a :v_(p + 1)^((i)) = a_(p − i + 1) . - Soit
δ l'application définie surS_p par : pour toute suites = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) deS_p, δ(s) = (s_(n + 1))_(n ∈ ℕ^∗) .
a) Montrer queδ est un endomorphisme deS_p .
b) Déterminer la matriceΔ deδ dans la base (v^((1)), v^((2)), …, v^((p)) ). - Soit
P le polynôme deℂ[X] défini par :P(X) = X^p − a_1 X^(p − 1) − ⋯ − a_(p − 1)X − a_p .
a) Montrer queλ est une valeur propre deδ si et seulement siλ est une racine deP .
b) Soitλ une valeur propre deδ . Déterminer la dimension du sous-espace propre associé àλ , et en déduire une condition nécessaire et suffisante surP pour queδ soit diagonalisable.
c) On suppose queP admetp racines distinctesλ_1, λ_2, …, λ_p . Établir, pour toute suites = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) deS_p , l'existence d'un uniquep -uplet(α_1, α_2, …, α_p) deℂ^p tel que, pour toutn deℕ^∗ , on ait :s_n = ∑_(i = 1)^p α_i λ_i^n .
Partie III. Polynôme minimal d'une suite récurrente linéaire
Le contexte et les notations de cette partie sont ceux du préambule de la partie II et de la question 10. On considère une suite
s = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) de
S_p . On dit qu'un polynôme
Q de
ℂ[X] est un polynôme générateur de la suite
s , si
[Q(δ)](s) = 0_(S_p) . On note
J l'ensemble des polynômes générateurs de la suite
s .
12. Montrer queJ n'est pas réduit au polynôme nul.
13. Montrer queJ est un sous-espace vectoriel de
ℂ[X] .
14. Montrer que, siQ est un polynôme de
J et
A un polynôme de
ℂ[X] , alors
Q × A appartient à
J .
15. On noteN l'ensemble des degrés des polynômes non nuls de
J .
a) Justifier l'existence d'un polynômeΠ de
J tel que son degré soit le plus petit élément de
N . On note
d le degré de
Π .
b) En utilisant la division euclidienne des polynômes, montrer queJ est l'ensemble des polynômes de la forme
Π × L , avec
L élément de
ℂ[X] .
c) En déduire qu'il existe un unique polynôme deJ , noté
Π^⋆ , de coefficient dominant égal à 1 et de degré
d .
12. Montrer que
13. Montrer que
14. Montrer que, si
15. On note
a) Justifier l'existence d'un polynôme
b) En utilisant la division euclidienne des polynômes, montrer que
c) En déduire qu'il existe un unique polynôme de
On dit que
Π^⋆ est le polynôme générateur minimal de
s et que son degré
d est le degré de la suite
s .
16. Un exemple. Déterminer le polynôme générateur minimal et le degré de la suites = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) récurrente linéaire d'ordre 3 définie par
s_1 = 0, s_2 = s_3 = 1 et la relation : pour tout
n de
ℕ^∗, s_(n + 3) = 2s_(n + 1) + s_n .
17. Soits = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite récurrente linéaire de degré
d(d ⩾ 1) et soit
k un entier strictement supérieur à
d . On note
H la matrice de
M_k(ℂ) définie par :
16. Un exemple. Déterminer le polynôme générateur minimal et le degré de la suite
17. Soit
Pour tout
j de
[ [1, k] ] , on note
U_j la
j -ième colonne de
H . On désigne par
h l'endomorphisme de
ℂ^k canoniquement associé à
H et, pour tout
j , on note
u_j le vecteur de
ℂ^k canoniquement associé à
U_j .
a) Montrer que la famille (u_1, u_2, …, u_d ) est une famille libre de
Im(h) .
b) Établir que, pour toutj de
[ [d + 1, k] ] , la famille
(u_1, u_2, …, u_d, u_j) est liée. En déduire le rang de
h et la dimension de
Ker(h) .
c) Montrer qu'un polynômeQ(X) = ∑_(j = 0)^(k − 1)q_j X^j de
ℂ[X] appartient à
J , si et seulement si l'élément
(q_0, q_1, …, q_(k − 1)) de
ℂ^k appartient à
Ker(h) .
d) Un exemple. Soit(s_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite récurrente linéaire de degré inférieur ou égal à 3 dont les premiers termes sont :
− 1, 7, 5, 19, 29, 67, 125 . Déterminer le polynôme générateur minimal de cette suite.
a) Montrer que la famille (
b) Établir que, pour tout
c) Montrer qu'un polynôme
d) Un exemple. Soit
Partie IV. Un algorithme de calcul d'un polynôme générateur d'une suite récurrente linéaire
Soitd et
k deux entiers tels que
1 ⩽ d ⩽ k et soit
s = (s_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite complexe récurrente linéaire de degré
d dont on connaît les
2k premiers termes; on pose :
S(X) = ∑_(i = 0)^(2k − 1)s_(2k − i)X^i . On note
ℂ_k[X] l'espace vectoriel des polynômes à coefficients complexes de degré inférieur ou égal à
k . Soit
Q(X) = ∑_(j = 0)^k q_j X^j un polynôme de
ℂ_k[X] . Le degré d'un polynôme
T est noté
deg(T) .
18. On note (⋆ ) la relation suivante : pour tout
n de
[ [1, k] ] , on a
∑_(j = 0)^k q_j s_(n + j) = 0 .
Soit
18. On note (
Montrer que
Q est un polynôme générateur de la suite
s si et seulement si la relation () est vérifiée.
19. a) On pose, pour toutn de
[0, 3k − 1] : t_n = ∑_(i ∈ [0, 2k − 1], j ∈ [0, k]; i + j = n)q_j s_(2k − i) . Établir l'égalité :
QS = ∑_(n = 0)^(3k − 1)t_n X^n .
b) On suppose la relation (⋆ ) vérifiée. Montrer, pour tout
n de
[ [k, 2k − 1] ] , l'égalité :
t_n = 0 . En déduire l'existence de deux polynômes
A et
B de
ℂ_(k − 1)[X] vérifiant :
QS = A + X^(2k)B .
c) Réciproquement, on suppose qu'il existe deux polynômesA et
B de
ℂ_(k − 1)[X] vérifiant :
QS = A + X^(2k)B . Montrer que la relation () est vérifiée.
20. Dans l'algorithme suivant, les variablesA, B, C, D, E, F, R, S sont des polynômes,
k une constante entière. L'entier
k et le polynôme
S ont les valeurs données précédemment.
Initialisation :A:=X^(2k), B:=S, C:=0, D:=1 .
Corps :
Tant quedeg(B) ⩾ k
effectuer la division euclidienne deA par
B, A = BF + R avec
R = 0 ou
deg(R) < deg(B) .
E:=C − DF .
C:=D, D:=E, A:=B, B:=R .
Fin de Tant que.
Sortie : RendreD et
B .
SiU et
V sont deux polynômes de
ℂ[X] tels qu'il existe un polynôme
W de
ℂ_(k − 1)[X] vérifiant
U = V + X^(2k)W , on notera :
U ≡ V .
a) Montrer que cet algorithme se termine, c'est-à-dire que l'on sort de la boucle.
b) Montrer qu'à l'initialisation, on a :
deg(C) ⩽ 2k − deg(A), deg(D) ⩽ 2k − deg(A), k ⩽ deg(B) ⩽ deg(A), CS ≡ A, DS ≡ B .
c) On suppose qu'à l'issue duj -ième passage dans la boucle, les relations précédentes sont vérifiées. Montrer qu'elles le sont encore à l'issue du (
j + 1 )-ième passage.
d) Montrer que lorsque l'algorithme se termine, l'une des variables contient un polynôme générateur de la suites . Quelle est cette variable?
19. a) On pose, pour tout
b) On suppose la relation (
c) Réciproquement, on suppose qu'il existe deux polynômes
20. Dans l'algorithme suivant, les variables
Initialisation :
Corps :
Tant que
effectuer la division euclidienne de
Fin de Tant que.
Sortie : Rendre
Si
a) Montrer que cet algorithme se termine, c'est-à-dire que l'on sort de la boucle.
b) Montrer qu'à l'initialisation, on a :
c) On suppose qu'à l'issue du
d) Montrer que lorsque l'algorithme se termine, l'une des variables contient un polynôme générateur de la suite
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