CCINP Mathématiques 2 PSI 2006Sujet, corrigé et rapport du jury
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Les calculatrices sont autorisées.
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Le sujet comporte 6 pages.
Notations:
On désigne par
ℝ l'ensemble des nombres réels, par
ℕ l'ensemble des nombres entiers naturels et par
ℚ l'ensemble des nombres rationnels. On note
ℕ^∗ l'ensemble
ℕ privé de 0 .
Etant donné un entier naturel non nuln , on note
[ [1, n] ] l'ensemble des entiers naturels
k tels que
1 ≤ k ≤ n .
Pourn entier naturel non nul, on note
M_n(ℝ) (respectivement
M_(n, 1)(ℝ) ) l'espace vectoriel des matrices carrées à
n lignes (respectivement l'espace vectoriel des matrices colonnes à
n lignes) à coefficients dans
ℝ .
Etant donné une matriceA , la notation
A = (a_(i, j)) signifie que
a_(i, j) est le coefficient de la ligne
i et de la colonne
j de la matrice
A .
On noteI_n la matrice unité de
M_n(ℝ) c'est-à-dire, telle que
I_n = (a_(i, j)) avec :
Pour touti, a_(i, i) = 1 et pour tout
i ≠ j, a_(i, j) = 0 .
On noteJ_n la matrice carrée de
M_n(ℝ) dont tous les coefficients sont égaux à 1 et
K_n la matrice colonne de
M_(n, 1)(ℝ) dont tous les coefficients sont égaux à 1 .
Etant donné un entier naturel non nul
Pour
Etant donné une matrice
On note
Pour tout
On note
L'espace vectoriel
ℝ^n est rapporté à la base canonique (
e_1, e_2, …, e_n ).
Objectifs :
Le problème porte sur l'étude de matrices vérifiant une propriété (
𝒫 ).
Dans la partieI , on fait établir des résultats sur une matrice particulière vérifiant la propriété (
𝒫 ).
La partie II conduit, à travers l'étude des matrices vérifiant la propriété (𝒫 ), à caractériser ces matrices à l'aide de matrices semblables.
Dans la partie
La partie II conduit, à travers l'étude des matrices vérifiant la propriété (
Dans la partie III, on construit, à l'aide de produits scalaires, une matrice vérifiant la propriété (
𝒫 ).
Les trois parties sont indépendantes les unes des autres.
Les trois parties sont indépendantes les unes des autres.
PARTIE I
I.1. Calculer la matrice
M^2 .
I.2. Exprimer la matriceM^2 + M en fonction des matrices
J_5 et
I_5 .
I.3. Exprimer la matriceJ_5^2 en fonction de la matrice
J_5 .
I.4. Déduire des questions précédentes un polynôme annulateur deM .
I.5. Quelles sont les valeurs propres possibles de la matriceM ?
I.6. Montrer queM possède une valeur propre entière (et une seule); déterminer cette valeur propre entière ainsi que le sous-espace propre associé.
I.2. Exprimer la matrice
I.3. Exprimer la matrice
I.4. Déduire des questions précédentes un polynôme annulateur de
I.5. Quelles sont les valeurs propres possibles de la matrice
I.6. Montrer que
PARTIE II
Dans cette partie
n et
δ sont des nombres entiers tels que
2 ≤ δ ≤ n − 1 .
On dit qu'une matriceM = (m_(i, j)) ∈ M_n(ℝ) vérifie la propriété
(P) lorsqu'elle vérifie les quatre conditions suivantes :
(1)M est symétrique
(2) Pour touti ∈ [ [1, n] ], m_(i, i) = 0
(3) Chaque ligne deM comporte
δ coefficients égaux à 1 et
n − δ coefficients égaux à 0 .
(4) Pour tout(i, j) ∈ [ [1, n] ] × [ [1, n] ] avec
i ≠ j , le coefficient
m_(i, j) = 0 , si et seulement si, il existe un entier
k ∈ [ [1, n] ] tel que
m_(i, k) = m_(j, k) = 1 . L'entier
k est alors unique.
On dit qu'une matrice
(1)
(2) Pour tout
(3) Chaque ligne de
(4) Pour tout
On pourra utiliser sans justification une conséquence de la propriété
(𝒫) : si
m_(i, j) = 1 , alors pour tout entier
k ∈ [ [1, n] ] on a le produit
m_(i, k)m_(j, k) = 0 .
Soit
M = (m_(i, j)) ∈ M_n(ℝ) . On suppose que la matrice
M vérifie la propriété
(P) .
II.1. Expression deM^2 . On note
M^2 = (a_(i, j)) .
II.1.1. Pouri ∈ [ [1, n] ] , calculer les coefficients
a_(i, i) .
II.1.2. Pour(i, j) ∈ [ [1, n] ] × [ [1, n] ] avec
i ≠ j , déterminer le coefficient
a_(i, j) selon la valeur de
m_(i, j) .
II.1.3. Montrer queM^2 = J_n − M + dI_n où
d est un nombre entier que l'on déterminera.
II.1. Expression de
II.1.1. Pour
II.1.2. Pour
II.1.3. Montrer que
Dans la suite, on note
f (respectivement
φ ) l'endomorphisme de
ℝ^n , de matrice
M (respectivement de matrice
J_n ), relativement à la base canonique (
e_1, e_2, …, e_n ) de
ℝ^n . On note id l'endomorphisme identité de
ℝ^n .
Soitv le vecteur de
ℝ^n dont la matrice colonne des coordonnées relativement à la base canonique de
ℝ^n est
K_n .
II.2. Relation entren et
δ .
II.2.1 DéterminerIm(φ) , l'image de l'application linéaire
φ .
II.2.2. Soitu un vecteur du noyau de
f − δid .
Soit
II.2. Relation entre
II.2.1 Déterminer
II.2.2. Soit
En calculant
(f ∘ f)(u) , montrer que
u est colinéaire à
u .
II.2.3 Montrer queδ est une valeur propre de
f et déterminer le sous-espace propre correspondant.
II.2.4. Déduire des questions précédentes l'égalitén = δ^2 + 1 .
II.3. Valeurs propres def .
II.2.3 Montrer que
II.2.4. Déduire des questions précédentes l'égalité
II.3. Valeurs propres de
Dans la suite de cette question II.3,
λ est une valeur propre de
f avec
λ ≠ δ et
u = ∑_(i = 1)^n x_i e_i un vecteur propre de
f associé à la valeur propre
λ .
II.3.1 Justifier l'affirmation : il existe une base deℝ^n formée de vecteurs propres de
f .
II.3.2. Justifier l'égalité∑_(i = 1)^n x_i = 0 . Que vaut
φ(u) ?
II.3.3. Montrer queλ est racine de l'équation
(E) : x^2 + x + 1 − δ = 0 .
II.3.4. On notea et
b les deux racines de l'équation
(E) . On suppose qu'une seule de ces racines est valeur propre de
f , par exemple
a . En utilisant la trace de l'endomorphisme
f , exprimer
a en fonction de
δ . En déduire une impossibilité.
II.3.1 Justifier l'affirmation : il existe une base de
II.3.2. Justifier l'égalité
II.3.3. Montrer que
II.3.4. On note
Les deux racines
a et
b de l'équation (
E ) sont donc des valeurs propres de
f . Dans la suite, on suppose
a > b .
II.4. Relations portant surr, s, a, b et
δ .
II.4. Relations portant sur
On note
r la dimension du noyau de
f -aid et
s la dimension du noyau de
f -bid.
II.4.1. Exprimer(a − b)^2 en fonction de
δ .
II.4.2. Exprimer le produit matriciel(r, s; 1, 1)(a, 1; b, 1) en fonction de
δ .
II.4.3. En déduire(r − s)(a − b) en fonction de
δ .
II.4.4. Pour quelle valeur deδ a-t-on
r = s ? Que valent alors
r et
s ?
II.4.1. Exprimer
II.4.2. Exprimer le produit matriciel
II.4.3. En déduire
II.4.4. Pour quelle valeur de
Dans la suite, on caractérise la matrice
M par une matrice diagonale semblable à
M .
II.5. Premier cas. On suppose quea − b ∉ ℚ .
II.5.1 Montrer quer = s . En déduire
δ et
n .
II.5.2 Déterminera et
b et donner une matrice diagonale semblable à
M .
II.6. Deuxième cas. On suppose quea − b ∈ ℚ .
II.6.1. On écrita − b = m/q avec
m et
q dans
ℕ^∗ . Montrer que tout nombre premier qui divise
q divise
m . En déduire que
a − b ∈ ℕ .
II.6.2. Montrer quea − b est un entier impair supérieur ou égal à 3. En notant
a − b = 2p + 1 avec
p ∈ ℕ^∗ , exprimer
δ en fonction de
p . En déduire
a et
b en fonction de
p .
II.6.3. On notec = a − b . Montrer que
c divise
(c^2 + 3)(c^2 − 5) . En déduire que
c ∈ {3, 5, 15} .
II.6.4. Pour les différentes valeurs dec , donner le tableau des valeurs de
δ, n, a, b, r et
s .
II.5. Premier cas. On suppose que
II.5.1 Montrer que
II.5.2 Déterminer
II.6. Deuxième cas. On suppose que
II.6.1. On écrit
II.6.2. Montrer que
II.6.3. On note
II.6.4. Pour les différentes valeurs de
PARTIE III
On considère l'espace vectoriel euclidien
ℝ^5 rapporté à la base orthonormale
ℬ = (e_1, e_2, e_3, e_4, e_5) . On note
(u|w) le produit scalaire de deux vecteurs
u et
w de
ℝ^5 .
On considère tous les vecteurs
u_i obtenus en ajoutant deux vecteurs distincts de
B :
u_i = e_α + e_β avec
α ≠ β .
III.1. Justifier que l'on définit ainsi 10 vecteursu_i .
III.1. Justifier que l'on définit ainsi 10 vecteurs
On indexe les vecteurs
u_i de façon arbitraire :
u_i, i ∈ [ [1, 10] ] .
III.2. Soitψ un endomorphisme de
ℝ^5 qui réalise une bijection de la base
ℬ sur elle-même. Montrer que pour tout
(i, j) ∈ [ [1, 10] ]x[ [1, 10] ] , on a
(u_i|u_j) = (ψ(u_i)|ψ(u_j)) .
III.3. Calcul des produits scalaires(u_i|u_j) .
III.3.1. Pouri ∈ [ [1, 10] ] , calculer
(u_i|u_i) .
III.3.2. On suppose queu_i = e_α + e_β et que
u_j = e_α + e_γ avec
β ≠ γ . Calculer
(u_i|u_j) .
III.3.3. On suppose queu_i = e_α + e_β et que
u_j = e_γ + e_ε avec les quatre indices
α, β, γ, ε tous différents. Calculer
(u_i|u_j) .
III.4. SoitA = (a_(i, j)) avec
a_(i, j) = (u_i|u_j) .
III.4.1. Écrire une combinaison linéaireM de
A, I_(10) et
J_(10) susceptible de vérifier la propriété (
𝒫 ) définie dans la partie II.
III.4.2. Justifier que cette matriceM vérifie la propriété
(𝒫) .
III.2. Soit
III.3. Calcul des produits scalaires
III.3.1. Pour
III.3.2. On suppose que
III.3.3. On suppose que
III.4. Soit
III.4.1. Écrire une combinaison linéaire
III.4.2. Justifier que cette matrice
Fin de l'énoncé.
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