Fonctionnement de parcoursup côté CPGE

Bonjour à tous,


La question du fonctionnement de parcoursup’, des commissions de recrutement, et du sens des statistiques parcoursup’ disponibles à ce lien revient régulièrement. Il me semble donc utile de rendre plus facile d’accès les grandes lignes de ce fonctionnement dans ce sujet.

Pour que ce soit plus explicite, je vais m’appuyer sur les données relatives à la filière et au lycée dans lesquels j’exerce : PCSI Poincaré Nancy, pour le recrutement de 2023.

Étape 1 : les candidatures

Les candidats remplissent les dossiers, projets de formation, les établissements remontent les notes et autres fiches avenir…

En 2023, ce sont 1664 candidats qui ont confirmé un vœu pour PCSI Poincaré.

Étape 2 : la commission de recrutement

Elle est constituée et présidée par le proviseur. Elle reçoit ces 1664 candidatures, avec tout le dossier, notes, classements, éléments non chiffrés etc. etc.

Sur la base de tout ceci, la commission élabore un classement des candidatures par ordre de préférence. Certaines candidatures sont également rejetées à ce stade. Cette liste est appelée par parcoursup le classement pédagogique. Les critères présidant à ce classement sont propres à chaque filière de chaque établissement. Une information relative à ces critères est normalement disponible sur parcoursup.

Pour mon exemple, la commission de recrutement de PCSI Poincaré a conservé et classé 1158 candidatures, et rejeté les 506 autres. Ce classement est redonné à parcoursup, avec l’information du nombre de places disponibles, soit 96 dans mon exemple.

À partir de là, l’établissement ne contrôle plus rien.

Étape 3 : les boursiers

Chaque rectorat impose à chaque type de filière CPGE de chaque établissement de son académie un quota de boursiers.

Le classement pédagogique est donc modifié automatiquement par parcoursup, qui va potentiellement remonter les boursiers de telle sorte que le quota de boursiers appelés soit respecté dans le total des candidats appelés et ce, quelle que soit leur réponse.

Ce nouveau classement s’appelle la liste d’appel.

L’ordre d’appel constitué alors n’évolue plus pour la suite de la procédure.

Étape 4 : la phase d’appel

Préalablement à la phase d’appel, l’établissement définit trois valeurs remarquables :

  • Sa capacité d’accueil : c’est le nombre d’étudiants qu’il a les moyens physiques et financiers d’accueillir ;
  • Le nombre de candidats à appeler : il est souvent supérieur à la capacité d’accueil (on parle alors de surbooking), afin d’accélérer l’appel, ou de se prémunir d’absences à la rentrée ;
  • Le bloc d’appel : c’est une valeur à usage unique, qui est généralement employée uniquement le premier jour. Si le bloc d’appel du premier jour vaut, par exemple, 500, alors 500 propositions sont envoyées le premier jour, avec tous la même date limite. L’idée est d’obliger les candidats à se positionner rapidement. Il est possible de faire des blocs d’appels plus tard dans la procédure également.

Au premier jour des propositions d’admission :

  • Les 506 candidats refusés par la commission d’examen des vœux voient un refus ;
  • Les 500 candidats les mieux classés sur la liste de PCSI Poincaré auront une proposition ; ils peuvent la refuser, ou bien l’accepter avec ou sans renoncement aux autres vœux.
  • Les suivants à partir du 501e et jusqu’au 1158e se verront en liste d’attente ; ils peuvent accepter un de leurs autres vœux, et quitter la liste d’attente de PCSI Poincaré. On dit alors qu’ils renoncent.

C’est ainsi qu’il est possible de progresser dans la liste d’attente sans que le lycée n’appelle de candidat : il suffit que d’autres mieux classés renoncent au vœu.

Une fois le délai réglementaire de réponse passé, toutes les candidatures en attente de réponse sont automatiquement notées « refusé ». Si le total Appelés + Réponses positives est inférieur au nombre de candidats à appeler, alors les places disponibles sont proposées le lendemain matin en suivant l’ordre d’appel.

À l’issue de la procédure principale, les candidats doivent choisir s’ils conservent des vœux en attente. Ceux conservés sont dits archivés. Les candidats avec un vœu archivé sont susceptibles d’être appelés pendant l’été, si la formation venait à avoir des refus tardifs. C’est la phase de gestion des désistements (GDD).

Si une formation a épuisé son ordre d’appel mais dispose encore de place, elle peut ouvrir une phase complémentaire.

Les chiffres

Dans le cas de PCSI Poincaré, il a fallu proposer la formation à 681 candidats pour obtenir 98 réponses positives en procédure principale. Cela signifie que 681-98 = 583 candidats ont reçu la proposition et l’ont déclinée.

Le rang du dernier classé est 1148. Cela signifie qu’il a fallu parcourir 1148 noms dans l’ordre d’appel pour pouvoir faire 681 propositions. Cela signifie que 1148-681 = 467 candidats en liste d’attente ont accepté un autre vœu avant d’être appelés sur PCSI Poincaré, et ont donc renoncé à cette candidature.

En conclusion :


J’espère que ces explications permettront de mieux comprendre la façon dont parcoursup’ fonctionne « côté établissement ». Il faut bien souligner la différence entre l’algorithme parcoursup (qui concerne les étapes 3 et 4), et les critères de classement internes à l’établissement (qui concernent l’étape 2). Et rappeler qu’en aucun cas, un établissement ne décide en commission des noms qui seront présents sur sa liste de classe à la rentrée suivante.

Il reste par ailleurs quelques petites subtilités de l’algorithme parcoursup (sur l’internat par exemple), mais l’essentiel est là.

Pour couper court aux spéculations sans fondement de certains : une fois le classement téléversé sur le site, les seules actions possibles pour un établissement sont :

  • faire un nouvel appel par bloc (effectué en général en début de procédure, mais peut l’être à n’importe quel moment)


  • modifier le nombre de candidats à appeler (souvent on surbooke au début pour que ça aille plus vite, mais on finit par ajuster pour éviter d’être en sureffectif à la rentrée)


  • ouvrir la phase complémentaire (à condition d’être arrivé à la fin de la liste d’appel et d’avoir moins de candidats appelés que de candidats à appeler, justement pour éviter les passe-droit)

Pour toute autre action, il faut joindre l’équipe parcoursup et c’est long et compliqué, et ça se limite à des changements côté candidat en principe (cette année un candidat chez nous a voulu renoncer à l’internat tout en gardant sa place, et même cette manip-là n’est pas effectuable côté établissement; de même pour les candidats qui démissionnent et se ravisent : c’est l’équipe parcoursup qui gère, les établissements ne peuvent rien faire).