Prépa ou EPFL ? ça dépend

J’ai reçu en MP cette question là, je trouve que le sujet peut intéresser d’autres personnes …
Je suis parent d’étudiants, française, j’ai fait mes études dans un système prépa et école, je vis avec un suisse ayant fait l’epfl, il y a bientôt 20 ans que nous ‹ discutons › des différents systèmes, maternelle, primaire, secondaire et maintenant supérieur …

Déjà, l’epfl, ce sont plus de 7000 étudiants, des filières très différentes, de maths, physique à l’architecture, en passant par l’environnement, génie civil mécanique, etc… vous pouvez rechercher des informations sur le site www.epfl.ch
Avec Zurich, ce sont les deux écoles polytechniques suisses, polytechnique étant à prendre comme ‹ étude de toutes les techniques › et non pas l’élite de l’élite. Le système suisse est fondamentalement différent du français, un élément de base étant la possibilité de passerelles à tous les niveaux, vous pourrez trouver (en même temps, je ne sais pas si il en reste beaucoup), des étudiants ayant fait un apprentissage, puis une HES (haute école spécialisée à mi-chemin entre les BTS et les ENI) et enfin une entrée à l’EPFL. Je ne retrouve plus l’article où le directeur qualifiait ce cheminement de ‹ voie royale › …

pour l’admission
actuellement, ce sont les notes du bac (pour les français) qui priment; il faut 14/20 de moyenne en maths, physique, français, anglais, coefficienté par sa spé pour rentrer en 1ere année.
bachelor.epfl.ch/

Sinon, il y a possibilité de CMS, cours préparatoire, qui ressemble plus à la prépa, entrée sur dossier pour ceux qui n’ont pas ces 14 ou pour les élèves venant de pays pour lesquels l’EPFL demande une année préparatoire.
Le CMS est dur, exigeant, beaucoup de maths, examen en novembre et en Janvier, si la moyenne n’est pas suffisante, on gicle en nov et en janvier.
Sur la dizaine d’étudiants que je connais qui ont fait un CMS, il y en a qu’un seul étant passé en 1ere année. Si on le réussit, ça donne un niveau solide, au moins en maths et physique.

Depuis l’an dernier (2009), l’école étudie les dossiers d’étudiants ayant fait une prépa en France pour donner éventuellement une équivalance d’entrée en 2eme ou 3eme année, vous pouvez chercher les modalités

l’enseignement
C’est un système LMD, 1ere année propédeutique, au bout de 3 ans, un bachelor, puis le master et le titre d’ingénieur (reconnu par la CTI (commission des titres d’ingénieur) française pour la plupart des branches) en 5 ans.
L’école a beaucoup de moyens, à chaque module de cours correspondent des exercices, avec des assistants … Selon les sections, il y a aussi du coaching, les élèves des années supérieures aidant les élèves de première année (et organisant des apéros)
Beaucoup de maths et de physique les 2 premières années, dont l’analyse qui en a fait chuter plus d’un ..
Il y a 2 sessions d’exams, en janvier et en Juin; on se retrouve dans un système fac.
La moyenne est de 4 sur 6, ce n’est pas un concours. C’est plus qu’approximatif, à la louche, entre 1/3 et la moitié des étudiants passent en 2eme année, j’indique ça pour ne pas se fier à une apparente ‹ facilité › de l’enseignement, je connais peu de glandeurs y réussissant, l’examen de fin d’année est plus difficile que ne le laisse croire l’année, un peu comme la fac en France, mais une fac qui aurait tous les moyens pour que les étudiants réussissent.
Il n’y a pas le droit au double échec (deux fois le même exam raté et c’est fini), ça arrive même à la fin de la troisième année et après …
C’est une différence avec le système prépa + école, en France, le plus dur, c’est la prépa, en Suisse, ça démarre moins violemment, mais chaque année demande du boulot.

Par rapport à la prépa, les étudiants sont moins poussés dans leurs derniers retranchements, c’est à lui de bosser, mais personne ne l’y oblige.
Ca donne une qualité de vie vraiment différente, en tout cas sur les années prépa, mais attention à ne pas se laisser piéger

Le campus
Lausanne est une petite ville, 20000 étudiants pour une ville de moins de 100000 habitants.
Le campus est au bord du lac Léman, l’ambiance est très internationale.
Beaucoup de possibilités pour toutes activités, un contexte très sympa

La vie en Suisse est très chère (surtout que le franc suisse a rudement augmenté cette année), c’est le règne du ‹ propre en ordre ›, on aime ou pas, mythe ou pas ?
Les étudiants que je connais qui continuent s’y plaisent beaucoup.

Reconnaissance du diplôme
Il me semble que plus on se rapproche de la Suisse, ou pour une carrière internationale, le diplôme est bien reconnu.
Le fait que la Suisse soit rentré dans le processus de Bologne et les classements des universités facilitent aussi les choses.
De manière extrêmement subjective (et j’aimerai vos avis), il me semble que plus on s’éloigne des régions frontalières de la Suisse, plus cette solution est représentée pour une voie pour les fils à papa pas capables de suivre en prépa, ce qu’elle était sans doute il y a une ou deux générations.

En zone frontalière franco-suisse, les proviseurs se plaignent que leurs meilleurs élèves désertent les prépas pour l’EPFL et n’atteignent pas leur quotas d’élèves en prépa. Dans l’ancien lycée de mes enfants, la vision des profs a changé sur l’EPfl depuis que 2 ou 3 ans de suite, les meilleurs (souvent de culture internationale) ont choisi de partir à Lausanne, y réussissent et s’y plaisent.

Merci de ce topic fort intéressant.

Il y a une trentaine d’années, j’ai été admis parallèlement à l’EPFL (avec dispense de CMS), a l’époque classée groupe 3 et à une GE française du groupe 1.

On m’a poussé très fort vers l’école française bien sur.

30 ans plus tard, l’EPFL est classée dans le haut du classement de Shangai, étudie dans un Rolex learning center de toute beauté,
et l’école qui m’a diplômé en France, que je n’ai pas vue dans le classement de Shangai, mais je n’ai lu que les 500 premiers :slight_smile:,
.. s’honore d’un partenariat TIME avec .. l’EPFL (et l’EPFZ).

Comme quoi les perceptions changent. Mais je vous rejoins totalement sur la difficulté de comparer les choses. En France, le simple fait de
sortir d’une de nos GE a longtemps suffi et se passait d’explciations. En Suisse, par contre, on rigloait doucement de savoir que la France
fabriquait en trois ans des ingé en 28 matières, là où le poly mettait cinq ans à les diplômer d’un seul domaine.

Pour moi, l’EPFL a parfaitement réussi la synthèse de l’Uni et de l’école d’ingé, comme d’ailleurs HEC Lausanne pour les mêmes raisons.
Mais il reste que si la formule est reconnue dans le monde entier, il reste encore .. à faire comprendre ou admettre en France que
le système des GE est basé avant tout sur de la sélection violente, et ensuite de la formation .. et que la sélection n’est , par définition,
pas scalable ..

et pourtant .. son on regarde l’histoire… centrale-histoire.centraliens.ne … rev568.pdf

Bonjour, je suis en deuxième année a l’epfl et malheureusement je n’ai pas pu la valider, donc je cherche une équivalence dans une autre université mais je ne trouve pas, quelqu’un pourrait-il m’aider.

Ps : je suis en microtechnique.
Merci.

slack123456, j’ai vu que tu étais à l’epfl en microtechnique. Je suis en terminale et je me suis inscrite en filière microtechnique à l’epfl. Mais voilà: je ne sais pas quoi choisir entre l’epfl et la prépa… si tu pouvais me décrire un peu ce que l’on y fait, les cours, l’ambiance,etc
Merci d’avance.