Bachelor de X gratifié de licence: une 1re!

Bientôt, la généralisation du Bachelor, la coexistence duBachelor et de la Licence avant la disparition de Licence et fin du système L-M-D ? Ainsi, plus de pb de trésorerie n’est-ce pas?

<LINK_TEXT text=« https://www.legifrance.gouv.fr/affichTe … rieLien=id »>https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037301807&categorieLien=id</LINK_TEXT>

Quelqu’un peut me rappeler pourquoi c’est payant ?


De temps en temps on nous dropait des éléments de langage bien lisses du style « dégager des ressources propres » ou « s’aligner sur les grands standards internationaux ».



Ce qui est plus une justification qu’une vraie explication j’en conviens.


Pourquoi les chiens se lèchent les burnes ? Parce qu’ils le peuvent.



Pourquoi Apple vend des smartphones 1100 balles ? Parce qu’ils le peuvent.



Pourquoi l’X s’en met plein les poches avec une formation à plusieurs milliers d’euros l’année en attirant les enfants de bourge grâce à leur brandname indépendamment de la qualité de ladite formation alors qu’il en existe d’excellentes gratuites à l’université ? Parce qu’ils le peuvent.



Question suivante. :grin:

Comment faîtes vous pour réussir à repousser constamment les limites de l’indécence et du cynisme ?

C’est un don ou vous l’avez travaillé ?


Quand t’as les thunes pour payer un bachelor à je ne sais combien de milliers d’euros l’année à tes gosses alors qu’il y a d’excellentes formations à la fois en fac et en prépa, en sciences, oui c’est un choix majoritairement fait par les gens qui ont les moyens. Même en considérant populations de prépa et population du bachelor.



En outre il y a foule de petites prépas qui ne remplissent pas leurs effectifs tout en ayant un corps enseignant de grande qualité. Donc oui privilégier une formation payante plutôt qu’une gratuite, c’est un choix de riche (au sens littéral du terme).



Maintenant, l’X serait bien bête de se priver d’une rentrée d’argent supplémentaire.



Mais ça reste un choix de bourges, sur la base du brandname de l’X, alors que les alternatives de qualité existent pour bien moins cher. Y’a même pas l’excuse des écoles de commerce où les plus prestigieuses sont les privées (ou de Ginette/Stan/Lazo qui sont des prépas d’élite mais qui classent aussi très durement à l’entrée). En France on a réellement des formations exceptionnelles en sciences pour un prix très bas et BEAUCOUP de places en prépa (même vacantes) et même les petites prépas ont un taux d’encadrement excellent (voire supérieur aux grosses boîtes à concours). Choisir délibérément un bachelor c’est du caprice (ou l’envie d’une formation en trois ans, ça je peux l’entendre, on verra bien les débouchés avec le diplôme « sec »).



Et tu noteras que je n’ai pas commenté le niveau des entrants (merci de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit).



Allez, des bisous.

L’argument qu’on a nous a sorti pour la création du bachelor, c’était pour avoir une meilleure visibilité à l’international. Les étrangers ne comprennent pas le système français, et du coup préfèrent envoyer leurs enfants en post-bac dans un établissement connu type EPFL, Cambridge, etc. même si ils connaissent l’X. Et ça nuit à la réputation de l’X. Donc ils ont créé une filière post-bac pour pouvoir attirer tous les étrangers qui ne connaissent pas les prépas mais qui connaissent l’X et qui seraient aller sinon à l’EPFL.

Comme l’école n’a pas non plus un budget faramineux, la formation est payante pour compenser les coûts de scolarité. Mais comme le marché de l’éducation est concurrentiel, ils n’ont pas pu mettre n’importe quel montant, et en pratique le programme fait plus perdre d’argent à l’X qu’il n’en rapporte (en tout cas pour l’instant). Donc l’argument financier, c’est pas exactement ça.



Donc voilà la raison du bachelor, telle qu’on nous l’a présenté. Je trouve que c’est un point de vue défendable, même si il manque à mon avis une véritable réflexion sur les missions de l’École : est-ce de créer une marque reconnue à l’internationale, ou d’assurer la formation des élites scientifiques de la France ?

L’EPFL taille des croupières à l’X version post prepa en terme de reconnaissance internationale.

Donc un élève ayant les moyens financiers et intellectuels de faire l’EPFL n’ira pas se perdre dans la version cheap de Polytechnique.

Ou alors ils sont stupides, ce qui est inquiétant pour le Bachelor.

Non, la version la plus plausible est que l’X récupère de l’argent sur des deuxièmes choix, un peu comme les IPAG ou IDRAC qui se faisaient passer pour des écoles de commerces potentiellement alternatives aux écoles post-prepa.

Je ne suis pas sûr que la réputation de l’EPFL écrase celle de l’X. Ils ont l’avantage de la taille, et d’être globalement plus connu, mais je pense que la réputation des deux écoles auprès de quelqu’un qui les connaît se vaut. Et c’est pas grave si l’EPFL attire plus de monde, les promos de bachelors à l’X restent bien plus petites.

Ensuite l’X a quelques arguments à vendre : son histoire, la France et Paris. Pas mal d’étrangers veulent aller à l’X pour étudier en France. Bon, ensuite ils déchantent un peu en découvrant Paris-Saclay (et le RER B pour aller à Paris). Une grosse cible pour le bachelor est les élèves des lycées français de l’étranger. Ce sont des gens qui connaissent la France et de réputation l’X, mais pas forcément le système de prépa et ont une approche beaucoup plus mondialisée de l’éducation. La marque X fait rêver, mais pas les prépas, et plutôt que de prendre le risque préfèrent aller dans les universités renommées mondiales.



Et je pense qu’il ne faut pas surestimer l’intérêt financier du programme pour l’École. Certes ça lui permet de développer des ressources propres, mais 10 000 € par an, ça ne suffit pas à couvrir tous les frais de scolarité, sans compter qu’il y a de nombreuses aides et réductions (au point de se demander de l’intérêt de demander un tel montant).

Et Joel Robuchon se mit à donner son nom à des conserves…

Et certains qui achetaient ces conserves pensaient manger du Robuchon…

Un Reportage intéressant et récent d’Arte en lien avec le sujet —> https://www.youtube.com/watch?v=Hpi9okVEaF4



Résumé :

Etudiants, l’avenir à crédit



Sous l’effet de la compétition internationale, les universités se transforment en de gigantesques entreprises. Une enquête aussi éclairante qu’inquiétante sur un phénomène émergent en Europe.



Compétitivité, marketing ou retour sur investissement sont des termes qui circulent désormais dans les couloirs feutrés des grandes universités. De Shanghai à New York en passant par Paris et Berlin, la transmission des connaissances devient une marchandise, dans le sillage de « l’économie du savoir », une doctrine érigée à la fin des années 1990 par les instances financières internationales – OCDE et Banque mondiale en tête. L’enseignement supérieur, reconnu comme un moteur de productivité et de croissance économique, doit se mettre au service du développement des pays. Victimes de ce nouveau système, les étudiants sont contraints d’investir pour apprendre. Ils s’acquittent de frais d’inscription de plus en plus élevés, et s’appauvrissent avant même d’entrer dans la vie active. Aux États-Unis, la dette étudiante a dépassé le coût du logement et de la santé, menaçant l’économie nationale. Les jeunes Européens suivront-ils la même voie ?Si certains pays d’Europe du Nord résistent à cette commercialisation du savoir, considérant l’éducation comme un acquis social, d’autres s’inspirent de plus en plus du modèle anglo-saxon. En France, les établissements les plus prestigieux, comme Sciences-Po et Paris-Dauphine, se sont déjà engagés sur le chemin du payant.



À bout de souffle

Étayé par des chiffres effarants, ce documentaire fouillé dresse un état des lieux de la mutation des universités du monde entier. Des États-Unis jusqu’à la Chine, nouvel eldorado de l’enseignement supérieur mondial, le réalisateur pointe les dérives de la marchandisation du savoir en partant à la rencontre d’étudiants étouffés par leurs crédits et terrifiés par l’avenir.



Un article en lien avec ce reportage → <LINK_TEXT text=« https://www.telerama.fr/television/etud … 157750.php »>https://www.telerama.fr/television/etudiants-l-avenir-a-credit-ou-comment-la-fac-passe-a-l-ecole-du-liberalisme,157750.php</LINK_TEXT>



Je cite :



« Il s’agit désormais de recruter les étudiants les plus fortunés, mais aussi les plus doués, aptes à faire briller l’établissement à coups de publications et à le faire grimper dans les ­classements, pour majorer encore le ticket d’entrée. Et plus grand monde ne fronce les sourcils lorsque l’enthousiaste président de l’université Paris-­Saclay — dix-huit établissements d’ensei­gnement supérieur (Polytechnique, HEC, Ecole normale supérieure…) et de recherche (Inra, CNRS…) regroupés en Ile-de-France — tient ce langage : « Il faut inventer un modèle qui nous permette de challenger les universités de Tokyo, de Ber­keley, de Copenhague. […] Nous devons mieux faire connaître notre marque. »



Bien sûr, il y a des résistances. Attachés à la gratuité, l’Allemagne, la Suède, le Danemark continuent mordicus de promouvoir une université au service de l’étudiant, et non de l’économie. Qui forme des hommes et des femmes ­capables de (re)penser notre monde pour l’améliorer, et non d’en être les rouages. La France, elle, n’a pas encore franchement basculé du côté anglo-saxon, assure Jean-Robert Viallet, mais ça ne saurait tarder. « Nous pensons être protégés parce que la fac est gratuite. Mais voyez Sciences Po et l’université ­Paris-Dauphine, ils imposent déjà des frais d’inscription. J’ai peu d’espoir que la France tienne longtemps le coup… » »

Quel merveilleux pays que la France, dont certaines élites ont pu accéder au sommet grâce à des études gratuites, et qui referment la porte derrière eux en rendant les études payantes.

La France a déjà décapité un roi, qu’ils se méfient, des têtes pourraient de nouveau rouler.

Flemme de citer pour repondre point par point. Mais ya quelques elements que vous oubliez.

  • Les bachelors ne se font que rarement en trois ans, ce qui a servi d’argument pour s’integrer au systeme LMD.
  • Les rapports financiers de l’ecole montrent clairement de gros deficits dans plusieurs domaines.

    Donc, tous les X>2015 qui ne font pas 1 an de service dans les 5 ans apres, et 10 ans dans les 20 ans apres, payent 31000 euros. (ou plus, ou moins, degressif selon le nombre d’annees effectuees),

    Donc, appel aux dons, naming de petites classes, de batiments..

    Donc, bachelor a un tarif concurrentiel devant une formation UK/US/Chine de niveau equivalent. Pour lequel on rappel qu’il faut payer des profs, construire des salles et des logements, et financer un BDE pour les enfants. Vu le nombre d’eleves actuels, les 5 prochaines promotions seules ne suffiront pas a payer les depenses engendrees par la formation elle meme. Comme ca a ete souligne par Ytterbium.

    (je ne donne pas mon avis, je redis ce qui est ecrit dans les rapports officiels, et les arretes de creation de la formation)



    Il est difficile (surtout pour les X qui les cotoient vite fait) de juger du niveau global des bachelors qui ont ete recrutes, mais les 30% qu’on voit sont clairement tres bons. Sous-entendu, ne sont pas >que< riches.


Euh. D’accord. A ce moment la, on les loge pas, et on leur fait cours dans les jardins. Qui paye ? T’es suffisament grand pour savoir que si ce genre de propos marchait tres bien en 1820, avec 70 eleves et deux professeurs, qu’on remunerait en les nourissant, c’est plus difficile aujourd’hui, avec beaucoup plus d’eleves, et des professeurs qui, s’ils ont un tres haut niveau, (ce pourquoi ils sont la) demande a toucher des petites fortunes.

L’etat donne deja assez pour les « elites qui ont des etudes gratuites ».

La magie, c’est mignon, mais comme la decapitation, ca ne marche pas trop aujourd’hui. Au meme titre que les topics de scientifiques en finance se multiplient, on forme plus des scientifiques sans pognon.

Plus important que qui y va et combien ca coute il faudrait regarder ce qui y est enseigne et au vu du syllabus c’est a mes yeux un programme mieux concu que celui des prepa. Plus d’info et une petite dose d’economie bien plus allechante pour les scientifiques que les considerations sur l’amour et autres billevesees. Je comprends tout a fait que certains soient interesses.

<LINK_TEXT text=« https://gargantua.polytechnique.fr/siat … CYYYT)krY6 »>https://gargantua.polytechnique.fr/siatel-web/linkto/mICYYYT)krY6</LINK_TEXT>

Bien sûr, ça doit être une formation diplomante après tout. C’est pas en prépa qu’on acquiert des compétences :laughing:

Mon propos ne vise pas une école, que ce soit l’X ou une autre, en particulier.

Il s’inscrit dans un cadre plus général qui tend de facto à exclure des cursus d’excellence les élèves les plus défavorisés au bénéfice des plus fortunés.

Je n’ai pas envie de voir se développer en France un système éducatif payant au seul bénéfice de quelques stars de l’enseignement.

Mais je comprends la logique mercantile de ce système qui permet à terme de figer les positions et permet aux gens « de qualité » de perpétuer la consanguinité de l’entre-soi.

Il se trouve juste que ce ne sont pas mes valeurs, je crois au contrat social français, et à la capacité que peut avoir le peuple (quel mot dégueulasse) à se rebeller contre les tentatives d’asservissement, qu’il soit intellectuel ou non.

Certains ont tort de penser que les choses passeront facilement, si l’histoire ne se répète pas, parfois, elle bégaye…

Je partage entièrement ton point de vue.



Autre souci : Je comprends que les CPGE demandent une étude de dossier (quoique je crois qu’avec un 12 on peut aller dans des petites prépas).



A l’Université il se développe de plus en plus de filières sélectives sur le modèle des CPGE (Bi-Licence/double licence…) et elles demandent l’étude d’un dossier.



Autant pour ces parcours je comprends l’utilité du dossier par contre j’estime que c’est important que pour les Licences simples qu’on garde comme seul critère d’entrée à l’Université Le baccalauréat.



Ce qui est bien je trouve ce sont les Licences qui sont pour tout le monde au S1 et qui deviennent sélectives au S2 ou au S3.



Nous avons la Chance en France que l’Etat se charge de la plus grosse partie des frais d’inscriptions à l’Université et qu’on ne paye presque rien ( les Boursiers encore moins), de même que les CPGE soient gratuites. D’ailleurs il y a 30% de boursiers en CPGE ( ça a augmenté peut-être).



On a quand même une excellente qualité d’enseignement, que ce soit en CPGE où à l’Université.



Il faut aussi rappeler qu’on n’étudie pas seulement à l’Université pour travailler ensuite mais aussi pour la beauté des connaissance et pour apprendre, se cultiver…



Même si depuis des années on a progressivement dévalorisé et presque exterminé la filière littéraire au Lycée, elle est heureusement présente en Force dans les CPGE et dans les Universités.



C’est d’ailleurs scandaleux que les formations à l’Universités en Sciences Humaines et sociales ne soient pas prises en compte dans le classement de Shanghai.



Il n’y a pas que des Universités Scientifiques mais aussi des Littéraires. Elles n’ont pas toutes fusionné.



Je suis quand même assez optimiste, je ne pense pas qu’en France (en 2018) ils vont modifier les critères d’entrée à l’Université ou les prix de ces formations. De toute façon en démocratie aucune décision n’est prise comme ça par le Président. On pourra toujours montrer notre désaccord (pacifiquement. )



"« On avait parfaitement compris, longtemps avant Georges Orwell, qu’il fallait réprimer la mémoire. Et pas seulement la mémoire, mais aussi la conscience de ce qui se passe sous nos yeux, car, si la population comprend ce qu’on est en train de faire en son nom, il est probable qu’elle ne le permettra pas »



« L’éducation ne consiste pas à remplir un contenant mais, bien plutôt, à accompagner l’éclosion d’une plante (en d’autres termes, à préparer le terrain où fleurira la créativité). »



De belles phrases de Noam Chomksy…


Si c’était le but, les cursus à l’université française ne devraient pas être aussi monodisciplinaires. En ce qui concerne la construction du cursus (évidemment pas en ce qui concerne le montant des droits d’inscription) les universités anglo saxonnes se rapprochent beaucoup plus de cet idéal. Avec leur système de majeur, mineur et la possibilité de suivre des cours optionnels. Un étudiant en maths dans une université française ne pourra pas suivre et faire valider dans sa licence un cours d’histoire sur la russie médiévale, ou un cours sur la littérature portugaise du 19e siècle.

Nathan22 au nom de l’Académie Française, je te remets le grand prix du Présent de Vérité générale.

Elles sont généralistes en Sciences (En Chimie on a des maths, de la Physique, de la Biologie…) même si elles sont mono-disciplinaires.



Oui ce système de majeur/Mineur est un idéal.



Non un étudiant français ne peut pas faire ça. Par contre on peut s’inscrire dans 2 universités différentes (l’une scientifique, l’autre littéraire).



On peut faire une autre Licence à distance et prendre son temps.



On peut suivre des cours à l’Université en Auditeur Libre…



Il y a des cours du soir en Langue et dans d’autres domaines dans plein d’Universités…