Voilà je suis étudiant en première année d’école (ISUP) et je vais devoir faire un choix assez important à la fin de l’année scolaire : choisir entre le parcours actuariat et le parcours data science de l’école. Cependant, j’ai vraiment l’impression de ne pas avoir toutes les cartes en main pour choisir … :?
La data science m’attirait au début de par le fait qu’on en retrouve partout, on peut bosser dans une multitude d’entreprises et de cabinets différents. L’actuariat me plaît, lui, par son côté très mathématique, prévisions, estimations et le salaire est plus élevé. Mais j’ai quelques questions :
peut-on se lancer dans l’actuariat sans forcément aimer le milieu de l’assurance ?
niveau temps de travail, ces deux métiers sont-ils équivalent ? Je me pose la question car je sais que l’actuariat peut-être assez prenant comme travail et je ne me vois mal travailler 50-60h par semaine …
le taux d’embauche est-il le même ? je sais que le taux de chômage chez les actuaires est très très bas mais en est-il de même chez les statisticiens ?
DS paie bien, et tu auras accès à une variété de métiers nettement plus grande qu’actuaire, surtout si tu es très fort techniquement.
Actuaire, par contre, c’est un choix plus « safe » à court/moyen terme. Après, je ne sais pas à quel point la profession peut devenir rapidement en danger avec une arrivée de plus d’IA (qui ne sera pas un problème de toute façon si tu restes à la page dans ton domaine).
siro n’a pas du tout dit ça, voici ce qu’il a dit exactement :
PS Bientôt (dans 10, 20 ou 30 ans ?), certains ordis seront sans doute capables de passer le TAGE-MAGE...
- deux systèmes d'intelligence artificielle battent des humains à un test de lecture et de compréhension
https://www.francetvinfo.fr/sciences/high-tech/etats-unis-deux-intelligences-artificielles-battent-des-humains-a-un-test-de-lecture-et-de-comprehension_2573085.html
Par IA j’ai compris Intelligence Artificielle mais je pense qu’il voulait plutôt faire référence aux actuaires qui ont le titre, c’est-à-dire membres de l’Institut des Actuaires … je me trompe ?
Il y a effectivement de plus en plus de gens dans les écoles d’actuariat (et de gens intéressés par ces écoles) mais je pense que le job d’actuaire devrait rester assez attractif, c’est quand même un bac+5 en mathématiques dans des domaines assez porteurs (banque, assurance, finance) !
Blague à part, on peut réellement se demander quelle place auront les intelligences artificielles dans ces professions liées à la « prise de décision ». L’enjeu est de rester « acteur », et de cantonner l’informatique à son rôle « d’outil ».
C’est d’autant plus facile pour un actuaire par exemple, s’il reste à la page dans son domaine et garde un esprit critique constructif vis-à-vis des outils informatiques.
Si vous restez pas à la page en matière d’IA, ma philosophie c’est que dans quinze ans vous êtes à la ramasse irrécupérable et dans trente vous êtes professionnellement morts.
L’assurance ne me rebute pas hein, c’est juste qu’elle ne m’attire pas énormément. Mais c’est vrai que j’y connais pas grand chose, j’essaie de me renseigner sur le milieu
C’est vrai, en revanche la transition actuaire → data scientist est plus difficile que data scientist → actuaire il me semble
Avec le nombre d’actuaires qui font en réalité de la data science (et en particulier sortant de l’ISUP), c’est assez réducteur de procéder ainsi. Ne serait-ce que parce que « data scientist », c’est en gros un nom moderne pour dire statisticien.
Je peux te faire des cours accélérés d’actuariat bien entendu, personnellement je m’y éclate mais les stats ça m’emmerde, je préférais de très loin les probas aux stats (entre une matière que j’adorais et une matière qui me laissait au plus indifférent…) quand j’étais en première année à l’ISUP (et ça n’a pas changé depuis). M’est avis qu’il vaut mieux aller en actuariat pour avoir le titre quitte à faire de la data science ensuite, mais si tu es quasi sûr que l’assurance ne t’intéresse pas, mieux vaut aller en data science sinon tu t’emmerderas bien en cours d’assurance vie (déjà que les cours à l’ISUP, sans commentaire, alors si la matière ne te plaît pas…).
Bref, en ce qui concerne tes questions :
C’est un pari et à titre personnel il s’est avéré gagnant, le monde de l’assurance peut être passionnant à condition de s’y intéresser un minimum, ce qui n’est en général pas le cas en école. En revanche en CS2 j’me faisais chier comme un rat mort
La charge de travail dépend bien entendu de ton poste, tu peux travailler énormément comme aux 35h. Bien entendu, il y a des conséquences certaines en termes de salaire et d’évolution de carrière, mais après ça se choisit… Pour ma part, je suis actuaire ALM/S2 et la charge de travail est variable : pour le bilan 31/12/2017 en ce moment je travaille environ 11h/jour mais bien des jours je suis plus que tranquille
A ce sujet ça m’interessait de savoir quels sont les taches (mathématiques et statistiques)d’un actuaire ? Plus précisément est ce qu’on utilise réellement la theorie et leurs applications vu en cours d’une formation d’actuaire, comme par exemple les stats inferentielles et descriptives, les calculs stochastiques, les serie temp, les modeles de regression etc…
Bah… Ça dépend de ton poste donc difficile d’avoir une réponse générique x)
Ce qui est important pour un actuaire, c’est avant tout d’avoir une bonne capacité d’adaptation (au sens général : mathématique, financier, comptable…) car on peut être amené à travailler sur des sujets très différents tout au long de sa carrière. Et c’est déjà pas mal étant donné la complexité de certains trucs.
Ensuite tu peux te servir de branches spécifiques de cours : un actuaire tarification va plutôt utiliser des GLM, un actuaire financier plutôt la partie maths financières par exemple. Certains actuaires utilisent une bonne palette d’outils mathématiques (en R&D ou en finance par exemple), d’autres pas vraiment (un actuaire produits vie, ou un actuaire engagements sociaux par exemple ne font pas vraiment de maths à mon sens).
Si tu veux faire beaucoup de maths, l’idéal c’est la R&D ainsi que l’actuariat financier dans une grosse boîte. Mais il faudra penser à faire évoluer ta carrière, car à 50 ans tu ne voudras sans doute pas passer ta vie à faire des maths.
Pour ma part j’utilise davantage mes cours de compta, de réassurance, de normes globales (S2/IFRS/FRENCH GAAP) et essaie de faire de la veille sur IFRS 17, sachant qu’on attend de moi que je capte très vite et que je sois capable de faire des modèles décents avec ce que j’ai sur à peu près n’importe quel produit (travaillant dans une boîte de taille moyenne (ni AXA ni la petite mutuelle départementale disons) c’est normal).
Non, c’est un modèle adapté, tout simplement. Ça peut être de la régression mais pas forcément, ça peut être un modèle basé sur des tables de mortalité/dépendance, ça peut être un modèle stochastique, ça peut être quelque chose de plus « pratique » comme un modèle simplement basé sur un Chain Ladder ou autre. Comme je ne travaille pas dans un grand groupe, je dois pouvoir contrôler tout mon périmètre (pour lequel dans un grand groupe tu prends plusieurs dizaines de personnes), et même si je m’intéresse à tout, je ne peux pas être spécialisé dans tout.
Devenir actuaire pour ne faire que des maths est un assez mauvais plan, étant donné que ce n’est pas ce qu’on attend d’un actuaire. Pour ma part, comme je suis amené à dialoguer avec beaucoup de monde (des actuaires, les responsables comptables, le directeur comptable, la trésorerie, la directrice financière, les investissements financiers…), la plus grosse difficulté consiste à parler le même langage (ou du moins à se comprendre) et à faire des modèles corrects. Je n’ai pas le temps pour la virtuosité mathématique, et même si j’aime beaucoup les maths je ne regrette pas mon choix. Dans une plus grosse boîte tu peux faire du modèle math à foison mais ce n’est pas en faisant que ça que tu peux évoluer x)
Ça peut être un bon plan pour faire pas mal de maths, mais si tu ne souhaites faire que des maths, c’est pas fou. Dans un poste d’actuaire avec pas mal de maths (R&D chez Scor ou Milliman, R&D catnat à la CCR (c’est atypique mais très sympa) par exemple, ou de l’actuariat très financier), tu pourras certes t’amuser en maths mais on attendra aussi de toi de savoir exposer, expliquer et parfois vulgariser tes résultats en te mettant au niveau de tes interlocuteurs. Et on préférera un mec qui est un peu moins bon mais qui sait expliquer ces résultats plutôt que le contraire (bon faut pas non plus que ce soit une brêle).
Autant le savoir tout de suite, tant que tu as le choix de ton orientation