La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seulè l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Pour tout couple ( ) d'entiers de , on note (resp. ) l'ensemble des matrices à lignes et colonnes à coefficients réels (resp. complexes) et (resp. ) cet ensemble lorsque .
On note la matrice identité de .
Dans tout le problème :
pour tout de , on identifie les espaces vectoriels et , c'est-à-dire que l'on identifie tout élément de avec le vecteur colonne de ses coordonnées dans la base canonique de ;
on note la transposée d'une matrice de le module d'un nombre complexe le nombre complexe de module 1 et d'argument , et on admet que la suite complexe a pour limite 0 si et seulement si la suite réelle a pour limite 0 ;
pour toute matrice de , on note l'ensemble des valeurs propres complexes de , et on pose : et ;
le vecteur nul de est noté 0 . Si et sont deux vecteurs de , on note (resp. ) si pour tout de , on a : (resp. ). En particulier, si les coordonnées de sont toutes positives (resp. strictement positives), on note (resp. );
pour tout vecteur de , on note le vecteur de dont les coordonnées sont les modules de celles de .
Soit une suite de matrices de . Pour tout de , on pose : .
On dit que la suite de matrices converge vers la matrice de , si pour tout couple de , on a ; on note alors : .
On admet sans démonstration que si et sont deux suites de matrices de convergeant respectivement vers des matrices et , alors la suite converge vers la matrice , la suite converge vers la matrice et, pour tout réel , la suite converge vers la matrice .
Une matrice de est dite positive (resp. strictement positive) si pour tout couple de , on a : (resp. ).
Le problème a pour objet l'étude des relations entre les valeurs propres de module maximal d'une matrice et la limite éventuelle de la suite des puissances entières de cette matrice. Ces relations, appliquées aux matrices positives et strictement positives, interviennent notamment dans la théorie des processus markoviens et dans les questions relatives à l'existence et la stabilité de l'équilibre général d'une économie.
Partie I. Deux exemples
Exemple 1. Soit et les matrices de définies par et .
a) Calculer et déterminer les valeurs propres de .
b) Exprimer en fonction de et , et en déduire et .
c) Exprimer pour tout de en fonction de et . En déduire pour tout de , la valeur de .
d) Montrer que la suite converge vers une matrice que l'on explicitera et dont on précisera le rang. Montrer que est la matrice d'un projecteur de .
Exemple 2. Soit la matrice de définie par .
a) Déterminer . Justifier que est diagonalisable. Calculer et .
b) Déterminer une base de formée de vecteurs propres de .
c) Expliciter pour tout de , la matrice . Comparer et .
d) Montrer que pour tout de , on a : . Comparer et .
Partie II. Un critère de convergence vers la matrice nulle
Dans cette partie, on note une matrice de , une valeur propre complexe de et un vecteur propre de associé à .
3. Soit un entier de pour lequel on a : . Établir les encadrements suivants: et .
4. Soit un entier de et une valeur propre de telle que .
a) Montrer que est une valeur propre de . En déduire l'inégalité : .
b) Soit les racines -ièmes de . Établir l'égalité : .
c) Montrer qu'il existe un entier de pour lequel est une valeur propre de .
d) En déduire l'égalité : . Établir l'encadrement : .
5. On suppose que la suite de matrices converge vers la matrice nulle de .
Montrer que . En déduire que .
6. Dans cette question, on suppose que la matrice est diagonalisable dans .
On pose pour tout réel strictement positif : .
a) Montrer que si , alors la suite de matrices converge vers la matrice nulle de .
b) Montrer que . En déduire qu'il existe un entier tel que pour tout entier , on a : .
c) Établir pour tout de , la relation : .
d) À l'aide des questions précédentes, établir pour tout , l'encadrement : .
En déduire que l'on a : .
Dans la suite du problème, on admet que pour toute matrice de , on a et que la suite converge vers la matrice nulle de si et seulement si on a .
Partie III. Matrices positives - Relations entre et les coefficients de
Dans cette partie, on considère une matrice de positive et non nulle.
7. Soit une matrice positive de vérifiant pour tout couple de . Montrer que pour tout de , on a : . En déduire l'inégalité : .
8. On suppose dans cette question qu'il existe une constante vérifiant pour tout de .
Établir l'égalité : .
9. On pose : . À l'aide des questions 7 et 8, établir l'encadrement : .
10. Soit un vecteur de tel que et soit la matrice diagonale de dont les éléments diagonaux sont les coordonnées de .
a) Après avoir justifié l'existence de l'inverse de , calculer la matrice .
b) Établir l'encadrement : .
c) En déduire que s'il existe un réel positif vérifiant , il vérifie également .
Partie IV. Matrices strictement positives
Dans cette partie, la matrice de est strictement positive, est une valeur propre complexe de telle que , et est un vecteur propre de associé à la valeur propre .
11. a) Montrer que .
b) Établir la relation : . En déduire que l'on a : .
c) On pose : . Montrer que .
d) On pose : et on suppose . Établir les relations : et .
e) En déduire que est une valeur propre de et que est un vecteur propre de associé à .
12. On considère deux nombres complexes et non nuls et vérifiant .
On pose : et , avec .
a) Montrer que .
b) On considère nombres complexes tous non nuls et vérifiant .
Établir l'existence d'un réel de vérifiant pour tout de .
13. Montrer que et que . En déduire l'existence d'un réel de tel que .
14. a) Montrer que est l'unique valeur propre de de module maximal.
b) On suppose qu'il existe deux vecteurs propres et de la matrice associés à la valeur propre , linéairement indépendants.
En considérant le vecteur , aboutir à une contradiction. En déduire la dimension du sous-espace propre associé à .
15. a) Montrer que et ont les mêmes valeurs propres.
b) Soit un vecteur propre de associé à la valeur propre . Justifier que les coordonnées de sont toutes strictement positives ou toutes strictement négatives.
c) Soit un vecteur propre de vérifiant , associé à la valeur propre . On pose : . Établir les relations suivantes : et .
16. Soit la matrice de définie par , où a été défini dans la question 15.c).
a) Montrer que est la matrice d'un projecteur de dont on précisera l'image et le noyau.
b) Établir pour tout de , la relation : .
17. Soit une valeur propre non nulle de et un vecteur propre de associé à .
a) Montrer que . En déduire que est également une valeur propre de et que .
b) En raisonnant par l'absurde et en utilisant la question 14.a), montrer que .
c) Déduire des résultats précédents que et que .
Partie V. Un algorithme de calcul de et d'un vecteur propre associé
On munit l'espace vectoriel du produit scalaire canonique. On note |||| la norme euclidienne associée.
Soit une matrice de strictement positive, symétrique, admettant valeurs propres distinctes telles que . Soit un vecteur de tel que . Soit une base orthonormée de formée de vecteurs propres de tels que pour tout de .
On rappelle qu'une suite de vecteurs de converge vers un vecteur de si , et on note: .
On définit la suite de vecteurs de par : , et pour tout de .
18. a) Soit , la décomposition de dans la base ( ). Montrer que .
b) Établir la relation : .
c) Déterminer (on distinguera deux cas suivant le signe de ).
19. On suppose déjà définis en Pascal les objets suivants :
Const p = ...
Type vecteur-array [1..p] of real;
matrice=array [1..p,1..p] of real ;
ainsi que les fonctions et procédures suivantes :
Function norme(V : vecteur) : real;(calcul de la norme du vecteur V)
Procedure prodmat (A : matrice ; V : vecteur ; var W : vecteur) ; ( }W=AV
Procedure affecte(V : vecteur ; var W : vecteur); ( W prend la valeur V)
a) Écrire une procédure d'en-tête puissance ( : matrice; : integer; vecteur; var vecteur) qui calcule pour tout entier naturel non nul, le vecteur défini ci-dessus.
b) Écrire une procédure d'en-tête vectpropre ( A : matrice ; n : integer ; V 0 : vecteur ; var V : vecteur) qui calcule la valeur approchée d'un vecteur propre associé à obtenue pour une valeur de donnée, et une fonction d'en-tête valpropre (A : matrice; n : integer; V0 : vecteur) : real qui calcule la valeur approchée de obtenue pour une valeur de donnée.
On expliquera les différentes étapes des procédures proposées.