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Corrigé détaillé Mines Physique 1 MP 2024 (page 2/2 : Partie II)

Des objets astronomiques, de Mars à Sirius

  • 26 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,7 / 4)
  • Faisable en Sup (en MPSI : 13 questions sur 26, parties I.B et I.C)
  • Vérifié question par question

Comment utiliser ce corrigé

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Partie II : Structure et énergie des étoiles

A · L'énergie gravitationnelle

Question 13

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : énergie potentielle gravitationnelle, énergie de liaison

Donner et justifier physiquement le signe de . Expliquer pourquoi on nomme parfois l'énergie de liaison de l'étoile.

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Raisonner sur le travail que doit fournir un opérateur extérieur pour freiner et amener les masses depuis l'infini jusqu'à leur position d'équilibre liée.

Voir la stratégie
  1. Analyser le sens de la force exercée par l'opérateur extérieur pour amener la matière de l'infini de façon quasi-statique sous l'effet d'une interaction attractive.
  2. Relier le travail fourni W_g à l'énergie nécessaire pour dissocier le système vers l'état de référence dispersé à l'infini afin de justifier la définition de l'énergie de liaison E_\ell.
Voir le corrigé complet

L'interaction gravitationnelle est exclusivement attractive : les masses s'attirent mutuellement vers le centre de constitution de l'astre.

Pour amener la matière depuis l'infini de manière quasi-statique (sans lui communiquer d'énergie cinétique, \Delta E_c = 0), l'opérateur doit à chaque instant compenser exactement l'attraction gravitationnelle :

\vec{F}_{\text{op}} = -\vec{F}_{\text{grav}}

Puisque la force gravitationnelle est dirigée vers le centre d'attraction, la force de l'opérateur \vec{F}_{\text{op}} est nécessairement orientée vers l'extérieur (force de retenue). Lors du rapprochement vers le centre, le déplacement élémentaire d\vec{r} est centripète, si bien que le travail élémentaire fourni par l'opérateur est résistant :

\delta W_{\text{op}} = \vec{F}_{\text{op}} \cdot d\vec{r} < 0

Par intégration, le travail total fourni par l'opérateur est donc négatif :

\boxed{W_g < 0}

L'étoile constituée est dans un état énergétiquement plus stable (puits de potentiel) que le gaz initial dispersé à l'infini ; elle a cédé de l'énergie vers l'extérieur au cours de son effondrement gravitationnel.

Pour dissocier complètement l'étoile et renvoyer toutes ses particules constitutives à l'infini au repos, un opérateur extérieur doit fournir un travail opposé, égal à -W_g. Cette grandeur, positive :

\boxed{E_\ell = -W_g > 0}

représente l'énergie minimale à apporter au système pour briser sa cohésion gravitationnelle. C'est exactement la définition d'une énergie de liaison, par analogie directe avec la cohésion d'un noyau atomique ou d'une liaison chimique.

Résultat

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Distinguez clairement sens de transfert et signe du travail, et consolidez la notion d'énergie de liaison.

« Confusion étonnante entre le sens de transfert de l’énergie et le signe algébrique du travail. »

« Le concept de l’énergie de liaison est très mal maîtrisé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 14

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : masse volumique

Exprimer la masse volumique , supposée uniforme et constante, de l'étoile en fonction de et . En déduire, en fonction de , et , les expressions de (masse déjà constituée dans une sphère de rayon ) et de (masse à apporter pour faire passer ce rayon de à ).

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Exprimer la masse volumique uniforme \rho = M/V, puis calculer la masse m(r) d'une sphère de rayon r et différentier par rapport à r.

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L'étoile est modélisée par une boule de rayon R et de masse totale M, de masse volumique \rho uniforme. Le volume total de la boule étant V = \frac{4}{3}\pi R^3, on a :

\boxed{\rho = \frac{M}{V} = \frac{3M}{4\pi R^3}}

La masse m(r) contenue dans la sphère de rayon r \leqslant R s'obtient immédiatement en intégrant la masse volumique sur le volume \frac{4}{3}\pi r^3 :

m(r) = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = \frac{3M}{4\pi R^3} \times \frac{4}{3}\pi r^3

soit :

\boxed{m(r) = M \left(\frac{r}{R}\right)^3}

La masse \mathrm{d}m à apporter pour faire passer le rayon de r à r+\mathrm{d}r correspond à la masse d'une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r et de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2\,\mathrm{d}r, ou encore à la différentielle de m(r) :

\mathrm{d}m = \frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}r}\,\mathrm{d}r = \rho \times 4\pi r^2\,\mathrm{d}r

d'où :

\boxed{\mathrm{d}m = 3M \frac{r^2}{R^3}\,\mathrm{d}r}

Résultat

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Attention aux erreurs lors de la linéarisation de la variation de masse.

« Quelques difficultés restent dans la linéarisation de la variation de masse. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 15

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : énergie potentielle gravitationnelle

Justifier que la contribution à l'énergie gravitationnelle de cet accroissement (passage de à ) s'écrit . Calculer l'énergie gravitationnelle totale de l'étoile en fonction de , et .

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Exprimer le travail pour amener la coquille de masse \mathrm{d}m depuis l'infini dans le potentiel créé par la sphère intérieure de masse m(r), puis intégrer de 0 à R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le travail fourni par l'opérateur pour amener de manière quasi-statique la masse \mathrm{d}m depuis l'infini (où l'interaction est nulle) jusqu'au rayon r, en exploitant le champ gravitationnel extérieur créé par la sphère de masse m.
  2. Substituer les expressions de m(r) et \mathrm{d}m(r) établies à la question 14, puis intégrer pour r variant de 0 à R.
Voir le corrigé complet

D'après le théorème de Gauss (ou la question 2), la masse m déjà rassemblée dans la sphère de rayon r crée en tout point extérieur (r' \geqslant r) un champ de gravitation identique à celui d'une masse ponctuelle située au centre :

\vec{G}(r') = -\frac{\mathcal{G}m}{r'^2}\hat{u}_r

Pour déplacer quasi-statiquement un élément de masse \mathrm{d}m depuis l'infini jusqu'au rayon r, l'opérateur doit compenser à chaque instant la force d'attraction gravitationnelle exercée par la sphère, soit exercer la force :

\vec{F}_{\mathrm{op}} = -\mathrm{d}m\,\vec{G}(r') = \frac{\mathcal{G}m\,\mathrm{d}m}{r'^2}\hat{u}_r

Le travail fourni par l'opérateur pour amener cette couche élémentaire \mathrm{d}m s'écrit :

\mathrm{d}W_g = \int_{\infty}^r \vec{F}_{\mathrm{op}} \cdot \mathrm{d}\vec{r}' = \int_{\infty}^r \frac{\mathcal{G}m\,\mathrm{d}m}{r'^2}\mathrm{d}r' = \left[ -\frac{\mathcal{G}m\,\mathrm{d}m}{r'} \right]_{\infty}^r

On en déduit bien :

\mathrm{d}W_g = -\mathcal{G}\frac{m\,\mathrm{d}m}{r}

En utilisant les expressions obtenues à la question 14, m(r) = M\left(\frac{r}{R}\right)^3 et \mathrm{d}m = \frac{3M}{R^3}r^2\,\mathrm{d}r, on obtient :

\begin{aligned} \mathrm{d}W_g &= -\frac{\mathcal{G}}{r} \left( M\frac{r^3}{R^3} \right) \left( \frac{3M}{R^3}r^2\,\mathrm{d}r \right) \\ &= -3\frac{\mathcal{G}M^2}{R^6} r^4\,\mathrm{d}r \end{aligned}

L'énergie gravitationnelle totale W_g nécessaire pour constituer l'étoile complète de rayon R s'obtient par intégration de r = 0 à r = R :

\begin{aligned} W_g &= -3\frac{\mathcal{G}M^2}{R^6} \int_0^R r^4\,\mathrm{d}r = -3\frac{\mathcal{G}M^2}{R^6} \left[ \frac{r^5}{5} \right]_0^R \end{aligned}
\boxed{W_g = -\frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R}}

Résultat

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La justification de l'élément d'énergie potentielle gravitationnelle a posé des difficultés.

« Difficultés dans la justification de dWg, en lien avec Q13. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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B · Pression cinétique

Question 16

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : statique des fluides, équilibre hydrostatique

On s'intéresse à l'équilibre de la colonne de fluide d'aire et comprise entre les altitudes et . Expliciter, éventuellement sous forme intégrale, les forces exercées sur cette colonne. En déduire l'équation différentielle reliant , et .

Voir l'indice

Effectuer un bilan des forces extérieures de pression et de gravitation appliquées à une tranche infinitésimale de fluide comprise entre z et z+\mathrm{d}z.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé constitué par la colonne cylindrique de fluide entre z_1 et z_2 et recenser l'ensemble des actions mécaniques extérieures (forces de pression sur les parois et force gravitationnelle volumique).
  2. Écrire la condition d'équilibre statique de cette colonne dans le référentiel d'étude galiléen.
  3. Faire tendre z_2 vers z_1 (ou dériver par rapport à la borne supérieure) pour obtenir l'équation différentielle locale de la statique des fluides.
Voir le corrigé complet

On étudie la colonne de fluide de section constante S, comprise entre les altitudes z_1 et z_2 (avec z_1 < z_2). Le système est à l'équilibre dans le référentiel galiléen.

Les forces extérieures appliquées à cette colonne sont :

  • les forces de pression sur la surface délimitant la colonne :

    • sur la base inférieure en z_1 (normale extérieure -\hat{u}_z) :

      \vec{F}_{p,1} = P(z_1)\,S\,\hat{u}_z
    • sur la base supérieure en z_2 (normale extérieure +\hat{u}_z) :

      \vec{F}_{p,2} = -P(z_2)\,S\,\hat{u}_z
    • sur la paroi latérale : les forces pressantes élémentaires sont perpendiculaires à l'axe (Oz) et leur résultante s'annule par symétrie radiale / invariance par rotation autour de l'axe : \vec{F}_{p,\text{lat}} = \vec{0}.
  • la force gravitationnelle s'exerçant sur chaque élément de volume \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}z de masse \mathrm{d}m = \rho(z)\,S\,\mathrm{d}z, soit sous forme intégrale :

    \vec{F}_g = \int_{z_1}^{z_2} \vec{G}(z)\,\mathrm{d}m = \left( \int_{z_1}^{z_2} \rho(z)\,G(z)\,S\,\mathrm{d}z \right) \hat{u}_z

À l'équilibre, le principe fondamental de la statique impose :

\vec{F}_{p,1} + \vec{F}_{p,2} + \vec{F}_g = \vec{0}

En projetant sur l'axe vertical \hat{u}_z et en simplifiant par S \neq 0 :

P(z_1) - P(z_2) + \int_{z_1}^{z_2} \rho(z)\,G(z)\,\mathrm{d}z = 0

soit :

P(z_2) - P(z_1) = \int_{z_1}^{z_2} \rho(z)\,G(z)\,\mathrm{d}z

En dérivant cette relation par rapport à z_2 (ou en considérant une tranche d'épaisseur infinitésimale \mathrm{d}z), on obtient l'équation différentielle locale :

\boxed{\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z)\,G(z)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquez rigoureusement le bilan de forces en hydrostatique en faisant particulièrement attention aux signes.

« Difficultés pour le bilan de forces avec les bons signes et pour un nombre fini de particules. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 17

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : gaz parfait monoatomique, équipartition de l'énergie

Un volume de fluide est soumis à la pression , supposée uniforme. Dans quel modèle l'énergie cinétique d'agitation thermique associée peut-elle s'écrire ? Dans la suite de cette partie II.B on supposera que c'est bien le cas en chaque point intérieur à l'étoile.

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Mobiliser la théorie cinétique des gaz parfaits monoatomiques reliant la pression et la densité particulaire à l'énergie cinétique microscopique moyenne.

Voir le corrigé complet

Cette relation s'applique dans le cadre du modèle du gaz parfait monoatomique classique (non relativiste).

En effet, pour un gaz parfait constitué de N particules sans interactions mutuelles à distance occupant un volume V à la température T :

  • l'équation d'état s'écrit :

    PV = N k_B T
  • les particules étant ponctuelles (monoatomiques), l'énergie microscopique se résume à l'énergie cinétique de translation à trois degrés de liberté. D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie (ou la théorie cinétique des gaz), l'énergie cinétique moyenne d'une particule vaut :

    \langle \varepsilon_c \rangle = \frac{3}{2} k_B T

L'énergie cinétique totale d'agitation thermique du volume V est donc :

E_c = N \langle \varepsilon_c \rangle = \frac{3}{2} N k_B T

En combinant ces deux relations, on obtient directement :

\boxed{E_c = \frac{3}{2} PV}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question discriminante : veillez à bien maîtriser le modèle du gaz parfait.

« Question discriminante. La notion de gaz parfait n’est pas toujours évidente. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 18

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : théorème de gauss, équilibre hydrostatique

Expliciter le champ gravitationnel ressenti au sein de l'étoile en équilibre à la distance du centre, en fonction de , , et . En déduire l'expression de la pression .

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel à l'intérieur de la sphère pour obtenir \vec{G}(r), puis intégrer l'équation hydrostatique avec la condition aux limites P(R) = 0.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ gravitationnel \vec{G}(\vec{r}) à l'intérieur de l'étoile à l'aide du théorème de Gauss gravitationnel ou du résultat de la question Q14 sur la masse intérieure m(r).
  2. Écrire la condition d'équilibre hydrostatique en symétrie sphérique issue de la question Q16 : \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = \rho G_r(r).
  3. Intégrer cette équation différentielle entre r et la surface R, où la pression est nulle.
Voir le corrigé complet

La distribution de masse présente une symétrie sphérique, donc le champ gravitationnel est purement radial : \vec{G}(\vec{r}) = G_r(r)\,\hat{u}_r.

D'après le théorème de Gauss appliqué à une surface sphérique de rayon r \leqslant R centrée en O (ou en appliquant le théorème des coquilles sphériques de Newton), seule la masse intérieure m(r) contribue au champ gravitationnel en r :

\vec{G}(\vec{r}) = -\frac{\mathcal{G} m(r)}{r^2}\,\hat{u}_r

D'après la question Q14, la masse intérieure s'écrit m(r) = M\left(\frac{r}{R}\right)^3. On en déduit :

\boxed{ \vec{G}(\vec{r}) = -\frac{\mathcal{G} M}{R^3}\,r\,\hat{u}_r }

D'après l'énoncé, l'équation différentielle d'équilibre local obtenue à la question Q16 (\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z)G(z)) se transpose en coordonnées sphériques par z \to r avec G_r(r) = -\frac{\mathcal{G}Mr}{R^3} :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = \rho\,G_r(r) = -\rho\,\frac{\mathcal{G}M}{R^3}\,r

En injectant l'expression de la masse volumique \rho = \frac{3M}{4\pi R^3} établie à la question Q14, il vient :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = -\frac{3M}{4\pi R^3}\,\frac{\mathcal{G}M}{R^3}\,r = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6}\,r

L'étoile étant entourée par le vide spatial, la pression à sa surface est nulle : P(R) = 0. On intègre alors entre le rayon r et le rayon R :

\begin{aligned} P(R) - P(r) &= \int_r^R \left(-\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6}\,r'\right) \mathrm{d}r' \\ -P(r) &= -\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6} \left[\frac{{r'}^2}{2}\right]_r^R = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6} (R^2 - r^2) \end{aligned}

On obtient bien :

\boxed{ P(r) = \frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6}(R^2 - r^2) }

Résultat

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Attention aux erreurs de signe et évitez de forcer l'expression finale au mépris de la cohérence du calcul.

« Nombreuses erreurs dans les signes et tentatives de reproduire l’expression finale attendue sans cohérence avec les réponses précédentes. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 19

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : théorème du viriel

Calculer l'énergie cinétique totale de l'étoile en fonction de , et ; commenter.

Voir l'indice

Intégrer la densité volumique d'énergie cinétique \frac{3}{2}P(r) sur toute l'étoile par couches sphériques de volume 4\pi r^2\mathrm{d}r, et confronter au résultat de la question 15.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique élémentaire \mathrm{d}E_c d'une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r et de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r à l'aide de la relation locale issue de la question Q17.
  2. Intégrer sur l'ensemble de l'étoile (r variant de 0 à R) en utilisant le profil de pression P(r) déterminé à la question Q18.
  3. Comparer l'expression obtenue à celle de l'énergie potentielle gravitationnelle W_g établie à la question Q15 afin d'identifier le théorème du viriel.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, l'énergie cinétique d'agitation thermique contenue dans un volume infinitésimal \mathrm{d}V soumis à la pression P(r) est :

\mathrm{d}E_c = \frac{3}{2} P(r)\,\mathrm{d}V

Par symétrie sphérique, on découpe l'étoile en coquilles sphériques de rayon r, d'épaisseur \mathrm{d}r et de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r. En utilisant l'expression de la pression obtenue à la question Q18 :

P(r) = \frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6}(R^2 - r^2)

on obtient la contribution élémentaire :

\mathrm{d}E_c = \frac{3}{2} \left[ \frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6}(R^2 - r^2) \right] (4\pi r^2\,\mathrm{d}r) = \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R^6} (R^2 r^2 - r^4)\,\mathrm{d}r

L'énergie cinétique totale s'obtient par intégration de r = 0 à r = R :

\begin{aligned} E_c &= \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R^6} \int_0^R (R^2 r^2 - r^4)\,\mathrm{d}r \\ &= \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R^6} \left[ R^2 \frac{r^3}{3} - \frac{r^5}{5} \right]_0^R \\ &= \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R^6} \left( \frac{R^5}{3} - \frac{R^5}{5} \right) = \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R^6} \cdot \frac{2 R^5}{15} \end{aligned}

Ce qui se simplifie en :

\boxed{E_c = \frac{3}{10}\frac{\mathcal{G}M^2}{R}}

Commentaires :

  • Lien avec l'énergie gravitationnelle : À la question Q15, nous avions obtenu W_g = -\frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R}. On constate la relation remarquable :

    E_c = -\frac{1}{2} W_g \quad \Longleftrightarrow \quad 2E_c + W_g = 0

    On retrouve ainsi la forme globale du théorème du viriel appliqué à un système auto-gravitant en équilibre hydrostatique.

  • Énergie mécanique totale et stabilité : L'énergie mécanique totale de l'étoile vaut :

    E_m = E_c + W_g = \frac{1}{2}W_g = -E_c = -\frac{3}{10}\frac{\mathcal{G}M^2}{R} < 0

    Étant strictement négative, elle confirme que l'étoile constitue un état lié stable : il faut fournir de l'énergie à l'étoile pour en disperser la matière à l'infini.

Résultat

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Question abordée par seulement la moitié des candidats et qui a rapporté peu de points.

« Question traitée par la moitié des candidats. Peu de réponses justes. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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C · Pression de confinement quantique

Question 20

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : analyse dimensionnelle

Exprimer en fonction de , et seulement.

Voir l'indice

Exprimer le volume total de l'étoile ainsi que le nombre total de nucléons N \simeq M/m_p, puis utiliser la relation géométrique de confinement a^3 = V/N.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume V de l'étoile sphérique de rayon R.
  2. Exprimer le nombre N d'atomes d'hydrogène en reliant la masse totale M aux masses des constituants, compte tenu de l'approximation m_e \ll m_p.
  3. En déduire le volume \vartheta = V/N puis la dimension caractéristique de confinement a par la relation a^3 = \vartheta.
Voir le corrigé complet

L'étoile est modélisée par une sphère de rayon R, son volume vaut donc :

V = \frac{4}{3}\pi R^3

Elle est composée de N atomes d'hydrogène formés chacun d'un proton et d'un électron. La masse totale de l'étoile s'écrit :

M = N(m_p + m_e)

Comme la masse de l'électron est négligeable devant celle du proton (m_e \ll m_p), on a l'excellente approximation :

M \simeq N m_p \implies N = \frac{M}{m_p}

Le volume disponible par particule est \vartheta = \frac{V}{N}. En utilisant la relation a^3 = \vartheta, il vient :

a^3 = \frac{\frac{4}{3}\pi R^3}{\frac{M}{m_p}} = \frac{4\pi m_p}{3M}R^3

On en déduit l'expression de la dimension de confinement a :

\boxed{a = R\left(\frac{4\pi m_p}{3M}\right)^{1/3}}

Résultat

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Question 21

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : puits infini, inégalité de heisenberg

La particule étudiée étant confinée à l'intervalle , exprimer la fonction d'onde spatiale et l'énergie de l'état fondamental en fonction de , et . Justifier que cette relation illustre le principe d'indétermination de Heisenberg.

Voir l'indice

Injecter la forme stationnaire dans l'équation de Schrödinger, appliquer les conditions aux limites \psi(0)=\psi(a)=0, et vérifier la compatibilité avec \Delta x \cdot \Delta p \ge \hbar/2.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme stationnaire \Psi(x,t) = \psi(x)\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} dans l'équation de Schrödinger pour obtenir l'équation différentielle spatiale vérifiée par \psi(x).
  2. Appliquer les conditions aux limites d'un puits infini de largeur a (\psi(0) = \psi(a) = 0) et normaliser la fonction d'onde spatiale de l'état fondamental (n=1).
  3. Exprimer l'énergie e_1 = \hbar\omega en fonction de h, m et a.
  4. Relier l'existence d'une énergie minimale non nulle dépendant de 1/a^2 à la relation d'indétermination de Heisenberg spatiale \Delta x \cdot \Delta p_x \geqslant \frac{\hbar}{2}.
Voir le corrigé complet

Pour un état stationnaire, on injecte \Psi(x,t) = \psi(x)\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} dans l'équation de Schrödinger fournie :

-\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\partial^2\Psi}{\partial x^2} = \mathrm{j}\hbar\frac{\partial\Psi}{\partial t} \implies -\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}x^2}\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} = \mathrm{j}\hbar(-\mathrm{j}\omega)\psi(x)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} = \hbar\omega\,\psi(x)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t}

En identifiant l'énergie de l'état stationnaire e = \hbar\omega, l'équation spatiale s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}x^2} + k^2\psi(x) = 0 \quad \text{avec} \quad k = \frac{\sqrt{2me}}{\hbar}

La solution générale est de la forme \psi(x) = A\cos(kx) + B\sin(kx). Le confinement strict à l'intervalle [0,a] impose des parois infinies en x=0 et x=a, d'où les conditions aux limites :

  • \psi(0) = 0 \implies A = 0 ;
  • \psi(a) = 0 \implies B\sin(ka) = 0 \implies ka = n\pi \quad (n \in \mathbb{N}^*).

L'état fondamental correspond au niveau d'énergie minimale, soit n=1, ce qui donne k_1 = \frac{\pi}{a}.

La normalisation de la fonction d'onde sur [0,a] donne :

\int_0^a |\psi_1(x)|^2\,\mathrm{d}x = |B|^2 \int_0^a \sin^2\left(\frac{\pi x}{a}\right)\mathrm{d}x = |B|^2\frac{a}{2} = 1 \implies B = \sqrt{\frac{2}{a}} \quad \text{(à une phase près)}

On en déduit l'expression de la fonction d'onde spatiale de l'état fondamental :

\boxed{\psi_1(x) = \sqrt{\frac{2}{a}}\sin\left(\frac{\pi x}{a}\right)}

L'énergie de cet état fondamental vaut alors :

e_1 = \frac{\hbar^2 k_1^2}{2m} = \frac{\hbar^2 \pi^2}{2m a^2}

Comme \hbar = \frac{h}{2\pi}, on a \hbar^2 \pi^2 = \frac{h^2}{4}, d'où :

\boxed{e_1 = \frac{h^2}{8m a^2}}

Lien avec le principe d'indétermination de Heisenberg : Selon la relation de Heisenberg spatiale, les incertitudes quantiques sur la position et la quantité de mouvement vérifient \Delta x \cdot \Delta p_x \geqslant \frac{\hbar}{2}. Ici, la particule étant localisée dans un intervalle spatial de taille a, l'indétermination sur sa position est de l'ordre de grandeur de la dimension du puits : \Delta x \sim a.

Il en résulte nécessairement une dispersion minimale sur l'impulsion :

\Delta p_x \gtrsim \frac{\hbar}{a} \sim \frac{h}{a}

Par symétrie, l'impulsion moyenne est nulle (\langle p_x \rangle = 0), de sorte que l'énergie cinétique moyenne minimale s'estime par :

\langle E_c \rangle = \frac{\langle p_x^2 \rangle}{2m} = \frac{(\Delta p_x)^2}{2m} \sim \frac{h^2}{m a^2}

L'état fondamental possède ainsi une énergie de point zéro non nulle e_1 \propto \frac{h^2}{m a^2} : le confinement spatial (a fini) impose une agitation quantique irréductible, ce qui illustre directement le principe d'indétermination de Heisenberg.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez précisément la boîte quantique et pensez au lien avec les relations d'incertitude de Heisenberg.

« rares sont ceux qui parviennent à en saisir tous les détails et encore plus rares sont ceux qui font le lien avec la relation d’incertitude de Heisenberg concernant la position et l’impulsion. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 22

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : puits infini

Que deviennent ces expressions de la fonction d'onde et de l'énergie de l'état fondamental dans un modèle confiné à trois dimensions, , et ?

Voir l'indice

Utiliser la séparabilité de l'équation de Schrödinger en coordonnées cartésiennes : la fonction d'onde est le produit des solutions 1D et l'énergie totale fondamentale est la somme des énergies 1D.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la séparabilité spatiale de l'équation de Schrödinger tridimensionnelle pour une boîte cubique de côté a.
  2. Exprimer la fonction d'onde de l'état fondamental sous forme d'un produit tensoriel des états fondamentaux unidimensionnels déterminés à la question Q21, et sommer les contributions énergétiques selon les trois axes cartésiens.
Voir le corrigé complet

L'équation de Schrödinger stationnaire pour une particule libre de masse m dans la boîte tridimensionnelle s'écrit :

-\frac{\hbar^2}{2m}\left(\frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 \psi}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 \psi}{\partial z^2}\right) = E\psi

avec la condition d'annulation de la fonction d'onde sur les frontières de la boîte cubique [0,a]^3.

Par séparation des variables, la fonction d'onde spatiale s'écrit sous la forme factorisée :

\psi(x, y, z) = X(x) Y(y) Z(z)

Chacune des composantes spatiales vérifie indépendamment l'équation différentielle 1D étudiée à la question Q21 avec des conditions aux limites identiques :

X(0) = X(a) = 0, \quad Y(0) = Y(a) = 0, \quad Z(0) = Z(a) = 0

L'état fondamental correspond aux nombres quantiques minimaux non nuls n_x = n_y = n_z = 1. La fonction d'onde normalisée est donc le produit des trois fonctions d'ondes fondamentales 1D :

\psi_1(x,y,z) = \psi_1(x) \psi_1(y) \psi_1(z)

ce qui donne, pour (x, y, z) \in [0, a]^3 (et \psi_1 = 0 à l'extérieur) :

\boxed{\psi_1(x,y,z) = \left(\frac{2}{a}\right)^{3/2} \sin\left(\frac{\pi x}{a}\right) \sin\left(\frac{\pi y}{a}\right) \sin\left(\frac{\pi z}{a}\right)}

L'énergie totale étant la somme des énergies associées à chaque dimension indépendante (e_1 = e_{1,x} + e_{1,y} + e_{1,z}), l'énergie de l'état fondamental 3D vaut :

e_1 = 3 \times \frac{h^2}{8ma^2}

soit :

\boxed{e_1 = \frac{3h^2}{8ma^2}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 23

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : puits infini

En déduire que l'énergie cinétique totale due au confinement de l'étoile se met sous la forme dans laquelle on exprimera en fonction de , et .

Voir l'indice

Considérer que l'énergie cinétique de confinement provient essentiellement des électrons plus légers, sommer sur les N électrons et remplacer a par son expression en fonction de M et R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique totale comme la somme des énergies de confinement des N électrons et des N protons, puis négliger la contribution des protons devant celle des électrons car m_e \ll m_p.
  2. Exprimer le nombre d'atomes N = M/m_p et injecter la valeur de a obtenue à la question Q20.
  3. Réarranger les termes sous la forme E_c = \gamma \frac{M^{5/3}}{R^2} pour identifier le coefficient \gamma.
Voir le corrigé complet

L'énergie cinétique totale de confinement de l'étoile correspond à la somme des énergies fondamentales des N électrons et des N protons :

E_c = N e_{1,e} + N e_{1,p} = N \frac{3h^2}{8m_e a^2} + N \frac{3h^2}{8m_p a^2} = N \frac{3h^2}{8a^2}\left(\frac{1}{m_e} + \frac{1}{m_p}\right)

Comme m_e \ll m_p, le rapport \frac{e_{1,p}}{e_{1,e}} = \frac{m_e}{m_p} \approx 5{,}5 \cdot 10^{-4} est tout à fait négligeable : l'énergie cinétique de confinement est quasi intégralement portée par les électrons, d'où :

E_c \simeq N e_{1,e} = N \frac{3h^2}{8m_e a^2}

D'après la question Q20, on a N = \frac{M}{m_p} et a = R\left(\frac{4\pi m_p}{3M}\right)^{1/3}, soit :

a^2 = R^2 \left(\frac{4\pi m_p}{3M}\right)^{2/3}

En injectant cette relation dans l'expression de E_c, il vient :

\begin{aligned} E_c &= \frac{M}{m_p} \frac{3h^2}{8m_e R^2} \left(\frac{3M}{4\pi m_p}\right)^{2/3} \\ &= \frac{3}{8}\left(\frac{3}{4\pi}\right)^{2/3} \frac{h^2}{m_e m_p^{5/3}} \frac{M^{5/3}}{R^2} \end{aligned}

L'énergie cinétique totale s'écrit donc bien sous la forme :

\boxed{E_c = \gamma \frac{M^{5/3}}{R^2} \quad \text{avec} \quad \gamma = \frac{3}{8}\left(\frac{3}{4\pi}\right)^{2/3} \frac{h^2}{m_e m_p^{5/3}}}

Résultat

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D · Le cas des naines blanches

Question 24

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : position d'équilibre

Pour une étoile de ce type, déterminer le rayon qui assure un minimum de l'énergie totale.

Voir l'indice

Exprimer l'énergie mécanique totale E_{\mathrm{tot}}(R) = E_c(R) + W_g(R), dériver par rapport au rayon R et annuler la dérivée pour trouver l'extremum.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique totale E_{\text{tot}}(R) de l'étoile en sommant l'énergie cinétique de confinement quantique E_c et l'énergie potentielle gravitationnelle propre W_g, en négligeant l'agitation thermique.
  2. Trouver le rayon d'équilibre R_{\mathrm{eq}} en annulant la dérivée première de E_{\text{tot}}(R) par rapport à R, puis vérifier qu'il s'agit bien d'un minimum via la dérivée seconde.
Voir le corrigé complet

D'après le préambule de la partie II.D, les effets thermiques sont négligés devant ceux du confinement quantique. L'énergie mécanique totale de la naine blanche s'écrit comme la somme de l'énergie cinétique de confinement des électrons E_c (partie II.C) et de l'énergie gravitationnelle propre W_g (question Q15) :

E_{\text{tot}}(R) = E_c + W_g = \frac{\gamma M^{5/3}}{R^2} - \frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R}

L'état d'équilibre stable correspond au minimum de l'énergie totale par rapport au rayon R. La condition d'extremum s'écrit :

\frac{\mathrm{d}E_{\text{tot}}}{\mathrm{d}R} = -2\frac{\gamma M^{5/3}}{R^3} + \frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R^2} = 0

En multipliant par R^3, on obtient :

\frac{3}{5}\mathcal{G}M^2 R_{\mathrm{eq}} = 2\gamma M^{5/3}

d'où :

\boxed{R_{\mathrm{eq}} = \frac{10}{3} \frac{\gamma}{\mathcal{G} M^{1/3}}}

Vérifions le caractère minimal de cet extremum à l'aide de la dérivée seconde :

\frac{\mathrm{d}^2E_{\text{tot}}}{\mathrm{d}R^2} = \frac{6\gamma M^{5/3}}{R^4} - \frac{6}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R^3} = \frac{1}{R^4}\left(6\gamma M^{5/3} - \frac{6}{5}\mathcal{G}M^2 R\right)

En évaluant en R = R_{\mathrm{eq}}, le second terme entre parenthèses vaut \frac{6}{5}\mathcal{G}M^2 \left(\frac{10}{3}\frac{\gamma}{\mathcal{G}M^{1/3}}\right) = 4\gamma M^{5/3}, ce qui conduit à :

\left.\frac{\mathrm{d}^2E_{\text{tot}}}{\mathrm{d}R^2}\right|_{R=R_{\mathrm{eq}}} = \frac{2\gamma M^{5/3}}{R_{\mathrm{eq}}^4} > 0

Il s'agit donc bien d'un minimum strict d'énergie.

Résultat

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Question 25

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : ordre de grandeur

Calculer numériquement dans le cas d'une masse égale à celle du Soleil et conclure.

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Injecter les données numériques de la masse solaire et la valeur de \gamma pour calculer le rayon R_{\mathrm{wd}} et comparer l'ordre de grandeur obtenu au rayon de la Terre.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le rayon d'équilibre obtenu à la question Q24 pour une masse égale à la masse solaire M = M_{\odot}.
  2. Mener l'application numérique sans calculatrice avec deux chiffres significatifs en exploitant les données fournies.
  3. Conclure en comparant la valeur obtenue au rayon de la Terre R_T et à celui du Soleil R_{\odot}, et en déduire l'ordre de grandeur de la compacité de l'astre.
Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q24, le rayon d'équilibre d'une naine blanche de masse M = M_{\odot} s'écrit :

R_{\mathrm{wd}} = \frac{10}{3}\frac{\gamma}{\mathcal{G} M_{\odot}^{1/3}}

Pour l'application numérique, on utilise les données de l'énoncé :

  • \gamma = 1{,}6 \cdot 10^6\text{ SI} ;
  • \mathcal{G} = 6{,}67 \cdot 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2} \simeq \frac{20}{3}\cdot 10^{-11}\text{ SI} ;
  • M_{\odot} = 1{,}99 \cdot 10^{30}\text{ kg} \simeq 2{,}0 \cdot 10^{30}\text{ kg}, d'où M_{\odot}^{1/3} \simeq 2^{1/3} \cdot 10^{10}\text{ kg}^{1/3} \simeq 1{,}26 \cdot 10^{10}\text{ kg}^{1/3} \simeq \frac{5}{4}\cdot 10^{10}\text{ kg}^{1/3} (puisque (5/4)^3 = 1{,}95 \simeq 2).

Le dénominateur vaut :

\mathcal{G} M_{\odot}^{1/3} \simeq \left(\frac{20}{3}\cdot 10^{-11}\right)\times\left(\frac{5}{4}\cdot 10^{10}\right) = \frac{25}{3}\cdot 10^{-1}\text{ SI} \simeq 0{,}83\text{ SI}

On en déduit :

R_{\mathrm{wd}} \simeq \frac{10}{3} \times \frac{1{,}6 \cdot 10^6}{\frac{25}{3}\cdot 10^{-1}} = \frac{10}{25}\times 1{,}6 \cdot 10^7 = 0{,}64 \cdot 10^7\text{ m} = 6{,}4 \cdot 10^6\text{ m}
\boxed{R_{\mathrm{wd}} \simeq 6{,}4 \cdot 10^6\text{ m} = 6{,}4 \cdot 10^3\text{ km}}

Conclusion : En comparant ce résultat aux données numériques :

R_{\mathrm{wd}} \simeq R_T = 6{,}37 \cdot 10^6\text{ m} \quad \text{et} \quad R_{\mathrm{wd}} \sim 10^{-2}\, R_{\odot}

Une naine blanche de masse comparable à celle du Soleil possède une taille de l'ordre de grandeur de celle de la Terre. Cela justifie pleinement le qualificatif de « naine » et implique une masse volumique colossale (\rho \sim 10^9\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} soit de l'ordre d'une tonne par centimètre cube), caractéristique de la matière dégénérée.

Résultat

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Question 26

Difficulté estimée 3 sur 4 : Exigeant

Notions : relation de de broglie

En estimant la vitesse des électrons dans le modèle de Fowler justifier l'argument de Chandrasekhar.

Voir l'indice

Estimer la vitesse d'agitation moyenne des électrons à partir de leur énergie cinétique individuelle e_{1,e} = \frac{1}{2}m_e v^2 et comparer le résultat à la célérité de la lumière dans le vide c.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique moyenne d'un électron à partir de l'énergie cinétique totale E_c de l'étoile et du nombre total d'électrons N = M/m_p.
  2. En déduire une estimation de la vitesse quadratique moyenne v des électrons dans le cadre non relativiste du modèle de Fowler.
  3. Comparer cette vitesse à la célérité de la lumière dans le vide c afin de juger de la pertinence de l'hypothèse non relativiste.
Voir le corrigé complet

Dans le modèle de Fowler, l'étoile contient N = M/m_p électrons, et l'énergie cinétique totale du gaz d'électrons dégénéré s'écrit de manière classique :

E_c = N \times \frac{1}{2} m_e v^2 = \frac{M}{m_p} \frac{1}{2} m_e v^2

où v représente la vitesse caractéristique (quadratique moyenne) des électrons.

À l'équilibre mécanique établi à la question Q24, la condition de minimum de l'énergie totale conduit à la relation du viriel :

E_c = \frac{3}{10}\frac{\mathcal{G}M^2}{R_{\mathrm{wd}}}

On en déduit l'expression du carré de la vitesse des électrons :

v^2 = \frac{2 E_c m_p}{M m_e} = \frac{3}{5}\frac{\mathcal{G} M m_p}{R_{\mathrm{wd}} m_e}

Effectuons l'application numérique pour une masse solaire M = M_\odot = 1{,}99\cdot 10^{30}\text{ kg} et le rayon d'équilibre obtenu à la question Q25 R_{\mathrm{wd}} \simeq 6{,}4\cdot 10^6\text{ m} :

\begin{aligned} v^2 &= \frac{3 \times 6{,}67\cdot 10^{-11}\times 1{,}99\cdot 10^{30}\times 1{,}67\cdot 10^{-27}}{5 \times 6{,}37\cdot 10^6 \times 9{,}11\cdot 10^{-31}} \\ &= \frac{6{,}65\cdot 10^{-7}}{2{,}90\cdot 10^{-23}} \simeq 2{,}3\cdot 10^{16}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}

Ce qui donne pour la vitesse des électrons :

\boxed{v \simeq 1{,}5\cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq \frac{c}{2}}

La vitesse des électrons représente environ la moitié de la célérité de la lumière dans le vide (c \simeq 3{,}0\cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}). Elle n'est donc absolument pas négligeable devant c : les effets relativistes sont prépondérants et l'approximation newtonienne \mathcal{E}_c = p^2/(2m_e) n'est plus valable.

Cela justifie pleinement l'argument de Chandrasekhar (1931), qui a montré que la prise en compte de la relation de dispersion ultra-relativiste \mathcal{E} \approx pc conduit à une modification fondamentale de l'équation d'état, introduisant une masse limite maximale pour les naines blanches (la masse de Chandrasekhar, environ 1{,}4\,M_\odot).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez la pertinence des effets relativistes par un calcul rigoureux de la vitesse plutôt qu'au jugé.

« Quelques tentatives de deviner la pertinence de la relativité restreinte sans calcul juste. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.