L'EPFL aux yeux des français

Bonjour je suis en premiere année de prépa intégrée à l’insa de lyon, et je voudrais changer d’ecole et aller à l’EPFL. Pouvez vous me renseigner sur cette ecole ? est-elle payante ? Et puis pensez vous que j’ai mes chances pour etre admis sachant qu’il regarde les note du bac et que j’ai eu 16 en ecri de francai 18 a l’orale, seulement 12 en maths, 16 en physique et 19 en anglais…

Non, il y a seulement les frais universitaires habituels à payer (c’est a dire quand même 800€ pour une année de master).
Avec tes notes c’est clairement faisable, d’autant plus que tu as été accepté à l’INSA Lyon (à priori un peu plus séléctive).

Salut Algebrax,

Je suis actuellement en 1ère année de physique à l’EPFL, je viens de Lyon et je connais des gens qui sont à l’INSA. Je ne peux que te dire un truc : quitte tout de suite l’INSA et débarque à Lausanne !
Le système suisse, il faut bien le savoir, est 100% différent de la France. Ici, on est pas dans l’élitisme à tout prix, et la prépa semble un truc bien étrange et absurde aux suisses à qui on en parle ! L’EPFL c’est une école de très très bon niveau, qui peut tout à fait se comparer aux meilleures des « grandes écoles » françaises, en tous cas pour ce qui est des sections d’ingénierie (je sais pas si ça veut vraiment dire quelque chose, mais dans le dernier classement de l’université de Shanghaï, l’EPFL est n°1 hors Etats-Unis à égalité avec Cambridge). OK pour les maths, la physique et la chimie, l’ENS fait peut être encore mieux, quoique ça dépend de quel point de vue on se place… L’école est donc très bien reconnue au niveau international, même si en France elle met du temps à se faire connaître, car tout le monde est obnubilé par nos « grandes écoles » et ne veut pas savoir ce qu’il se passe ailleurs.
Ici, dès la première année tu choisis ta spécialité parmi maths, physique, chimie, informatique, systèmes de communication, génie mécanique, génie électrique, éléctronique, microtechnique, matériaux, sciences de la vie, environnement, génie civil ou architecture (cette dernière section est un peu à part…). Dans tous les cas (sauf archi) tu auras en première et deuxième pas mal de maths et de physique, de l’info, plus des cours de spécialité. Puis, au fur et à mesure des années, ça devient de moins en moins théorique et de plus en plus appliqué. C’est le système Bologne Bachelor-Master-Doctorat (LMD quoi…), et ça s’apparente plus à une fac avec (vraiment beaucoup) plus de moyens et avec des professeurs de très haut niveau et reconnus à l’international qu’à une prépa ou une grande école. En effet, les cours sont en amphis, suivis de séances d’exercices avec des assistants étudiants et doctorants. Aucune obligation de présence, et des examens deux fois par ans, plus quelques tests intermédiaires mais qui ne sont que des bonus. Donc c’est à toi de te prendre en main, personne n’ira te chercher si tu ne bosses pas. En même, temps le cadre est exceptionnel pour travailler, et si tu as la motivation, les moyens sont à ta disposition ! (tu peux aller voir notre nouvelle bibliothèque sur rolexlearningcenter.ch/)
Le niveau est relativement haut, mais si tu as déjà fait un an à l’INSA, tu devrais pouvoir y arriver. Je pense que n’importe qui peut y arriver avec de la motivation et du travail. Pour les conditions d’admission, il faut avoir eu un bac S, avec la moyenne de la physique, des maths, du français et d’une langue au choix de 14/20.
Maintenant, pour ce qui est des aspects pratiques de la vie étudiante : l’école n’est pas trop chère (un peu moins de 1000€ par an), mais la vie en Suisse est onéreuse ! Nourriture, transports (par ailleurs très bien développés, fiables et efficaces, ce n’est pas qu’une légende !), logement, sorties… Tout ça n’est pas donné. Pour te donner un ordre d’idée, je pense qu’il est vraiment difficile de vivre avec moins de 700€ par mois. Par ailleurs la qualité de vie pour les étudiants est géniale : Lausanne est au bord du lac léman, à quelques dizaines de km des Alpes (et des stations de ski !), panorama splendide depuis beaucoup d’endroits de la ville. C’est moins grand que Lyon bien sûr, mais il y a beaucoup d’étudiants (10% de la population, de l’EPFL, de l’université (UNIL), de l’école hotelière (EHL), de l’école d’art (ECAL), etc…), et la vie nocturne est très animée, les bars, pubs, et boites en tous genres ne se comptent pas ! Il n’y a presque pas de logements sur le campus, et il faut s’y prendre un peu à l’avance pour trouver, mais c’est faisable. Le campus est un des plus internationaux du monde, plus de 100 nationalités ! Bien sûr des suisses, mais aussi pas mal de français, et puis de partout en Europe, d’Inde, d’Amérique, du Maghreb, d’Asie, bref de partout. S’intégrer en tant que français n’est pas forcément très facile, on a beau parler la même langue (enfin presque), la Suisse n’est vraiment pas la France, et il faut faire quelques efforts d’adaptation, sans quoi les suisses ne feront aucun effort pour t’accueillir (lorsque tu dis que tu es français - même s’ils l’entendent déjà à ton accent -, ils font parfois une petite grimace. A toi de leur montrer que tu sais t’adapter !).
Sur ce, j’espère t’avoir donné envie de venir à l’EPFL. Va voir sur le site epfl.ch, rubrique « futurs étudiants », tu trouveras toutes les infos que tu veux, et n’hésites pas à me poser des questions !

Attention, la date limite pour l’inscription en 1ere année est fixée au 30 avril.

Maya_labeille a écrit:

Le système suisse, il faut bien le savoir, est 100% différent de la France.

Maya_labeille a écrit:

qui peut tout à fait se comparer aux meilleures des « grandes écoles » françaises
Ce n’est pas un peu contradictoire ?
Maya_labeille a écrit:
dans le dernier classement de l’université de Shanghaï
C’est bien ça le problème, c’est que le système français ne ressemble pas du tout à ce qui est fait ailleurs ; j’avais un bon ami à l’EPFL, je suis actuellement dans une université chinoise, et les universités étrangères semblent toutes plus ou moins calquées sur un modèle similaire… qui ne ressemble en rien à celui de nos écoles. Écoles qui, par ailleurs, ne s’appellent pas université, pour la simple raison que ce n’en sont pas.

Je pense qu’il faut arrêter de complexer avec le classement de Shanghai, arrêter de sortir nos classements à la noix ; si on veut se comparer aux autres, on détruit tout le système des écoles, ou alors on compare en aval (au niveau des entreprises, de la compétitivité des ingénieurs).

Un chercheur chinois me disait avant-hier : « it is said that England has the worse cookers, and France the worst engineers…

Tan Phi a écrit:

Un chercheur chinois me disait avant-hier : « it is said that England has the worse cookers, and France the worst engineers…
Pourquoi ils envoient autant d’étudiants dans nos écoles alors ?
Déjà que les chercheurs français ont pas toujours une vision correcte des ingénieurs, alors le point de vue d’un chercheur chinois.. :unamused:

Tan Phi a écrit:

[quote=« Maya_labeille »]
Le système suisse, il faut bien le savoir, est 100% différent de la France.

Maya_labeille a écrit:

qui peut tout à fait se comparer aux meilleures des « grandes écoles » françaises
Ce n’est pas un peu contradictoire ?
[/quote]
En quoi ça le serait ? Peut y avoir une organisation complètement différentes des études, et un niveau scolaire/académique équivalent.

Funk Soul Brother a écrit:

Bonjour :slight_smile:
Si j’entrais à l’EPFL, ce serait pour la section Génie Mécanique. Est-il possible que l’EPFL doive son classement uniquement à ses sections phare (comme l’électronique, les microtechniques et, me semble-t-il, la biotech) ? Dans ce cas, l’enseignement en Génie Mécanique serait peut-être moins complet ou moins poussé qu’à Supméca par exemple, ou l’ENSMA …

:question:
Bonjour,

C’est une excellent idée que de se pencher sur une école de bonne réputation qui propose des activités différentes. Je ne connais pas le niveau de l’EPFL en matière de Génie Mécanique, mais je sais qu’en électronique, c’est une école particulièrement prisée. Bon nombre de mes professeurs nous ont conseillés des livres écrits par des professeurs de cette école, qui fait plutôt référence en la matière, et j’avoue que j’étais très tentée de faire un stage dans leurs laboratoires.
En revanche, si tu désires réellement devenir ingénieur, il vaut peut-être mieux intégrer une école française, car les recruteurs y seront davantage sensibles. Cette école aurait pu t’apporter un gros plus en recherche par rapport à une CCP, mais je ne pense pas que cela soit vraiment profitable si tes ambitions sont tournés vers ingénierie. Cela dit, savoir que tu dispose de cette solution peut te rassurer lorsque tu passeras tes oraux.

Bonne continuation !

H.G. a écrit:

En quoi ça le serait ? Peut y avoir une organisation complètement différentes des études, et un niveau scolaire/académique équivalent.
Lorsque tu tentes de comparer le niveau académique des écoles, sur quels critères le faire ?

Les écoles d’ingénieur ne sont pas du tout orientées vers la publication d’articles dans des revues scientifiques, qui est pourtant un critère déterminant dans bien des classements.

Le Chinois en question a passé deux ans à Agro ParisTech, et connaît donc bien le système français, et ne pense bien sûr pas que la phrase soit vraie. Malheureusement, il semble que les classements de ce genre fassent un assez grand mal quant à la réputation de nos écoles.

Je ne parviens pas à croire que le niveau de sortie des écoles d’ingénieur françaises soit moindre, lorsque l’on voit le processus de sélection et les moyens investis.

H.G. a écrit:

En quoi ça le serait ? Peut y avoir une organisation complètement différentes des études, et un niveau scolaire/académique équivalent.
Lorsque tu tentes de comparer le niveau académique des écoles, sur quels critères le faire ?

Les écoles d’ingénieur ne sont pas du tout orientées vers la publication d’articles dans des revues scientifiques, qui est pourtant un critère déterminant dans bien des classements.
Raph’ a écrit:

Pourquoi ils envoient autant d’étudiants dans nos écoles alors ?
Déjà que les chercheurs français ont pas toujours une vision correcte des ingénieurs, alors le point de vue d’un chercheur chinois.. :unamused:
Le Chinois en question a passé deux ans à Agro ParisTech, et connaît donc bien le système français, et ne pense bien sûr pas que la phrase soit vraie. Malheureusement, il semble que les classements de ce genre fassent un assez grand mal quant à la réputation de nos écoles.

(concernant la Chine, il semble que le français y soit particulièrement apprécié, et que Paris jouisse d’une excellente image ; ceux que j’ai rencontrés n’avaient pas d’autres motivations apparentes dans leur choix ; soit dit en passant, je n’avais pas réellement d’autres motivations concernant mon choix non plus)

Je ne parviens pas à croire que le niveau de sortie des écoles d’ingénieur françaises soit moindre, lorsque l’on voit le processus de sélection et les moyens investis.

Tan Phi a écrit:

[quote=« H.G. »]
En quoi ça le serait ? Peut y avoir une organisation complètement différentes des études, et un niveau scolaire/académique équivalent.
Lorsque tu tentes de comparer le niveau académique des écoles, sur quels critères le faire ?

Les écoles d’ingénieur ne sont pas du tout orientées vers la publication d’articles dans des revues scientifiques, qui est pourtant un critère déterminant dans bien des classements.
[/quote]
Je réitère ma question : en quoi une organisation différentes des études entre deux systèmes est contradictoire avec un niveau académique équivalent entre ces deux systèmes ?

Ta réponse pose un autre problème, mais de toute manière, le niveau effectif d’une école n’est pas déterminé par le classement de Shanghai.

H.G. a écrit:

Je réitère ma question : en quoi une organisation différentes des études entre deux systèmes est contradictoire avec un niveau académique équivalent entre ces deux systèmes ?

Ta réponse pose un autre problème, mais de toute manière, le niveau effectif d’une école n’est pas déterminé par le classement de Shanghai.
C’est contradictoire dans le sens où je me demande comment on peut affirmer, dans l’absolu, que deux systèmes sont comparables s’ils ne peuvent pas être comparés. Comment comparer une école et une université ?

(soit dit en passant, pour ne pas qu’on méprenne mes propos : j’ai une très grande estime pour l’EPFL, et ne juge ni les systèmes des écoles, ni celui des universités)