Bonjour,
Agé de 42 ans, j’exerce, depuis 1993, le métier d’ingénieur dans le domaine de l’ informatique/électronique embarquée et je ressens, depuis plusieurs années, une passion croissante pour la physique fondamentale, qui se manifeste par de très nombreuses lectures d’ouvrages de vulgarisation et avec un contenu de plus en plus théorique.
Ayant l’impression d’avoir fait un peu le tour du métier d’ingénieur, je suis de plus en plus tenté par une reconversion vers le métier de professeur de sciences physiques, idéalement dans le 2nd degré ou classes prépa, et je m’interroge sur les chances pour moi de réussir un jour cette reconversion.
Voilà mon cursus initial : bac C obtenu en 1988, puis 2 années de prépa (math sup et math spé option M), puis j’ai intégré une école d’ingénieur (3 ans) dont je suis sorti en 1993.
Vu mon « ambition » d’enseigner dans le 2nd degré (ou classes prépa), je souhaiterais viser l’agreg de physique par la voie externe. Le problème, c’est que, même si j’ai l’impression, d’avoir fortement développé mon sens physique (çà doit être le fait de mes lectures), j’ai perdu la plupart des bases théoriques que je maîtrisais en 1993 et je bloque là-dessus.
Mon idée serait donc de tenter de réacquérir toutes les bases théoriques, en passant une licence L3 en physique (à distance, via l’UPMC), puis, soit de suivre un master M1 en physique (ce qui pose le pb de suspendre mes activités professionnelles), soit acheter les cours du M1 et les potasser sur mon temps libre.
Est-ce que vous pensez que j’ai une chance de me rendre compétitif pour le concours d’agreg externe en faisant cette démarche ?
Est-ce que vous pensez que je devrais d’abord viser un capes externe, puis tenter ensuite l’agreg interne ?
Est-ce que vous pensez que mon projet est délirant, et que je n’ai aucune chance de réussir cette reconversion ?
Je suis preneur de tous les avis. N’hésitez pas à être très francs.
Merci
Bonjour !
Vous avez deux fois mon age, aussi n’ai-je pas prétention à vous conseiller quoi que ce soit. Ceci étant, je peux vous apporter quelques éléments de réponses: L’agrégation de physique est un concours d’un niveau relevé, et il vous faudra sans doute y accorder beaucoup de votre temps. Un de mes anciens professeurs avait décidé une reconversion après un cursus similaire au votre (2 ans de prépa, 3 ans à télécom paris, quelques années en temps qu’ingénieur informatique) et avait bloqué un an de sa vie pour préparer l’agrég’ (de maths). Concernant l’inscription en L3, cela dépend de votre mentalité: En cas d’échec, perderiez-vous confiance dans votre projet ?
En tout cas, c’est un très beau projet que vous avez !
Déjà, je connais des anciens ingénieurs qui ont passé et eu l’agreg externe, donc c’est possible et ça se fait régulièrement.
Par contre, je ne sais pas si c’est clair pour vous, mais il est indispensable de suivre une année de préparation à l’agrégation avant de la passer. Sinon il n’y a vraiment aucune chance. Et cela se fait à plein temps.
Un des anciens ingé que je connais se faisait payer par sa boîte pour la préparer, je ne sais pas si c’est courant…
Il est clair que les bases théoriques sont importantes, surtout pour l’admissibilité. Mais il est tout à fait possible que faire une L3 et un M1 puis l’année de prépa agreg soient suffisant pour vous les rappeler, ça on ne peut pas savoir… Pour s’en rendre compte, essayez de faire une épreuve d’agreg…
Sinon il y a effectivement le « problème » de la chimie : il faut avoir de solides connaissances sur le programme des 2 première années post bac, y compris de la chimie organique et en TP. Mais pareil, on en refait en prépa agreg.
A noter que même si le programme de l’agreg en physique va de la L1 au M1, c’est surtout L1/L2 et L3 qui sont importants. Donc je ne suis pas sure que faire un M1 soit ce qu’il y a de plus utile (mais je ne sais pas… ça dépend du M1)
Voilà ce que je pense que je ferais :
- faire un L3 à distance pour voir ce que ça donne, et regarder des sujets d’agreg pour évaluer votre capacité à les faire. Les épreuves A de l’agregation sont très proches du cours et les corrections sont en ligne, donc les faire peut faire remonter les souvenirs… En chimie ce sont les épreuves B, c’est un peu moins proche du cours à mon avis, mais ça donne une idée. L’épreuve C c’est un problème de physique, moins proche du cours a priori, donc c’est normal que ça paraisse plus ardu.
- Selon que ça marche bien ou pas, passer le CAPES ou l’agreg ou les deux. Demander conseils aux responsables de prépa agreg, ils auront surement un avis intéressant.
Bon courage en tout cas!
Moi j’ai dix ans de plus et je pense que ce genre de diplôme n’est pas réservé à la jeunesse mais à ceux qui travaillent vraiment à fond.
Evidemment le seul bémol que j’aurai c’est de dire qu’il te reste 20 à 25 ans pour profiter de ce diplôme …
Maintenant c’est une affaire surtout de travail et il n’y a aucune incompatibilité entre âge et diplôme de ce type.
Il faut par contre avoir des temps de travail intensifs et s’organiser en conséquence (bureau fermé, horaires stricts etc …)
Tu as l’avantage par rapport à un « jeune » de mieux te connaître.
L’organisation de ton travail la disponibilité associée et ta volonté d’aboutir sont les points clefs de cette réussite à une agrég.
Pour info ma soeur a passé l’agreg de math via concours interne prof vers l’âge de 45 ans mais ce n’est pas le même programme que l’externe.
De mémoire capes et agreg sont des programmes qui n’ont vraiment pas grand chose à voir ? Dites si je me trompe…
Bon courage.
(l’agrégation n’est pas un diplôme, c’est un concours de recrutement)
A l’âge de 42 ans, les gens n’ont plus autant d’énergie et d’effort pour poursuivre une telle révision(l’état physique impose). A votre place je continuerais mon emploi et révise en temps libre, tout en nourrissant sa famille. En cas d’échec on perd pas tous ses moyens.
j’en suis également, mais j’ai souvent entendu dire qu’au-delà de 30 ans, on apprend moins vite et ce surtout en mémorisation.
l’expérience comptera moins si on change complètement de domaine… 
Elle est sympa ton histoire
Sans considération sur la condition physique, perso pendant mon année de préparation de l’agreg, je n’avais pas de vie sociale. C’est encore faisable à 21 ans quand on n’a pas encore de famille/d’enfants, ça l’est probablement moins à 40 ans.
Du coup il n’est pas impossible qu’à cet âge il faille compter 2 ans plutôt que 1 pour l’avoir (déjà que même en travaillant tout le temps on n’est pas sûr de l’avoir en 1 an…), mais c’est pas dramatique…
Pour voir que tous les ans il y a des « non-jeunes » qui obtiennent l’agrégation, il suffit de regarder les premières pages des rapports de jury (agregation-physique.org/squelett … C_2013.pdf ).
Raphaëlle a écrit:
Sans considération sur la condition physique, perso pendant mon année de préparation de l’agreg, je n’avais pas de vie sociale. C’est encore faisable à 21 ans quand on n’a pas encore de famille/d’enfants, ça l’est probablement moins à 40 ans.
Du coup il n’est pas impossible qu’à cet âge il faille compter 2 ans plutôt que 1 pour l’avoir (déjà que même en travaillant tout le temps on n’est pas sûr de l’avoir en 1 an…), mais c’est pas dramatique…
Pour voir que tous les ans il y a des « non-jeunes » qui obtiennent l’agrégation, il suffit de regarder les premières pages des rapports de jury (agregation-physique.org/squelett … C_2013.pdf ).
Disons que c’est une question de priorité. Mon père a pris deux ans pour faire un master coté pendant que j’étais au collège, et comme en plus il avait gardé son boulot, ça a représenté deux ans (plus le temps de préparer le concours d’admission au master) où il a certainement bien plus travaillé que moi pendant mes deux ans de prépa. Je ne me sentais pas négligé a priori, pourtant.
M’enfin maintenant ça me paraît difficile de renoncer à mon temps libre pour refaire deux ans de prépa si jamais ça devait se faire, alors qu’en terminale ça ne me posait pas vraiment de souci.