Warning : Je vais faire une réponse courte et remplie de positivité et d’optimisme chaleureux.
loracanta, post:3, topic:132976 a écrit:
, je suis passionné par le manufacturing, je voudrais bosser sur des produits industriels ou je pourrais utiliser mes competences techniques ( éoliennes chez Siemens, Gros transformateur chez GE, moteur d’avions etc), mais pas sur des thématiques techniques ou je dois dimensionner les pieces ( ce dont j’ai horreur) mais plutôt business (aspects eco et financier, gestion de projet, etc).
loracanta, post:3, topic:132976 a écrit:
J’imagine répondre a des appels d’offres, calculer le rendement économique du projet, discuter avec le client, et ensuite discuter avec la prod pour répondre a la demande du client. Afin de gagner le contrat.Puis a la fin livrer par exemple le produit ( transformateur GE par exemple) en gérant la prod, La supply chain, les finances tout en ayant fait du profit pour ma boite.
Quand t’es justement dans la technique, dans l’architecture système, la conception, les bureaux d’études, etc. tu détestes rien de plus dans la boîte qu’un KAM (commercial) qui connaît rien à tout le travail qui tourne autour du produit, par exemple l’éolienne que tu cites, mais qui se permet de répondre à des appels d’offres, ou de livrer, ou de gagner un contrat.
Selon les domaines, c’est encore pire. C’est la technique, l’unité système / architecture qui répond aux appels d’offres, pour éviter justement qu’un commercial couillon décide que l’éolienne aura des panneaux solaires dessus pour doubler son rendement, parce que ça fera un super coup de pub et rapporter plein de sous, alors que ça va alourdir les pales et rendre la construction impossible, faire dépenser des milliers d’heures en conception pour corriger tout ça (c’est pas un vrai exemple, mais c’est pour illustrer).
Si t’es pas capable de dimmensionner les pièces, tu peux pas répondre à une appel d’offre. (je sais, c’est très open-minded comme opinion.)
Il y a plein d’exemples très célèbres dans le monde de l’archi, je vais t’en donner deux que j’aime bien.
Ya un avion US F/A-18 qui marche super. Date de production 1978. 3000 heures de vol, sortie moyenne 90 min, poussée 7.5g, basé sur un porte-avions.
Ya la Suisse qui veut pour une mission un avion 5000 heures, 40 minute sortie, 9.0g poussée, basé au sol.
Ya un haut commercial US qui dit « pas de problème, on va faire quelques retouches et vous le vendre, ça collera. Ya juste à changer l’armature Alu->Titane ». (c’est une histoire vraie…)
En changeant le matériau, il a fallu changer les procédés de manuf, le centre de gravité, l’avion se courbe, le fuselage a bougé, tout le software de contrôle a du changer, le poids de décollage a changé, la longueur piste était pas compatible. Bref, 6 ans de retard et je sais pas combien de sous perdus.
Si ça t’intéresse, regarde aussi l’histoire du métro de Calcutta et la chaleur.
Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, dans certains domaines, pour être un bon KAM, faut avoir fait 15 ans de technique.
Le seul type assez bon pour répondre à des appels d’offres, il a travaillé sur les produits de la boîte, puis conçu un ou deux d’entre eux, et enfin, il peut passer dans le pôle innovation / offres / commercial.
Pas « un peu d’expérience ». Expérience + ancienneté + familiarité produit.
Parce que le VRP qui sillonne les routes de campagne pour vendre un produit sans le connaître, ça marchait au siècle dernier, mais aujourd’hui…
Pareil, dans un gros projet, le gars qui discute avec le client en premier, c’est (après le CP) un responsable technique. Ou un responsable qualité une fois le produit livré.
Dans les deux cas, faut avoir un gros bagage technique.
Le rendement économique du projet, dans 90% des cas, c’est facile.
Taux horaire des gens du projet x nombre de gens versus jalons de facturation.
C’est tellement facile qu’il y a des fichiers tous prêt pour le faire dans toutes les boîtes, et c’est souvent les chefs de projets eux-mêmes qui le font pour allouer des heures métiers aux bons endroits et lever des risques.
Encore une fois pour te reciter,
« la personne qui discute avec le client et qui discute avec la prod pour répondre à la demande d’un client », ça s’appelle un « architecte système ». (au vrai sens du terme, pas au sens informatique)
C’est un ex-expert technique qui est devenu le ciment d’une équipe, parce qu’il connaît tous les métiers et peut s’interfacer entre eux. Donc >15 ans XP. Pas un jeune embauché !
Supply chain, en toute honnêteté, je sais pas c’qu’ils font.
Tu as aussi la qualité, comme domaine.
Tu commencerais par faire du V&V (vérification & validation) puis tu auras suffisament l’habitude pour designer ces tests, puis tu pourras gérer l’après-vente. « Mon éolienne est cassée ». « Elle a pourtant passé le test AZ1498 de conformité des pales, je transmet votre demande au service conception méca ».
Je pense aussi que
- tu as le temps, tu vas découvrir que le monde est vaste, tout comme les métiers sont vastes, petit à petit.
- tu auras pas mal de vrais conseillers d’orientation en école, à défaut d’un Jean-Michel comme moi sur un forum, qui pourront t’aiguiller précisément vers des métiers compatibles avec tes aspirations et tes qualifications,
- le gros problème dans les métiers que tu cites, c’est qu’il faut de l’expérience, certes, mais surtout de l’ancienneté. Pour vendre un produit à un client, il faut le connaître sur le bout des doigts, jusqu’à ses plus petites caractéristiques techniques, pour pas passer pour une chèvre lors d’une question. (certaines boîtes se font exploser en deux par l’ESA lors de ces revues, parce qu’ils sont 100 ingés dans la boîte, et que l’ESA décide sur un claquement de doigt de lever 300 personnes pour faire la review.)
- Comme tu as besoin d’ancienneté, il faut que tu trouves des valeurs qui te sont essentielles. Je pense que pas mal de conseillers d’orientation disent ça aussi.
A partir de la carto de tes valeurs, de ce que tu veux faire, toussa, tu vas commencer à trouver par élimination des branches qui te conviennent plus que d’autres.
Et chaque branche se dédouble encore et encore !