Les filles et les sciences

N’ayant toujours pas eu d’explications quant au verrouillage du topic** créé par brank qui relayait une interview de Sylvie Bonnet disponible ici : prepas.org/ups.php?article=93 , et ne voyant pas de raisons de subir un tel verrouillage, je relance.

Si quelqu’un a des chiffres qui confirment ou infirment les intuitions misogynes de brank ça pourrait être intéressant :slight_smile: Plus généralement il pourrait être intéressant de discuter de la place assez faible qu’occupe les filles en classes prépas, les maths, l’info etc.

**: je précise que ce n’est pas moi qui ai verrouillé
Sylvie Bonnet

Ca dépends des prépas :stuck_out_tongue:
Chez nous les filles sont nombreuses. Mais ce n’était pas le cas il y a 20 ans (pour ça je pense qu’il y a 20 ans les filles ne continuaient pas trop les études, où en tout cas pas sur quelque chose de long, et ce de manière culturelle)

Je repars sur des bases de débat sans troll :
Sur le manque de fille en prépa math et physique je vois vraiment un attrait des filles pour d’autres sciences plus concrète. En médecine et en bio en générale on est nombreuse.
Après est-ce inné ou acquis culturellement… Je pencherais pour la 2e solution.

En tout cas je ne pense pas que les filles soient moins douées dans ces domaines que les garçons.

Oui mais… Qu’est-ce que t’appelle « concret » au juste ?
Personnellement, étudier l’intégrale de Lebesgue pour ensuite faire des probabilités en utilisant les bases sur les mesures me paraît être bien plus concret que de faire des recherches sur un enzyme qui permettrait de catalyser une réaction quelconque d’un corps animal.

Je pense comme toi que c’est « acquis » car il y a quand même des filles qui font des maths ou des sciences physiques.

Après, au risque d’être border-line, c’est plutôt tant mieux pour moi car au moins je me concentre plus facilement sur le cours plutôt que de regarder les filles comme au lycée. :grin:

Je ne pense pas que les filles soient moins douées que les garçons, mais plutôt que les sciences dures leur paraissent sont moins attrayantes. Au contraire, je pourrais très bien dire « les garçons et les métiers d’esthétique », il y en a également moins, et ils ne sont pas forcément moins doués.
Je pense qu’il y a tout de même quelques avancées à faire sur le domaine. J’ai eu l’occasion de lire une enquête britannique qui a statistiquement mis en évidence quelque chose d’intéressant à mon avis : dans les lycées où il n’y a que des filles, statistiquement plus de filles choisissent à l’université un domaine dont les garçons ont le quasi-monopole. Je pense qu’on pourrait en tirer des conclusions très pertinentes, non pas sur la question de la mixité, mais plutôt de la différence d’éducation.

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Après honnêtement quand je vois ce qui m’a attiré en BCPST ( à savoir, la volcanologie, la paléontologie et ensuite la bio) bah je ne vois pas en quoi ces domaines sont plus féminins ou plus concret (c’est quoi le concret dans une bête de 550 millions d’années, toute aplatie avec des fossiles souvent incomplets et jamais parfais et qui ne ressemble à rien de connu ? ou même dans l’étude d’un volcan dont on ne sait pas grand chose ?) ni même plus utile (bah la paléonto ne changera pas votre vie, la volcanologie en France métropolitaine non plus…même si elles peuvent avoir des répercussions via d’autres champs de recherche). Je pense plus à une histoire de confiance en soit qu’à autre chose : les filles se brident (et souvent ont été bridées).
Pour corroborer ça, il y une remarque d’une de mes profs de maths : les filles sont souvent meilleures que les garçons à l’écrit mais à l’oral c’est souvent l’inverse. À l’oral, le moment où tu es face à ton examinateur, le moment où on te pose directement des questions, le moment où il faut donc avoir confiance en soit.
C’est parfaitement vrai, ce que tu mets en évidence, du moins à la mesure de mon expérience personnelle. J’ai l’impression que nous les garçons, nous avons globalement plus confiance en nous, et j’ai vu plus de garçons viser plus haut pour avoir plus bas (tout en en ayant conscience) que de filles, alors que j’ai plus de filles viser bas pour avoir plus haut (par peur de tomber plus bas que ce qui est espéré ?).
Parce que la plupart des enzymes qu’on étudie ont des rôles clés dans une maladie donnée. Comprendre l’enzyme c’est comprendre la base moléculaire de la maladie et donc donner des pistes de soin (et surtout donner des pistes de molécules pour en faire des médocs). L’application médicale elle n’est pas loin du tout (dans l’idée, en pratique il faut attendre 20 ans).
A vrai dire, mes dires étaient presque trollesques pour le coup. Je sais très bien que les réactions enzymatiques permettent des choses « concrètes ». Ce que je voulais mettre en évidence, c’est que des choses qui paraissent abstraites de prime abord permettent de développer des choses bien concrètes (les enzymes me sont abstraites, au même titre que l’intégration peut le paraître pour des étudiants en biologie). Par exemple, la théorie de Lebesgue permet de faire après de la statistique inférentielle, qui sera très utile pour les biostatisticiens qui sont indispensables pour mettre un médicament sur le marché, par exemple (du moins pour juger de sa viabilité, notamment avec le taux d’allergie des patients qui l’ont testé).
Tout cela pour dire que si on présentait les choses différentes, que l’on disait que beaucoup de formations en mathématiques pouvaient amener à ces fameuses carrières concrètes, on pourrait peut-être attirer plus de filles en filière mathématique.

Aguila a écrit:

Après est-ce inné ou acquis culturellement… Je pencherais pour la 2e solution.

En tout cas je ne pense pas que les filles soient moins douées dans ces domaines que les garçons.
je penche plutôt pour la première!

En fait, d’après ce que je lis un peu partout, (genre préférence des enfants garçons pour des jouets plus « mécaniques », même chez les singes rhésus Gorman Lab), j’ai plus envie de dire que ce ne sont pas les filles qui fuient a priori les sciences, mais plutôt les garçons qui les aiment plus.

A mon avis, et d’après le post d’adolorante, peut-être que les filles sont plus facilement intimidées: quand il n’y a pas de garçons autour, elles ne se sentent pas concurrencées.

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Heavenhel a dit que dans d’autres pays ce n’était pas le cas.
Tiens arrêter de dire « les sciences » aussi… Ca a tendance à m’énerver… (grillée par Heavenhel)
Pour vous les sciences c’est les maths et la physique mais vous oubliez complétement la biologie et la chimie, qui sont des domaines assez féminin !

Adolorante, par concret je voulais dire qui a un impact physique à court terme, ou tout simplement de physique tout court : un volcan ça se touche, une intégrale, vachement moins :wink:
Les maths peuvent être appliqués, je n’en doute absolument pas, mais les études en maths sont la plupart du temps très très abstraites. C’est ce qui fait que je n’ai jamais aimé ça. Je n’ai pas non plus détesté ça. J’étais juste neutre. Je le faisais, plutôt bien, mais ça ne m’a jamais vraiment plus.
Par contre comprendre les mécanismes moléculaires derrière les mouvement d’un muscle ou comment l’interaction de protéines donnent des résultats à grande échelle, ça j’ai toujours trouvé ça kiffant !
Après c’est mon cas pas forcément celui des autres filles, je le sais bien :wink:
D’ailleurs j’ai toujours adoré les jouets mécaniques :grin:

EDIT : en fait même dans la 2e partie de son message Heaven m’a complétement grillé. Bon au moins ça montre qu’on a un avis semblable là dessus sans se concerter :grin:

je ne nie pas que ça soit concret ou utile mais quand tu es en TS, tu fais de la bio pour faire du médical (soigner le cancer, Alzheimer, le SIDA…), tu fais des maths…bah pour faire des maths quoi…pas pour faire des biostats qui seront utiles à des biologistes.
Dans la réalité, ça l’est, pas pour des TS. Et c’est les TS qui choisissent une orientation.
On met donc le doigt sur un certain souci : la présentation de la matière. Si je suis l’avis d’Aguila qui consiste à dire que les filles cherchent plutôt à faire du concret, il faudrait clairement dire « les maths appliquées ça existe » (par exemple, puisque c’était un des domaines visés). Cependant, on veut faire du concret dans les écoles d’ingés, et je n’ai pas de chiffres sur les écoles d’ingénieurs en général mais je ne pense pas me tromper si je dis que sur beaucoup de domaines, les élèves ingénieurs doivent être en grande majorité des garçons.
Adolorante, par concret je voulais dire qui a un impact physique à court terme, ou tout simplement de physique tout court : un volcan ça se touche, une intégrale, vachement moins :wink:
Les maths peuvent être appliqués, je n’en doute absolument pas, mais les études en maths sont la plupart du temps très très abstraites. C’est ce qui fait que je n’ai jamais aimé ça. Je n’ai pas non plus détesté ça. J’étais juste neutre. Je le faisais, plutôt bien, mais ça ne m’a jamais vraiment plus.
Par contre comprendre les mécanismes moléculaires derrière les mouvement d’un muscle ou comment l’interaction de protéines donnent des résultats à grande échelle, ça j’ai toujours trouvé ça kiffant !
Après c’est mon cas pas forcément celui des autres filles, je le sais bien :wink:
D’ailleurs j’ai toujours adoré les jouets mécaniques :grin:
C’est indéniable, et ça prouve surtout qu’il y a des problèmes de méconnaissances des débouchés généraux.
Une intégrale, c’est comparable à de l’ADN. Les probas à de l’ARNm. Les stats à des protéines. Du moins de mon point de vue, et j’espère que la comparaison est correcte étant donné mes connaissances dérisoires en biologie. La différence ? Au lycée, on explicite les liens entre ADN, ARNm et protéines, pas entre intégrale, probas et stats.

Adolorante a écrit:

Cependant, on veut faire du concret dans les écoles d’ingés, et je n’ai pas de chiffres sur les écoles d’ingénieurs en général mais je ne pense pas me tromper si je dis que sur beaucoup de domaines, les élèves ingénieurs doivent être en grande majorité des garçons.
Là encore tu parles des écoles d’ingé « généralistes ». C’est écoles sont après des prépa en maths/physique.
Les TS qui choissient de faire MPSI ou PSI ils savent pour la plupart même pas ce que fait un ingénieur.
Ils veulent faire des maths à haut niveau et on leur a dit : « va en prépa ».
Rien de bien concret dans ce choix ni dans les enseignements de MPSI, MP, PCSI, PSI (même si encore une fois je sais qu’il y a des applications très concrète, ce n’est pas ce que voit le TS qui rentre en prépa moyen)
C’est indéniable, et ça prouve surtout qu’il y a des problèmes de méconnaissances des débouchés généraux.
Où de la façon dont sont enseigné les maths.
Quand tu apprends un nouveau trucs en maths on te fait faire des exos absolument pas concret, qui sont juste calculatoires ou de raisonnement dans le vide, juste sur l’objet mathématique.
Il est très très très rare d’avoir un exo qui applique ce que tu as appris à un vrai problème de la vie.
Les objets mathématiques il y a rien de moins abstrait et c’est uniquement ça qu’on apprends dans le secondaire. Je pense que c’est ça qui fait que ça ne m’a jamais plu.
Parce que dire : « faut faire des maths pour être pilote de chasse/ingénieur/financier » ça oui on te le rabache. Mais c’est pas ça qui fait forcément aimer une matière.
Une intégrale, c’est comparable à de l’ADN. Les probas à de l’ARNm. Les stats à des protéines. Du moins de mon point de vue, et j’espère que la comparaison est correcte étant donné mes connaissances dérisoires en biologie. La différence ? Au lycée, on explicite les liens entre ADN, ARNm et protéines, pas entre intégrale, probas et stats.
Je crois que j’ai pas bien compris ton analogie.
D’après ce que j’ai compris tu dis qu’on explique pas que intégrale, proba et stats sont liés. Mais même expliquer ça pour moi c’est pas suffisant. Ca ne montre toujours pas à quoi ça sert concrètement, avec des exemples qu’on te fait faire pour que tu vois que avec ce que tu apprends en maths tu peux faire des trucs.
Alors oui avec les connaissances de lycée tu peux pas faire énormément de choses. Mais tu peux faire des petits trucs. On s’en fout si c’est pas un truc géant ! Juste un petit truc concret pour pouvoir dire : « aujourd’hui j’ai appris à faire ça ! » ou « comment ça marche ! » et pas juste « aujourd’hui j’ai appris à calculer 3 dérivés. Génial. Je sais pas ce que j’en ferai ».
Quand tu écoute les lycéens pas accrochés aux maths ils te diront tous « ça me sert à rien » alors qu’ils ne le diront pas de la physique ou de la chimie par exemple, qui pourtant dans la vie de tout les jours est pas forcément plus utile (je parle toujours de sciences de lycée et quand je dis utile ça veut dire qui te permet de faire un truc dans la vie courante) Par contre ça permet de comprendre comment quelque chose marche.
Bref, l’enseignement des maths est sûrement trop abstrait.

Pas besoin de tout vouloir lisser. Les plus grands esprits mathématiques sont masculins. C’est pas dramatique. Elles se rattrapent dans d’autres domaines.

Là encore tu parles des écoles d’ingé « généralistes ». C’est écoles sont après des prépa en maths/physique.
Les TS qui choissient de faire MPSI ou PSI ils savent pour la plupart même pas ce que fait un ingénieur.
Ils veulent faire des maths à haut niveau et on leur a dit : « va en prépa ».
Rien de bien concret dans ce choix ni dans les enseignements de MPSI, MP, PCSI, PSI (même si encore une fois je sais qu’il y a des applications très concrète, ce n’est pas ce que voit le TS qui rentre en prépa moyen)
Non, pas nécessairement. Déjà, les prépas ne sont pas l’unique moyen d’intégrer ces écoles. Je pense également que l’on peut faire référence à des écoles type INSA ou UT par exemple, ou encore à des écoles spécialisées dans certains domaines (et les proportions dépendent de la spé, en chimie/agro il y a une majorité de filles il me semble).
Où de la façon dont sont enseigné les maths.
Quand tu apprends un nouveau trucs en maths on te fait faire des exos absolument pas concret, qui sont juste calculatoires ou de raisonnement dans le vide, juste sur l’objet mathématique.
Il est très très très rare d’avoir un exo qui applique ce que tu as appris à un vrai problème de la vie.
Les objets mathématiques il y a rien de moins abstrait et c’est uniquement ça qu’on apprends dans le secondaire. Je pense que c’est ça qui fait que ça ne m’a jamais plu.
Parce que dire : « faut faire des maths pour être pilote de chasse/ingénieur/financier » ça oui on te le rabache. Mais c’est pas ça qui fait forcément aimer une matière.
De l’autre côté, si le concret est nécessaire et qu’on ne peut pas apprendre quelque chose pour la beauté de celle-ci…
Sinon c’est vrai que c’est pas un enseignement très concret, et qu’on a tendance à n’enseigner que du « fondamental » (ça me fait mal de dire qu’on fait de maths fonda au lycée mais bon) au détriment des stats, des probas… Et c’est vrai que les exos qui se veulent concrets en terminale, j’ai bien rigolé.
Je crois que j’ai pas bien compris ton analogie.
D’après ce que j’ai compris tu dis qu’on explique pas que intégrale, proba et stats sont liés. Mais même expliquer ça pour moi c’est pas suffisant. Ca ne montre toujours pas à quoi ça sert concrètement, avec des exemples qu’on te fait faire pour que tu vois que avec ce que tu apprends en maths tu peux faire des trucs.
Alors oui avec les connaissances de lycée tu peux pas faire énormément de choses. Mais tu peux faire des petits trucs. On s’en fout si c’est pas un truc géant ! Juste un petit truc concret pour pouvoir dire : « aujourd’hui j’ai appris à faire ça ! » ou « comment ça marche ! » et pas juste « aujourd’hui j’ai appris à calculer 3 dérivés. Génial. Je sais pas ce que j’en ferai ».
Quand tu écoute les lycéens pas accrochés aux maths ils te diront tous « ça me sert à rien » alors qu’ils ne le diront pas de la physique ou de la chimie par exemple, qui pourtant dans la vie de tout les jours est pas forcément plus utile (je parle toujours de sciences de lycée et quand je dis utile ça veut dire qui te permet de faire un truc dans la vie courante) Par contre ça permet de comprendre comment quelque chose marche.
Bref, l’enseignement des maths est sûrement trop abstrait.
En même temps, je ne vois pas comment on peut faire des maths bien plus concrètes que ce qu’on fait au lycée en fait… Mis à part introduire plus de stats/probas mais bon, ça me paraît impossible de faire ça à peu près proprement, sauf éventuellement en stats où on pourrait approfondir un peu les bases.
Un autre problème : on ne peut pas vraiment faire de choses concrètes avec ce qu’on apprend actuellement. Ce qui veut dire réformer le programme, et voir ce qui pourrait faire un peu de concret qui serait à la portée es TS. Parce que quand on a eu des exercices du genre « application du concret », comme par exemple une équa diff qui te donne un exo sur un éthylotest, le genre de réactions que j’ai vu c’est du « osef, bourré ou pas je prends la route moi ». :open_mouth:

charlestiran a écrit:

Pas besoin de tout vouloir lisser. Les plus grands esprits mathématiques sont masculins. C’est pas dramatique. Elles se rattrapent dans d’autres domaines.
T’as bien raison ! Si on veut pas faire de maths laissez nous faire de la bio :smiley:
Et puis tant mieux pour les mecs ! Comme ça vous pouvez être les meilleurs quelque part :smiling_imp:

Bref après ce bébé troll, je pense que si on veux parler de déséquilibre homme/femme et de discrimination il y a pleins d’autre trucs à faire. Genre les catalogues de jouets avec les pages rose et les pages bleus… Moi je préférais ce qu’il y avait dans les pages bleues :grin:
Et puis dans les pages rose du trouve quoi : des cuisines, des berceaux, des accessoires de ménage !
Ce n’est qu’une manifestation d’une scission entre profonde de la société.
Adolorante a écrit:

En même temps, je ne vois pas comment on peut faire des maths bien plus concrètes que ce qu’on fait au lycée en fait… Mis à part introduire plus de stats/probas mais bon, ça me paraît impossible de faire ça à peu près proprement, sauf éventuellement en stats où on pourrait approfondir un peu les bases.
Un autre problème : on ne peut pas vraiment faire de choses concrètes avec ce qu’on apprend actuellement. Ce qui veut dire réformer le programme, et voir ce qui pourrait faire un peu de concret qui serait à la portée es TS. Parce que quand on a eu des exercices du genre « application du concret », comme par exemple une équa diff qui te donne un exo sur un éthylotest, le genre de réactions que j’ai vu c’est du « osef, bourré ou pas je prends la route moi ». :open_mouth:
Le concret en maths ce n’est pas que les stats et les probas encore heureux !
Je suis d’accord qu’on va pas assez loin pour faire des calculs très poussé mais je me rappelle d’un exo en seconde où il fallait faire calculer la meilleure façon de plier une boite de lait pour utiliser le minimum de carton possible pour le plus grand volume. C’était un exo super sympa pour appliquer la dérivation et les recherches d’extremum !
On en demande pas plus. Même si c’est un exo par semaine où le prof te laisse galérer un peu puis te laisse exprimer tes idées avant de te montrer comment on fait.
Ce que tu en retire c’est : « les maths ça sert à quelque chose. Si moi je peux faire un calcul qui sert pour faire des tetrapack alors que je suis en seconde et ben on doit pouvoir faire tout un tas de truc ! »
Ca peut aussi juste être une demi-heure ou une heure où le prof te montre dans quoi ce que tu as appris cette semaine est utilisé, sans forcément avoir des calculs à faire.
Ca rends les choses plus concrète et ça justifie l’étude des instruments et des outils.

Après est-ce que c’est vraiment ce manque de concret qui rebute, c’est peut-être pas la cause principale !

A rebours, on pourrait peut-être dire que ceux qui cherchent à fuir le concret et qui y arrivent par le moyen des maths s’y sentiront peut-être un peu moins bien. J’avais déjà un sentiment de vulgarisation au lycée et pour le coup, ça ferait peut-être Sciences et Vie le cours. M’enfin après si ça peut intéresser plus de gens, pourquoi pas.
Il me semble qu’avant, les sections C et D permettaient peut-être plus facilement à ceux qui venaient de D de faire des choses à portée plus concrète.

heavenhel a écrit:

Il y a déjà eu un débat de ce genre sur ce forum et quelqu’un avait posté un lien montrant que le désintérêt des filles pour les maths/info/physique était quelque chose de français et que dans plein de pays (à commencer par l’Allemagne et les pays du nord si je me rappelle bien), ce n’était clairement pas le cas (ce qui ne veut pas dire qu’elles étaient majoritaires, mais elles n’étaient pas moins nombreuses que dans les autres filières).
Je voudrais surtout rebondir là dessus.

Ca fait presque deux mois que j’étudie à l’université en Inde.

Ici, on voit :
Maths très théoriques, biologie : beaucoup de filles
Chimie, physique appliquée/expérimentale, électronique : beaucoup de garçons

Physique/biologie « fondamentale », informatique (et tous ses dérivés), MBA : ratio 30/70 je dirais (mais si on ramène au nombre total d’étudiants et d’étudiantEs, on se rend compte que ce « 30 » est plus dû au faible nombre de filles qui font des études sup. En gros on peut considérer que ce sont des filières vues comme « mixtes »).

Ca m’a un peu surpris au début, et puis un étudiant m’a expliqué que les matières qui demandaient d’être très très concentré sur quelque chose d’abstrait étaient souvent préférées par les filles parce qu’elles avaient une meilleure concentration et étaient plus studieuses. A l’inverse, les matières « où on peut toucher » et où on a besoin d’une plus faible capacité d’abstraction sont plus abordables pour les garçons. Il m’a dit lui même*** « nous, les garçons, on a besoin d’avoir un jouet dans les mains pour comprendre ! »***

Comme quoi, oui, cette pseudo différenciation est pour moi*** essentiellement culturelle et on n’a pas les mêmes stéréotypes partout***. Les maths c’est un peu un truc de bonhomme. A l’inverse, la biologie, voir la chimie (parfois considérées par des sous-disciplines par les cadors des mathématiques, d’ailleurs) sont plus féminines. Allez savoir pourquoi… Les habitudes, tout ça.

Je pense aussi qu’il y a pas mal de filles en BCPST parce que c’est une filière qui mène au soin des animaux (véto, mais pas que). Quand on voit le nombre de filles inscrites en médecine, en psycho, en école d’infirmièrEs… On se dit que peut être que les filles ont une plus grande tendance à vouloir se consacrer au soin d’autrui… Et des animaux, par extension.
Adolorante a écrit:

C’est parfaitement vrai, ce que tu mets en évidence, du moins à la mesure de mon expérience personnelle. J’ai l’impression que nous les garçons, nous avons globalement plus confiance en nous, et j’ai vu plus de garçons viser plus haut pour avoir plus bas (tout en en ayant conscience) que de filles, alors que j’ai plus de filles viser bas pour avoir plus haut (par peur de tomber plus bas que ce qui est espéré ?).
Je pense aussi.
Et puis, il faut voir aussi comment est perçue la prépa par beaucoup d’étudiants de terminale. La MP* est vue comme le saint graal. L’Ecole Polytechnique encore plus. Etre le meilleur en maths et un super-militaire, ça devient le fantasme de pas mal de futurs taupins (il n’y a qu’à voir le nombre de « je veux la meilleure prépa pour arriver à l’X » de gens qui n’ont probablement aucune idée de ce qu’on fait à l’X, à part du sport, tirer au famas, gagner de l’argent et « étudier des trucs cool »…) qui finissent par avoir l’impression que « ne pas être dans le top 10 = rater sa vie ». Après c’est la course au domaine le plus prestigieux possible (j’ai l’impression que ce qui porte le mot « finance » est à la mode en ce moment), au plus gros salaire…
J’ai l’impression que les filles sont moins dans le trip « je veux être la meilleure ». Peut être que c’est dû à un manque de confiance, peut être que c’est parce qu’on pousse moins les petites filles à « être les meilleures » alors qu’on pousse toujours les petits garçons à être « plus forts ».

Merci LaMouette, c’est super cool ce genre d’éclairages. :smiley:

Sinon, la dichotomie abstrait/concret me semble également assez fausse : il n’y a qu’à voir la faible proportion de filles dans des filières telles que la PTSI (où la dimension appliquée de ce qu’on étudie est assez évidente)…

Ouep mais c’est de la mécanique, c’est un truc de mec. Les établis en plastique sont dans les pages bleue :grin:

Bonjour,
J’interviens dans ce fil pour vous donner l’oeil d’un professionnel et quelques réflexions.
Vétérinaire, j’accueil régulièrement des stagiaires, dès la troisième. La scission est déjà très présente, voire plus qu’en CPGE. Il m’arrive certaines années de n’avoir aucune demande émanant de garçon. Personnellement je pense que les filles sont bien plus empathiques que les garçons, ce qui les attires vers les métiers de soins où elles sont très largement sur représentées. Par ailleurs ces métiers ont largement perdu de leur aura sociale ces 60 dernières années, Professeur des écoles, médecins, vétérinaires ne sont plus les notables locaux qu’ils étaient, cela se ressent également au niveau de leur place dans le monde politique qui a beaucoup décru. Les parents poussent-ils moins leurs fils vers ces études, ou le moindre prestige ne flatte-t-il pas la testostérone des garçons ?
Pour les études de commerces si le ratio Féminin/Masculin est de 1, c’est plutôt rassurant puisque cela doit a peu près représenter le ratio moyen de la population.
Pour les études à dominante mathématique, physique, chimie et SI, s’il y a déjà tant de filles en médecine et BPCST elles vont bien manquer quelque part, n’est ce pas ?
Ce qui m’interroge plus c’est pourquoi s’il y a un ratio F/M de 0,20 en MPSI il est déjà plus proche de 0,25 en PCSI ? Mais ce qui me semble plus frappant c’est qu’en MP il n’y a que 0,17 candidates aux ENS et 0,10 d’admises(choix). Et on retrouve la même chose en PC avec 0,27 candidates pour ENS, X et ESPCI avec une divergence au niveau des résultats ou plutôt des choix : ENS 0,2 X 0,25 et ESPCI 0,36 ( Et les différences augmentent si l’on regarde les choix pour des écoles beaucoup moins prestigieuses).
(Les boites de chimes Labo2000 sont-elles dans les pages roses des catalogues de jouet ?)

Ce sujet est intéressant car si la présence masculine est très majoritaire dans certains secteurs avec certaines remarques que cela peut induire, la féminisation très importante connue dans certaines professions ces dernières années entraine des conséquences, des transformations pas toujours positives (au moins pour le moment). Par définition les déséquilibres ne sont pas propices aux évolutions équilibrées, malheureusement critiquer ces déséquilibres est parfois considéré comme du machisme.

Meilleure question:
Sérieusement, qui cherche ses futurs jouets dans un catalogue?

Est-ce que cette question d’empathie est inné ou acquise toutefois ? Je dirai un peu les deux. Déjà il y a le fameux « instinct maternel » qui s’il n’est à mon avis pas aussi important qu’on voudrait le faire croire existe bien je pense (remarquez toutes les pincettes que je prends pour montrer que c’est mon avis et c’est tout :smiley: ).
Mais je pense que c’est accentué par l’éducation, notamment toutes les poupées qu’on donne aux filles et pas aux garçons (alors que certains voudrais bien jouer au papa et à la maman. Pas d’idée salace je vous pris :smiley: Je parle de garçons de 3-4 ans :smiley: ).

Comme tu le remarque il y a un attrait aussi pour la chimie. Et ce n’est pas que les métiers de soins mais la biologie en générale qui attire. Il faut voir les amphi de fac de bio ! Donc l’empathie et l’attrait vers les soins n’explique pas tout.
Après contrairement aux établis, les coffrets de chimie ou les mini-microscopes sont dans les pages mixtes si on continue par là :grin: (quoi ?! Oui j’aime encore regarder les catalogues de jouet à Noël même si j’ai 23 ans :grin: )
bullquies a écrit:

Meilleure question:
Sérieusement, qui cherche ses futurs jouets dans un catalogue?
Moi j’adorais faire ça. Je découpais les jouets que je voulais et je les collais sur une feuille blanche :stuck_out_tongue:
Mais après même dans les magasins de jouets tu as le rayon rose et le rayon bleu. Même dans les super-marchés à Noël !