heavenhel a écrit:
Il y a déjà eu un débat de ce genre sur ce forum et quelqu’un avait posté un lien montrant que le désintérêt des filles pour les maths/info/physique était quelque chose de français et que dans plein de pays (à commencer par l’Allemagne et les pays du nord si je me rappelle bien), ce n’était clairement pas le cas (ce qui ne veut pas dire qu’elles étaient majoritaires, mais elles n’étaient pas moins nombreuses que dans les autres filières).
Je voudrais surtout rebondir là dessus.
Ca fait presque deux mois que j’étudie à l’université en Inde.
Ici, on voit :
Maths très théoriques, biologie : beaucoup de filles
Chimie, physique appliquée/expérimentale, électronique : beaucoup de garçons
Physique/biologie « fondamentale », informatique (et tous ses dérivés), MBA : ratio 30/70 je dirais (mais si on ramène au nombre total d’étudiants et d’étudiantEs, on se rend compte que ce « 30 » est plus dû au faible nombre de filles qui font des études sup. En gros on peut considérer que ce sont des filières vues comme « mixtes »).
Ca m’a un peu surpris au début, et puis un étudiant m’a expliqué que les matières qui demandaient d’être très très concentré sur quelque chose d’abstrait étaient souvent préférées par les filles parce qu’elles avaient une meilleure concentration et étaient plus studieuses. A l’inverse, les matières « où on peut toucher » et où on a besoin d’une plus faible capacité d’abstraction sont plus abordables pour les garçons. Il m’a dit lui même*** « nous, les garçons, on a besoin d’avoir un jouet dans les mains pour comprendre ! »***
Comme quoi, oui, cette pseudo différenciation est pour moi*** essentiellement culturelle et on n’a pas les mêmes stéréotypes partout***. Les maths c’est un peu un truc de bonhomme. A l’inverse, la biologie, voir la chimie (parfois considérées par des sous-disciplines par les cadors des mathématiques, d’ailleurs) sont plus féminines. Allez savoir pourquoi… Les habitudes, tout ça.
Je pense aussi qu’il y a pas mal de filles en BCPST parce que c’est une filière qui mène au soin des animaux (véto, mais pas que). Quand on voit le nombre de filles inscrites en médecine, en psycho, en école d’infirmièrEs… On se dit que peut être que les filles ont une plus grande tendance à vouloir se consacrer au soin d’autrui… Et des animaux, par extension.
Adolorante a écrit:
C’est parfaitement vrai, ce que tu mets en évidence, du moins à la mesure de mon expérience personnelle. J’ai l’impression que nous les garçons, nous avons globalement plus confiance en nous, et j’ai vu plus de garçons viser plus haut pour avoir plus bas (tout en en ayant conscience) que de filles, alors que j’ai plus de filles viser bas pour avoir plus haut (par peur de tomber plus bas que ce qui est espéré ?).
Je pense aussi.
Et puis, il faut voir aussi comment est perçue la prépa par beaucoup d’étudiants de terminale. La MP* est vue comme le saint graal. L’Ecole Polytechnique encore plus. Etre le meilleur en maths et un super-militaire, ça devient le fantasme de pas mal de futurs taupins (il n’y a qu’à voir le nombre de « je veux la meilleure prépa pour arriver à l’X » de gens qui n’ont probablement aucune idée de ce qu’on fait à l’X, à part du sport, tirer au famas, gagner de l’argent et « étudier des trucs cool »…) qui finissent par avoir l’impression que « ne pas être dans le top 10 = rater sa vie ». Après c’est la course au domaine le plus prestigieux possible (j’ai l’impression que ce qui porte le mot « finance » est à la mode en ce moment), au plus gros salaire…
J’ai l’impression que les filles sont moins dans le trip « je veux être la meilleure ». Peut être que c’est dû à un manque de confiance, peut être que c’est parce qu’on pousse moins les petites filles à « être les meilleures » alors qu’on pousse toujours les petits garçons à être « plus forts ».