Brave Garçon

Ah celui là c’est un cas … je le subis régulièrement dans un autre cadre (pas difficile à imaginer vu ses passions récentes), et le connaître de près est assez amusant car sans avoir un doctorat de psychologie, ça permet assez vite de se faire une idée sur les excès auxquels peuvent mener l’alliance d’un moi hypertrophié et d’une frustration non moins significative.

Amusant de voir comment il prétend de temps à autres (dans le titre) relever les mérites de tel ou tel système alors qu’en fait il se contente en réalité de critiquer les défauts de celui qui le contre, ou de s’autoproclamer découvreur génial d’un truc qui s’est fait sans lui et qui continue à ne pas faire appel à lui malgré le léchage auquel il s’adonne.

Or donc, ce brave homme, qui bien que docteur en histoire et d’un certain âge n’est toujours que maître de conf et pas professeur (mais il est vrai que l’aggrég est un concours, et que restent maître de conf ceux qui ne tentent pas l’aggrég, ceux qui la ratent et ceux qui sont contre les concours, posture aussi possible a posteriori), mais n’en a pas moins confortablement mangé à la gamelle de l’X pendant 18 ans

Le voilà donc qui déverse sa frustration sur les concours et les G.E.. Mais que ne reste-t-il pas dans un domaine qu’il semble bien connaître et maîtriser, qui est le cinéma. Pas celui qu’il fait dès qu’il aperçoit un micro ou une caméra mais celui qu’il enseigne à la Sorbonne. Il a en plus réalisé un démontage assez intéressant du pipotage relatif qu’était le Cauchemar de Darwin - même s’il a été in fine condamné car ses excès ont joué contre lui - il avait tout de même pas mal démonté le montage. Certes, c’est plus facile pour lui de démonter un film que d’en réaliser un, vu que son ego le conduirait à être au minimum acteur principal + premier second rôle + réalisateur + chef op + monteur .. et que son succès ne lui permettrait pas d’être producteur .. et qu il n’a pas le talent d’Alec Guiness pour faire un remake de Noblesse Oblige.

Bref .. qu’on lui coupe ses cédilles ..

leplus.nouvelobs.com/contributio … caise.html

LE PLUS. « Supprimer les concours ? Ce serait absurde ! » C’est ce qu’a déclaré Bernard Ramanantsoa, ex-directeur général de HEC, dans un supplément du « Monde » sur les Grandes écoles paru le 28 janvier. François Garçon, maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, n’est pas de cet avis.

Édité par Rozenn Le Carboulec

Des étudiants de l’école Polytechnique à Palaiseau, le 17 octobre 2009 (F.GUILLOT/AFP).

On ne change pas une formule gagnante ! Cette injonction ne prête pas à discussion, sauf à courir après la défaite. En matière d’enseignement supérieur, les formules françaises déclarées gagnantes sont au nombre de trois, qui s’enchâssent : les fameuses « grandes écoles », cependant largement ignorées du monde entier dans les classements internationaux. Les classes préparatoires, intraduisibles dans aucune langue tant elles recouvrent une éducation bizarre qui pré-sélectionne les meilleurs lycéens, puis les gave de cours et de colles comme le font avec leurs volatiles les éleveurs d’oies dans le Périgord. Après deux ans de ce traitement opéré dans l’enceinte des lycées, ces jeunes se lancent à l’assaut des concours.

Les concours sont la troisième formule gagnante. Ils ont été inventés, nous dit-on, par Vauban en 1697 pour recruter ses ingénieurs [1]. Ceux qui y excellent seraient tout simplement plus intelligents que ceux qui échouent. Les intéressés le croient dur comme fer et, le plus comique, c’est que leurs parents en sont pareillement persuadés.

Les professeurs, dans ce parcours parallèle se déroulant en lycée, eux, corrigent beaucoup de copies, ne publient rien, régurgitent ce que les universitaires dans leurs facultés ont cherché et publié et, pas fous, comptent leurs sous. Avec leurs colles, ces professeurs qui ne publient rien (dans le monde entier, les professeurs au niveau tertiaire cherchent et publient. Ils sont même payés pour ça, et enseignent évidemment), gagnent généralement plus qu’un professeur d’université en fin de carrière qui, lui, publie, fait de la recherche, anime un laboratoire, organise des colloques, relit les travaux de ses pairs, prépare la relève. Cherchez l’erreur.

Quelque chose de pourri au royaume de l’enseignement

Depuis plusieurs années, nombre de responsables ont compris que cet enseignement supérieur français était en faillite. Quand l’école Polytechnique qui compte au plan international est celle de Zurich ou celle de Lausanne, quand tous les classements internationaux ringardisent les universités françaises, quand les chercheurs français renommés au plan international sont en poste à l’étranger ou bien y sont partis faire leur thèse, on conviendra qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de l’enseignement supérieur français.

Voilà deux ans, sur le Plus, je signalais un phénomène alarmant : parmi les meilleurs lycéens, certains zappaient désormais la case CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles). Dûment informés de la médiocrité de ce qui les attendait au terme de deux années de bachotage, à savoir intégrer une « grande école » démonétisée dans les billboards internationaux, leur bac en poche, ces jeunes bifurquaient directement vers une université étrangère de renommée mondiale, style Oxford, MIT ou Zurich. L’information a fini par remonter au cerveau du directeur de l’école polytechnique de Palaiseau et, dans son dernier rapport remis en juin 2015, Bernard Attali sonne le tocsin à ce propos.

Les concours consacrent le degré de conformisme au système

Et puis, il y a les concours, une autre particularité française. Ils sont, nous dit-on, la meilleure garantie de démocratisation pour l’accès aux plus hautes fonctions du pays même si, simultanément, les études prouvent que jamais ces postes n’ont été autant trustés par les rejetons de ceux ayant réussi ces concours, 20 ans plus tôt. On en déduira que l’intelligence des concours est héréditaire, ou bien que ces concours ne consacrent pas l’intelligence des impétrants mais leur degré de conformisme à la machine scolaire française. Les partisans des concours ne sont pas à bout d’arguments.

« Supprimer les concours ? Ce serait absurde ! », déclare ainsi Bernard Ramanantsoa, ex-directeur de HEC. Dans un article publié récemment dans « Le Monde » [2], il plaide pour les concours, citant en exemple la Chine, l’Inde ou le Japon, trois pays, nous dit-il, adeptes des concours. Malheureuse plaidoirie : ces trois pays ne brillent en effet pas par la qualité de leur enseignement supérieur. Les nomenklaturistes chinois le savent mieux que quiconque : ils expédient leurs enfants à Harvard ou à Stanford. Même attitude chez les bourgeois indiens dont les enfants fréquentent assidûment, en Angleterre, les établissements du Russell Group, quand ils parviennent à y accéder.

Oui, mais comment font alors ces pays dotés d’un enseignement supérieur vers lequel se ruent les étudiants du monde entier et qui ne pratiquent pas le concours ? Écoutons Ramanantsoa :

« Là où il n’existe pas de concours aussi difficiles, c’est le travail assidu, pendant plusieurs années (…) qui fait office de sélection. »

Ramanantsoa entendait plaider pour l’excellence associé aux concours, il vient d’en dévoiler le secret : il force à beaucoup s’investir pour réussir le saut d’obstacles puis, une fois le concours passé, pas de « travail assidu » mais une longue sieste généralement de trois ans au Club Méditerranée.

Éloge involontaire du dilettantisme par l’ancien patron de HEC qui associe avec l’excellence l’exact contraire de ce que doit être une formation intellectuelle entre 19 et 24 ans, à savoir une exploration intellectuelle sans limite, exigeante, avec élimination naturelle, au fil des cinq ans d’études, de ceux qui se trouvaient là parce que poussés par papa et maman.

La compétition n’a aucun sens dans l’enseignement supérieur

Chargé de conférences à l’X pendant vingt ans dans le département Humanités Sciences Sociales, j’ai souvenance d’une circulaire dans les années 1990 nous demandant, à mes collègues et à moi-même, de mettre un point aux étudiants venus à chacun de nos cours. Le semestre s’étendant sur 13 semaines, l’étudiant qui rendait une copie blanche ou l’équivalent, pouvait négliger voire saboter son examen terminal avec la garantie d’un 13 sur 20. Sans commentaires.

La compétition frontale, un jour donné et à une heure précise, a son sens dans le cyclisme ou l’athlétisme. Elle n’en a aucun dans l’enseignement supérieur. Elle réintroduit un enjeu scolaire qui n’a pas sa place. Les études supérieures doivent être dures, sélectives au long d’un apprentissage programmé aujourd’hui sur cinq années, ouvertes sur un grand nombre de facultés et, pour ceux qui en sentent la motivation, se poursuit sur une thèse qui devrait toujours être financée.

Concours, classes préparatoires, grandes écoles, classement de sortie sont des scories d’un ordre ancien, périmé, nocif. La France est entre les mains de cette engeance arrogante. Tous et toutes sont sortis de cette colonne de distillation où la bande tournante combine CPGE, concours, classement de sortie, « grandes écoles ». De l’Élysée à Areva, on voit le résultat. Et si on essayait autre chose ? Qu’a-t-on vraiment à perdre ?

[1] « Les concours se renouvellent », « Le Monde », 28 janvier 2016.
[2] « Supprimer les concours ? Ce serait absurde ! », « Le Monde », 28 janvier 2016.

François Garçon a écrit:

Parmi les meilleurs lycéens, certains zappaient désormais la case CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles). Dûment informés de la médiocrité de ce qui les attendait au terme de deux années de bachotage, à savoir intégrer une « grande école » démonétisée dans les billboards internationaux, leur bac en poche, ces jeunes bifurquaient directement vers une université étrangère de renommée mondiale, style Oxford, MIT ou Zurich.
Les étudiants dans ce cas que j’ai croisés dans ce cas m’ont surtout expliqué qu’ils n’avaient pas le courage de faire une prépa.

Oui et du coup ceux qui n’ont pas le courage de faire une prépa et ne sont pas dans les meilleurs qui peuvent intégrer une université étrangère de renommée mondiale .. sont condamnés à aller subir Graçon à la Sorbonne :wink:

Diogene va sûrement rappliquer ici.

Sinon je pense que c’est pas compliqué de savoir pourquoi les étudiants étrangers ne viennent pas en France après leur Bac : les bonnes écoles en France sont pas « pay to win ».

Vi .. remarque que n a déjà les plumes .. s’il rapplique .. il suffira de lui piquer .. son tonneau et de récupérer le goudron au fond

J’espère pour Rozenn Le Carboulec et François Garçon que chacun d’eux deux fut hier à Paris-Dauphine :
education.newstank.fr/fr/thinkeducation/

ça leur permettrait de faire une mise à jour de leur logiciel…
Sinon, leur absence à ce genre de conf serait un ingrédient de leur propre faillite…

L’ignorant médiocrate dans toute sa splendeur.

abouMPSI a écrit:

J’espère pour Rozenn Le Carboulec et François Garçon que chacun d’eux deux fut hier à Paris-Dauphine :
education.newstank.fr/fr/thinkeducation/

ça leur permettrait de faire une mise à jour de leur logiciel…
Sinon, leur absence à ce genre de conf serait un ingrédient de leur propre faillite…
Dauphine, un truc sélectif ET économique … vade retro .. :slight_smile:

La fin de la journée - avant une conclusion de la DGESIP - fut en effet assez sataniste …
du genre : « bon dieu, mais donnez-nous le droit de sélectionner en licence L1 et de réorienter les pingouins vers d’autres débouchés ».

education.newstank.fr/fr/thinkeducation/program/

Ce qu’il raconte n’est pas non plus totalement absurde
Cf le (très long) mp que je t’avais envoyé récemment

réorienter les pingouins vers d’autres débouchés ? Les bouchés vers d’autres boucheries ? les déchets vers d’autres sagouins ? La question est quel est le débouché pour un pingouin ?

de quoi occuper Stiegler * durant de nombreuses années, même une fois qu’il sera passé Prof. emeritus … :slight_smile:

  • pour les visiteurs de passage, je précise que c’était en écho à la préoccupation de Jay sur le salaire rikiki des ingénieurs une fois l’économie mondiale ubérisée …

De quoi faire un bon sujet de philosophie pour le baccalauréat :

« quelle est la place de l’homme dans le monde de l’innovation technologique ? »
(ou : « bientôt, l’homme ingénieur sera-t-il assez sorti de l’Histoire ? »)

Bernard Ramanantsoa parlant du Club Méditerranée , it’s so 1970s ! :slight_smile:
c’était bien, les Seventies, Bowie, etc…

Z’avez pas connu ?

Des gens qui peuvent témoigner sur ce qui a été dit hier ?

Par exemple : qu’il faudrait une HDE - Habilitation à Diriger les Enseignements (comme son nom l’indique) - en plus de la HDR … Et après, les profs d’université pourraient faire carrière et salaire qui va avec rien qu’avec des cours.

Sea, Jouy and Sun ..

corderaide a écrit:

Les professeurs, dans ce parcours parallèle se déroulant en lycée, eux, corrigent beaucoup de copies, ne publient rien, régurgitent ce que les universitaires dans leurs facultés ont cherché et publié et, pas fous, comptent leurs sous. Avec leurs colles, ces professeurs qui ne publient rien (dans le monde entier, les professeurs au niveau tertiaire cherchent et publient. Ils sont même payés pour ça, et enseignent évidemment), gagnent généralement plus qu’un professeur d’université en fin de carrière qui, lui, publie, fait de la recherche, anime un laboratoire, organise des colloques, relit les travaux de ses pairs, prépare la relève. Cherchez l’erreur.

Quelque chose de pourri au royaume de l’enseignement

Depuis plusieurs années, nombre de responsables ont compris que cet enseignement supérieur français était en faillite. Quand l’école Polytechnique qui compte au plan international est celle de Zurich ou celle de Lausanne, quand tous les classements internationaux ringardisent les universités françaises, quand les chercheurs français renommés au plan international sont en poste à l’étranger ou bien y sont partis faire leur thèse, on conviendra qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de l’enseignement supérieur français.
Non, pitié… faut vraiment qu’il arrête… oui il y a besoin d’enseigner à plein temps, et en licence pas besoin d’être au top niveau dans tous les domaines pour donner une formation correcte.
Si ça permettait aux élèves en licence de maths/physique d’avoir de bonnes bases, ça serait bien… parce que là c’est vraiment navrant.
Tout à fait. Ce passage le décrédibilise complètement.
J’aime bien le prof d’université qui « prépare la relève ». J’imagine qu’il parle de l’encadrement des thésards? Qui c’est qui lui prépare des thésards fonctionnels? C’est la prépa.
Dans mon labo, les doctorants n’ayant pas fait prépa sont minoritaires (pour les français).

C’est marrant quand même, si on prend un parcours classique prépa + école avec spécialisation en troisième année :

  • En deux ans de prépa on fait le travail qu’on devrait faire en trois.
  • En deux ans d’école on fait le travail qu’on devrait faire en une
  • En un an de spécialisation on fait le travail qu’on devrait faire en un. Souci, il faut caser un stage de fin d’études. Donc les solutions s’échelonnent entre faire le travail d’un an en six mois sans rallonger et faire le travail d’un an en un an en rallongeant de six mois les études.
    Mon école opte pour une position intermédiaire sur ce dernier point.

Joli

On peut quand même envisager des études supérieures et des parcours professionnels de haut niveau autrement qu’en passant pas une prépa, la preuve ça existe ailleurs.
Il faut arrêter de croire que nous sommes les meilleurs et que nous détenons la vérité.