Bonjour,
Je discutais avec un collègue aspirant-pilote, comme moi.
Lui était diplômé de Supaéro, je lui demandais où il bossait. Il ne bosse pas. Il travaille uniquement ses études et ses sélections de pilote de ligne.
Il me disait « tant qu’à faire un métier pour gagner de l’argent et me payer ma formation, je préférerais largement avoir mon propre camion à pizza ou ma boulangerie* ». Là j’ai tilté.
Moi aussi.
Plutôt qu’un job de bureau à rédiger des macros VBA, du code C ou encore des algorithmes trucmuche, je me plairais tout aussi bien voire largement mieux dans un job de chauffeur de taxi.
*Ce qui n’est pas sans rappeler ce que m’avait dit un éminent membre de ce forum en privé.
Certains vont au bout du raisonnement
<LINK_TEXT text=« http://www.lemonde.fr/campus/article/20 … 01467.html »>http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/11/19/ces-diplomes-des-grandes-ecoles-de-commerce-qui-ont-change-de-voie_5034312_4401467.html</LINK_TEXT>
Moi et mon collègue irons, nous aussi je l’espère, au bout du raisonnement en changeant de métier.
Si nos impots paient des fortunes pour financer les formations d’ingénieur ou de commerciaux de gens qui iront faire chanteur lyrique, vigneron, boulanger, patissier, ou encore conducteur d’engins.. n’a-t-on pas raté quelque chose ?
Vous qui êtes ingé plus ou moins jeune, avez-vous l’impression de faire le métier que vous voulez vraiment faire ?
Si non, pourquoi y restez-vous, et pourquoi avez-vous fait tant d’effort pour obtenir ce diplôme qui ne vous satisfait pas ?
Dans mon cas la réponse est simple : pour ne pas être au chômage (on appelle ça un job étudiant ou un job alimentaire)
La question subsidiaire serait :
Aujourd’hui on prend un Jean-Jacques surdoué en maths, et en sortie d’école on le propulse à la tête d’un projet ou autre poste pas très technique, il passera son temps à répondre à des mails alors que là où il est bon c’est la résolution d’équations différentielles. N’est-ce pas absurde ?
Forme-t-on trop d’ingénieurs techniques ? Ne ferait-on pas mieux de créer un genre de bachelor qui permettrait de faire la plupart des jobs effectués par des ingénieurs aujourd’hui sans pour autant frustrer les Jean-Jacques qu’on y met ?
A-t-on assez de travail disponible pour Jean-Jacques ?
Fais plein de fric, place la thune et devient rentier à 45 ans, tu pourras alors faire le job que tu veux sans crainte du lendemain.
Par contre, dis-toi un truc : à partir du moment où tu fais de ta passion un métier (piloter, cuisiner, conduire, bricoler, faire de la photo ou de la musique, etc), bah ça va être ton gagne-pain. Tous les putain de jours. Même les jours où t’as pas envie. Et de suite, ça devient vachement moins une passion, surtout si la lassitude arrive avant que tu perces vraiment (ou que tu te constitues une clientèle).
Quant à être chauffeur de taxi : espèce en voie de disparition, je donne pas 20-30 ans à la profession pour crever face aux voitures autonomes (qui pour le coup n’ont pas besoin d’être auto-entrepreneuses et de frauder le système social français pour tourner par flottes entières).
Sinon y’a des jobs pas voués à la disparition, qui ont du sens : pompier, artisan (si t’es doué), prof. Pour une deuxième vie, sans doute ? (Idem : jte conseille de prévoir un matelas avant pour compléter.)
Ne ferait-on pas mieux de créer un genre de bachelor qui permettrait de faire la plupart des jobs effectués par des ingénieurs aujourd’hui sans pour autant frustrer les Jean-Jacques qu’on y met ?
Un bachelor c’est 4 ans. C’est donc à un an près une école d’ingénieur.
(Ce qui est triste du coup c’est les Jean-Jacques doués en sciences qui partent dans ce super-bachelor au lieu d’aller à la fac ou en ENS faire des sciences ; ce qui est triste aussi c’est de pas valoriser davantage les filières fac qui pourtant forment de bons profils techniques.)
Perso je me lance dans les prestas par drones
le choix vient du fait que là où je vis c’est un marché encore vierge, qu’on rentre assez vite des sous, et que je peux être globalement indépendant. J’ai pas le temps d’ingénieurer pour le compte de quelqu’un à 36k€/an.
J’hésitais avec le fait de pousser un peu ce que j’ai fait dans mon projet de fin d’études et aller dans le domaine du logiciel de traitement d’images par machine learning (par exemple pour faire de la photogrammétrie), mais 1. avec du machine learning c’est trop incertain en terme de temps à investir en recherche et 2. je n’ai pas d’expérience dans le développement de logiciel, je suis vraiment resté au stade de scripting à chaque fois dans ma vie.
Peut-être plus tard si j’ai les moyens.
Bref ça n’a au final pas grand chose avoir avec mes études si ce n’est qu’on a conçu vite fait un vrai robot et approché les commandes pour drones, mais je ne m’en servirai pas pour le moment.
Avantage : là où je suis le diplôme d’ingé est utile par contre, ça permet de répondre à des appels d’offre publics et privés qui sont réservés à des bureaux d’études agréés (dont l’une des conditions c’est le diplôme)
les reconversions, c’est loin d’etre une nouveaute. et c’est tres loin de representer autre chose qu’une faible minorite d’inge diplome. donc si vos impots paient pour une formation de gens qui a 95% feront un metier en relation avec celle-ci, je ne suis pas sur que l’on puisse parler d’echec.
oui
peut etre que Jean-Jacques doit prendre un peu son destin en main et choisir les postes ou il fera plus de resolution d’equation que de mail.
sauf que la plupart des postes occuppe par des ingenieurs demandent a avoir au minimum des bases solides en sciences / techniques (ouiu, oui, on apprend des choses en prepa / ecole, meme si on ne s’en pas compte immediatement) et qu’au final ton bachelor prendra 4 ou 5 ans…
Vous pouvez vous reconvertir dans l’enseignement. On manque de profs de maths dans le secondaire.
Mais es-tu sûr que tu vas aimer être chauffeur de taxi ? Passer 10h dans la voiture pour gagner que dalle, franchement faut aimer.
Es-tu sûr que tu vas aimer être boulanger ? Te lever à 4h du mat tous les jours pour faire des croissants, et pas être sûr de les vendre, franchement faut aimer.
C’est ça le problème, c’est qu’on est atteint du syndrome de l’herbe toujours plus verte ailleurs. Alors qu’en réalité c’est pas tout à fait ça. Je suis convaincu qu’après 3 mois de chauffeur de taxi, tu te diras que faire du VBA c’était pas si mal…
J’ai un pote qui veut lâcher son très bon poste à AF pour ouvrir sa salle de squash. Il va sans doute pas le faire, mais s’il le fait c’est en tout état de cause : son boulot, il ne le supporte plus, et il s’est renseigné à fond sur son futur business, jusqu’à créer des fausses annonces internet pour voir l’intérêt des gens. C’est certainement pas un truc qu’on fait à la légère, surtout que c’est un coup à se ruiner (comme le taxi et la boulangerie).
Perso j’aime bien mon boulot, mais j’aurais préféré être footballeur pro. Après je travaille depuis 6 mois, donc j’ai une vision peut-être encore trop fraîche de mon boulot, et mon discours peut changer d’ici quelques années.
Quand je dis bachelor, je pensais plutôt à licence, en réalité.
Donc en trois ans.
Mais au global, on a beaucoup de gens capables de résoudre des équations différentielles et peu de postes qui le nécessitent.. Quand je m’adresse à mon entourage, peu ont des postes très techniques.
La raison est toute simple, on forme trop d’ingénieurs, et ils se retrouvent à descendre sur des postes qui auparavant étaient occupés par des techs.
Mais es-tu sûr que tu vas aimer être chauffeur de taxi ? Passer 10h dans la voiture pour gagner que dalle, franchement faut aimer.
J’ai pas dit que j’allais quitter mon job pour faire chauffeur de taxi, rassure toi![]()
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Il est vrai qu’il doit y avoir une bonne part du syndrome de l’herbe plus verte ailleurs.
Pour autant le fond subsiste.
On paie des formations d’ingé pour des jobs de tech derrière.
Jay ..
dim ( culture, formation) = dim (salaire, interet du boulot) > 1
Je pense qu’il y a deux idées. Premièrement le fait qu’on fasse des études pour un métier ne correspondant pas à nos attentes. Ensuite le fait que ceux qui semblent parmi les meilleurs en sciences n’en touchent plus sortant de l’école. La palme pour moi revient aux X-Mines. Avec ma très petite expérience dans les labos (je parle de labos en sciences appliquées et plutôt tournés vers l’industrie, pas de physique ou de maths fondamentales) que je côtoie ou auxquels je postule, j’ai l’impression que les stagiaires/doctorants/chercheurs sont majoritairement issus de CCP, voire de mines de province ou d’e3a (dont arts et métiers). C’est peut-être faux dans les labos parisiens. Soit je dis des bêtises, parce que par exemple il y a beaucoup plus de CCP que d’élèves venus de parisiennes ou de centraliens, soit il y a quelque chose de plus profond. Ca peut-être un salaire moyen (surtout qu’il faut souvent passer par la thèse voire un ou des post-docs) qui ne correspond pas aux prétentions de l’école, des étudiants attirés par le prestige de l’école et qui ne se soucient pas du tout de ses spécificités, ça a été de nombreuses fois relevées sur le forum (des estaca qui ont eu quelques cours avec des supaero m’ont raconté qu’ils étaient dégoûtés du peu d’intérêt que beaucoup de supaero portaient à l’aéronautique, quand eux étaient souvent passionnés). On peut y voir aussi une trop grande sélection en France par les sciences, qui en font un ascenceur social plus qu’un outil d’émancipation, de connaissance, ou de réflexion. Franchement je ne sais pas.
Sur la perte de sens dans son travail, qui est un sujet plus large, je pense qu’il faut vraiment passer du temps dans son métier pour se rendre compte que vraiment, ça ne nous correspond pas, en tout cas plus qu’un stage en école. Pour les ingénieurs certains le voient dès l’école, d’autres après. Ca a l’air plus facile de passer de l’« intellectuel » vers le « manuel » que l’inverse (sauf artisanat pointu). Je vois déjà qu’en faisant la même chose, mais dans une structure différente, je n’ai pas du tout la même motivation. Peut-être que certains ont besoin d’un changement d’équipe, d’endroit, de mission alors que pour les autres le changement doit être total. Pour les exemples de reconversion (dont tardives, vers 45-50 ans) que je connais, ça vient d’un choix réfléchi, avec un confort financier permettant de se lancer sans crouler sous les crédits. Par contre comme ça a été dit faire de sa passion son métier peut faire perdre la passion. Et c’est peut-être le cas pour les sciences, à se surspécialiser dans un projet on peut perdre l’aspect ludique de la science, voire nous en dégoûter, parce qu’on en fait trop, pas assez, ou pas de la manière qui nous plaît.
Dans notre cas, peut-être qu’à force de se voir en privilégiés, ce qui n’est peut-être pas totalement faux, on s’interdit de penser qu’on fait quelque chose qu’on aime pas. Peut-être également que penser qu’on est pas à sa place reviendrait à dire qu’on s’est trompé, et ça ne plaît pas à notre orgueil. Je fais partie d’une asso où on réfléchit notamment au sens du métier d’ingénieur, avec des personnes qui justement doutent du métier d’ingénieur (qui est très large évidemment) dès la 1A, le fait qu’idéalement dans notre métier on doit se sentir utile pour la société, qu’on doit éprouver (relativement) du plaisir à faire ce qu’on fait, sans pour autant sacrifier la vie hors travail. Et c’est difficile. Surtout quand on pense faire des maths de niveau au moins maths spé et qu’on fait des règles de 3 et des powerpoints. Je pense que tant qu’on est jeune il faut se mouvoir, essayer, et découvrir. On est quand même dans un domaine qui embauche, même si les salaires ne suivent pas, ça serait dommage de ne pas en profiter. Jusqu’à trouver ce qui nous plaît, ou alors justement découvrir que ça ne nous plaît pas et totalement changer. Au moins nous connaîtrons ce que nous n’aimons pas en connaissance de cause.
Je suis pas encore diplômé donc c’est un peu prétentieux d’écrire ces lignes, mais je le vois actuellement comme ça.
Tout à fait d’accord avec toi
Je n’ai aucun souci avec le contenu de l’école. Même si le niveau n’est pas fou, il est largement au delà de ce qu’on trouvera dans un poste d’ingénieur.
Et il est largement suffisant pour maintenir en éveil un jeune cerveau.
Par contre quand tu parles d’intérêt du boulot, c’est clairement là qu’on risque d’être en désaccord…
Pour moi, un ingénieur c’est quelqu’un qui répond à des mails (être ingénieur => répondre à des mails, pas l’inverse).
Certains jours, j’ai fini de dépiler mes mails à 16h30. J’aurais beau vouloir/avoir des choses intéressantes à faire, je n’aurais pas le temps.
C’est pareil pour nombre de mes caramades qui sont chef de projet ou job similaire.
Bonsoir ,en deux mots le Passive-income . Tout en travaillons vous pouvez en parallèle réfléchir sur une idée et développer un business en ligne qui aurait un rapport avec votre passion . En ce moment les vues et les follows c’est le pouvoir , si vous avez réussi a créer un grand following par rapport a votre marque de fabrique ,il y a des tas d’investisseur qui voudront financé vos projets , c’est comme cela que par exemple plusieurs marques de vêtements \ montres ont vu le jour a travers les réseaux sociaux . Ou bien , vous pouvez créer une plateforme en ligne d’apprentissage de divers savoir , comme skillshare , ou brillant.org . C’est très répandu aux US en ce moment , cela a permis la naissance de jeunes millionnaires de 17-21 ans . Si ce que vous créez marche et vous apporte suffisamment de revenus vous pourriez a ce moment la , prendre la décision de quitter votre travail . Enfin bon l’objectif n’est pas forcément que de ce faire pleins l’argents , Mais de gagner une certaine liberté financière , et avoir plus de temps pour les loisirs et profiter de la vie .
aux US, 4, si tu ne redoubles pas/ne fait pas de césure
Oui et non. A mon sens tu te plantes sur plusieurs points :
- Quand un tech rend une conclusion technique, il rend une conclusion de tech. Quand un ingénieur rend une conclusion, c’est une conclusion d’ingé ayant censément le recul/background technique et donc pouvant engager sa responsabilité sur le bien-fondé de cette conclusion. Raison pour laquelle en théorie, à poste égal on paie plus un ingé qu’un tech (parce qu’il vend aussi sa respo).
- Beaucoup d’ingés auraient été des techs dans une autre époque ; ça permet donc d’avoir plein de tech avec un peu de culture technique/scientifique (enfin plus qu’un tech ancienne école)
- on ne paie pas des formations d’ingés et plus généralement des études sup uniquement pour les compétences utilisables en entreprise derrière ! On les paie parce que l’éducation de la population est une nécessité pour qu’une société tienne et se pérennise ; donc on forme en fac et en GE pour bien plus que juste la finalité de ton taf deux ans après le diplôme.
La société t’a filé toutes les clefs en mains pour faire le job que tu veux dans le champ très vaste de l’ingénierie, elle n’est pas responsable si tu as atterri dans une boîte presse-bouton, ni responsable si les boîtes presse-bouton existent pour faire du presse-bouton, ou ne recrutent que de l’ingé A+ pour du presse-bouton. Et elle a bien raison de continuer à former au mieux un maximum de personnes. (Même si de facto ça baisse un poil la valeur du diplôme.)
Pas moi. Je fais mon cœur de métier 70-80% de mon temps, pour le moment. Très peu de mails, même si ça peu augmenter un peu à terme.
Mais là, tu confonds « avoir des responsabilités » avec « être ingénieur ». Si t’étais un ingé banc d’essai pure R&D, t’aurais pas du tout le même emploi du temps.
Encore une fois, je trouve dommage que tu réduises la profession entière (qui regroupe des réalités diverses) à juste ton poste à toi qui a l’air de moyennement t’enchanter (et tu devrais te casser si faire du mailing 6h/jour te branche pas). T’as largement eu les diplômes pour viser ce que tu voulais (à un moment faut arrêter, A+ = way good enough), si tu es à ce genre de poste c’est soit que le compromis thunes/temps libre te convient, soit que tu veux pas sortir de ta zone de confort, soit que t’as un impératif qui t’impose de rester (par exemple une compagne et des gosses ça fait réfléchir à deux fois avant de démissionner).
#Disruptif #StartUpNation #Agile #Skillshare #LREM #EnMarche(OuCrève) #MillionnaireAvant20Ans #FollowsandViews #Pipotron #Ueule #Brandname #SaclayIsTheNewMIT #RIPlaLigne18 #PetitAngePartiTropTôt #TyrolienneSaclay #PutainRetirezMoiMonCompte #HedgeFunds #InvestissementInnovant #LaPassionCompenseLaPrécarité #SuivonsLaModeUS
(En suivant les conseils d’oty20, Jay Olsen va ouvrir une chaîne YT et un compte Insta et passer les 800k followers et commencer le placement de produit pour des gazons artificiels bien verts à placer chez soi, on va tous voir flou
)
C’est grave mais je me suis dit exactement la même chose en lisant son post
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Mais non pas mon poste juste le mien..
J’essaie de prendre en compte tous les postes des gens de mon réseau.
A une époque je parlais beaucoup de moi, c’est vrai, mais depuis quelques temps j’essaie de généraliser un peu plus.
Alors bien sûr je ne connais pas tout, mais bon. Dans le même genre, on peut se demander l’intérêt d’être ingé A+ pour faire du PPT (conseil en strat/banque) ou du excel (audit), même si là, je caricature peut-être un peu vu que je ne connais pas ces métiers de l’intérieur ![]()
Si tu prends mon cas personnel, je suis très content de passer mon temps à répondre à des mails et de ne pas faire de science
Je trouve juste que c’est gâcher les environ 70-100k€ d’argent public investis dans ma formation supérieure.
Mon précédent job aussi, technique d’un niveau très peu avancé mais c’était passionnant.
Juste que j’aurais pu faire ces deux jobs limite en sortie de bac ou prépa… Le fait de demander un diplôme d’ingé c’est juste du gaspillage d’argent public, à mon avis.
Les jobs pousse-boutons existent et existeront toujours, il en faut.
Mon avis c’est que c’est de la surqualité que de former x milliers d’ingénieurs alors qu’on sait qu’une partie finira mécaniquement dans un job pousse boutons.
Idem sur la partie « gestion de projet », former un mec pendant 5 ans à faire des maths juste pour qu’il acquière un raisonnement logique de bon niveau, c’est de la surqualité … Une licence (bien en 3 ans, l’idée étant de ne pas trop en faire) pourrait largement suffire pour tous ces métiers là..
Ca c’est la partie qui concerne l’État.
Concernant les entreprises, j’ai bien aimé (au sens ironique hein) l’idée consistant à prendre les meilleurs techniquement et à les mettre sur des postes de manager, comme si le manager devait être le meilleur techniquement.. Je disais récemment sur ce forum qu’à mon avis, un manager doit avoir au moins un vernis technique. Mais si on prend le meilleur technique de l’équipe, on perd ses compétences puisqu’il ne pourra plus les employer autant qu’avant !
Tu poses la question dans le mauvais sens. C’est plutôt pourquoi les boîtes de conseil en strat/banque/audit aiment bien les ingés ? A mon avis, un mélange de prestige ancien (qui compte vu que tu vends « de la gueule » et du paraître aux clients) et de tête bien faite en sortant des études (à défaut d’être bien pleine).
Si tu prends mon cas personnel, je suis très content de passer mon temps à répondre à des mails et de ne pas faire de scienceJe trouve juste que c’est gâcher les environ 70-100k€ d’argent public investis dans ma formation supérieure.
Parce que tu es très très loin de te rendre compte que ta formation a structuré ton esprit et ta façon de penser. Tu n’as rien d’un lycée, ni même de quelqu’un de ton âge qui n’aurait pas fait d’études sup. Les études, ça structure, même en comptant la partie musculation du foie en 1A.
Juste que j’aurais pu faire ces deux jobs limite en sortie de bac ou prépa… Le fait de demander un diplôme d’ingé c’est juste du gaspillage d’argent public, à mon avis.
A mon avis c’est faux, pour les histoires de responsabilité et de recul énoncés plus haut.
Encore une fois, regardons les States, où le bachelor est la norme : 4 ans (au lieu de cinq en France), et faudrait voir le taux de césure btw. C’est pas si proche.
De plus, je conteste fortement ta qualification de « gaspillage d’argent public ». La formation de tous n’est jamais un gaspillage (même des gamins).
Mon avis c’est que c’est de la surqualité que de former x milliers d’ingénieurs alors qu’on sait qu’une partie finira mécaniquement dans un job pousse boutons.
C’est une bonne question : où cultive-t-on mieux les potentiels ? En entreprise ou sur les bancs d’une GE ?
Et honnêtement, je ne crois pas qu’un licence ait le background pour faire un taf de cadre (pas le mien en tout cas). Les compétences académiques oui, mais le monde ne se réduit pas aux compétences académiques pures : le relationnel joue, la capacité à gérer des projets, son temps, et prendre du recul aussi.
Idem sur la partie « gestion de projet », former un mec pendant 5 ans à faire des maths juste pour qu’il acquière un raisonnement logique de bon niveau, c’est de la surqualité … Une licence (bien en 3 ans, l’idée étant de ne pas trop en faire) pourrait largement suffire pour tous ces métiers là..
Ca c’est la partie qui concerne l’État.
Oui et non. Déjà t’es pas formé aux maths pendant cinq ans, hors X/ENS.
Ensuite, plein de gens formés en maths vont y toucher ultérieurement. C’est pas de la faute de l’Etat si t’as choisi les UE tech plutôt que pipo pour aller faire du pipo après. C’est tes choix. C’est pas non plus la faute de l’Etat si les boîtes préfèrent des bac+5 avec quelques rudiments de tech plutôt que des pipo purs ou des licences. Et je doute que niveler vers le bas les formations et généraliser la licence plutôt que le master soit pertinent pour l’économie. Ni même fasse des économies.
Concernant les entreprises, j’ai bien aimé (au sens ironique hein) l’idée consistant à prendre les meilleurs techniquement et à les mettre sur des postes de manager, comme si le manager devait être le meilleur techniquement.. Je disais récemment sur ce forum qu’à mon avis, un manager doit avoir au moins un vernis technique. Mais si on prend le meilleur technique de l’équipe, on perd ses compétences puisqu’il ne pourra plus les employer autant qu’avant !
Culture française. Je suis d’accord avec toi. Déjà, on sacralise trop les compétences tech pour des postes de manager (la faute entre autres à la longue tradition de l’X en matière de dirigeants formés académiquement), et ensuite on a surtout un gros tabou en matière de rétrogradation.
Quand quelqu’un est bon à un poste, on le promeut. Mais si jamais il est pas bon au n+1, c’est quasi impossible de le remettre au poste n. Ce qui pourtant serait sain. (Bref je crois que c’est un des travaux de Parkison : plus le temps passe, et plus les postes sont occupés par des gens incompétents.)
tu te contredis un peu la. Si les inge prenaient les postes de techniciens, ils devraient faire que de la technique. en fait, comme beaucoup, tu imaginais le poste d’ingenieur comme le super technicien ne faisant que de la technique et des sciences (en gros l’inventeur type Doc Brown), or ce type de poste a toujours ete tres minoritaires, et on a toujours demande aux ingenieurs d’avoir une vision plus large que uniquement la technique.
pour faire de la gestion de projet, il faut avoir une vision globale, de bonne qualite de communication, c’est loin de n’etre que des raisonnements logiques. et 5 d’ecole d’inge ne sont pas de trop (d’ailleurs, pour moi, l’ideal est de faire un ou deux postes operationnel avant de faire de la gestion de projet)
le problemeest plus complexe: pour changer de poste, comme pour devenir manager, il faut 2 conditions, que ta hierarchie le demande et que la personne l’accepte (ou que la personne le demande et que la hierarchie l’accepte. Donc oui, un inge tres bon techniquement, si il devient manager, ca peut etre une forme de perte pour l’entreprise. mais les personnes peuvent vouloir evoluer, faire autre chose. que faire si c’est le choix de cette personne ? a l’inverse, l’entreprise peut aussi avoir besoin de manager ayant des competences techniques. et qui sait, en position de manager, il peut amener encore plus a l’entreprise (ou etre une catastrophe, il n’y a pas de regle generale)
Merci pour la rectification, je confonds toujours les deux. ![]()
Siro : c’est justement à l’état d’adapter son offre au marché du travail. C’est valable surtout pour ce qui concerne les GE, car elles ne prétendent rien d’autre que former les futurs cadres du pays.
Si tu penses que mon esprit a été formé par x années d’études.. et que ça me rend différent d’un mec lambda.. qui aurait arrêté les études en troisième.. d’accord.
Mais par rapport à un mec qui aurait les mêmes compétences et qualités que moi, mais n’aurait suivi que une 1A en école, est-ce que la 2A et la 3A m’ont rééllement apporté quelque chose de plus au niveau du mode de raisonnement ?
Pour moi, ce qui a le plus influé sur ma compétence de professionnel, c’est le fait d’avoir un premier job dans une équipe de 20 avec une responsabilité de support au bureau d’études tout entier de la multinationale qui me faisait bosser.
Clairement pas le fait d’avoir suivi un nieme cours de thermodynamique ou même un atelier bidule en école.
Pour moi le principal souci de l’idée de raccourcir les études c’est que le marché du travail ne pourra pas supporter cette augmentation de travailleurs. Et mieux vaut un étudiant qu’un chômeur.
Ce que je dis c’est que tout ce qu’on fait en 2A et 3A, notamment des cours très avancés dans le domaine de la physique ou des maths (je pense à des choses comme la méthode des éléments finis, pour moi aujourd’hui ce n’est plus de la physique c’est redevenu des maths
), ça ne sert à rien pour plein d’ingénieurs.
Alors pourquoi ont-ils perdu du temps à les apprendre ? Avoir une vision plus large, ça veut aussi dire rentrer moins loin dans la technique et donc avoir moins besoin des cours associés
Pour moi la différence entre un poste d’ingénieur et un poste de technicien c’est … la technicité requise.
Répondre à des mails, réfléchir à des choses qui ne nécessitent aucune formation scientifique, c’est le quotidien de plein d’ingés et ça pourrait être fait par des personnes ayant une « licence de logique » et qui pourraient avoir comme titre de poste « intelligence non artificielle ».
Exemple :
On veut savoir la liste de critères à vérifier par un algorithme.
Un technicien en intelligence non artificielle est tout à fait capable d’aller lire le texte de réglementation associé et de pondre la liste des critères.
Ensuite, les compétences d’un ingénieur informaticien ne seront pas en trop pour implémenter le code.
Mais demander à un ingé informaticien de se palucher un document de 1200 pages avec des listes de critère dont il se demandera s’il devra les vérifier ou pas… ses compétences si chèrement acquises ne lui sont d’aucune utilité pour ça.
pour faire de la gestion de projet, il faut avoir une vision globale, de bonne qualite de communication, c'est loin de n'etre que des raisonnements logiques. et 5 d'ecole d'inge ne sont pas de trop (d'ailleurs, pour moi, l'ideal est de faire un ou deux postes operationnel avant de faire de la gestion de projet)
On est donc bien d’accord que l’expérience professionnelle a une importance cruciale.
Pour moi c’est largement au delà de l’école.
Siro : pour vérifier mes propos, la marche à suivre serait la suivante :
Prendre une promo entrant à l’X/ECP ou EMP. En prendre la moitié et les faire bosser dès la sortie de la 1A.
Puis deux comparaisons possibles : soit comparer les deux moitiés au bout de 4 ans (donc 2 ans d’école + 2 ans de taf pour les normaux et 4 ans de taf pour les autres)
Soit comparer deux ans après la sortie d’école, sortie s’étant faite soit en fin de 1A soit en fin de 2A.
le problemeest plus complexe: pour changer de poste, comme pour devenir manager, il faut 2 conditions, que ta hierarchie le demande et que la personne l'accepte (ou que la personne le demande et que la hierarchie l'accepte. Donc oui, un inge tres bon techniquement, si il devient manager, ca peut etre une forme de perte pour l'entreprise. mais les personnes peuvent vouloir evoluer, faire autre chose. que faire si c'est le choix de cette personne ? a l'inverse, l'entreprise peut aussi avoir besoin de manager ayant des competences techniques. et qui sait, en position de manager, il peut amener encore plus a l'entreprise (ou etre une catastrophe, il n'y a pas de regle generale)
Le cas typique est le suivant : la hiérarchie regarde les ingénieurs les plus compétents d’une équipe et leur propose de devenir manager.
L’ingénieur voit que cette évolution représente en réalité une promotion (car rares sont les boites où la voie expert rapporte autant que la voie manager) et l’accepte.. pour l’argent principalement.
Je discutais avec une collègue récemment qui me disait qu’on lui avait proposé de devenir manager, et quand elle a refusé le RH était très surpris. Il se sentait limite insulté (c’est mon exagération personnelle) « c’est la première fois que ça m’arrive, je ne comprends pas que vous ne vouliez pas de la promotion que je vous propose, etc.. » (c’est vraiment ce qu’il a dit)
Pour finir, je suis d’accord qu’avoir une population bien éduquée est un bon point pour un pays.
Mais ensuite, il ne faut pas s’étonner si une large part de ces sur-éduqués se sent sous-employée.