je suis en fin de prepa PT et je dois choisir mon école. Malheureusement il est difficile de choisir entre toutes ces formations de haut niveau. L’ENS m’intéresse beaucoup car il parait qu’on s’y plait vraiment scientifiquement mais elle est plus facile d’acces dans me filière et je me demande si l’ENS ne me fermerait pas trop de porte si jamais je décidais de ne pas faire de la recherche ou de l’enseignement (j’untegrerais surement le département saphyr car le département physique me semble trop théorique) . D’un autre coté l’ensta propose une formation scientifique poussée (mais mes profs mettent en garde sur le niveau important en maths a l’ensta sur pour un eleve venant de PT, parfois les integrés regrettent notamment pr rapport a l’ens). Je pense avoir les 2 écoles précédentes. Si jamais mes notes le permettent, j’ai classé les ponts au dessus (CS en dessous de l’ens car plus tourné vers l’entreprenaria/ management plus que la technique).
J’aimerais des conseils sur ces ecoles,
merci d’avance
Bonjour,
Comme vous l’indiquez, l’ENS est la plus adaptée si vous souhaitez faire de l’enseignement ou de la recherche, les autres si vous souhaitez travailler en entreprise. Après les ENS étant très réputées, si à la sortie de l’école vous souhaitez finalement être plutôt ingénieur, cela restera possible sans soucis. D’autant plus que chaque métier étant très spécifique, l’école ne vous apporte que les premières bases, tout reste à faire ensuite.
Sur Centrale Supelec: j’ai beaucoup regardé (et discuté avec d’anciens élèves) la formation pour la liste de voeux de ma fille, et je ne suis pas d’accord sur " plus tourné vers l’entreprenariat/ management plus que la technique". La formation est très flexible, et chaque élève peut choisir les cours en fonction de ce qu’il souhaite faire. Et si vous souhaitez faire de la technique, c’est tout à fait possible. Il y a par exemple un parcours « recherche », la possibilité de faire un double diplôme avec des masters techniques, etc… Il est vrai que CS propose aussi des parcours « entrepreneurs » mais cela n’a rien d’obligatoire.
De manière plus générale: CS est une école très généraliste, ENSTA et Ponts sont déjà beaucoup plus spécialisés.
Après si l’ENSTA ou une autre école vous prend, c’est qu’elle estime que vous avez un niveau suffisant pour être admis, donc personnellement je ne m’inquiéterais pas du niveau de maths. La première année est généralement faite pour s’assurer que chaque élève a un niveau général suffisant pour la suite, tous les élèves venant de filières différentes. Mais je n’ai pas vraiment de retour d’expérience sur le sujet.
Ben à l’ens tu es payé…
Et très franchement rien n’empêche d’aller faire les M2 qui t’intéressent à centrale et aux ponts.
(Voir même d’aller gratter le diplôme des ponts en plus, j’en connais un qui fait ça).
C’est une école facilitatrice, même si tu n’est pas sûr de vouloir faire de la recherche il y a moyen de se débrouiller.
Pour CS, une école généraliste c’est bien mais seulement si l’accès à toutes les spécialités sont possibles sans quotas. Est-ce le cas ? A ma connaissance, non.
L’ENSTA et les PONTS offrent peut-être moins de diversité (non scientifique) mais les 2A sont au choix. Ce qui me semble important. Oui, les PT ont quelques difficultés en maths au démarrage (rattrapage avant la rentrée, est-ce toujours le cas ?). Mais rien d’insurmontable.
Concernant le choix de l’ENS Saphire, les voies électronique mécanique et génie civil permettent de passer dans le privé (thèse). Est-ce le but ? Non. Mais cela reste possible. Le parcours est long, l’agrégation fortement encouragée (ou obligatoire ?).
Après si l’ENSTA ou une autre école vous prend, c’est qu’elle estime que vous avez un niveau suffisant pour être admis, donc personnellement je ne m’inquiéterais pas du niveau de maths
Si vous avez réussi les concours niveau Mines Ponts/CS en PT, c’est que vos acquis en maths doivent être très corrects (cf notes…).
De toute façon, je pense que les maths finissent par devenir « appliquées » donc plus accessibles. Après si les profs l’ont dit…Bizarre !?
PS : les 10 X entrant en PT arrivent aussi à suivre (peut être en transpirant un peu pour certains, mais ils y arrivent…Certains il y a quelques années donnaient même des Khôlles…de maths).
Si jamais les maths sont trop difficiles à suivre, il y a sans doute du rattrapage possible à l’ENSTA, aux Ponts ou autres CS. Je ne m’inquiéterais pas trop pour ce qui est de la formation SAPHIRE de l’ENS niveau maths.
A l’ENSTA, certains cours de 1A sont aménagés en fonction du public https://www.ensta-paris.fr/fr/tronc-commun-scientifique-premiere-annee. (je crois qu’il y a un test en début d’année pour les maths). Mais je ne suis pas certain que les PT sont le public visé (autant de math en PT qu’en PC, non ?)
A noter que PONTS et ENSTA proposent un parcours spéciale dédié aux normaliens.
donc selon vous le parcours de l’ens et son prestige permet de tout faire tout en étant payé? Je sais pas a quel point on y est libre. Seulement j’ai du mal a comprendre pourquoi elle est si accessible dans notre filière alors que dans les autres filières c’est quasi du niveau de L’X. Sinon j’aimerais bien travailler dans l’energie pour la transition écologique, possiblement en R&D ou dans un poste tres scientifique, je suis aussi ouvert a l’enseignement si la vocation se révèle. Les etudes ne me font pas peur donc la these est plutôt envisageable meme si c’est encore loin.
Je sais que l’ensta est pas mal pour l’energie, notamment sur le nucléaire. Je connais moins les ponts mais plus prestigieuse donc je l’ai classé au dessus.
Il me semble aussi que a l’ens en genie elec on peut travailler sur la conversion d’energie
Si vous souhaitez à priori faire de la recherche/enseignement, alors oui l’ENS est le meilleur choix, et si jamais vous changiez d’avis pendant la formation, au vu du prestige des ENS, cela ne vous empêchera pas de bosser en entreprise après., même après quelques années de recherche, il sera simple de se reconvertir si besoin. Il y a un très fort besoin d’ingénieurs et une pénurie dans pas mal de domaines. Là ou je suis actuellement, nous recrutons dans toutes les écoles, en université, etc… Et quelqu’un venant d’une ENS serait en haut de la pile ! On s’assurerait juste que l’élève ait bien compris ce que ca veut dire de travailler en entreprise vs. un travail de chercheur, car cela n’a pas grand chose à voir.
j’ai justement du mal a déceler les differences entre recherche et travail en entreprise. Si vous pouviez m’éclaircir ce point puisque vous semblez bien vous y connaitre ca m’aiderait beaucoup. merci vraiment pour toutes vos réponses.
Je peux me lancer mais d’autres posteurs complèteront.
Le premier objectif d’un chercheur académique (universitaire, CNRS…) est de produire de la connaissance nouvelle par rapport à un niveau de connaissance « mondial » puis de partager cette connaissance nouvelle avec le monde (via la rédaction de publications scientifiques). Si au passage ça peut servir à produire des biens et des services, ou à les produire mieux, ou en plus grande quantité, ou pour moins cher, tant mieux. Et souvent il ne peut pas se passer de « vendre » au moins un peu cette application pour financer son objectif premier.
Le premier objectif d’un ingénieur R&D c’est de permettre à son entreprise de produire des biens ou des services, ou de les produire mieux, ou en plus grande quantité, ou pour moins cher. Si au passage ça permet de produire de la connaissance, tant mieux, et il pourra peut être la publier mais ce n’est pas là-dessus qu’il est attendu.
Je partage ce qu’a écrit InfoMum et j’ajoute:
-
A l’extrême, le travail de recherche est généralement un temps long, avec peu de contraintes de temps, avec peu de contraintes sur le fait que ca va servir tout de suite ou dans 10 ans. Le but est de compléter ce qui a déjà été fait et faire progresser la connaissance.
-
En entreprise, l’objectif est de délivrer un produit ou service, avec un budget donné, dans un temps donné, avec l’objectif d’un retour sur investissement rapide, avec potentiellement la pression d’un client pressé, avec des contraintes de qualité, etc… Donc c’est beaucoup plus concret (on doit vraiment livrer qqch qui sera utilisé rapidement), mais il y a aussi beaucoup plus de contraintes et c’est pour ca que lorsqu’on voit un candidat qui a fait de la recherche, on s’assure qu’il l’ait bien compris et qu’il sera capable de changer de l’un à l’autre.
La formation Saphire : 37 PSI et 37 PT + des DUT.
C’est plus facile de l’intégrer en PT car moins de taupins.
À l’ENS, les élèves sont payés mais signent un engagement décennal.
Après l’ENS on peut travailler dans le public mais aussi dans le privé comme ingénieur ou manager.
Autre différence : la formation Saphire : 1er semestre tronc commun : Génie Mécanique, Génie civil et électro. Mais à partir du 2 eme semestre on choisit sa spécialité.
Possibilité de faire son M2 dans une autre école et faire un DD avec Ensta, Ponts, Mines, pour Supaéro c’est possible mais compliqué.
J’ai oublié de parler de la discipline à la mode en ce moment : IA.
Les GM et les GC peuvent faire une formation en IA : l’ARIA au sein de l’ENS
Les EEA peuvent faire l’ARIA mais également le M2 MVA
Qu’implique l’engagement de 10 ans après les ENS ? Car ca peut être un point différentiant.
H2Fooko, post:11, topic:136701 a écrit:
A l’extrême, le travail de recherche est généralement un temps long, avec peu de contraintes de temps, avec peu de contraintes sur le fait que ca fait servir tout de suite ou dans 10 ans.
…En entreprise, l’objectif est de délivrer un produit ou service, avec un budget donné, dans un temps donné, avec l’objectif d’un retour sur investissement rapide, avec potentiellement la pression d’un client pressé, avec des contraintes de qualité, etc… beaucoup plus de contraintes …
Oui effectivement c’est très bien vu d’insister sur ces contraintes différentes. Le monde de la recherche académique a des contraintes budgétaires aussi, ô combien, mais elles ne s’expriment pas dans les mêmes termes. Et en effet bien moins de contraintes temporelles (il y en a quand même, mais le rythme est différent).
grenadine, post:14, topic:136701 a écrit:
Qu’implique l’engagement de 10 ans après les ENS ? Car ca peut être un point différentiant.
Ce n’est pas 10 ans après l’ENS, c’est 10 ans d’engagement à servir l’Etat en comptant les années d’ENS (où on est de fait fonctionnaire !), donc 6 ans à compter de la sortie de l’école (et encore, si on embraye sur une thèse par exemple, ça descend vite à trois ou quatre ans). Ce que ça implique ? Eh bien, qu’on doit travailler dans le public tant qu’on a pas atteint les 10 années, sous peine de se faire courir après pour rembourser les années de traitement déjà perçus.
ElMustang, post:17, topic:136701 a écrit:
Après si l’institution d’accueil ne veut pas reprendre la pantoufle…
C’est plus facile de l’intégrer en PT car moins de taupins.
Et je suppose parce qu’ils se posent exactement les mêmes questions que toi (recherche, débouchés…) alors qu’en sciences fondamentales ils sont sûr de vouloir faire ça.
Si le contenu des enseignements t’y intéresse pas de raison de redouter quoique ce soit.
je viens d’avoir mes résultats et effectivement je serais logiquement admis a l’ens et a l’ensta, peut être les ponts. Maintenant il faut choisir.
etant bien classe j’ai peur de choisir l’ecole la plus dure a avoir par égo(les ponts) alors que mon coeur penche plus vers l’ens qui est bien plus facile a avoir dans la filiere (dernier admis classé dans les 200)
Remygwada, post:9, topic:136701 a écrit:
j’ai justement du mal a déceler les differences entre recherche et travail en entreprise. Si vous pouviez m’éclaircir ce point puisque vous semblez bien vous y connaitre ca m’aiderait beaucoup. merci vraiment pour toutes vos réponses.
L’entreprise fonctionne dans le but de vendre un produit, et tend à rechercher l’efficacité; il y a un but collectif. Dans ce contexte vous pouvez être amené à vous plier à certaines décisions, qui ne vous paraîtront pas forcément pertinentes à votre échelle.
Vous aurez un peu plus de libertés en recherche après un certain stade (les étudiants en thèse ont une marge de manœuvre assez réduite). La recherche est basée sur la compétition individuelle, ce qui peut produire des ambiances malsaines. Il faut un mental solide. Il faut être prêt à des sacrifices (horaires à rallonge, mobilité géographique…).