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BCE Maths approfondies HEC ECS 2016Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2016

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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2016.

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Conception : HEC Paris

OPTION SCIENTIFIQUEMATHÉMATIQUES

Mercredi 27 avril 2016, de 8 h. à 12 h.

Abstract

La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies. Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs. Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée. Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.

Dans tout le problème:

  • On note n et k deux entiers vérifiant 2 ⩽ k ⩽ n et E un R-espace vectoriel de dimension n muni d'un produit scalaire ⟨, ⟩_E qui en fait un espace euclidien.
  • On note 0_E et 0_(L(E)) respectivement, le vecteur nul et l'endomorphisme nul de E et B = (c_1, c_2, …, c_n) une base orthonormale de E. L'endomorphisme identité de E est noté id _E,
  • Pour tout sous-espace vectoriel F de E, on note F^⊥ l'orthogonal de F et p_F le projecteur orthogonal d'image F, c'est-à-dire l'unique endomorphisme de E vérifiant : ∀x ∈ F, p_F(x) = x et ∀x ∈ F^⊥, p_F(x) = 0_E.
  • On note M_(n, m)(R) l'ensemble des matrices à n lignes et m colonnes ( m ⩾ 1 ) à cœfficients réels. La transposée d'une matrice A ∈ M_(n, m)(R) est notée ^t A.
  • Pour tout (ρ_1, ρ_2, …, ρ_k) ∈ R^k, on note Diag(ρ_1, ρ_2, …, ρ_k) la matrice diagonale de M_k(R) dont les cœfficients diagonaux sont, dans cet ordre, ρ_1, ρ_2, …, ρ_k.
  • On note I_n la matrice identité de M_n(R).
On rappelle que la somme de k sous-espaces vectoriels F_1, F_2, …, F_k de E est le sous-espace vectoriel de E, noté ∑_(i = 1)^k F_i, défini par: ∑_(i = 1)^k F_i = {∑_(i = 1)^k x_i; (x_1, x_2, …, x_k) ∈ F_1 × F_2 × ⋯ × F_k}.
On rappelle aussi que les sous-espaces vectoriels F_1, F_2, …, F_k sont en somme directe si chaque vecteur de ∑_(i = 1)^k F_i n'admet qu'une seule décomposition de la forme précédente. Dans ce cas, et seulement dans ce cas, la somme des sous-espaces vectoriels F_1, F_2, …, F_k est notée ⨁_(i = 1)^k F_i.
L'objet de ce problème est la mise en évidence de quelques propriétés algébriques dont les conséquences probabilistes fondent les tests statistiques qui permettent de mesurer l'influence effective d'une ou plusieurs variables explicatives sur une variable endogène.
La partie II est indépendante de la partie I.

Partie I. Partitions de l'identité.

Soit k endomorphismes u_1, u_2, …, u_k de E. On dit que u_1, u_2, …, u_k constituent une partition de l'identité de E si : u_1 + u_2 + ⋯ + u_k = id_E.
  1. Exemple 1. Dans cette question, n = 3 et E = R^3. Soit A = (0, 1, 0; 0, 0, 0; 0, 0, − 1) et f l'endomorphisme de R^3 de matrice A dans la base canonique de R^3.
    a) Préciser le spectre de la matrice A et montrer que A n'est pas diagonalisable.
    b) Montrer que le polynôme Q ∈ R[X] tel que Q(X) = X^3 + X^2 est un polynôme annulateur de A.
    c) Existe-t-il un polynôme de degré 2 annulateur de A ?
    d) Trouver deux polynômes Q_1 et Q_2 de R[X] pour lesquels les deux endomorphismes Q_1(f) et Q_2(f) sont des projecteurs et constituent une partition de l'identité de R^3.
  2. Exemple 2. On considère dans cette question un endomorphisme f de E diagonalisable et possédant k valeurs propres distinctes λ_1, λ_2, …, λ_k.
    Pour tout i ∈ [ [1, k] ], on note :
  • L_i(X) le polynôme de R[X] défini par L_i(X) = ∏_(j ∈ [1, k]; j ≠ i)((X − λ_j)/(λ_i − λ_j));
  • E_(λ_i)(f) le sous-espace propre de f associé à la valeur propre λ_i;
  • v_i l'endomorphisme de E défini par v_i = L_i(f).
    a) Justifier l'égalité : E = ⨁_(i = 1)^k E_(λ_i)(f). En déduire que ∏_(j = 1)^k(X − λ_j) est un polynôme annulateur de f.
    b) Établir pour tout i ∈ [ [1, k] ], l'inclusion : Im(v_i) ⊂ E_(λ_i)(f).
    c) Pour tout j ∈ [ [1, k] ], calculer la somme : ∑_(i = 1)^k L_i(λ_j). En déduire que les endomorphismes v_1, v_2, …, v_k constituent une partition de l'identité de E.
    d) Établir pour tout i ∈ [ [1, k] ], l'égalité: Im(v_i) = E_(λ_i)(f). Identifier l'endomorphisme v_1.
  1. Soit k endomorphismes u_1, u_2, …, u_k de E qui constituent une partition de l'identité de E.
Pour tout i ∈ [ [1, k] ], on note r_i le rang de u_i.
a) Établir les relations : E = ∑_(i = 1)^k Im(u_i) et n ⩽ ∑_(i = 1)^k r_i.
b) Montrer que les sous-espaces vectoriels Im(u_1), Im(u_2), …, Im(u_k) sont en somme directe si et seulement si on a : n = ∑_(i = 1)^k r_i,
c) Dans cette question, on cherche à montrer l'équivalence des propriétés (1), (2) et (3) suivantes :
(1) n = ∑_(i = 1)^k r_i.
(2) Les endomorphismes u_1, u_2, …, u_k sont des projecteurs.
(3) Pour tout (i, j) ∈ [ [1, k] ]^2, avec i ≠ j, on a : u_i ∘ u_j = 0_(L(E)).
(i) En utilisant la trace des matrices de projecteurs, justifier l'implication (2) ⟹ (1).
(ii) À l'aide de la question 3.b) et en écrivant, pour x ∈ E, les vecteurs u_1(x), u_2(x), …, u_k(x) comme des sommes de k vecteurs, établir l'implication (1) ⟹ (3).
(iii) Conclure en établissant une troisième implication.

Partie II. Représentation matricielle d'un projecteur orthogonal.

4.a) Soit p un endomorphisme de E et P la matrice de p dans la base B.
Montrer que p est un projecteur orthogonal si et seulement si on a : P^2 = P et ^t P = P.
b) Soit f un endomorphisme de E et M la matrice de f dans la base B.
Établir l'existence d'un réel α et d'un projecteur orthogonal p tels que f = αp, si et seulement si on a : tr(M)M^2 = tr(M^2)M et ^t M = M, où tr(M) et tr(M^2) sont les traces respectives de M et M^2.
5.a) Écrire en Scilab une fonction "function t = tr(A) " qui calcule la trace d'une matrice carrée A.
b) La fonction "issym" suivante permet de tester si une matrice carrée A de taille n donnée est symétrique.
function b=issym(n,A)
    b=%T; // affectation de la valeur booléenne True à la variable b,
    for i=1:n=1
        for j=i+1:n
            b=b & A(i,j)==A(j,i)
        end ;
    end ;
endfunction
Préciser la signification de la ligne (5) du code et donner un exemple d'utilisation de la fonction "issym" en indiquant les valeurs d'entrée ainsi que la valeur de sortie obtenue.
c) La fonction "orthoproj" suivante, dont une ligne de code est incomplète, permet de tester si, pour une matrice carrée M de taille n donnée, il existe un réel α et un projecteur orthogonal p pour lesquels M est la matrice de l'endomorphisme αp dans une base orthonormale. Cette fonction utilise les deux fonctions précédentes (questions 5.a) et 5.b)) et s'appuie sur la condition nécessaire et suffisante de la question 4.b),
function b=orthoproj(n,M)
    A=tr(M)*Mn2;
    B=tr(M*2)*M;
    b=issym(n,M);
    if b then
        for i=1:n
            for jwiln
                b=......
            end ;
            ;
    end ;
endfunction
Compléter la ligne (8) du code et donner les valeurs de sortie obtenues par application de cette fonction aux deux matrices (1, 1; 1, 0) et (1, 1; 1, 1).
Les définitions et notations suivantes concernent les questions 6 à 9 .
Pour tout vecteur x ∈ E, on note X la matrice colonne de ses coordonnées dans la base B.
Soit F = (s_1, s_2, …, s_k) une famille de k vecteurs de E et F le sous-espace vectoriel de E engendré par F.
On note S la matrice de M_(n, k)(R) dont les colonnes sont, dans cet ordre, S_1, S_2, …, S_k.
On rappelle que p_F est le projecteur orthogonal d'image F.
6.a) Montrer que les deux matrices S et ^t SS ont le même rang.
b) Soit y ∈ E. Montrer que y ∈ F si et seulement si il existe une matrice Z ∈ M_(k, 1)(R) telle que Y = SZ.
c) Soit y ∈ E. Montrer que y ∈ F^⊥ si et seulement si la matrice colonne ^t SY est nulle.
d) Soit x ∈ E et y = p_F(x). Établir l'existence d'une matrice Z ∈ M_(k, 1)(R) telle que Y = SZ et ^t SX = ^t SSZ.
e) En déduire l'expression de la matrice de p_F dans la base B en fonction de S lorsque la famille F est libre.
7. Soit M une matrice symétrique de M_k(R). On appelle inverse de Penrose-Moore de M toute matrice N de M_k(R) qui vérífie les quatre propriétés suivantes:
MNM = M; NMN = N; ^t(MN) = MN; ^t(NM) = NM
a) Établir l'existence d'une matrice Q ∈ M_k(R) et de réels ρ_1, ρ_2, …, ρ_k qui vérifient la relation suivante:
M = QDiag(ρ_1, ρ_2, …, ρ_k)^t Q
b) On note h l'application de R dans R telle que : ∀t ∈ R, h(t) = {1/t, si t ≠ 0; 0, si t = 0. On note M^((−))la matrice définie par : M^((−)) = QDiag(h(ρ_1), h(ρ_2), …, h(ρ_k))^′ Q.
Montrer que M^((−))est une inverse de Penrose-Moore de M.
c) Soit N une inverse de Penrose-Moore de M.
(i) Justifier les égalités : N = M^t NN et M^2 N = M.
(ii) Soit U une matrice de M_k(R). On suppose que M^2 U est nulle. Montrer que MU est nulle.
(iii) On pose: U = N − M^((−)). Justifier que M^((−))est l'unique inverse de Penrose-Moore de M.
8. On note (^t SS)^((−))l'unique inverse de Penrose-Moore de la matrice ^t SS et on pose : P = S(^t SS)^((−))^t S.
a) Montrer que les matrices P et S ont le même rang.
b) Justifier que P est la matrice de p_F dans la base B et que son expression généralise la formule trouvée dans la question 6.e) lorsque la famille F est libre.
9. Exemple. On suppose que : k = 2, s_1 = (α_1, α_2, …, α_n), s_2 = (β_1, β_2, …, β_n), s_1 ≠ 0_E et ^t SS non inversible.
a) Établir l'existence d'un réel θ tel que pour tout i ∈ [ [1, n] ], on a : β_i = θα_i.
b) Déterminer une matrice carrée Q pour laquelle la matrice ' Q ' SSQ est diagonale.
c) En déduire l'inverse de Penrose-Moore de la matrice ^t SS.
d) Soit x = x_1 e_1 + x_2 e_2 + ⋯ + x_n e_n un vecteur de E, Calculer p_F(x).

Partie III. Application probabiliste.

Dans cette partie, E = R^n et on suppose que toutes les variables aléatoires et tous les vecteurs aléatoires considérés sont définis sur le même espace probabilisé ( Ω, A, P ).
Pour tout entier d ⩾ 1, on dit qu'une variable aléatoire C suit la loi du khi-deux de paramètre d, notée χ^2(d), si la variable aléatoire C/2 suit la loi γ(d/2).
On appelle variable gaussienne toute variable aléatoire X qui suit une loi normale ou qui est certaine, et on note sa loi G(μ, σ^2), où μ est l'espérance de X et σ l'écart-type de X.
Autrement dit, pour tout couple (μ, σ) ∈ R × R_+, une variable aléatoire X suit la loi G(μ, σ^2), soit lorsque σ > 0 et X suit la loi normale N(μ, σ^2), soit lorsque σ = 0 et P([X = μ]) = 1.
10. Soit (μ, σ) ∈ R × R_+^∗ et soit X_1, X_2, …, X_n des variables aléatoíres mutuellement indépendantes et de même loi normale N(μ, σ^2). Montrer que la variable aléatoíre ∑_(i = 1)^n((X_i − μ)/σ)^2 suit la loi χ^2(n).
Si G_1, G_2, …, G_n sont des variables aléatoires réelles telles que pour tout a = (a_1, a_2, …, a_n) ∈ R^n, la variable aléatoire ∑_(i = 1)^n a_i G_i est une variable gaussienne centrée, alors on dit que le vecteur aléatoire (G_1, G_2, …, G_n) est un vecteur gaussien et on note G la matrice colonne de composantes G_1, G_2, …, G_n.
11. Soit (G_1, G_2, …, G_n) un vecteur gaussien, M une matrice de M_n(R) et (H_1, H_2, …, H_n) un vecteur aléatoire tel que la matrice colonne H de composantes H_1, H_2, …, H_n vérifie : H = MG.
a) Montrer que (H_1, H_2, …, H_n) est un vecteur gaussien.
b) Justifier que pour tout (i, j) ∈ [ [1, n] ]^2, la variable aléatoire G_i G_j admet une cspérance, notée E(G_i G_j).
On note alors Λ(G) la matrice de M_n(R) définie par : Λ(G) = (E(G_i G_j))_(1 ≤ i, j ≤ n) et on admet dans la suite que la loi d'un vecteur gaussien (G_1, G_2, …, G_n) est caractérisée par la matrice Λ(G).
Autrement dit, si (G_1, G_2, …, G_n) et (R_1, R_2, …, R_n) sont deux vecteurs gaussiens vérifiant Λ(G) = Λ(R), alors ils ont la même loí, c'est-à-dire : ∀(x_1, x_2, …, x_n) ∈ R^n, P(⋂_(i = 1)^n[G_i ⩽ x_i]) = P(⋂_(i = 1)^n[R_i ⩽ x_i]).
12. On suppose que G_1, G_2, …, G_n sont des variables aléatoires mutuellement indépendantes et de même loi normale N(0, 1).
a) Montrer que (G_1, G_2, …, G_n) est un vecteur gaussien. Déterminer Λ(G).
b) Soit Q une matrice orthogonale de M_n(R) et (H_1, H_2, …, H_n) un vecteur alćatoire tel que la matrice colonne H de composantes H_1, H_2, …, H_n vérifie : H = QG.
Montrer que les variables aléatoires H_1, H_2, …, H_n sont mutuellement indépendantes et de même loi normale N(0, 1).
13. Soit (G_1, G_2, …, G_n) un vecteur gaussien dont les composantes G_1, G_2, …, G_n sont mutuellement indépendantes et de variance égale à 1 .
Soít P_1, P_2, …, P_k des matríces symétriques de M_n(R) de rangs respectifs r_1, r_2, …, r_k.
On suppose que ∑_(i = 1)^k P_i = I_n et ∑_(i = 1)^k r_i = n.
a) Justifier que P_1, P_2, …, P_k sont des matrices de projecteurs orthogonaux de R^n dans la base canonique de R^n dont les images sont deux à deux orthogonales.
b) En déduire l'existence d'une matrice orthogonale Q de M_n(R) pour laquelle chacune des matrices QP_1^′ Q, QP_2^′ Q, …, QP_k^′ Q est diagonale.
c) On suppose que r_1 ≠ 0. Montrer que la variable aléatoire ^t GP_1 G suit la loi χ^2(r_1).
d) Montrer que les variables aléatoires ^t GP_1 G, ^t GP_2 G, …, ^t GP_k G sont mutuellement indépendantes.
14. Soit q et m deux entiers supérieurs ou égaux à 2 et (X_(i, j))_(1 ⩽ i ⩽ q; 1 ⩽ j ⩽ m) une famille de q × m variables aléatoires mutuellement indépendantes et de même loi normale N(0, 1).
On pose : X¯ = 1/(q × m)∑_(i = 1)^q∑_(j = 1)^m X_(i, j) et pour tout j ∈ [ [1, m] ], Z_j = 1/q∑_(i = 1)^q X_(i, j).
a) Déterminer les lois respectives des variables aléatoires X¯ et ∑_(i = 1)^q∑_(j = 1)^m(X_(i, j) − X¯)^2 et établir l'indépendance de ces deux variables aléatoires.
b) Déterminer les lois respectives des variables aléatoires ∑_(i = 1)^q∑_(j = 1)^m(X_(i, j) − Z_j)^2 et q∑_(j = 1)^m(Z_j − X¯)^2 et établir l'indépendance de ces deux variables aléatoíres.

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