Au sujet de l’écart de feuille de paie entre commerciaux et ingés (une question que j’avais pas mal approfondie à l’époque où je songeais me réorienter en filière ECS):
En pratique les débouchés des écoles d’ingés sont plus nombreux que ceux des ESC de groupe équivalent (pour rappel en ESC groupe A = 3PA, groupe B = top10, groupe C = le reste) et englobent quasiment ces derniers, sans même parler de formation complémentaire.
MAIS
Les commerciaux s’orientent beaucoup plus vers les segments rémunérateurs (finance/conseil), résultat de 5 ans de macération dans un milieu survalorisant le capital économique par rapport au capital culturel… et d’un prêt étudiant de €50k à rembourser, restons pragmatiques
À prestige égal, les écoles de commerce sont beaucoup plus faciles d’accès
Je pense aussi que le problème des écoles de commerce, c’est leur manque de spécialisation. Si toutes les écoles d’ingènieur étaient généralistes il y aurait le même problème.
J’ai toujours été surpris de voir comme il était facile de rentrer à l’EDHEC par voie scientifique. Et pour les plus petites écoles de commerce j’ai l’impression que c’est juste un business. Des camarades de khâgnes me disaient que les nouvelles places promises en école de commerce pour leur filière était juste la possibilité d’acheter (à haut prix) un diplôme.
Pour les gens avec un profil équilibré tout à fait d’accord, mais je pense qu’on a également tous en tête l’exemple d’un collègue de prépa qui n’aurait jamais passé les entretiens , aussi bon soit-il en maths/phy.
Pas grand chose en particulier, je pensais par exemple à un supélec très antipathique, très lourd et prétentieux (le type est revenu voir les 5/2 pendant mines ponts pour nous expliquer qu’il avait explosé Mines Ponts aux écrits mais qu’il s’était fait volé aux oraux mais qu’il était à Supélec et qu’il trouvait des stages hyper facilement parce que « bah c’est Supélec quoi »). Je pense qu’à un entretien l’examinateur essaierait juste d’écourter au maximum en se demandant sur qui il était tombé
Et je pense aussi à un de mes meilleurs amis ex-Télécom Paristech, qui était vraiment l’image du génie, un mec absolument pas matérialiste, un peu dans la Lune. D’ailleurs il a commencé à s’intéresser à l’ISMIN en début de spé, et on lui a expliqué qu’il avait quand même le niveau pour plus prestigieux. Après son admissibilité à Centrale Paris il voulait Supélec et il a été très soulagé de finalement aller à Télécom quand il a vu que la personne citée plus tôt y allait. En maths parfois il passait 5 min à me raconter le rêve insensé qu’il avait fait la nuit, et j’adorais l’écouter. Il a passé sa sup à faire des dessins comiques sur son agenda (il a bossé en spé quand même). Il a signé un CDI dans une start up d’IA à Paris et il m’a dit en rigolant « je reste à Paris, je vais peut-être devenir snob et pressé ». Juste imaginer un manager lui demander ses projets, lui parler d’argent, le voir en école de commerce, pour moi ça a autant de cohérence que de voir Son Goku débouler dans un épisode de Kaamelott.
J’ai entendu parlé d’un élève de PT ( classé environ 650ème aux Arts cette année ) qui a été admis à l’EDHEC à Lille…je ne sais pas combien il y avait de places pour les PT mais très peu je suppose.
Si les plaquettes des écoles n’enjolivaient pas tant la situation de leurs diplômés, sans doute certains seraient moins surpris de leurs premières offres d’emploi
Pas mieux. Des ex-ESC top niveau qui finissent par des postes médiocres, ça existe, tout aussi sûrement qu’un mauvais pisseur de code sortant d’une A+ qui part en SSII.
Les carrières pourries, ça touche tout le monde, c’est juste que plus le diplôme est prestigieux plus la population y est peu sujette.
Les graduate program sont une chose… mais dans ce cas tu dis pas « l’ESSEC qui a fini chef de rayon », tu dis « le JD qui fait son graduate program (à prononcer avec un bon accent américain, avec un clin d’oeil) pour finir dans le top managment ».