Dans Proèmes, publié en 1948, le poète Francis Ponge écrit "qu’il faut à chaque instant se secouer de la suie des paroles […]. Une seule issue : parler contre les paroles
Comment avez-vous trouvé et traité ce sujet, histoire de pouvoir s’améliorer pour demain
?
Personnellement, j’ai pas fait quelque chose de très original : en première partie, j’ai passé en revue les raisons pour lesquelles certaines paroles salissaient la réalité ou les individus. En deuxième partie, j’ai dit que, comme l’affirme l’auteur, la solution est de répondre par la parole. En troisième partie (très courte), j’ai dit qu’il faut savoir ne pas répondre à chaque fois par la parole, par exemple quand l’interlocuteur ne nous respecte pas, auquel cas parler avec lui est du temps perdu.
Je pense que c’est plus complexe que cela. Je pense que la « suie » signifie l’habitude que chacun a quand il parle, l’usage inconsidéré des mots. En revanche « parler contre les paroles » me laisse dubitatif: est-ce se défaire de cet usage? Est-ce d’une certaine façon se jouer du langage? La citation étant coupée, je pense que « une seule issue » ne se réfère pas qu’à la première phrase. Les concepteurs ont du faire un découpage malheureux car c’est un sujet très difficile à comprendre.
Oula . je m’attendais pas à lire ça. je l’ai trouvé simple ; pour moi c’était sur l’axe Parole / Vérité / Domination d’autrui par le biais de la parole, pour servir ses ambitions etc… il faut donc s’en méfiez d’après notre poète
Je pense que c’est prendre le terme « contre » un peu trop au pied de la lettre. Mais c’est vrai que vu l’ambiguïté du sujet, il n’y a pas unicité du questionnement.
J’ai pas discuté le « une seule issue », sinon ça irait trop loin.
Si les œuvres sont honorablement utilisées et le raisonnement correct quoique discutable, le 10 est très accessible. Sinon, pour le plan, je n’ai pas lu les œuvres donc bon…, peut-être une première partie sur la dévaluation du langage à laquelle on peut remédier par la recherche stylistique ou la précaution oratoire, et en deuxième partie une critique de cette recherche effrénée qui laisse peu de place au véritable échange (Pour la première partie je pense que l’idée est là, mais la deuxième c’est plus du freestyle).
Tu peux la discuter en deuxième partie? En tous cas je pense que deux parties bien touffues font largement l’affaire (aux mines).
En 3 heures, c’est du survolage de concepts, après faut voir ce qu’on appelle une partie.
vincentroumezy a écrit:
J’ai pas discuté le « une seule issue », sinon ça irait trop loin.
Personnellement, c’est ce qui m’a permis de construire deux parties, justement.
Cependant merci à toi Grisha pour l’éclaircissement, j’ai eu beaucoup de mal avec le « suie »…
Ah moi c’est le contraire, j’ai expliqué « la suie » comme l’approximation que subie la parole par son usage abusive mais le « parler contre les paroles » j’ai vraiment bloqué et du coup je sors l’argument classique de Verlaine qui préfère recourir à la poésie pour exprimer ce que les « paroles » n’arrivent pas à faire…
Mais bon un 10 me suffirait amplement.
Je suis le seul a avoir énormément parler du lien entre pensée et parole sur ce sujet ?
Slower24 a écrit:
Je suis le seul a avoir énormément parler du lien entre pensée et parole sur ce sujet ?
pour moi ca c’était le sujet de CCP.
t’aurai du lire le HK en entier pas que le début 
je rigole hein. je n en sais rien du tout 
Au sujet de cette épreuve de français j’ai été assez étonné en sortant de la salle d’entendre plusieurs candidats (au moins de deux lycées différents), qui se vantaient du fait que leur prof les avait « avertis » que ce sujet était très probable et leur avait conseillé d’en relire la correction … Je ne veux pas jouer au parano mais c’est étrange vous ne trouvez pas ?