Objectifs de féminisation dans les classes préparatoires scientifiques

Le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique lance une consultation publique sur l’industrie verte.

Une mesure proposée concerne les CPGE : Expérimenter l’introduction d’objectifs de féminisation dans les classes préparatoires scientifiques pour

favoriser la féminisation des métiers industriels et scientifiques clefs à la décarbonation de l’économie

Et voici en quoi consisterait cette mesure :

Cette mesure consiste à introduire des objectifs quantitatifs contraignants de féminisation des classes préparatoires scientifiques de sciences dures (MP/PC/SI).
Par ailleurs, il s’agirait d’ouvrir des voies d’accès aux écoles d’ingénieurs depuis les classes préparatoires BCPST (« agro-véto ») et BL (littéraires éco-sciences).
L’objectif serait d’atteindre dans toutes les écoles 30% en 2030 et 40% en 2040.

Il est possible de donner son avis : https://dialogue-make.org/fr/industrieverte/projects/quotas-femmes-ingenieurs

Je ne sais pas comment seront pris en compte les avis, mais je vous encourage à donner le votre.

C’est fait !

Pour ma culture, pourquoi y a t il davantage de femmes à l estp ?

La votation comme on dit me semble très curieuse.
On a l impression qu il s agit non pas de donner aux femmes la place qu elles méritent, mais de rendre l ingenierie davantage terre-compatible en la féminisant.
Comme si les hommes ne pouvaient qu être foncièrement insensibles aux questions environnementales…
C est un raccourci qq peu sexiste.
Et même si tel était le cas, peut être y aurait il des actions à conduire de ce côté là.

Pour les solutions :
Le quota positif me semble une très mauvaise idée. Si on va par là pourquoi ne pas imposer 50% d hommes en droit, médecine, véto, psycho, etc
Tout se passe évidemment bien avant la prepa.
D ailleurs un intervenant du forum a bien expliqué que le ratio était respecté parmi les admis dans sa cpge mais que les filles ne venaient pas.
Peut être vont elles en post bac (insa et cie…). 1 ingénieur sur 2 n a pas fait de cpge. Dès lors pourquoi imposer un quota aux cpge ? Pour la symbolique ?
Qu est ce qui se passe si une PT ne remplit pas 30% de filles ? On la pénalise ?

Concernant l élargissement des écoles aux Bcpst et aux bl ça me semble une excellente idée.
Pour les bl c est forcément plus limité, mais il pourrait y avoir davantage d écoles d info que les 3 du geidic.
Pour les Bcpst en revanche, cela pourrait être bien plus élargi.
A ce jour ça ne concerne que le top4 (x CS mines ponts) et quelques écoles de chimie).
Cela pourrait être bien plus large.
Ça vaut également dans l autre sens d ailleurs où les ouvertures restent très timide (quelques écoles de bio offrent qq places aux pc et depuis cette année, qq places à agro paris et bordeaux).

Pourquoi y a-t-il autant de femmes à l’ESTP ?

Probablement un attrait pour le bâtiment.

Mais je n’ai pas les chiffres par filière. Filières qui n’existeront plus à la rentrée.

Édit : enquête 2022
https://www.google.com/url?q=https://www.estp.fr/sites/default/files/ee_ingenieurs_2022.pdf&sa=U&ved=2ahUKEwjlusLkhZD-AhVaaqQEHfZ_DuAQFnoECAUQAg&usg=AOvVaw0jcqHeMFI3Wy6DBjL8KgqW

Merci pour le lien
J’ai répondu

Je trouve également douteux le lien entre féminisation et industrie verte.
Simplement, féminisation des métiers techniques, tout court. Industrie verte ou pas.

et je suis également d’avis que c’est plus tôt qu’il faut intervenir dans la scolarité si on veut féminiser ces métiers.
S’ils veulent féminiser ces métiers, il faut susciter des vocations, et pour ça, ca commence jeune.
Je vois ma fille qui se tourne vers des études d’ingénieur en informatique. Elle a commencé à coder dès le primaire en scratch… Elle a commencé par des ateliers découvertes (gratuits). Ca commence même dès 5 ans ce genre d’ateliers mais ils sont rares, vite complets et dépendants de bénévoles…
Coding club réservé aux filles ensuite au collège avec des encadrants et des intervenants 100% féminines. Bref, c’est ca qui a fait germé son envie d’aller vers ses métiers. Que les CPGE mettent un quota de filles, franchement, ca n’aurait aucune influence…
La MP2I qu’elle souhaite, c’est juste la suite logique à son choix d’orientation qui a été fait avant.

Tout se passe évidemment bien avant la prepa.

« evidement », ca me parait tres discutable. Quoiqu’en soit sans etudes statistiques, tout n’est qu’opinion.
En tout cas ce n’est pas ce que raconte Nicolas Berkouk dans son stage de recherche de l’X puis plus et puis apres avoir un peu grandi (bon evidement on parle d’un chercheur tres junioir)

https://www.cairn.info/revue-sociologie-2018-2-page-169.htm

et la version liberation (forcement un peu orienté):

https://www.liberation.fr/france/2018/10/05/a-polytechnique-l-entre-soi-en-taille-xxl_1683480/

pour faire vite: la prepas accentue(rait) les inegalités sociales.
Et il y aurait une difference dans la preparations au concours de l’X, en paraphrasant le rapport de stage :

un eleve ayant effectué sa prepas au lycee Sainte Genevieve à 2.4 fois plus de chance d’etre admis qu’un candidat l’ayant effectuer au Lycee LLG, toutes choses egales par ailleurs y compris le niveau de note obtenu à l’ecris

Bien sur on parle des vieilles données (debut des années 2010) et manipuler par un eleve.

Ailleurs d’autres jeunes polytechniciens, se pose le meme genre de questions

Diversité et parité : la question de la parité dans le concours d’admission à l’X ne doit pas être
traitée séparément des questions de diversité sociale.
[…]
D’une part, il faut faire évoluer le concours. Il n’est pas question
d’en supprimer le caractère sélectif. Mais la sélection doit
être plus juste. Or, pour la préparation, les classes préparatoires
les plus performantes se sont concentrées et les candidats
les moins favorisés sociologiquement se retrouvent dans des
classes qui font « l’impasse » sur le concours X-ENS. Il faudrait
élargir ce concours, qu’il soit véritablement incontournable
et que des préparations effectives soient présentes dans plus
de lycées à classes préparatoires et davantage dans les
territoires

https://www.lajauneetlarouge.com/wp-content/uploads/2020/02/La_Jaune_et_la_Rouge_753_14-15.pdf

Certes dans les deux cas il s’agit de jeunes et les vieux savent ce qu’ils convient de penser de cette especes. Mais ceci dit, il ne faut pas trop avoir de certitude…

W.

L’X c’est quand même très limitant
Il y a également beaucoup plus de chance d’intégrer l’X quand on est enfant (on va éviter fils de ) X statistiquement parlant

L’X en plus c’est une École Militaire, cela rajoute encore une couche à la question de la féminisation dans les sciences dures

C’est dingue de tout ramener à l’X.

Il y plus de 200 écoles habilitées par la CTI.

Oui, le problème se situe bien avant la prépa. Pour avoir plus de filles en école d’ingénieur, il faut avoir un vivier plus important de filles en Terminale avec la spé maths.

Un joli délire. Pour féminiser cela se passe bien avant la prépa. On pourrait commencer par jeter la réforme du lycée.

Oui, le problème se situe bien avant la prépa. Pour avoir plus de filles en école d’ingénieur, il faut avoir un vivier plus important de filles en Terminale avec la spé maths.

il semblerait plutot que le probleme se situe a tout les niveaux. Enfin meme la caracterisation du probleme n’est pas simple : les etudes de medecines qui sont scientifiques, prestigieuse et selective sont largement feminisée.

Ceci dit j’ai ecouté recement la soutenance de projet BI de deux etudiantes de MIAGE et elles avaient choisies de parler des femmes et des STEMs. Quand je leur ai poser la question de leur resenti personnel, l’une m’a dit qu’elle avait resenti une « attente » du millieu scolaire pour qu’elle fasse plutot de la medecine que de l’informatique.

Mais bon il est facile d’etre comme Fabrice a Waterloo, sans etude statistique, on ne fait que donner son opinion etayer ou non d’une experience personnel d’etudiant ou d’enseignant.

Il y plus de 200 écoles habilitées par la CTI.

En effet et il semblerait que la distribution selon le genre et/ou la classe sociale ne soit pas homogene (sans meme parler des outilines comme textiles de Roubaix)

Les études de médecine ne sont pas féminisées.
Elles sont très majoritairement féminines (on doit facilement être autour de 70% d’une promo en p2). Je dirais que c’est à peu près du même ordre que la voie BCPST.

Pour moi, il y a essentiellement deux causes à traiter :

  • le vivier en math pur
  • la projection dans un métier « technologique »

Merci pour le partage.

mathis9681, post:6, topic:134337 a écrit:

En tout cas ce n’est pas ce que raconte Nicolas Berkouk

Blanchard, Orange et Pierrel (2016), CEPREMAP, ‹ Filles et maths, une équation insoluble ›. ont adressé spécifiquement ce sujet, un an après le travail de Nicolas et de son maître de stage, dans un dossier long et détaillé.
Une autre analyse qu’ils ont mené en 2014 était citée par Nicolas, et exhibait les biais de recrutement identifiés rue d’Ulm (et très certainement connue de Denis, que vous citiez également.)

Il fait généralement consensus que le problème se situe à beaucoup d’endroits, dont en particulier ‹ bien avant les études supérieures ›.

Certaines analyses présentes dans ce rapport vont dans le sens de ce que souligne Feedback., à savoir :

  • les « variations dans les aspirations scolaires » qui contribuent à la distribution différenciée des filles et des garçons dans l’enseignement supérieur.
  • l’assignation d’un genre à une discipline de façon mécanique et figée » .

Les auteurs distinguent (je simplifie et paraphrase, mea culpa)

  • les aspirations scientifiques féminines (dynamique des disciplines et ouverture des possibles féminins ; Sens du classement et sens du placement, et la structuration sociale et scolaire des classes préparatoires scientifiques et sursélection des filles)
  • les Horizons professionnels et destinées féminines (métiers genrés, recomposition des métiers scientifiques et places vacantes pour les femmes, ascétisme scientifique et éloge de la disponibilité permanente)
  • la notion de qualité d’esprit scientifique, inégalement partagée
  • les verdicts scolaires qui sont à l’origine de la construction des aspirations
    (e.g. la structure sociale des jugements professoraux et la capacité inégalement distribuée de « s’autoriser à vouloir »)

On retombe assez rapidement dans la notion de « sexe du savoir », ou « sexe des savoirs », qui est finalement un problème pas si moderne que ça, d’après certains auteurs.

Au passage,

moxinilian, post:7, topic:134337 a écrit:

L’X c’est quand même très limitant [..]
C’est dingue de tout ramener à l’X.

Oui, et re-oui.
C’est dingue, absurde, et ça ne fait rien avancer.
Surtout dans une institution aussi critiquable sur cette question de féminisation, qui visiblement reste loin d’avoir compris (ou appris, ou eu tenté d’y faire) grand chose.

mathis9681, post:6, topic:134337 a écrit:

Certes dans les deux cas il s’agit de jeunes et les vieux savent ce qu’ils convient de penser de cette especes. Mais ceci dit, il ne faut pas trop avoir de certitude…

Certains co-auteurs doivent être comblés de se sentir rajeunis ainsi.

C’est dingue, absurde, et ça ne fait rien avancer.

Ca depend à quoi on s’interresse. Si on regarde l’acces aux positions de pouvoirs / technocratiques en France, regarder le cas de l’X me parait, à moi pertinent.

Si on s’interresse surtout aux mathematiques, on ne parle plus forcement des ecoles d’ingenieures mais possiblement de l’ensemble des grandes ecoles avec des maths aux concours (si on voit les maths comme un matiere selective) et si on prend les maths comme disciplines scientifiques, plutot les concours de recrutement du CNRS et des universités et du passage de rang B au rang A.

Si on s’interresse à la mecanique ou au stem en generale c’est encore autre chose et ainsi de suite.

Il y a une litterature ambondante sur le theme fille et STEM (notamment anglo saxone) mais je n’ai pas connaissance qu’on soit arrivé au bout du probleme.



W.

PS Le rapport de stage de N Berkouk n’a qu’un auteur. Il s’agit d’un stage (apparament de troisieme année) de effectuer de mars à juillet 2015 sous la direction d’un chercheur du CNRS. D’ou ma reflexion sur l’age de l’auteur. Evidement aux ames bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des année.

Imposer des quotas de filles aux CPGE si on ne fait rien d’autre par ailleurs, c’est complètement aberrant. Ca ne changera pas l’attractivité de ces filières pour les filles (on a bien des quotas d’appels de boursiers imposés depuis des années, ça n’a pas fait miraculeusement bondir le nombre de demandes de boursiers, et sans les « échelon 0 bis » qui sont souvent des élèves issus de CSP pas spécialement défavorisées, on serait toujours aussi nuls de ce point de vue). Et même si on force vraiment les lycées à respecter ce quota, soit on créera des classes à deux niveaux, soit on forcera aussi les écoles à respecter des quotas au niveau des admissions et là on sera carrément revenu à un équivalent des concours ENS pour filles d’il y a quelques décennies, je ne crois vraiment pas que ce soit ça vers ça qu’on ait envie de se diriger. Il faut réussir à faire changer les mentalités en amont pour que l’équation « scientifique+fille=mèdecine » soit moins systématique, et déjà essayer d’annihiler un peu les effets désastreux de la dernière réforme du lycée de ce point de vue (pour mon lycée, la proportion de dossiers féminins pour les demandes de MPSI ont encore diminué de façon très sensible par rapport à l’an dernier…).

On peut aussi se demander pourquoi les filles se tournent plus vers médecine ou droit? ….ce sont des métiers tournés vers l’humain, des vocations pour un certain nombre. Peut-être cela attire moins les garçons ou se sentent ils moins à l’aise avec ça, et sont plus attirés par des métiers techniques.
Personnellement, j’étais très « matheuse » et j’adorais cette matière, je dirais ma matière préférée au lycée, et j’ai fait médecine par « vocation » ….mon mari est ingénieur et vraiment ce n’est pas un métier qui m’attire.
Mettre des quotas ne servira pas à grand chose, ce sont les aspirations qui sont différentes….ou peut-être cela se joue dans l’enfance, dans l’éducation ?

Pour la petite histoire dans le lycée de ma fille il y a une petite « sélection « pour suivre maths experte. Quand ma fille a été prise j’ai reçu une très gentille lettre pour me féliciter de la réussite de …. mon fils (ma fille a un prénom clairement féminin). Anecdotique mais ça donne une idée du chemin qui reste à parcourir en effet en grande partie en amont de la prépa.

Pas répondu.
A quoi ça sert concrètement cette étude ? De quelle façon les réponses vont être utilisées ? Quel rendu des études précédentes, puisque visiblement ils en font régulièrement ? D’autant plus que, sauf erreur, ils s’appellent .org alors que c’est une SAS en vrai avec une SARL au capital .
Source

https://b-reputation.com/fr/public/820016095

Je me méfie un peu des organisations citoyennes quand je ne vois pas exactement à quoi ça sert.
Bonne soirée

Ça m’énerve d’autant plus qu’un des actionnaires serait un ancien polytechnicien….

Un exemple d’une consultation récente du même ministère sur la même plateforme sur un tout autre sujet, les influenceurs :
https://www.economie.gouv.fr/influenceur-createur-contenu-mesures-encadrement#
Cela peut donner une idée de ce à quoi cela mène, même si ce n’est pas sûr que cela aboutisse toujours au même type d’actions.

Au risque de me faire sortir je pense que discrimination positive et consultation citoyenne font plus de déçus et de mécontents que de satisfaits.
Dans le cas discuté ça se fait au détriment du mérite.
D’aucun diront que le mérite et la réussite scolaires ne sont pas égalitaires.
Je pense qu’ils confondent égalité et égalitarisme.
Pour moi les trois principes de notre République sont depuis longtemps détournés.
L’Egalité est l’égalité de tous devant la loi; c’est à la fois beaucoup (dans beaucoup de pays des gens meurent pour cela) et peu mais suffisant car au delà ça remettrait en cause le principe de Liberté; or plus on réglemente pour tout et n’importe quoi plus ce principe risque d’être bafoué.
Quant à la Fraternité notre pays est le pays (à tendance) démocratique où on redistribue le plus avec comme corollaire que l’assistanat systématique engendre plus de problèmes qu’il n’en résout et qu’il nuit à l’apprentissage et à la performance qui permettent d’évoluer.
Ma seule fille est bientôt diplômée ingénieure parce que c’est ce qu’elle a choisi (en fin de premier trimestre de terminale, à ma surprise j’avoue) elle même, sans subir aucune influence.
Sinon pourquoi ne pas réclamer également des quotas masculins dans la Magistrature par exemple (75% de femmes il y a déjà 10 ans) ?