Bonjour à tous.
Actuellement en 1ere année de prépa scientifique, je sollicite votre aide sur le point méthode évoqué dans le titre.
En effet, je me suis rendu compte que mes « repères » de lycéens ont été mis à mal et que les révisions de DS (de maths surtout) ne devraient plus suivre le même processus qu’en terminale, où il suffisait ou bien de bâcher des exercices types et des annales pour réussir.
Cela s’en ressent sur mes classements, puisqu’au lieu d’être classé dans les premiers comme au lycée, je me retrouve en milieu de classe; sans être dramatique, cela donne tout de même un gros pincement au coeur surtout à l’approche de la fin d’année.
Le problème est là : m’étant fait avoir sur un DS au début de l’année où le sujet était très orienté « cours », j’ai désormais opté pour une technique que beaucoup de ma classe adoptent, ou du moins ce qu’ils prétendent adopter. Bien apprendre son cours et retenir toutes les démonstrations, maîtriser le TD et les exercices importants indiqués par le prof. Et c’est tout, puisque ce cher prof nous a déconseillé les livres. Malheureusement, les résultats ne se font pas sentir : j’ai beau bâchoter mes démos, revoir à fond mes TDs, je n’arrive pas à m’y retrouver dans les DS méticuleusement élaborés par mon prof de maths. Que dois-je donc faire? Avez-vous des techniques qui vous ont bien servi (ou vous servent toujours!) durant vos années de prépa?
Je vous remercie d’avance de votre réponse.
Bonjour,
Une idée supplémentaire (qui a pour seul mérite de m’avoir été utile jadis) est de te demander, quand tu vois une propriété ou un théorème dans ton cours, à quoi cela pourra servir. Comme ça, si tu réussis à te poser de telles questions et à prendre un peu de temps pour réfléchir, peut-être retrouveras-tu, lors d’un DS, d’un DM ou d’une colle, des questions similaires à celles que tu t’étais posées.
Cela dit :
- cette méthode a marché pour moi, mais c’est une méthode parmi plein d’autres au moins aussi efficaces.
- forcément, comme tous tes camarades de classe étaient dans les premiers au lycée, il doit bien y en avoir qui se retrouvent en deuxième moitié de classement, sans pour autant qu’ils n’aient de problème particulier : si tu prends les 40 candidats admis à l’ENS Paris (on peut imaginer qu’ils sont forts selon les critères de prépa) et que tu leur fais passer un examen, il y en a un qui minorera, quand bien même il est très bon !
Cordialement,
V@J
Votre méthode est bonne. Le danger des livres en première année est qu’ils ont peu de chances de correspondre à la progression de votre cours. Par exemple, les méthodes mises en oeuvre dans un problème sur les polynômes vont être très différentes suivant qu’ils auront été traités avant ou après les espaces vectoriels de dimension finie.
Raisonnez en niveau et non en classement : quand vous progressez, les autres étudiants de votre classe en font autant, et donc votre place dans la hiérarchie n’évolue que très peu. Cela ne préjuge en rien de vos résultats aux concours : si tout le monde est très fort, tout le monde aura une grosse école !
Maintenant, le mieux à faire pour progresser est de comprendre et contrer vos points faibles. Cela suppose de reprendre systématiquement vos copies après les DS, de les confronter au corrigé et d’identifier les raisons qui vous ont fait perdre des points :
-y a-t-il régulièrement des points de cours qui vous manquent ? des schémas de raisonnement que vous auriez du savoir refaire mais que vous avez ratés ?
-répétez-vous les mêmes fautes de rédaction ? Y a-t-il des objets dont vous n’avez pas bien compris la nature ?
-avez-vous fait des erreurs d’organisation ? ( par exemple, vous n’avez pas lu le sujet en entier et n’avez pas réalisé que la fin était très facile ; ou alors, vous avez passé une heure sur une question qui bloquait et vous n’avez pas avancé )
-votre professeur écrit-il sur chaque copie depuis le début de l’année que ce que vous faites est trop compliqué ? ( C’est plus difficile à contrer parce que ça suppose de changer vos méthodes de réflexion. )
Chers Messieurs Schnepf et V@J,
Tout d’abord un grand merci pour vos réponses rapides et détaillées!
J’ai lu attentivement vos réponses et ai compris vos recommandations. Cependant, il reste quelques points de « méthode » dont je souhaiterais, si possible, plus de précision.
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En premier lieu, je suis bien conscient que les livres ne suivent pas la même logique que le cours donné par le professeur; cela dit, je sais aussi qu’un DS ne porte jamais sur un exercice déjà traité en TD! N’étant pas un grand scientifique (mais que fais-je en MPSI? Mystère…), je m’efforce en fait à ficher systématiquement mes cours ainsi que mes exercices de TD (ie en écrivant les étapes de résolution pour chaque exercice); par chance, il se trouve qu’en DS certains exercices du TD se retrouvent en DS, ce qui n’est pas sans contenter la plupart d’entre nous. Mais voilà, les 2/3 du DS portant sur des exercices que nous n’avons jamais fait, je m’était dit qu’un livre peut être pouvait aider à étendre son regard sur le chapitre traité. Qu’en pensez-vous?
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Concernant le fait de revoir les corrections des DS antérieurs : sur l’idée, je trouve qu’il s’agit d’une étape indispensable pour progresser. Mais compte tenu du fait que le rythme en sup est plutôt soutenu, n’est-ce pas que de perdre beaucoup de temps pour revoir un DS portant sur un chapitre antérieur alors que le DS de la semaine suivante porte sur un tout autre chapitre?
En espérant une autre réponse de votre part,
Cordialement
Les méthodes vues en TD sont généralement extrapolables d’une façon ou d’une autre aux exercices et questions du DS, même s’ils sont tous neufs. Sur ce point, je recommande de connaître sur le bout des doigts toutes les propriétés des chapitres, puis de trouver là où elles sont utilisables (tiens, l’exercice/la question demande de prouver une inégalité, et si on utilisait « l’Inégalité des Accroissement finis » (ou tout autre théorème donnant une inégalité)?)
Personnellement je me limite à faire la moitié de la fiche de TD du prof, bien regarder et comprendre les solutions. Je jette un oeil aussi aux solutions du livre que j’ai acheté (tu peux en trouver dans les CDI), et parfois j’y découvre des choses nouvelles (genre comment dériver proprement un truc défini par une intégrale…)
Pour les DS, le mieux est de les regarder au moment où ils sont rendus, essayer d’analyser ce qui a été/ce qui va pas, et en prendre note pour les DS suivant…
Dernière chose, sur laquelle je me fais avoir en physique mais beaucoup moins en maths, mieux vaut en traiter peu, mais bien que beaucoup, mais mal.
Je ne vais rien rajouter de plus que ce que V@J et M. Schnepf ont dit sur les méthodes de travail, j’en rajoute juste une d’apprentissage du cours :
pour chaque théorème, se demander à quoi servent profondément chaque hypothèse (donc de demande de regarder et de comprendre en profondeur la démonstration), puis de trouver un contre exemple pour chaque manquement d’hypothèse. Cela a bien fonctionné pour moi, qui ai souvent tendance à oublier certaines hypothèses de mes théorèmes 
Mais surtout, cela te permettra de cultiver un répertoire de contre-exemples. Et lorsque tu vois un problème, c’est en sachant, en testant des trucs « type », où et pourquoi cela ne marche pas, qu’on va mieux comprendre pourquoi cela fonctionne sous les bonnes hypothèses, ainsi que les techniques qu’il va falloir utiliser pour le montrer !
Bonjour à tous,
je suis surpris que personne ne pense à citer la « méthode » suivante : faire de nouveaux exercices !
C’est encore le meilleur moyen d’utiliser ce que l’on a compris, de repérer ce que l’on a pas compris… et de finir par le comprendre !
Très souvent mes élèves n’aiment pas du tout faire un nouvel exo : on comprend rien, c’est difficile, on a l’impression de perdre son temps, on ne sait jamais si c’est juste, etc. Mais bon, un sportif ne révise pas la théorie de la course avant une compétition : il court !
Donc voilà : cherchez de nouveaux exercices, travaillez les questions du dernier DM/DS que vous n’avez pas faite, trouvez quelques sujets nouveaux, etc. C’est comme ça que la technique propre aux DS va finir par rentrer, que vous allez mieux comprendre les questions et plus vite mettre en oeuvre les méthodes pour y répondre.
Je suis très nettement de l’avis de M. Pichaureau. Non pas que les conseils précédents soient dénués d’intelligence (bien au contraire, heureusement qu’il faut réfléchir à chaque théorème/proposition, se demander « ce que ça représente »). Mais je ne me vois pas non plus m’extasier pendant des heures devant les hypothèses du théorème de Rolle. Parce que le problème, c’est qu’on peut lire intelligemment son cours, traduire les hypothèses en un petit dessin très clair, bref avoir tout compris au théorème. Il n’empêche que si y’a pas eu un certain enchaînement systématique d’exos faisant appel à ce théorème, on ne s’en rappelera pas. Ou pas bien, ou pas assez spontanément.
Paul Pichaureau a écrit:
Très souvent mes élèves n’aiment pas du tout faire un nouvel exo : on comprend rien, c’est difficile, on a l’impression de perdre son temps, on ne sait jamais si c’est juste, etc. Mais bon, un sportif ne révise pas la théorie de la course avant une compétition : il court !
Justement, tout le secret du travail est là : si on « n’y comprend rien » et que « c’est difficile », c’est qu’il va falloir faire un **effort **pour résoudre le nouvel exercice, il va falloir acquérir un savoir-faire que l’on ne possédait pas avant (ou mal). L’effort est le **témoin **du travail intelligent, ie. le travail qui creuse là où c’est pas clair dans l’esprit de l’élève, et qui justement tend à éclaircir cette zone. Quand on se dit « ah, c’est dur », il faut immédiatement que ça signifie aussi « j’ai plutôt intérêt à chercher cette question, car je vais devenir meilleur » (même un tout petit peu).
Plutôt que de se sentir découragé par la « quantité d’exos qui ne se ressemblent jamais », un élève devrait au contraire voir la chance que c’est d’avoir une masse incroyable de problèmes sur lesquels s’entraîner.
Après, la difficulté est de choisir soi même de « bon » exos.
Cad tel que :
- Cela ne soit pas trop dur ou bourré d’astuce
- Cela porte bien sur les notions/théorèmes dont on veut vérifier la maitrise
- …
quintessential a écrit:
- En premier lieu, je suis bien conscient que les livres ne suivent pas la même logique que le cours donné par le professeur; cela dit, je sais aussi qu’un DS ne porte jamais sur un exercice déjà traité en TD!
Et heureusement tu ne crois pas ?
Ce serait bien ennuyeux de refaire sans arrêt les mêmes choses.
Les TD ont pour objectif de te faire découvrir des modes de raisonnement, de logique, et de te faire assimiler ton cours.
Les Khôlles servent à vérifier si tu connais bien ton cours, et si tu en as compris les points qu’on te fait aborder lors de ton passage.
Le DS vise à tester ton inventivité, ta rigueur (rédaction, réflexion), et à te mettre en difficulté, pour que tu fasses l’effort de surmonter les problèmes que tu rencontres !
La seule chose que je peux te conseiller, c’est d’en reprendre un ou deux à froid, de bien faire des devoirs maison, et surtout, si tu as le temps, de faire quelques exercices supplémentaires (pour apprendre à faire l’effort de recherche).
Bon courage ! 
Merci pour les conseils, ils me seront d’une grande utilité aussi, mais vous savez quoi?Personnellement je ne revois pas mes copies de DS après la correction, de crainte de déprimer et de ne pas bosser pour les DS qui suivent…:S
J’en profite pour rajouter mon grain de sel :
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il faut garder en tête que plus de temps on passe sur un exo, même si on y arrive pas et qu’on se dit que cela ne sert, mieux on retiendra, une fois la correction étudiée, l’esprit de l’exo et la méthode qui s’y rattache ; ce n’est pas une perte de temps que de se creuser les méninges une bonne demi heure sur une question
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attention aussi aux bouquins, où la veille de devoir on a envie de lire les sujets des exos + les corrections en se disant « ça va me faire réviser et puis jretiendrai » ; c’est justement l’effet inverse qui se produit dans le sens où pour vraiment retenir il faut justement y avoir bloqué dessus
Le fait de passer de tête de classe en milieu de troupeau est en fait bien plus positif que ce qu’il n’y parait : il est ainsi très motivant pour toi d’essayer de remonter et tu te donnerais moins si tu étais sur le podium 