Cours des profs seulement?

Thaalos a écrit:

[quote=« Quetzalcoatl »]
Tu as déjà fait cours à 30 personnes qui te regardent fixement et dont une bonne partie se moque de ce que tu racontes voire de toi pendant que tu parles ?
En revanche, j’ai déjà fait des exposés,
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Un exposé, ce n’est pas du tout pareil : c’est un one-shot. Déjà on t’écoute parce que c’est plus marrant ou pour pouvoir se moquer plus tard. On t’écoute parce que ça change du prof. Et puis toi, de ton côté tu as préparé, sérieusement, il n’y a que peu d’improvisation. Un cours, en revanche, c’est de l’improvisation quasi continue sur une trame que l’on maîtrise plus ou moins. Eh oui, on a beau être prof, nous sommes (presque) tous obligés de relire nos cours juste avant quand arrivent des notions délicates. Moi en tout cas je le suis. En plus de cela c’est plusieurs heures par semaine sur des sujets qui sont parfois très ennuyeux pour le prof lui même qui, je le rappelle, ne choisi pas ce qu’il enseigne (alors qu’en général, un exposé on le choisit, au moins en grande partie).
Thaalos a écrit:
J’ai vu très peu d’élèves de prépa dont le respect pour les profs était franchement relatif, après, peut-être suis-je aveugle, je n’en disconviens pas.
En spé PC* ça va, franchement. Mais en PCSI, c’est plus chaud déjà. Entre ceux qui ne passeront pas, ceux qui ont beaucoup de mal qui sont en mode CTRL+C, CTRL+V et ceux qui ont décidé de travailler dans les livres donc qui n’écoutent qu’à moitié, ça commence à faire une portion non négligeable. Si on ajoute à cela la paire de bavards qu’il y a dans chaque classe, c’est lourd.

Personnellement j’ai déjà eu une élève qui se limait les ongles en cours ! Elle n’est pas passée en 2e année ! :wink:
Thaalos a écrit:

Pour rendre quelque chose vivant, il ne faut pas passer par une école d’art dramatique, je pense qu’un prof qui s’assure que ses élèves suivent sans blocages, qui ne les perd pas toutes les dix minutes (et qui ne leur fait pas avaler du polycopié plus que de raisonnable en guise de cours, sans rien écrire sur le beau tableau qu’il a à sa porté) a déjà fait plus que de nécessaire.
Donc là on n’est pas dans ce que j’appelle un cours vivant. :slight_smile: Et c’est bien ce qui fait que là je suis entièrement d’accord avec toi. :smiley:
Thaalos a écrit:

[quote=« Quetzalcoatl »]
Je ne sais pas si c’est l’époque, mais j’ai l’impression que cette attente a priori vis à vis du prof est de plus en plus grande alors qu’elle n’a pas de justification. Un prof n’a aucun devoir de rendre son cours vivant. Il est là pour présenter, expliquer, corriger, évaluer, …
Oui, ça c’est la fonction d’un prof (encore que ça se discute, pourquoi devenir prof, si ce n’est pas pour communiquer une certaine passion pour la matière, on devient pas prof si on aime pas les étudiants)
[/quote]
Ouh là, détrompe-toi ! Tous les profs sont loin d’aimer leurs étudiants au sens qui a l’air d’être sous-entendu. Ceux qui aiment vraiment les étudiants sont généralement ceux qui ont la vocation bien ancrée en eux. Mais la plupart des profs font un job comme un autre. Ils n’haïssent pas les étudiants, mais font juste leur travail du mieux possible et voilà. Peu importe que les étudiants aiment leur matière, qu’ils apprenent et progressent, c’est tout ce qu’on leur demande.

Il en est de même dans de très nombreuses professions. Rares sont ceux qui la font par choix et par amour du métier. Beaucoup ont fait ce qu’ils ont pu, d’autres ont choisi parmi quelques choix, mais peu nombreux sont ceux qui ont atteint leur rêve.

Personnellement, je n’exige rien de mes profs, ils sont comme ils sont, et ce n’est pas à un inculte aussi peu renseigné comme moi de leur dire quoi faire ou comment le faire, mais je veux devenir enseignant, alors j’essaye de me faire une idée avec ceux que j’ai eu de ce qui marche le mieux, et il est clair qu’il y a certains défauts qui font que ça marche légèrement moins bien…
Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il faut enseigner de la manière dont je parle au-dessus, comme un « professionnel froid ». Je dis seulement qu’un tel prof ne peut pas être taxé de mauvais prof : il fait son boulot, il le fait bien et voilà.

Maintenant il est sûr que si tu veux devenir prof et que tu as la vocation, tu verras très vite que :
:arrow_right: il y a autant de conception du « meilleur prof » que de prof
:arrow_right: rarissimes seront les profs parfaits que tu rencontreras*

Pour le 2e point, je crois que j’ai eu un prof parfait. Un seul … Mais beaucoup beaucoup de très bons profs.

Après, peut-être que la notion de cours vivant est trop relative pour que j’en ai fait un emploi convenable, mais je pense que dans l’absolu, mon message n’est pas dénué de sens. ^^
Non, mais je crois qu’il y a un amalgame. Parce que tu veux devenir prof (très bonne idée au passage :wink:) tu es trop critique vis à vis de tes profs en pensant que toi tu feras ci ou ça. C’est vrai tu le feras et ça marchera. Mais chacun a son feeling et il n’est pas possible de demander à tous les profs d’enseigner de la même manière.
Je sais, si je deviens prof, ça m’arrivera, mon prof de sup avait trouvé une solution (qui marchait un peu) : quand personne ne proposait de réponse, il appelait nominativement au hasard, ça donnait des trucs du genre « - Antoine, qu’est-ce que tu en penses ? - Euh… rien. » :grin:
Ca il faut vraiment avoir une ambiance pour le faire. Régulièrement j’en ai deux ou trois qui participent activement, des fois plus (trop bien !) et quelques fois moins … Une année aucun ! :frowning: Et c’est cette année là que j’ai véritablement compris qu’une classe était une véritable alchimie où le prof avait sa dose de responsabilité. :wink:

Il y a beaucoup de points où nous sommes d’accord, sauf peut-être celui-là.
Quetzalcoatl a écrit:

Ouh là, détrompe-toi ! Tous les profs sont loin d’aimer leurs étudiants au sens qui a l’air d’être sous-entendu. Ceux qui aiment vraiment les étudiants sont généralement ceux qui ont la vocation bien ancrée en eux. Mais la plupart des profs font un job comme un autre. Ils n’haïssent pas les étudiants, mais font juste leur travail du mieux possible et voilà. Peu importe que les étudiants aiment leur matière, qu’ils apprenent et progressent, c’est tout ce qu’on leur demande.

Il en est de même dans de très nombreuses professions. Rares sont ceux qui la font par choix et par amour du métier. Beaucoup ont fait ce qu’ils ont pu, d’autres ont choisi parmi quelques choix, mais peu nombreux sont ceux qui ont atteint leur rêve.
Devenir prof agrégé nécessite une quantité de boulot importante, bien plus qu’il n’en faut pour devenir ingénieur (et être mieux payé), donc je pense que dans l’enseignement, il y a quand même une grande part de motivation personnelle !
Il est vrai que justement, devenir prof agrégé est suffisamment dur pour que certains qui le veulent vraiment n’y arrivent pas, mais dans l’ensemble, ceux qui le deviennent le deviennent-ils par obligation ? J’en doute fort.

Quant à votre classe sans élève participant, je ne peux que compatir, je trouve ça dommage…

Quetzalcoatl a écrit:

Pour ma part, je préfère un cours froid et morne mais bien organisé, logique et progressif qu’un cours vivant, rigolo mais bordélique et sans structure. Et je dis ça parce que j’ai connu les deux.
Tiens, moi c’est exactement l’inverse :grin: (Enfin, faut quand même pas que le cours soit trop bordélique non plus…)

Thaalos a écrit:

Il est vrai que justement, devenir prof agrégé est suffisamment dur pour que certains qui le veulent vraiment n’y arrivent pas, mais dans l’ensemble, ceux qui le deviennent le deviennent-ils par obligation ? J’en doute fort.
Et pourtant il y en a beaucoup qui ne savaient pas quoi faire. N’ayant pas « l’esprit d’entreprise », ils ne se voyaient pas bosser dans le privé et puis prof, c’est pas mal tu as les vacances. Sans vouloir passer pour le macho de base que je ne suis pas, prof c’est vraiment génial pour les femmes qui ne sont pas « carrière – carrière » : on mute pas vraiment au mérite, on avance tranquillement dans l’ancienneté, aucune nécessité de s’arracher au boulot, des vacances à passer en famille …

Alors bon … Quand on peut, ou quand c’est une bonne opportunité, on le fait. Et des gens qui ont l’agreg sans trop forcer, ça existe, et pas qu’un peu ! Mais même sans parler de l’agreg, un prof qui le devient non par coup de coeur mais par choix raisonné (rapport vacances, travail, emmerdement, contraintes, …) ça existe à tous les niveaux : du professeur des écoles en maternelle au prof de prépa.

La vocation c’est génial et c’est ce qu’on pourrait souhaiter pour tous dans un monde utopique. Certes. Mais dans le monde réel, il est illusoire de demander et a fortiori de vouloir que les profs aient l’amour de leur métier et en fassent un sacerdoce ! Si 20 des profs étaient comme ça, ça serait génial (à mon avis, à la louche du feeling, on est plutôt dans les 10 là).

Quetzalcoatl a écrit:

Et pourtant il y en a beaucoup qui ne savaient pas quoi faire. N’ayant pas « l’esprit d’entreprise », ils ne se voyaient pas bosser dans le privé et puis prof, c’est pas mal tu as les vacances. Sans vouloir passer pour le macho de base que je ne suis pas, prof c’est vraiment génial pour les femmes qui ne sont pas « carrière – carrière » : on mute pas vraiment au mérite, on avance tranquillement dans l’ancienneté, aucune nécessité de s’arracher au boulot, des vacances à passer en famille …

Alors bon … Quand on peut, ou quand c’est une bonne opportunité, on le fait. Et des gens qui ont l’agreg sans trop forcer, ça existe, et pas qu’un peu ! Mais même sans parler de l’agreg, un prof qui le devient non par coup de coeur mais par choix raisonné (rapport vacances, travail, emmerdement, contraintes, …) ça existe à tous les niveaux : du professeur des écoles en maternelle au prof de prépa.

La vocation c’est génial et c’est ce qu’on pourrait souhaiter pour tous dans un monde utopique. Certes. Mais dans le monde réel, il est illusoire de demander et a fortiori de vouloir que les profs aient l’amour de leur métier et en fassent un sacerdoce ! Si 20 des profs étaient comme ça, ça serait génial (à mon avis, à la louche du feeling, on est plutôt dans les 10 là).
C’est sans doute pas faux, je suis peut-être un peu trop utopiste.
Après, la seule question que je me pose, c’est de savoir s’il faut que ça me passe ou pas.

Thaalos a écrit:

C’est sans doute pas faux, je suis peut-être un peu trop utopiste.
Après, la seule question que je me pose, c’est de savoir s’il faut que ça me passe ou pas.
Pour toi même qui veut devenir prof, non surtout surtout pas ! C’est juste que tu peux ouvrir les yeux plus tôt que d’habitude (et notamment plus tôt que moi) et ne pas attendre des autres ce que toi tu donnerais à leur place. :wink:

J’y ai repensé après, mais il y a aussi dans les profs de prépas tous ceux qui ont passé l’agreg en roue de secours (eh oui, ça existe) et qui l’ont utilisée n’ayant pas eu le poste convoité de maître de conf … Après ce n’est certainement pas qui fait d’eux des mauvais profs ou des profs non consciencieux, loin, très loin de là. Mais disons que c’est une des choses qui peut expliquer que certains soient plus « professionnel - professionnel » que d’autres.

Je connais aussi un cas malheureux d’une personne qui ne savait pas quoi faire mais qui, brillante, a passé l’agreg et fait prof de prépa. Sauf que prof étant loin d’une vie rêvée, cette personne a arrêté très vite (2 ou 3 ans) pour faire un DEA puis une thèse … pendant deux ans pour s’apercevoir que la recherche c’était pire. Retour à la case départ prof mais avec l’option « prépa » en moins. Cette personne est maintenant prof au lycée.

Tu verras, quand tu seras prof (ce que je te souhaite d’être), que c’est un boulot à la fois plus passionnant mais aussi bien plus dur et pénible qu’on pourrait le croire. Et c’est alors qu’on comprend que ceux qui font prof pour d’autres raisons que la vocation pure soient moins impliquées que d’autres. :slight_smile:

Vu sous cet angle, je n’ai pas grand chose à y redire, si ce n’est « à l’abordage » ! :grin:
Ah non, faut d’abord que je passe l’agreg !

Thaalos a écrit:

Ah non, faut d’abord que je passe l’agreg !
Ou qu’on te laisse passer l’agreg.

Ragoudvo a écrit:

Ou qu’on te laisse passer l’agreg.
Elle n’est pas menacée à l’heure actuelle.

Certes, mais la dernière barrière de protection a sauté donc maintenant le prochain concours à se faire réformer ça sera l’agreg et il ne pourra que se faire réformer car l’agreg recrute officiellement à BAC+4 alors que le capes réformé recrutera à BAC+5 et il est inconcevable que des fonctionnaires sur concours BAC+4 soient plus payés que des fonctionnaires sur concours à BAC+5

Cette réforme du CAPES peut-elle laisser espérer un salaire meilleur pour les enseignants certifiés ?

Thaalos a écrit:

Cette réforme du CAPES peut-elle laisser espérer un salaire meilleur pour les enseignants certifiés ?
Au détriment total d’une formation des profs, oui.

C’est déjà fait, Thaalos ; ça a été annoncé il y a deux semaines :
lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html :wink:

Ragoudvo a écrit:

Au détriment total d’une formation des profs, oui.
C’est-à-dire ?

LB a écrit:

C’est déjà fait, Thaalos ; ça a été annoncé il y a deux semaines :
lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html :wink:
Non, ça c’est de la poudre aux yeux : ce n’est pas une augmentation du salaire des profs, c’est simplement la suppression des premiers échelons. Cela semble revenir au même pour qui est dans les premiers échelons mais ne revient pas au même car quelques années plus tard on est revenu au même problème à savoir que « prof » est le seul métier qui, depuis des années, demande de plus en plus de boulot diversifié sans aucune compensation ni de salaire ni de quantité de travail : n’oublions pas que les RTT n’existent pas pour les profs qui bossent toujours autant que lorsque la semaine de travail était à 42 h ! Et j’ajouterai qu’on travaille même plus puisqu’on nous demande plus de réunions, plus d’évaluations, …

Bref, une vraie fausse augmentation qui ne concerne que 25 % des profs.

L’état n’a pas l’air décidé à investir réellement dans l’éducation de toutes façons.
Selon vous, l’agreg va finir aussi à bac +5 ou au delà ?
Et ces augmentations de niveau vont-elles entraîner une véritable augmentation (mis à part celle déjà citée) ?

Pour l’agreg, c’est déja prévu de la faire passer à bac +5, ce qui oblige les futurs enseignants à choisir entre l’enseignement et la thèse…

ou à passer le concours après (ou juste avant) la thèse.

Amadeus a écrit:

Pour l’agreg, c’est déja prévu de la faire passer à bac +5, ce qui oblige les futurs enseignants à choisir entre l’enseignement et la thèse…
En quoi cela pose-t-il des restrictions ?

généralement, la thèse vient directement après un M2 (cela facilite les demande de bourse, permet de connaitre le labo et le sujet). On peut passer les concours après la thèse mais il faut se replonger dans des domaines que l’on a oublié depuis longtemps… c’est pas impossible mais c’est clairement pas le plus facile.