PCSI après 4 ans de médecine

Bonjour à tous,

Je pense que ma situation est un peu complexe et pour tout dire assez rare. Lycéen à Stanislas, avec un relativement bon niveau, j’ai hésité entre une PCSI/MPSI pour intégrer l’ENAC au concours Elève Pilote de Ligne et médecine. A tout juste 15-16 ans (1 an d’avnce) je choisis médecine, sur une base de Docteur House, Urgences, de « ce métier me passionne et sera toute ma vie », bref un vrai choix de passion.

Je réussis brillamment le concours de P1 (classé dans les 50 premiers sur 2500 en tant que primant) dans une des meilleures facs parisiennes, et en deuxième et troisième années, je me relâche un peu, validant mes années « juste ce qu’il faut » (il nous faut plus de 10 dans chaque matière). Cependant, aujourd’hui, j’entre en 4ème année de médecine et je ressens des regrets à avoir choisi ce cursus et les perspectives professionnelles sont pour ainsi dire peu reluisantes à mes yeux : (vous n’êtes pas obligés de lire)

  • Rémunération sur la base officieuse du « mieux tu bosses, moins tu es payé et vice versa » (en libéral : pour gagner, il faut enchaîner les consultations +++, l’hopital public paye relativement peu par rapport au nombre d’années d’études, aux responsabilités et au temps passé à l’hôpital : 6 000 € nets mensuels au plus haut grade pour presque 80 heures par semaine)
  • Choix de la spécialité et de la ville d’exercice avec un concours très difficile et aléatoire dans sa docimologie (8 dossiers cliniques de même difficulté : 8000 étudiants sont classés sur 500 points entiers, les ex-æquo sont départagés sur la note du 1er dossier, puis du deuxième, puis du troisième…)
  • Baisse du numérus clausus entraînant une pénurie de médecins donc des journées lourdes, coupant une très grande partie des vies familiale et culturelle auxquelles j’aspire (le stéréotype du médecin inculte et couchant à droite à gauche n’est malheureusement pas une fiction)
  • Chute du modèle social français créant une médecine à deux vitesses, système auquel je refuse de participer par éthique du soin : la santé est un droit qui doit être indépendant de l’argent gagné
  • Pressions faites sur les médecins semblables à celles mises sur les enseignants : appliquer un programme décidé par des gens là-haut on ne sait où…

Je tiens à préciser que je trouve ces études tout à fait passionnantes mais le cadre d’exercice professionnel m’insupporte.

Je me sens donc prêt à arrêter mon cursus médical pour rentrer l’année prochaine en classe prépa PCSI (sûrement plus appropriée étant donné que j’ai arrêté les maths en Terminale alors que j’ai poussé la physique et la chimie en P1) pour intégrer, j’espère, l’ENAC. Toutefois, je me pose beaucoup de questions sur la possibilité de cette réorientation :

  • Est-ce possible ? (d’abord, hein)
  • Quelle prépa viser sachant qu’étant hors LMD, je n’ai aucune licence, master ou quoi que ce soit
  • Quelle procédure suivre ?
  • Faut-il envoyer des lettres de motivation expliquant mon parcours et ma réorientation ?

Merci beaucoup,
Un carabin bien perdu

C’est possible, il suffit de passer par APB (comme en terminale). La prépa (sup) étant à bac +0 tu n’as pas besoin d’équivalence quelconque (c’est à dire qu’en pratique, tu « perds » tes années de médeçine). Et oui, clairement, tu es dans un cas o il faut mettre des lettres de motivation dans tes dossiers.
Par contre, ça me parait un peu sec comme revirement, et je te conseille de bien y réfléchir et de demander conseil à tes proches (même si je doute que ce ne soit déjà fait).

Oui, ce revirement est en train d’être mûrement réfléchi mais je fais mon année et mes stages normalement, je n’ai rien à gagner à ne rien faire cette année.

La réflexion mérite d’être menée à son terme. Interroge ton doyen pour éventuellement conserver un droit au remord au moins pendant un an.
Demande un rendez vous avec le directeur des prépa de stanislas pour te faire une idée, en plus il doit te connaitre vu ta génération.
Interesse toi également aux passerelles existant avec le titre de Docteur en médecine, probablement pas l’ENAC mais d’autres filières.

Je ne sais pas pour médecine, mais sinon sache qu’il existe des écoles d’ingénieurs qui proposent un cursus particulier après 4 (ou 5) ans de pharma et permet l’obtention d’un double diplôme. Renseigne toi pour savoir s’il existe de telles possibilités en médecine .

Après 4 ans en médecine, il serait dommage de ne pas valoriser ces acquis. Et puis, après PCSI, MPSI ou même n’importe quelle école d’ingé, qui te dit que le métier « réel » sera mieux ?

Essaie de regarder du côté d’un cursus médecine → école d’ingé. Ca doit exister, il n’y a pas de raison, car il faut bien les construire les machines médicales. :slight_smile:

Salut,

Je suis en PCSI et je vise également l’ENAC pilote, ecole dont je rêve.
Sache que les sélections sont rudes (tu dois le savoir…) et que l’an passé, il y avait 28 places pour environ 1800 candidats. Ceux qui intègrent sont pour la plupart en 3/2 voire 5/2. Même si tu réussis le concours, tu risques d’être évincé si tu n’obtiens pas ta classe 1.
Si j’étais à ta place, je ne pense pas que j’aurais « jeté » un bac+4 en médecine. Il y a quand même un risque que tu ne sois pas pris à l’enac, et te retrouver dans une formation d’ingénieur qui ne te plait pas, ça serait guère mieux que ta situation actuelle…

Mais c’est toi qui voit. Si tu décides d’aller en PCSI, passes avant ça ta classe 1 pour voir si tout est ok niveau médical.

Bon courage

J’ai deux parents medecins, et quand quelqu’un s’etonne que je ne veuille pas faire medecine, c’est effectivement sur ces raisons que je me base.
La medecine en France aujourd’hui peut-etre un vrai calvaire dans certaines situations. Il ne faut pas seulement aimer la medecine, il faut aussi adorer travailler sans compter, dans des conditions qui ne sont pas celles que l’on voudrait…
Mon pere, nephrologue, travaille en liberal du lundi au vendredi de 8h a 20-21h, le samedi en consultations, et le dimanche matin pour les visites. Il faut ajouter les reunions, les gardes, les appels en urgence alors qu’il n’est pas de garde etc a cet ensemble. Ce rhytme de travail n’est pas vraiment envieux… C’est en effet, une grande desillusion pour beaucoup je pense.
Pour que mon commentaire sois quand meme utile, je dois te dire que si je lui disais demain que je veux faire medecine, il me le deconceillerait fortement. Alors, si tu trouve une alternative et que cela te plait, je pense que c’est une bonne idee.
Apres, je ne sais pas ce qu’il me dirait si j’avais 4 ans de medecine… ^^
Bref, il vaut mieux « perdre » ces quatre annees que perdre les annees de ta vie a venir…

Zephir a écrit:

Je tiens à préciser que je trouve ces études tout à fait passionnantes mais le cadre d’exercice professionnel m’insupporte.
Clairement regarde les passerelles alternatives pour combiner médecine et ingénieur.
Ingénieur ce n’est pas le paradis non plus; donc repartir à zéro , avoir l’impression d’avoir plus ou moins perdu quatre ans , avoir un gros aléa sur les résultats des concours ( et en PCSI on ne fait pas beaucoup moins de math qu’en MPSI), te fait courir un gros risque de spirale négative.
Bon courage.

Bonjour !
Zephir a écrit:

Je me sens donc prêt à arrêter mon cursus médical pour rentrer l’année prochaine en classe prépa PCSI (sûrement plus appropriée étant donné que j’ai arrêté les maths en Terminale alors que j’ai poussé la physique et la chimie en P1
En PCSI, on a plus de maths que de physique ! Donc si tu cherches à entrer en prépa, profite de ton temps libre pour te remettre doucement aux mathématiques :slight_smile: Sinon, si le salaire est un facteur important pour toi, n’oublie pas que c’est en sortant des très grosses écoles d’ingénieurs que l’on est le mieux payé… donc il va falloir que tu arrives « chaud » dès la rentrée!

De plus il ne faut pas que tu oublies qu’en prépa, le travail n’est pas le plus basé sur l’apprentissage du cours comme en médecine, mais surtout sur la compréhension du cours, et sur la réflexion ! Un peu comme la biophysique en 1ère année de médecine si je ne me trompe pas.
(Pour imager un peu, si quelqu’un demande à un étudiant en prépa d’apprendre l’annuaire, celui-ci aurait tendance à répondre:" D’accord, mais pourquoi ?" tandis qu’un élève en médecine aurait tendance à répondre:« D’accord, mais pour quand ? » :grin: )

Sputnik-Buzz a écrit:

Bonjour !

[quote=« Zephir »]
Je me sens donc prêt à arrêter mon cursus médical pour rentrer l’année prochaine en classe prépa PCSI (sûrement plus appropriée étant donné que j’ai arrêté les maths en Terminale alors que j’ai poussé la physique et la chimie en P1
En PCSI, on a plus de maths que de physique ! Donc si tu cherches à entrer en prépa, profite de ton temps libre pour te remettre doucement aux mathématiques :slight_smile: Sinon, si le salaire est un facteur important pour toi, n’oublie pas que c’est en sortant des très grosses écoles d’ingénieurs que l’on est le mieux payé… donc il va falloir que tu arrives « chaud » dès la rentrée!
[/quote]
Mais moins de maths que de (physique + chimie). Et en plus en spé il y a moins de maths que de physique-tout-court (ce qui se voit dans les coefficients de concours aussi)

Quetzalcoatl a écrit:

Mais moins de maths que de (physique + chimie).
C’est vrai, mais en physique, on ne peut se passer des mathématiques pour résoudre les problèmes (bien que le raisonnement soit différent)… et la cinétique en chimie, n’en parlons pas ! :smiley:

Sputnik-Buzz a écrit:

[quote=« Quetzalcoatl »]
Mais moins de maths que de (physique + chimie).
C’est vrai, mais en physique, on ne peut se passer des mathématiques pour résoudre les problèmes (bien que le raisonnement soit différent)… et la cinétique en chimie, n’en parlons pas ! :smiley:
[/quote]
Bof. Ce qu’on fait en physique c’est du CALCUL. Pas des maths. Je n’ai jamais vu d’epsilon et de quantificateur (et encore moins des « petits o ») en physique en prépa.

Merci donc de ne pas confondre maths et calculs : on peut être extrêmement faible en maths mais excellent en physique (le contraire aussi d’ailleurs). Donc l’un et l’autre sont bien sensiblement « disjoints ».

Et ça ce n’est qu’une partie du problème … Je connais pas mal de gens qui ne comprennent pas que des étudiants sachent résoudre \frac{\mathrm{d}^2i}{\mathrm{d}t^2}(t)+{\omega_0}^2\,i(t)=0 sans savoir résoudre y''+y=0 alors que « c’est pareil ». Eh bien non, ce n’est pas pareil … :confused:

Quetzalcoatl a écrit:

Je connais pas mal de gens qui ne comprennent pas que des étudiants sachent résoudre \frac{\mathrm{d}^2i}{\mathrm{d}t^2}(t)+{\omega_0}^2\,i(t)=0 sans savoir résoudre y''+y=0 alors que « c’est pareil ». Eh bien non, ce n’est pas pareil … :confused:
Euh… pourquoi ? J’ai l’impression que la première équation est une généralisation de la seconde, donc j’aimerais bien voir la ruse qui m’échappe.

V@J a écrit:

[quote=« Quetzalcoatl »]
Je connais pas mal de gens qui ne comprennent pas que des étudiants sachent résoudre \frac{\mathrm{d}^2i}{\mathrm{d}t^2}(t)+{\omega_0}^2\,i(t)=0 sans savoir résoudre y''+y=0 alors que « c’est pareil ». Eh bien non, ce n’est pas pareil … :confused:
Euh… pourquoi ? J’ai l’impression que la première équation est une généralisation de la seconde, donc j’aimerais bien voir la ruse qui m’échappe.
[/quote]
La didactique montre que dès lors qu’il y a deux notations différentes il y a deux représentations mentales différentes. En conséquence de quoi on peut très bien arriver à l’un mais pas à l’autre et c’est NORMAL. Comprendre qu’on peut passer de l’un à l’autre que ce ne sont que des traduction d’une même chose n’est pas trivial. Exemple dans le domaine non scientifique : « une maison » et « a house ». Trouvez-vous normal que certains comprennent le premier et pas le 2e ? :slight_smile: C’est exactement pareil avec les notations.

Autre effet (ultra pervers) avec les notations pour montrer à quel point les notations sont associées à notre façon de penser : essayer de faire un exo d’élec en notant toutes les tensions i et toutes les intensités u. Ou encore un exo de méca avec des forces a, des accélération m et des masses f … :slight_smile:

Quetzalcoatl a écrit:

Merci donc de ne pas confondre maths et calculs : on peut être extrêmement faible en maths mais excellent en physique (le contraire aussi d’ailleurs). Donc l’un et l’autre sont bien sensiblement « disjoints ».
Dans ma classe, les résultats des élèves tendent à prouver l’inverse: les meilleurs en maths sont également les meilleurs en physique, c’est pareil pour les personnes moins à l’aise, ainsi que pour ceux « en milieu de peloton » :neutral_face:

Il y a une corrélation entre résultats en maths et résultats en physique et c’est tout à fait normal car ça reste de la science avec un « certain esprit » mais une fois en spé (= là où les « philosophies » changent encore plus), il n’est pas rare de trouver des personnes vraiment excellentes dans l’une des deux matières et « seulement » moyenne dans l’autre.

Encore une fois merci de ne pas lire à l’envers : je ne dis pas que « tout étudiants très fort quelque part est forcément mauvais ailleurs », je dis que « fort en maths n’implique PAS d’être fort en physique. » Et ça, ça se voit excellement bien dans la filière MP.

Sputnik-Buzz a écrit:

[quote=« Quetzalcoatl »]
Merci donc de ne pas confondre maths et calculs : on peut être extrêmement faible en maths mais excellent en physique (le contraire aussi d’ailleurs). Donc l’un et l’autre sont bien sensiblement « disjoints ».
Dans ma classe, les résultats des élèves tendent à prouver l’inverse: les meilleurs en maths sont également les meilleurs en physique, c’est pareil pour les personnes moins à l’aise, ainsi que pour ceux « en milieu de peloton » :neutral_face:
[/quote]
Moi, j’étais très bonne en maths, pas du tout en physique… (bon, le problème ne venait pas du calcul…)

Le calcul physique, c’est un peu toujours la même chose en prépa : toujours les mêmes types d’équations, d’intégrales… Faire tout le temps la même chose, j’appelle pas ça des maths !
(attention, je n’ai pas dit que la physique, c’était tout le temps la même chose, merci de ne pas déformer mes propos :smiley:)

Si le haut de classe est bon partout, c’est aussi, peut être, parce qu’il a une bonne méthode de travail, une compréhension plus rapide/facile, aussi… Après, Souptnik, n’oublie pas que l’année n’est pas encore vraiment commencée, en première partie de sup c’est vrai qu’on fait encore beaucoup de calcul en maths comme en physique, donc on a l’impression que les maths, c’est uniquement ça, et que donc la physique c’est pareil :smiley:.