Bonjour à tous.
Je présente la situation devant laquelle je me vois confronté : je suis dans un lycée réputé « prison, très dur ». Il est dans les meilleurs établissements de la région. Taux de réussite au bac : 99% à peu près tous les ans.
Je suis en première S, et je souhaite m’orienter vers une prépa littéraire après le bac.
Le dilemme est que les notes ne sont évidemment pas les mêmes que celles d’un lycée « moyen ».
La professeur de lettres a pour but que nous ayions tous au moins mention bien (bon objectif) : un gars avait eu 8 de moyenne toute l’année avec elle, il a eu 17 au bac… passons.
Les notes sont donc satisfaisantes, mais pas exceptionnelles. Dans les matières littéraires, je suis dans les meilleurs de ma classe.
En anglais, le professeur est justement anglais, ce qui induit qu’il a tendance à noter sec.
Enfin, en histoire, la prof est une folle, et je ne dis pas ça parce qu’elle met des mauvaises notes.
Il n’y a qu’en Espagnol où le niveau est ce qu’on pourrait qualifier de « normal », je m’en tire avec 16/17 de moyenne.
En bref, ma question : je sais que les prépas ne tiennent pas compte du lycée d’où nous venons, et donc pas de son niveau (c’est ce qu’on m’a dit), donc à votre avis puis-je espérer intégrer une prépa.
Je suis évidemment conscient qu’il faut attendre les notes de terminale et du reste de l’année, mais ai-je une chance si je me maintiens ?
Si, les prépas tiennent compte du niveau du lycée : j’étais dans un lycée pourri, les exigences n’étaient bien évidemment pas les mêmes que si je venais d’Henri IV -j’adooore les clichés-, et aux portes ouvertes on m’a dit que je devais carburer si je voulais intégrer une prépa « prestigieuse » -avec toute la relativité et la connerie du terme ; je n’en ai pas intégré d’ailleurs^^-. Donc ne t’en fais pas, je pense que ça ira -bien que tu ne dises pas quelles notes tu juges satisfaisantes. Essaye de varier, dans ta liste de voeux, le niveau des lycée que tu présentes -ne pas mettre que des lycées « over-prestigieux » par exemple, car c’est un risque de n’être pris nulle part-.
Je pense que les profs regardent tes moyennes par rapport à la moyenne de classe, donc veille surtout à ça, pas à des notes brutes, veille aussi à tes appréciations. Sur la fiche que le lycée où tu es actuellement remplira au moment des inscriptions, il est écrit si ta classe est mauvaise/moyenne/bonne/très bonne, histoire de mettre tout le monde à égalité, pour éviter les situations que tu décris où des élèves très bons peuvent être lésés. Voilou.
Bonne chance, je ne sais pas si j’ai pu être utile…
Napo Khan a écrit:
je sais que les prépas ne tiennent pas compte du lycée d’où nous venons, et donc pas de son niveau (c’est ce qu’on m’a dit),
Il faut se méfier des « on dit » 
Les commissions des prépas tiennent compte du niveau du lycée. Tu dis que ton lycée est réputé « prison, très dur », je suppose donc que les prépas connaissent cette réputation, et qu’ils en tiennent compte pour juger les élèves de ton lycée. (Surtout que, vu le niveau moyen des élèves que tu décris, il doit y en avoir pas mal qui vont en prépa après…)
Merci à tous les deux pour vos réponses éclairées, je n’étais pas au courant de ce point.
Et comme tu dis, Cerise, les élèves de mon lycée vont souvent en prépa, enfin, « souvent », tout est relatif… D’ailleurs je vois que tu as fait l’ENS, tu en as peut-être rencontrés d’anciens de chez nous, il y en a quelques uns je crois.
Je ne cache pas que je pense quelques fois moi-aussi à cette prestigieuse voie s’il en est, mais c’est peut-être un manque de modestie…
Quoiqu’il en soit, merci.
Les prépas tiennent comptent du niveau du lycée quand elles ont des très bons et bons dossiers: à partir de là, toutes les portes te seront ouvertes. Autrement, adieu H-IV, LLG et cie.
pardon ?? je ne comprends pas ces abréviations, quel ignard je fais…
Napo Khan a écrit:
pardon ?? je ne comprends pas ces abréviations, quel ignard je fais…
C’est pas très grave, ce sont juste des raccourcis pour les lycées les plus sélectifs de la capitale: LLG=Louis le Grand et H-IV (ou H4) = Henri IV. Les deux sont situés sur la montagne Ste Geneviève, à environ 300m l’un de l’autre. C’est Henri IV le plus haut. À noter qu’il y a d’autres lycées très sélectifs un peu partout en France. Citons par exemple Ginette (Ste Geneviève) et Hoche dans le 78, Le Parc à Lyon, Fermat à Toulouse, Thiers à Marseille, etc.
NB: C’est une réponse sur les prépas scientifiques. La plupart doivent avoir aussi des prépas littéraires (qui semblent plus t’attirer) mais je ne suis pas sûr du niveau de sélectivité (Henri IV est d’ailleurs très sélectif [encore plus qu’en sciences] en littéraire).
Je prends aussi quelques instants pour te rappeler, peut-être futur élève de prépa qu’il y a des prépas dans presque tous les départements et qu’on peut intégrer depuis n’importe où (ce qui veut dire que ce n’est pas parce que tu ne seras pas pris(e) à H4 que tu ne pourras pas intégrer une ENS et ce n’est pas non plus parce que tu seras accepté(e) à H4 que tu auras une ENS).
Prends le temps de lire les topics sur la question sur ce forum, tu verras des informations utiles et avérées (plutôt que des « on dit »
)
Teteph a écrit:
C’est Henri IV le plus haut.
Plus haut sur la montagne, c’est incontestable. 
Merci, ça paraît en effet logique… de toute façon il est déconseillé de demander uniquement des lycées de prestige… et, sans penser à H4/LLG, j’en ai un près de chez moi, je commencerai par tenter celui-ci ^^ !
Pour revenir au sujet initial, je souhaiterais savoir si le latin entre aussi en ligne de compte pour l’acceptation dans une prépa. L ?
Si oui, au même degré que le français, philo, histoire… ?
Teteph a écrit:
il y a des prépas dans presque tous les départements et qu’on peut intégrer depuis n’importe où (ce qui veut dire que ce n’est pas parce que tu ne seras pas pris(e) à H4 que tu ne pourras pas intégrer une ENS et ce n’est pas non plus parce que tu seras accepté(e) à H4 que tu auras une ENS).
Euh en sup/spé c’est indiscutable… En littéraire par contre - et ce ne sont pas des « on-dit » mais des témoignages d’élèves de khâgne de Paris ou d’ailleurs ainsi que de normaliens - il est particulièrement difficile d’avoir une ENS venant d’un lycée de province!
Il semble que les accointances entre HIV et les jury d’Ulm sont encore plus fortes en littéraire qu’en scientifique 
doit-on comprendre que, de manière caricaturale, les provinciaux n’ont aucune chance d’entrer en ENS face aux Parisiens ?
P.S. : pour ceux qui peuvent répondre, ma question sur le latin est toujours d’actualité…
Philippe PATTE a écrit:
Différence avec des on-dit ?
C’est pas « on » qui dit, ce sont des personnes qui passent le concours de Paris ou de Province, et rentrent à normale (de Paris pour ceux qui ont le concours)
Est-ce bien honnête de colporter de telles rumeurs ?
Est-ce bien honnête de prétendre le contraire?
Sur ce, basta sur le sujet avant que ça ne dégénère (je suis pas très fier d’ouvrir le sujet, mais il faut bien dire à notre ami Napo Khan que les élèves des khâgnes de province - ou des « petites » khâgnes de Paris - visent souvent les iep ou la fac, et qu’une sous-admissibilité à normale est déjà considérée comme un haut fait!)
Taupalosaurus a écrit:
[quote=« Philippe PATTE »]
Différence avec des on-dit ?
C’est pas « on » qui dit, ce sont des personnes qui passent le concours de Paris ou de Province, et rentrent à normale (de Paris pour ceux qui ont le concours)
[/quote]
Ce ne sont pas des preuves. Si certaines classes sont favorisées du fait du copinage des profs et des membres de certains jurys, c’est très grave et bien pire que l’existence de polys de planches de concours récupérés par des candidats de certains lycées les années précédentes.
mais il faut bien dire à notre ami Napo Khan que les élèves des khâgnes de province - ou des « petites » khâgnes de Paris - visent souvent les iep ou la fac, et qu’une sous-admissibilité à normale est déjà considérée comme un haut fait!)
Est-ce que ça ne proviendrait pas d’abord de leur recrutement ? En coupe de France de foot, il y a au départ quelques centaines d’équipes (peut-être même plus encore) qui partent avec des chances égales de gagner … A l’arrivée …
Quelle analogie!!! (commencée par notre très cher Président de la république dans l’entre deux tour: les gens sont trop bêtes pour comprendre, faut leur resservir du foot!
) Je ne suis pas plus convaincu qu’elle soit fondée dans le cas de la prépa, mais passons…
Sur le reste, j’ai dit que je n’en parlerai plus, du moins en public. Les problèmes de copinages à Ulm sont aussi vieux que la cooptation dans les universités. En soi ça n’affecte pas trop les résultats, c’est juste dommage pour des gens qui triment pendant trois ans sans avoir de réelles chances.
Les situations en lettre et en sciences sont effectivement différentes. Pour Ulm le programme est spécial et seules quelques prépas peuvent se permettre de le faire car les élèves ont envie d’y aller. Les autres prépas ne faisant pas le programme de l’ENS ont fatalement moins de chance d’y faire entrer leurs étudiants.
C’est différent en science où toutes les écoles ont le même programme de concours.
Pour en revenir au post initial : la prépa PEUT tenir compte du niveau du lycée SI ET SEULEMENT SI le lycée est connu au niveau de la prépa. Exemple : imaginons que tu viennes d’un lycée privé super sélectif de Nantes et postule à Metz (pour cause de déménagement) … Là oui, tu seras pénalisé. Mais si tu restes dans ta région ou postule dans une prépa où plein de tes prédesseceurs sont allés, pas de problème ! 
CBP a écrit:
C’est différent en science où toutes les écoles ont le même programme de concours.
On peut quand même dire que les programmes des prépas sont (très) peu pris en compte, assez souvent, à l’ENS. C’est du moins le cas en mathématiques (ou par exemple, les démonstrations du théorème de Lagrange, les sommes de Féjèr, la décomposition de Dunford, la trigonalisation d’endomorphismes qui commutent, etc…, toutes hors programme, sont quasiment indispensables dans bon nombre d’exos d’oraux).
Ragoudvo a écrit:
[quote=« CBP »]
C’est différent en science où toutes les écoles ont le même programme de concours.
On peut quand même dire que les programmes des prépas sont (très) peu pris en compte, assez souvent, à l’ENS. C’est du moins le cas en mathématiques
[/quote]
Mais ça ne l’est pas en physique. En physique, on respecte le programme !
Même à Ulm. Ou alors j’ai eu BEAUCOUP BEAUCOUP de chance à l’oral … 
CBP a écrit:
Mais ça ne l’est pas en physique. En physique, on respecte le programme !
Même à Ulm. Ou alors j’ai eu BEAUCOUP BEAUCOUP de chance à l’oral … 
Globalement, c’est vrai. Les HP ont l’air un peu plus fréquents en MP en maths mais rares en physique, même en MP. Localement, ça peut quand même arriver de tomber sur du HP (j’ai eu un exo sur la méthode des images électriques lors du concours 97, j’avais jamais entendu parler de ça alors forcément, j’ai vécu un grand moment de solitude
).
Concernant la situation en prépa littéraire vs scientifique, c’est effectivement très différent. Une des principales différences est qu’il y a plus de places en écoles d’ingé que d’élèves en spé alors qu’il n’y a qu’une centaine de places aux ENS en lettres.
Concernant le latin, je pense qu’il est pris en compte, oui. Je vois mal un recrutement en prépa littéraire faire l’impasse sur le latin s’il a été suivi au lycée. Mais je ne suis pas vraiment le mieux placé pour répondre…
Teteph a écrit:
(j’ai eu un exo sur la méthode des images électriques lors du concours 97, j’avais jamais entendu parler de ça alors forcément, j’ai vécu un grand moment de solitude
).
Dit comme ça, forcément, ça calme, mais, par exemple (à l’époque), pas besoin d’avoir déjà vu le ghost d’un réseau pour faire un problème dessus … En revanche, si le HP est du vrai HP genre ça demande des outils « has been » (cf. les coefficient calorimétriques), là, oui, c’est pas top. 