Ahaha, désolée, il y en a qui bossent et qui se couchent tôt en ce bas monde
.
Stifmeister a écrit:
Merci de me renseigner sur la dureté et injustice du monde du travail, mais ici on parle de concours 
Ca n’a rien à voir donc, ici on est là pour évaluer de la manière la plus précise qui soit un candidat, enfin c’est là l’intérêt des écoles …
Dans la vie, c’est aussi un concours permanent
. Tu te battras toujours pour avoir un boulot, pour le garder, pour avoir ta promotion, pour avoir la place sur ce super projet qui est en train de se monter ou ta mutation au bord de la mer… Ca n’est pas si différent. La différence principale, c’est que le concours que tu passes à la fin de la prépa se concentre sur des épreuves très, très préparées et sur des élèves qui l’ont préparé intensivement en sachant à quoi s’attendre. Ce qui n’est pas plus mal en soi, mais je trouve plutôt positif qu’une ou deux épreuves permettent de sortir un peu des épreuves purement techniques. On ne recrute pas des ordinateurs qui savent calculer très vite…
Ne t’en fais pas pour moi, j’ai bien compris sur quoi on était évalués, ayant eu 16 l’an dernier (avec un travail hyper fondamental qui m’a pris un temps fou) et 17 cette année. (avec du vent)
Le problème est que l’on est évalués notre prestance comme tu le dis (enfin c’est ma théorie, puisque le chaos complet des notes ne trouve pas d’explication dans ma classe), OR l’épreuve entend valoriser une certaine approche de la recherche.
Oui, bah c’est ça, si jamais tu fais de la recherche un jour, tu verras que c’est plus ou moins pareil
.
On « n’évalue » pas les gens que sur leur rigueur et leur travail, il y a un tas d’autres paramètres qui entrent en jeu…
Et oui, le but de cet épreuve est bien de valoriser le « travail en profondeur » et de constituer « une première approche à la recherche » puisque c’est CA et non l’expression orale comme tu le dis qui est mis en avant dans les rapports, il serait donc logique que la qualité du travail prime, comme c’est le cas au TIPE ENS (il y a là une forte corrélation entre la qualité scientifique du travail fourni et la note d’après ce que j’ai pû voir)
Or dans les faits, c’est bien l’expression orale qui semble être le critère principal de notation, étant donné la subjectivité affolante des notes.
Certains se seront sans doute distingués (ou pas) par leur travail grâce à un jury attentif mais je 'ai que des preuves du contraire alors …
Si on voulait juger la qualité du travail et le travail en profondeur, on demanderait aux élèves de pondre un dossier de recherche de 100 pages (une thèse, quoi). D’ailleurs, en effet, il me semble que c’est bien le cas aux ENS.
Avec juste une présentation, tu n’as pas du tout le temps de chercher l’approfondissement du travail. Tu as le temps de jauger la qualité de la présentation, la cohérence et la pertinence de la démarche et des résultats. Si ça a l’air foireux, tu creuses un peu pour voir. Si ça a l’air solide, tu creuses un peu mais tu seras un peu moins méfiant.
La première impression compte donc énormément : si tu es droit dans tes bottes et clair dans ce que tu expliques, ça passe nettement mieux que si tu bredouilles ou que le jury ne comprend pas exactement où tu veux en venir.
Je n’ai jamais dis qu’il était impossible d’évaluer la prestance du candidat
Il faut remplacer ça par un entretien comme le fait le CCEM je crois, épreuve bien plus pertinente que tout le reste des épreuves orales par ailleurs, au moins ici pas de non-dis, pas de surprise, et les gens apprendront à se vendre après leurs écrits, ce qui leur sera bien plus utile dans le « monde du travail ».
On pourrait aussi ne mettre que l’ADS mais là encore trop de disparités entre les niveaux des textes en pratique …
Ok.
Je me laisse à dire que combiner l’ADS (qui subit quand même une « harmonisation » entre les textes, comme toutes les autres épreuves : ceux qui ont eu un dossier plus facile auront une moyenne semblable aux autres) et le TIPE (qui permet une préparation) permet de ne pas plomber ceux qui sont moins à l’aise à l’oral et qui ont, justement, besoin d’une préparation (et oui, on juge sur le niveau oral, mais ça ne me choque pas qu’on s’y prépare
).
Soxix a écrit:
@anon85517947
Très franchement, l’aspect de l’aisance à l’oral comme argument, je sais pas si c’est totalement recevable, on m’a toujours dit que j’étais « agréable à l’oral », avec assez de tonus etc. Donc on repassera.
Pour moi le paradoxe du TIPE c’est qu’il ne s’agit pas seulement de vendre, il s’agit de prouver que l’on a bien fait notre boulot, alors qu’en entreprise, on s’en contrefiche.
Je te crois quand tu me parles de ton aisance à l’oral.
Cependant, tu peux être à l’aise à l’oral (= j’ai fait des années de théâtre, je ne suis pas timide, j’ai l’habitude de parler en public) et être un peu passé à côté quand, en situation de stress, on t’a donné quelques minutes pour expliquer et clarifier un concept que tu avais bien compris.
On ne se contrefiche pas du fait que tu as fait ton boulot : si je dis à mon client que la solution que je lui propose va peser 4 grammes de plus, que la structure tient, que mon matériau super révolutionnaire a les mêmes caractéristiques mécaniques que l’ancien et que le système va bien faire passer le couple avec X% de marge, il faut qu’il me croit.
Si j’ai l’air de lui vendre des tapis, il va m’emm*rder pour voir où est le point faible (au mieux) ou aller voir ailleurs (au pire).
On en revient au même : tu as quelques minutes pour convaincre que ce que tu as fait tient la route, et ils n’ont pas le temps pour le vérifier, donc ils se basent sur leurs impressions.
{quote]Et puis, je ne vois pas trop le rapport entre client et jury. Il me semble que, niveau connaissance le jury nous est supérieur alors que dans votre cas, il s’agit de vous, je suppose. Il s’agirait donc de faire plus de la vulgarisation scientifique pour vendre non ? (Je ne sais pas)
[/quote]
Et non
. Je laisse les acheteurs et les commerciaux faire leur tambouille.
Moi, je suis face à des mecs bien plus calés que moi, parce qu’ils sont plus expérimentés, mais aussi parce qu’ils sont sur ce projet depuis plus longtemps.
Et aussi… Parce qu’ils ont également d’autres équipementiers qui leurs proposent d’autres solutions que la mienne. Ou alors la même solution. Je ne suis pas la seule « candidate » ! Donc en plus, ils peuvent comparer les prestations entre elles.
En ce qui concerne la thèse, il y a un rapport écrit a délivré avant la présentation il me semble non ? Le jury a donc déjà quelques notions.
Idem pour la thèse en 3min, il s’agit plus de vulgariser non ?
Pas de vulgarisation, mais une présentation synthétique. Tu parles état de l’art - objectifs - méthodes - conclusion et t’as déjà dépassé le temps si tes phrases sont trop longues
.
Finalement, le TIPE, ou une autre présentation, doit donner une « envie », un « besoin », si je comprend bien ? De la publicité en somme ? Faire rêver à défaut d’expliquer ?
Tu dois donner envie, séduire. Comme à chaque fois que tu t’exprimes d’ailleurs ! Tu dois convaincre et considérer la personne en face comme un « receveur ».
Faire rêver un scientifique, ça passe aussi par l’explication, par la « « démonstration » ». Si tu fais un exercice de maths au tableau (disons, complètement au hasard, en oral de maths pour un concours quelconque), tu dois convaincre ton jury que tu maîtrises ton cours et le programme.
Tu présentes un TIPE, tu dois convaincre le jury que tu as fais un travail exemplaire au long de l’année et que tu mérites un 20.
Tu vends une voiture, tu dois convaincre ton client que cette voiture est exactement celle qu’il lui faut.
Tu vends (exemple complètement hasardeux) une pièce d’avion, tu dois convaincre les ingénieurs en face que ta solution est la meilleure et toi et ton équipe sont idéaux pour la mettre en oeuvre.
Tu vas à ta banque avant d’acheter une maison, tu dois* convaincre* ton banquier que tu arriveras sans aucun souci à rembourser un prêt.
Hoetre a écrit:
Ah le TIPE… Je me rappelle en 3/2 j’avais eu 18 en présentant un algo dont je n’avais jamais fait le code (j’avais pas réussi), et j’étais même allé jusqu’à faire mes « captures d’écran du résultat renvoyé par l’ordinateur après excécution de l’algorithme » avec Paint.
En fait ce qu’il faut comprendre du TIPE, c’est que c’est une épreuve de paraître. Ce qui compte, ce n’est pas de savoir faire, d’avoir fait, d’avoir beaucoup travaillé… Mais d’avoir l’air de…
Ça peut sembler scandaleux quand on est en prépa où on passe 90% de notre temps à bosser et à vouloir être jugé sur notre intellectuel, mais en fait c’est pas si bête. Dans la vie, des moments où on va vous juger en 10 minutes sur la façon dont vous vous exprimez, vous comportez, vous défendez un projet - et par extension votre personne - sur lequel vous avez travaillé (quand bien même le projet est bidon), il y en aura probablement beaucoup ^^
Selon moi, ce qu’il faut comprendre c’est que :
- Le TIPE c’est du « pipo » (ie un résultat non corrélé à la quantité/qualité du travail fourni en amont)
- Le pipo, c’est pas si absurde que ça, parce que dans la vie, le paraître, c’est vachement présent. (Évidemment ça dépend des secteurs d’activité, etc. mais quand même).
Je suis entièrement d’accord (et particulièrement pour la partie soulignée, c’est ce que j’essaie de faire comprendre
).
Petite anecdote supplémentaire : en Inde, j’étais scandalisée de voir qu’on pouvait négocier sa note et sa moyenne.
On m’a répondu que dans la vie, tout se négocie (un contrat, un prix, une augmentation, un produit, une vente…), et donc que c’était tout à fait normal de donner un bonus à quelqu’un qui négocie et argumente bien.
Après tout, dans la vie professionnelle, on préférera avoir un mec solide techniquement + bon vendeur plutôt qu’un mec un peu plus solide mais pas vendeur. Donc c’est normal que le premier ai une meilleure note que le second.
C’est un peu trop extrême à mon goût… Mais c’est l’idée. 