CCINP Mathématiques 1 PC 2004Sujet, corrigé et rapport du jury
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N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Notations
Soit
ℕ l'ensemble des entiers naturels,
ℕ^∗ = ℕ∖{0} et
ℕ_n = {1, 2, …, n} . Si
n et
p sont des entiers supérieurs ou égaux à 1 , on note
M_(n, p)(ℝ) le
ℝ -espace vectoriel des matrices à coefficients dans
ℝ ayant
n lignes et
p colonnes. Lorsque
p = n, M_(n, n)(ℝ) est noté plus simplement
M_n(ℝ) et est muni de sa structure d'algèbre,
I_n représentant la matrice identité.
GL_n(ℝ) désigne l'ensemble des matrices inversibles de
M_n(ℝ) ,
S_n(ℝ) l'ensemble des matrices symétriques de
M_n(ℝ) et
O_n(ℝ) l'ensemble des matrices orthogonales de
M_n(ℝ) .
Pour
A = (a_(ij))_(1 < i < γ_n; 1 ≤ j < p) appartenant à
M_(n, p)(ℝ), ^i A désigne la matrice transposée de
A : c'est un élément de
M_(p, n)(ℝ) ,
Ker(A) est le noyau de
A défini par :
Ker(A) = {X ∈ M_(p, 1)(ℝ)|AX = 0} et
Im(A) est l'image de
A définie par
: Im(A) = {Y ∈ M_(n, 1)(ℝ)|∃X ∈ M_(p, 1)(ℝ), Y = AX}
ℝ^n est muni de son produit scalaire canonique noté
< ⋅, ⋅ > et de la norme associée notée
‖ ⋅ ‖ et on identifiera selon l'usage
M_(n, 1)(ℝ) à
ℝ^n .
Une matrice
S de
S_n(ℝ) est dite positive si :
et définie positive si :
On note
S_n^+(ℝ) l'ensemble des matrices symétriques réelles positives d'ordre
n et
S_n^(+ +)(ℝ) l'ensemble des matrices symétriques réelles définies positives d'ordre
n .
PARTIE I
I. 1 Soit
M la matrice de
M_4(ℝ) donnée par :
a) Déterminer une base de chacun des sous-espaces vectoriels
Ker(M) et
Ker(^i M) . Existe-t-il une relation d'inclusion entre les noyaux
Ker(M) et
Ker(^i M) ?
b) Déterminer une base de chacun des sous-espaces vectorielsIm(M) et
Im(^i M) . Existe-t-il une relation d'inclusion entre les images
Im(M) et
Im(^i M) ?
I. 2 SoitA ∈ M_(n, p)(ℝ) .
a) Montrer queKer(^i AA) = Ker(A) et
Ker(A^i A) = Ker(^i A) .
b) Montrer querg(^t AA) = rg(A^t A) = rg(A) .
c) Montrer queIm(^t AA) = Im(^t A) et
Im(A^t A) = Im(A) .
I. 3 Soitq un entier naturel non nul et
S = (x_1, x_2, …, x_q) un système de
q vecteurs de
ℝ^n . On note
F le sous-espace vectoriel engendré par
S, r = dimF et
G = (g_(ij)) la matrice de
M_q(ℝ) définie par
g_(ij)=<x_i, x_j > pour tout
(i, j) ∈ ℕ_q^2 . Le déterminant de
G est appelé déterminant de Gram du système
S et sera noté
γ(x_1, x_2, …, x_q) . Soit
(e_1, e_2, …, e_r) une base orthonormale de
F , on note pour tout
j de
ℕ_q, x_j = ∑_(i = 1)^r b_(ij)e_i et
B la matrice de
M_(r, q)(ℝ) de terme général
b_(ij) .
a) Montrer queG = ^t BB et en déduire
rg(G) = rg(S) .
b) Montrer queG est diagonalisable et que ses valeurs propres sont toutes positives.
c) En déduire queγ(x_1, x_2, …, x_q) ≥ 0 et que
γ(x_1, x_2, …, x_q) = 0 si et seulement si la famille (
x_1, x_2, …, x_q ) est liée.
d) Montrer que l'inégalité de Cauchy-Schwarz avec sa condition nécessaire et suffisante d'égalité est un cas particulier de ce résultat.
I. 4 Montrer queγ(x_1, x_2, …, x_q) reste invariant si l'on ajoute à l'un des vecteurs
x_i une combinaison linéaire des autres.
I. 5 Dans cette questionq est supérieur ou égal à 2 .
a) On noteL le sous-espace vectoriel engendré par (
x_2, x_3, …, x_q ) et
p_L(x_1) la projection orthogonale de
x_1 sur
L , puis on pose
h_1 = x_1 − p_L(x_1) . Montrer que :
b) Déterminer une base de chacun des sous-espaces vectoriels
I. 2 Soit
a) Montrer que
b) Montrer que
c) Montrer que
I. 3 Soit
a) Montrer que
b) Montrer que
c) En déduire que
d) Montrer que l'inégalité de Cauchy-Schwarz avec sa condition nécessaire et suffisante d'égalité est un cas particulier de ce résultat.
I. 4 Montrer que
I. 5 Dans cette question
a) On note
b) En déduire successivement :
i)γ(x_1, x_2, …, x_q) ≤ γ(x_1)γ(x_2, x_3, …, x_q) avec égalité si et seulement si
x_1 est orthogonal à
L .
ii)γ(x_1, x_2, …, x_q) ≤ γ(x_1)γ(x_2)⋯γ(x_q) avec égalité si et seulement si les vecteurs
x_1, x_2, …, x_q sont deux à deux orthogonaux.
I. 6 SoitA = (a_(ij)) ∈ GL_n(ℝ) et
c_1, c_2, …c_n ses vecteurs colonnes.
a) Montrer que :
i)
ii)
I. 6 Soit
a) Montrer que :
avec égalité si et seulement si les vecteurs
c_1, …, c_n sont deux à deux orthogonaux.
b) On suppose de plus:∀(i, j) ∈ ℕ_r^2, |a_(ij)| ≤ 1 . Montrer que :
b) On suppose de plus:
avec égalité si et seulement si
A est une matrice à coefficients dans
{ − 1, + 1} et dont les vecteurs colonnes sont deux à deux orthogonaux.
PARTIE II
On note :
-
H_n l'ensemble des matrices carrées d'ordren à coefficients dans{ − 1, + 1} dont les vecteurs colonnes sont deux à deux orthogonaux. -
D_n l'ensemble des matrices diagonales d'ordren à coefficients diagonaux dans{ − 1, + 1} . -
E l'ensemble des entiers naturelsn pour lesquelsH_n est non vide.
II. 1 Déterminer explicitement toutes les matrices éléments deH_2 .
II. 2 a) Montrer que toute matriceA deH_(n_0) vérifie^i AA = nI_n .
b) Réciproquement toute matrice carréeA vérifiant^i AA = nI_n est-elle dansH_n ?
c) Montrer que siA est à coefficients dans{ − 1, + 1} et vérifie^i AA = nI_n , alorsA est dansH_n .
II. 3 On appelle permutationσ deℕ_(γ_s) toute bijection deℕ_(γ_s) sur lui-même et matrice de permutationP^((σ)) associée à la permutationσ , la matrice d'élémentsP_(ij)^((σ)) donnés par :
où
δ_(kl) désigne le symbole de Kronecker :
δ_(kl) = {1, si, k = l; 0, si, k ≠ l
Soit
σ une permutation de
ℕ_n et
A ∈ M_n(ℝ) .
a) Donner le terme général de la matrice^i P^((σ))A . Comment obtient-on cette matrice
^i P^((σ))A à partir de
A ?
b) Donner le terme général de la matriceAP^((σ)) . Comment obtient-on cette matrice
AP^((σ)) à partir de
A ?
c) Montrer que siA appartient à
H_n , il en est de même de
^i A , des matrices
^i P^((σ))A et
AP^((σ)) pour toute permutation
σ ainsi que des matrices
AΔ et
ΔA pour toute matrice
Δ de
D_r .
II. 4 SiA = (a_(ij)) ∈ M_2(ℝ) et
B ∈ M_r(ℝ) , on définit le produit direct de
A et
B par :
a) Donner le terme général de la matrice
b) Donner le terme général de la matrice
c) Montrer que si
II. 4 Si
a) Montrer que si
A ∈ H_2 et
B ∈ H_n , alors
A ⊗ B ∈ H_(2n) .
b) En déduire queE contient toutes les puissances de 2 .
c) Montrer que l'ensemble{A ⊗ B|(A, B) ∈ H_2 × H_2} est strictement inclus dans
H_4 .
II. 5 Soitn ∈ E, n > 2 .
a) Montrer qu'il existe un élément deH_n dont tous les coefficients de la première colonne valent 1 . Déduire alors de l'orthogonalité des vecteurs colonnes 1 et 2 d'une telle matrice que
n est pair. On pose
n = 2m .
b) Montrer qu'il existe un élément deH_(rs) dont tous les coefficients de la première colonne valent 1 et dont la deuxième colonne est constituée de
m coefficients égaux à 1 suivis de
m coefficients égaux à -1 . Déduire alors de l'orthogonalité du troisième vecteur colonne avec les vecteurs colonnes 1 et 2 que
n est un multiple de 4 .
b) En déduire que
c) Montrer que l'ensemble
II. 5 Soit
a) Montrer qu'il existe un élément de
b) Montrer qu'il existe un élément de
PARTIE III
III. 1 Soit
S ∈ S_n(ℝ) . Montrer que
S ∈ S_n^(+ +)(ℝ) si et seulement si toutes ses valeurs propres sont strictement positives.
III. 2 SoitM ∈ GL_n(ℝ) . On souhaite montrer l'existence de
R orthogonale et
S symétrique définie positive telle que
M = RS .
a) Montrer que la matrice^i MM est symétrique définie positive.
b) En déduire qu'il existeS ∈ S_(m^+)^(+ +)(ℝ) tel que
^i MM = S^2 .
c) Montrer queS est inversible et que
MS^(− 1) est orthogonale.
d) Conclure. Dans toute la suite du problème on admettra l'unicité d'une telle factorisation.
III. 3 SoitΣ ∈ S_n^+(ℝ), λ_1, λ_2, …, λ_n ses valeurs propres non nécessairement distinctes,
D la matrice diagonale dont les éléments diagonaux sont
λ_1, λ_2, …, λ_n et
Q ∈ O_n(ℝ) .
a) Montrer queTr(Σ) = ∑_(i = 1)^(r_n)λ_i .
b) Montrer qu'il existe une matrice orthogonaleQ_1 telle que
Tr(QΣ) = Tr(Q_1 D) et en déduire:
III. 2 Soit
a) Montrer que la matrice
b) En déduire qu'il existe
c) Montrer que
d) Conclure. Dans toute la suite du problème on admettra l'unicité d'une telle factorisation.
III. 3 Soit
a) Montrer que
b) Montrer qu'il existe une matrice orthogonale
c) Montrer que
sup_(Q ∈ O_n(ℝ))[Tr(QΣ)] = Tr(Σ) .
III. 4 Soitn ∈ E . Pour toute matrice
A = (a_(ij)) de
H_n , on pose :
III. 4 Soit
a) Montrer que l'application
f ainsi définie de
H_r dans
ℝ admet une borne supérieure que l'on notera
α_n .
b) SoitT = (t_(ij)) la matrice triangulaire inférieure d'ordre
n définie par
t_(ij) = 1 si
i ≥ j et
t_(ij) = 0 si
i < j . Montrer que
f(A) = Tr(AT) .
c) D'après la question III.2, on sait queT = RS avec
R orthogonale et
S symétrique définie positive. Montrer alors que
f(A) ≤ √nTr(S) , puis que
α_n ≤ √nTr(S) .
d) Lorsquen = 2 , évaluer
α_2 et
√2Tr(S) .
b) Soit
c) D'après la question III.2, on sait que
d) Lorsque
Fin de l'énoncé
Pas de description pour le moment
