Excusez moi, il aurait mieux valu parler de langue ancienne, même si je ne suis pas sûr qu’un professeur de latin soit capable de tenir une discussion spontanée dans cette langue, contrairement à un professeur d’allemand ou d’anglais, ou même à un professeur d’arabe, dont la langue est pourtant exclusivement ou presque une langue écrite.
Je pense néanmoins que mon conseil est bon. Lorsqu’on n’a jamais pratiqué de langues anciennes, il est préférable, en hypokhâgne, de n’en étudier qu’une, en se mettant bien en tête que si l’on veut aller en khâgne classique, quelle que soit l’option, il nous faudra rattraper le niveau souvent excellent des vétérans. Le faire dans deux langues anciennes, quand on sait leur difficulté d’accès, me semble très ambitieux, pour ne pas dire trop ambitieux, et la demoiselle pourrait avoir la mauvaise surprise d’être rattrapée par le travail et de ne plus s’en sortir. Quid du passage en khâgne? La question reste ouverte.
Au contraire, abandonner sa LVB représente un risque important d’échec aux concours de la BCE. Car il lui sera difficile, en ayant été débutante en hypokhâgne, de rivaliser en latin ou en grec ancien avec les autres candidats, qui, lorsqu’ils choisissent de passer une langue ancienne plutôt qu’une langue vivante, viennent souvent des meilleurs lycées, où l’enseignement en langue ancienne est plus accentué que dans les autres établissements, et où la sélection pour le passage en khâgne classique, d’où ils préparent les concours, est bien plus importante. C’est la raison pour laquelle je lui conseille vivement de conserver sa LVB, et si elle éprouve des difficultés, à la renforcer!
Chacun est libre de ses choix, et si elle souhaite absolument arrêter l’espagnol, c’est à ses risques et périls. On a vu de nombreux hypokhâgneux ne pas avoir leur passage en khâgne et échouer lamentablement aux concours à cause d’un excès d’ambition et de facto d’un manque de stratégie.
La demoiselle pourrait-elle nous renseigner sur le lycée qu’elle intègre, car s’il s’agit d’un bon lycée, c’est à dire avec de très bons latinistes et hellénistes de terminale, mon conseil n’en est que plus vif?