Devenir chercheur enseignant après MP

Bonjour
Mon fils est actuellement CPGE MP, et souhaite s’orienter vers le domaine de la recherche en mathématiques ou à défaut de l’enseignement . Très mobilisé par ses études, je l’appuie dans ses recherches.
Il est important de souligner que je suis assez éloignée du monde scientifique.

Les cursus proposés par les écoles d’ingénieurs semblent assez éloignés de son projet professionnel. Certaines écoles proposent des parcours avec des enseignements en mathématiques mais il s’agit de mathématiques appliquées et ou informatique.
Il veut faire de la recherche en mathématiques fondamentales, déteste la matière SI et a un profil très conceptuel. Bref, il est passionné de maths.

Il est dans une prépa de province ( classé dans les 25 premières en 2023 )
Il n’a pas le niveau pour intégrer une ENS.
Il s’évalue plutôt à un niveau de concours CCINP

Plusieurs questions se posent

Existe t’il des écoles d’ingénieurs qui pourraient lui permettre de mener à bien son projet (école d’ingénieurs accessibles ) ?
Il a regardé le cursus des magistères mais je comprends que la sélection se fait sur dossier . Quels sont les pré requis (car son dossier post bac pourrait l’handicaper…) ?
Cette formation est-elle vraiment très sélective et quelles différences avec un master (certaines universités proposent un master math recherche et enseignement) ?

Bref il s’interroge beaucoup et moi aussi… ( à 19 ans on peut changer d’avis (et heureusement!) et un diplôme d’ingénieur permet de rebondir facilement…)

Votre éclairage sera d’une grande utilité afin qu’il puisse affiner son projet professionnel.

Je vous remercie pour vos réponse ,

ENS Rennes ?
ENSAI Rennes ? Les concours d’actuaires BECEAS ??
Continuer en licence L3 mathématiques, voire en magistère ?

Qu’il commence par cette vidéo d’un chercheur en mathématiques qui donne des conférences dans des collèges et lycées sur son métier de chercheur en mathématiques, il a une chaîne qui s’appelle « Thomaths »:

https://www.youtube.com/watch?v=0ZVxETOO_s8

Cela lui donnera une vision plus précise sur ce que fait une jeune chercheur en mathématiques aujourd’hui: son parcours LLG puis ENS Lyon.

D’autres intervenants s’auront l’aiguiller ainsi que vous même sur les études mentionnées.

Au risque de paraître un peu défaitiste, je crois nécessaire de commencer par un avertissement : les ENS sont souvent considérées comme la voie royale vers la recherche en maths fondamentales, il n’y a pas 36 plans B. Ne pas s’estimer à la hauteur des ENS et viser la recherche en maths fondamentales, c’est malheureusement s’exposer à un gros risque de déception.

Pour ajouter une note de positif, on peut faire des maths passionnantes sans qu’elles soient fondamentales.

Pistes à réfléchir :
-les admissions sur dossier en ENS
-les admissions sur dossier en magistère, en particulier ceux adossés à une ENS. Pour répondre à votre question, par rapport à ces objectifs (en termes de débouchés), clairement une ENS est préférable à un magistère, et un magistère est préférable à une simple L3 suivie d’un simple master.
-les écoles d’ingé comme vous avez commencé à le faire, éventuellement avec l’idée d’ajouter à la scolarité en école le suivi parallèle d’un cursus universitaire de maths (sur place idéalement, à distance sinon, par exemple avec le CTES de Marseille). Sur CCINP, ENSIMAG ou N7 se prêtent bien à ça, je crois, mais d’autres posteurs confirmeront / auront surement d’autres idées. Telecom Paris (concours Mines Pont) offre probablement de beaux parcours mais ça semblerait trop ambitieux si je vous suis bien ?
-identifier des domaines d’intérêt de la recherche en maths un peu plus accessibles que le pur objectif « fondamental » (data science, cryptographie, analyse d’images, recherche opérationnelle …). A faire en investiguant les débouchés des écoles ciblées
-aller voir le film « le théorème de Marguerite » :slight_smile:

[EDIT] je n’y avais pas pensé toute seule, mais les idées données plus haut de beceas et d’ensai sont évidemment à regarder en priorité, s’il y a un intérêt potentiel pour ce genre de maths applis

Il y a toujours la 5/2 qui permet parfois des miracles (surtout pour les candidatures sur dossier). S’il veut faire de la recherche mathématiques, redoubler c’est aussi mieux ancrer les notions de base dont il aura besoin pour passer en fondamental.

Les écoles d’ingénieurs font très bien la passerelle vers la recherche, il faut qu’il s’intéresse à toutes les écoles une par une sur la formation recherche qu’ils proposent. Il y a une grosse partie d’entres elles qui proposent de la recherche d’une façon ou d’une autre.
Cependant ces écoles d’ingénieurs proposent surtout des cursus de recherche appliquée.

S’il souhaite faire du fondamental ou de l’enseignement, les cursus universitaires (magistères ou non) sont le meilleur endroit pour cela. Ca ne lui ferme pas non plus les portes des écoles ou masters professionnalisant (maths appli, ingénierie).
Nombreux sont les magistères qui acceptent des élèves qui ne brillent pas en CPGE mais qui sont motivés.

Aucune « honte » à être en licence et pas en magistère ou à l’ENS. Un élève motivé en licence finira par rattraper un normalien qui procrastine.

Une fois dans un cursus adapté, la recherche fondamentale est effectivement relativement bouchée mais tout le monde est concerné, élèves de l’ENS inclus. La recherche de financement pour les thèses est la même partout sauf les élèves de l’ENS, qui sont loin d’être représentatifs de tous les doctorants en France.

La préparation à l’agrégation est excellente dans différents magistères et est ouverte à tous les élèves de France, il pourra candidater après son M1.

S’il a une idée de ce qui lui plaît comme recherche mathématiques, il pourra déjà mieux s’orienter vers école d’ingé (maths appli) / fac (fondamental/enseignement).
S’il n’en sait rien, la fac restera toujours plus générale et donc garde les portes ouvertes.

Bonjour

Pour devenir maître de conférence il faut

  1. Être docteur
    2 être qualifié dans la section du cnu qui correspond au postes convoité
  2. Réussir le concours de recrutement (il s agit plus ou moins d une cooptation par ses paires)

Pour les maths il a la 25 sections: maths pures et la 26 maths appliquée. Une partie des informaticiens, des mécaniciens et des électroniciens font aussi essentiellement des maths.

Il s agit de choisir une école qui permettra de continuer en thèse dans une de ces disciplines. Il y a l embarras du choix, à tout les niveau de sélection, l ensimag, polytech Sorbonne math infos, voir les écoles de telecom ou même l utc (un nombre non négligeable de maître de conf dans différentes disciplines en sortes).
Le truc c est que si les concours de recrutement ont toujours été très sélectif, c est pas ncore pire depuis dix ans. Donc il faut avoir des plans B.
Typiquement l agreg pour les maths pures et la r et d privée pour les autres.

W.

Le mien, comme le votre, n’est attiré que par les mathématiques fondamentales.

On peut imaginer réussir à obtenir un poste de chercheur sans passer par une ENS, en faisant une thèse brillante et en ayant de la chance. Mais c’est vraiment peu probable.
(En fait, même en réussissant ULM, c’est loin d’être gagné d’obtenir un poste au bout)

Alors quoi faire ?

Votre fils doit continuer de se donner à fond en mathématiques. A la fin de sa MP : soit il tente une 5/2 qui lui permettra d’assoir ses connaissances en mathématiques, soit il tente une ENS ou un magistère sur dossier (il y en a plusieurs qui ne dépendent pas d’une ENS et qui ont une très bonne réputation. ). Si il n’est pas pris, direction L3, il pourra retenter une ENS ou un magistère à la fin de sa L3.

(Petite disgression : je me souviens d’un élève 5/2 qui est passé de dernier à premier en spe en mathématiques. Rien n’est donc impossible)

Si je prends la fac de mathématiques de Grenoble, les places en master en mathématiques fondamentales sont peu nombreuses et du coup il faut avoir de très bons résultats pour y entrer.
La conclusion c’est que les élèves qui sont un peu juste se retrouvent naturellement orientés vers les mathématiques appliquées.
Les mathématiques appliquées sont vastes, il y a des chances que finalement votre fils (et le mien aussi) trouve une voie qui lui plaise.
Et vous savez quoi ? Miracle ! Il y a beaucoup plus de postes en mathématiques appliquées en chercheur ou ingénieur de recherche. Comme quoi, ne pas faire parti des meilleurs peut être une chance à l’arrivée.

Une ENS et le doctorat associé ne garantissent en rien l’obtention d’un poste d’enseignant chercheur.
Ni de poste en prepa, d’ailleurs, à moins d’un classement à l’agreg à un chiffre, et encore.

U46406, post:7, topic:135351 a écrit:

Le mien, comme le votre, n’est attiré que par les mathématiques fondamentales.

C est tres probablement par ignorance. On ne sait pas grand chose de la science et encore moins de la recherche en sortant de prépas. Y compris et notamment en mathématique ( la plus part des sujets de recherches en maths pures, sont incompréhensibles pour la plus part de ceux qui sortent de M1 de maths alors….).

Statistiquement la plus par des EC en maths ne sont pas normaliens. Reste que c est très compétitif.
Et même si un bon rang a l agrégation est toujours bien vu, ça ne remplace pas une bibliographie fournie avec des résultats intéressants.

Quoiqu il en soit, le l3 de math est ceux qu il y a de plus naturel si on veut faire des maths et qu on n a pas d ecoles normale. Mais pas mal d ecoles proposent des maths apps intéressantes ou en tout cas permettant d e faire un M2 de mathématiques.

Quand à redoubler, ça n a d intérêt que dans le cadre d une stratégie d integration clairs. On ne Gagne pas grand chose a rabâcher le programme de spe. Après tout ce n est ni plus ni moins qu une « honor track » L2. Bref pas l alpha et l omega de la formation mathématiques.

W

Avoir un niveau ccp ca ne veut pas dire grand chose parce ce que la sélectivité n’est pas la même entre une école qui recrute dans les 1000 premiers MP (ensimag) et une école qui recrute au delà du 3500ème (no offense).
Par ailleurs il reste 6mois avant les concours. Donc rien n est joué.

Pour les écoles d’ingé avec des filières maths appli, ajouter sur mines telecom : TSP (master maths de l’aléatoire, data science…) et l’ensiie (master MPRO).

Toutes 2 permettent de s’inscrire en parallèle en L3.
M1 de math appli possible à l’ensiie.
Des M2 de maths de bon niveau à TSP (randomness maths) et ensiie (MPRO).
Evidemment ca ne couvre pas tous les domaines et c’est pour les meilleurs.

Je conseille également l’inscription au beceas pour l’isup. (2 jrs d’epreuves seulement sans physique)
La première année est en fait un L3 de maths boostée/colorée probas/stat.

Pour les magistères voici la liste non ordonnée :
Rennes (= cursus ens), orsay, grenoble, strasbourg, besançon, clermont.

2 points importants régulièrement répétés :
Même s il veut poursuivre à l’université en maths, il a tout intérêt à s’investir dans ses concours :

  1. écrits+oraux : ca reste formateur notamment s’il prépare un jour l’agreg
  2. ses résultats seront potentiellement retenus pour les candidatures sur titres évoquées précédemment.
    De l’importance de passer 3 concours : ccp, mines (ponts) telecom et beceas.

S’il fait le choix d’une école d’ingé orientée maths appli, il y a des cursus de maths à distance à Marseille (citée par Infomum), paris sorbonne, besançon et angers/nantes (jusqu au M1).
Possibilité de demi vitesse.
Un M1 (ou un diplome d’ingé) permet de s inscrire en prépa agreg.

Il n aime pas la SI mais aime t il l’info ? MP-SI ou MP-info ?

Errys, post:9, topic:135351 a écrit:

Quand à redoubler, ça n a d intérêt que dans le cadre d une stratégie d integration clairs. On ne Gagne pas grand chose a rabâcher le programme de spe.

Cela se discute, pour moi il vaut mieux entrer en L3 avec des bases solides si on veut continuer à faire des études des mathématiques.
Un élève moyen de MP, a-t-il vraiment compris le programme de mathématiques ? Je ne le pense pas.

Réussir sa L3 de justesse signifie se retrouver à choisir potentiellement un master qui n’ intéresse pas l’élève dans une fac à l’autre bout de la France.

Bonjour
Énormément de suggestions (pour certaines un peu contradictoires) dans vos réponses. Un grand merci pour ces éléments
En réponse :
Il ne fera pas 5/2, c’est très clair pour lui (et non négociable je crois).
Il fait MP SI car pas le choix dans son établissement mais l’informatique l’intéresse.
Nous allons explorer toutes les possibilités et je suis d’accord rien n’est joué (pour autant il faut être réaliste).

Baha17, post:1, topic:135351 a écrit:

Bonjour
…
Il veut faire de la recherche en mathématiques fondamentales, déteste la matière SI et a un profil très conceptuel. Bref, il est passionné de maths.

Il est dans une prépa de province ( classé dans les 25 premières en 2023 )
Il n’a pas le niveau pour intégrer une ENS.
Il s’évalue plutôt à un niveau de concours CCINP

Qu’est ce qui vous fait dire qu’il n’a pas le niveau, alors qu’il est passionné par ce qu’il fait en maths ?
S’est il déjà exercé à faire quelques sujets d’ENS ?

mb3cmvb, post:12, topic:135351 a écrit:

Il fait MP SI car pas le choix dans son établissement mais l’informatique l’intéresse.

Si l’informatique l’intéresse, il y a des domaines intéressants à la frontière des maths et de l’informatique.
Voir si c’est possible pour lui de rejoindre une L3 en licence double math + info (voir ce qui est à rattraper, se renseigner auprès d’un responsable de la L3 de la fac visée)
Voir une L2 math+info (redoubler n’est pas un mal absolu)

mb3cmvb, post:12, topic:135351 a écrit:

Bonjour
Énormément de suggestions (pour certaines un peu contradictoires) dans vos réponses. Un grand merci pour ces éléments
En réponse :
Il ne fera pas 5/2, c’est très clair pour lui (et non négociable je crois).
Il fait MP SI car pas le choix dans son établissement mais l’informatique l’intéresse.
Nous allons explorer toutes les possibilités et je suis d’accord rien n’est joué (pour autant il faut être réaliste).

L intérêt du forum est justement d’ouvrir le débat.
ceci dit je n ai pas vraiment lu de contradictions.
Hormis sur l intérêt de faire 5/2 ou pas mais votre fils a fermé ce point.
Essayez de relever ces contradictions puis de questionner le forum là-dessus. Vous les avez peut être mal interprétées.
Un complément en privé dans la boite mail du forum.

Mon fils aussi est dans la même optique, mais pour la physique (je ne vais pas parasiter le sujet, même s’il adore les maths, je reste dans les maths), je voudrais savoir si des profils atypiques, en gros passer par une université ou une école d’ingénieur peuvent y arriver.

Je me doute bien qu’il y a des exceptions, si je lis bien assez rare, mais dans l’ensemble, faut pas trop rêver si on ne suit pas le cursus standard ?

Trek : pouvez vous reformuler votre question, je ne suis pas sûre de la comprendre ? Il y a plein de chercheurs et dnenseignants chercheurs en physique qui sont passés exclusivement par la fac (du bac au doctorat), il y en a aussi beaucoup qui ont fait prépa puis école d’ingénieur puis doctorat. Ce ne sont pas du tout des parcours atypiques, au contraire c’est la norme. Il n’y a qu’en physique théorique qu’on se retrouve dans une situation proche de celle des maths pures (prédominance forte des normaliens)

+1

J’ajouterais qu’on ne devient pas enseignant chercheur apres la spé mais apres le doctorat. En science on commence « l’enseignement à la recherche par la recherche » en M2. Avant cela on ne peut avoir qu’une vision tres approxamative de ce que veut dire faire de la recherche dans une discipline donnée. Mais ca tombe bien, pour ceux qui integre une ecole d’ingenieur le chemin passe par faire un M2 approprié, ce qui laisse largement le temps d’ajuster en cours de route.

Par contre il faut en effet que l’ecole en question permette de faire sans trop de complication un M2 dans la discipline de votre coeur. L’alternative etant de rejoindre l’université en L3.

Ceci etant dit, obtenir un poste permanant d’enseignant chercheur à toujours ete difficile et l’ai encore plus de nos jours (par effet mecanique de la diminution des postes ouverts aux concours). Il faut donc s’assurrer d’au moins un plan B. Par exemple selon les gouts, le passage de l’agregation ou un doctorat sur un sujet suffissament appliqué ou du moins applicable. Par exemple la cryptographie, le machine learning, l’informatique et la communication quantique à la difference de la physique theorique (toujours par exemple). Ou encore bien sur faire une ecole suffisament prestigieuse pour qu’on vous presume competant dans « tout » les domaines.

W.

oty20, post:17, topic:135351 a écrit:

Trek : pouvez vous reformuler votre question, je ne suis pas sûre de la comprendre ?

Ma question n’était peut-être pas très claire, mais votre réponse l’est, c’est ce que je souhaitais savoir.
Merci :slight_smile:

@trek
Je confirme.
C’est possible de faire une ens après la prépa, cas de mon fils en physique.