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L'épreuve en chiffres

Moyenne 10,34 / 20 · écart-type 4,39 · 7 553 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
10,34/ 20
Écart-type
4,39
Présents
7 553
Coefficient
12
Durée
4 h
moyenne 10,3405101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 3 mai 2021. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE MP

MATHÉMATIQUES 1

Durée : 4 heures

Abstract

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES

  • Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d'autres couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence des résultats.
  • Ne pas utiliser de correcteur.
  • Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.

Les calculatrices sont interdites.

Le sujet est composé de deux exercices et d'un problème.

EXERCICE I

On note f la fonction définie sur ]0, 1[ par :
f(t) = (lnt)/(t^2 − 1)
Q1. Soit k ∈ ℕ. Justifier l'existence puis calculer l'intégrale
I_k = ∫_0^1 t^(2k)lnt dt
Q2. Justifier que la fonction f est intégrable sur ]0, 1[, puis démontrer que :
∫_0^1 f(t)dt = (π^2)/8
On pourra utiliser librement que :
∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^2) = (π^2)/6

EXERCICE II

Q3. Justifier que la fonction ln est concave sur ]0, + ∞[ et en déduire que :
∀(a, b, c) ∈ ]0, + ∞[3, 3√(abc) ≤ (a + b + c)/3
On note f la fonction définie sur ]0, + ∞[^2 par :
f(x; y) = x + y + 1/(xy)
Q4. Démontrer que f admet un unique point critique sur l'ouvert ]0, + ∞[^2, puis démontrer que f admet un extremum global que l'on déterminera.

PROBLÈME Un peu d'arithmétique avec la fonction zêta de Riemann

On note ζ la fonction zêta de Riemann définie sur ]1, + ∞[ par :
ζ(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^x)
Le problème est constitué de trois parties indépendantes dans une large mesure.

Partie I - Algorithmique : calcul de zêta aux entiers pairs

La suite des nombres de Bernoulli notée (b_n)_(n ∈ ℕ) est définie par :
b_0 = 1, ∀n ≥ 1, b_n = (− 1)/(n + 1)∑_(k = 0)^(n − 1)((n + 1)/k)b_k.
Leonhard Euler (1707-1783) a démontré la formule suivante qui exprime les nombres ζ(2k) à l'aide des nombres de Bernoulli :
∀k ∈ ℕ^∗, ζ(2k) = ((− 1)^(k − 1)2^(2k − 1)π^(2k)b_(2k))/((2k)!)
Dans cette partie (informatique pour tous), on se propose de programmer le calcul des nombres de Bernoulli b_n afin d'obtenir des valeurs exactes de ζ(2k).
Les algorithmes demandés doivent être écrits en langage Python. On sera très attentif à la rédaction du code notamment à l'indentation.
Q5. Écrire une fonction factorielle(n) qui renvoie la factorielle d'un entier n ∈ ℕ.
Q6. On considère la fonction Python suivante binom(n, p) qui renvoie le coefficient binomial (n/p) :
def binom(n, p):
    if not(0<= p <= n):
        return 0
    return factorielle(n)//(factorielle(p)*factorielle(n-p))
Combien de multiplications sont effectuées lorsque l'on exécute binom (30, 10) ?
Expliquer pourquoi il est possible de réduire ce nombre de multiplications à 20 ? Quel serait le type du résultat renvoyé si l'on remplaçait la dernière ligne de la fonction binom par return factorielle(n)/(factorielle(p)*factorielle(n-p))?
Q7. Démontrer que, pour n ≥ p ≥ 1, on a
(n/p) = n/p((n − 1)/(p − 1))
En déduire une fonction récursive binom_rec (n,p) qui renvoie le coefficient binomial (n/p).
Q8. Écrire une fonction non récursive bernoulli(n) qui renvoie une valeur approchée du nombre rationnel b_n. On pourra utiliser librement une fonction binomial ( n, p ) qui renvoie le coefficient binomial (n/p).
Par exemple bernoulli(10) renvoie 0,07575757575757576 qui est une valeur approchée de b_(10) = 5/(66).

Partie II - Généralités sur la fonction zêta

Pour tout n ∈ ℕ^∗, on note f_n la fonction définie sur ]1, + ∞[ par :
f_n(x) = 1/(n^x)
Q9. Pour tout a > 1 réel, démontrer que la série ∑(lnn)/(n^a) converge.
Q10. Démontrer que la fonction ζ est de classe C^1 sur ]1, + ∞[, puis qu'elle est décroissante.
Q11. La série de fonctions ∑f_n converge-t-elle uniformément sur ]1, + ∞[ ?
Q12. Déterminer la limite de ζ en + ∞.
Q13. Soit x > 1. On pose :
I(x) = ∫_1^(+ ∞)(dt)/(t^x)
Démontrer que :
I(x) ≤ ζ(x) ≤ I(x) + 1
En déduire un équivalent de ζ au voisinage de 1 .
Q14. Un premier lien avec l'arithmétique : pour tout n ∈ ℕ^∗, on note d_n le nombre de diviseurs de l'entier n. On pose A = ℕ^∗ × ℕ^∗ et on prend x > 1. Justifier que la famille (1/((ab)^x))_((a, b) ∈ A) est sommable et que sa somme vaut ζ(x)^2. En déduire que:
ζ^2(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)(d_n)/(n^x)
On pourra considérer la réunion ∪ _(n ∈ ℕ^∗)A_n où A_n = {(a, b) ∈ A, ab = n}.

Partie III - Produit eulérien

Soit s > 1 un réel fixé. On définit une variable aléatoire X à valeurs dans ℕ^∗ sur un espace probabilisé ( Ω, A, P ) par :
∀k ∈ ℕ^∗, P(X = k) = 1/(ζ(s)k^s)
On rappelle qu'un entier a divise un entier b s'il existe un entier c tel que b = ac. On note alors a|b.
Q15. Soit a ∈ ℕ^∗. Démontrer que P(X ∈ aℕ^∗) = 1/(a^s).
Q16. Soient a_1, a_2, …, a_n dans ℕ^∗ des entiers premiers entre eux deux à deux et N ∈ ℕ^∗.
Démontrer par récurrence sur n que :
(a_1|N, a_2|N, …, a_n|N) ⇔ a_1 × a_2 × ⋯ × a_n|N.
Le résultat persiste-t-il si les entiers a_1, a_2, …, a_n sont seulement supposés premiers dans leur ensemble, c'est-à-dire lorsque leur PGCD vaut 1 ?
Q17. En déduire que si a_1, a_2, …, a_n sont des entiers de ℕ^∗ premiers entre eux deux à deux, alors les événements [X ∈ a_1 ℕ^∗], …, [X ∈ a_n ℕ^∗] sont mutuellement indépendants.
On pourra noter ( b_1, …, b_r ) une sous-famille de la famille ( a_1, …, a_n ).
On note (p_n)_(n ∈ ℕ^∗) = (2, 3, 5, 7, 11, …) la suite croissante des nombres premiers.
Pour tout entier n ∈ ℕ^∗, on note B_n l'ensemble des ω ∈ Ω tels que X(ω) n'est divisible par aucun des nombres premiers p_1, p_2, …, p_n.
Q18. Soit n ∈ ℕ^∗. Déduire des questions précédentes que :
P(B_n) = ∏_(k = 1)^n(1 − 1/(p_k^s)).
Q19. Soit ω dans ⋂_(n ∈ ℕ^∗)B_n. Que vaut X(ω) ? En déduire que :
ζ(s) = lim_(n → + ∞)∏_(k = 1)^n 1/(1 − 1/(p_k^s))
On se propose, en application, de prouver que la série ∑1/(p_n) des inverses des nombres premiers diverge. On raisonne pour cela par l'absurde en supposant que la série ∑1/(p_n) converge.
On pose pour tout n ∈ ℕ^∗,
u_n = ∏_(k = 1)^n 1/(1 − 1/(p_k)).
Q20. Justifier que la suite ( u_n ) converge vers un réel l et que l'on a pour tout réel s > 1, l ≥ ζ(s). Conclure.

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