Prépa scientifique, économique ou littéraire?

Je vous assure, j’ai fait de mon mieux.

J’ai cherché sur les sites d’information, les forums, dans les brochures, à des professeurs, des parents (surtout les miens), des condisciples, j’ai demandé à mon chat, à une voyante, à un kangourou, j’ai traduit le Mahabarata en lapon pour y découvrir une quelconque indication, mais mes interrogations restent sans réponse satisfaisante à ce jour.

Aussi je m’excuse de vous ennuyer avec de si…inhabituelles préoccupations mais il faut bien que j’y voies un peu plus clair non ? Non ?

Mon problème est assez délicat aussi si vous jugez que vous n’êtes pas en mesure de m’aider (ce qui est sans doute probable) j’aimerais au moins que l’on m’indique le genre de personnes que je pourrai consulter.

Avant je pensais vouloir faire de l’astrophysique, ensuite je me suis rendu compte que ce que j’aimais surtout c’était réfléchir. Réflechir beaucoup, réflechir sur tout, réflechir en profondeur et avec application, réflechir différemment. Je m’interesse énormément à la littérature, la philosophie, l’histoire, les langues, les civilisations, la psychologie, les sciences sociales et économiques mais j’apprécie tout autant les sciences (naturelles, physiques ou autres) et les mathématiques. Dans l’idéal, il me faudrait une filière où l’on fait un peu de tout cela mais comme c’est à l’heure actuelle impossible j’aimerai trouver ce qui s’en rapproche le plus.

Bref (et j’aurais sans doute dû commencer par là mais ç’eût été compter ô combien trop optimistement sur quelque impropable arrêt momentané de mes irriépréssibles tendances déblatératoires) je ne sais si je dois m’engager dans une filière littéraire, économique et scientifique. J’aimerais une profession assez spécialisée pour pratiquer une ou plusieurs disciplines intellectuelles de manière approfondie mais qui me laisserait des ouvertures sur d’autres domaines, et/ou du temps pour me consacrer avec une relative assiduité à cet autre domaine. Vous l’aurez compri, je recherche un métier introuvable.
Plus pragmatiquement, je cherche à déterminer la prépa qui me conviendrait le mieux: prépa littéraire, axée sur les langues, l’histoire, la littérature et la philo mais aussi sur la culture générale (ce qui est peut-être finalement mon seul véritable domaine de prédilection puisqu’il inclut un peu de tous les autres) et qui me laisserait la possibilité de faire une école de commerce, mais où je ne ferais pas de sciences. Ou prépa éco, justement, avec là encore l’intérêt porté à la culture générale, des disciplines qui font appel à un peu de tout(sciences sociales par exemple), mais davantage comme à des outils, et ouvrant sur des professions dont je ne suis pas certain de vouloir. Ou prépa scientifique, où je resterai vraiment dans le domaine des sciences dites « dures », mais avec cependant un petit peu d’anglais et de philo (alors qu’en prépa L je suis certain de ne jamais faire de maths).

Je me rends compte -sans doute un peu tard- que, comme à l’ordinaire, je me suis démésurément et déraisonnablement étalé sur le large espace de communication que ce forum m’offre avec une inconséquente générosité. En résumé, j’ignore non seulement ce qui me conviendrait le mieux mais, plus grave, ce qu’il me faut faire pour savoir plus précisément ce qui me conviendrait le mieux.

T’en fais pas, tu rentres en terminale non ? Il te reste donc un an pour reflechir et te faire conseiller par divers personnes ( tes parents peut-etre, ton/ta conseiller(e) d’orientation surement, tes profs surtout ). A ta place (quand je passais en terminal S) j’etais plus ou moins dans ton cas, je savais pas quoi faire, j’etais dans le doute permanent [je voulais faire véto, puis médecin puis … prépa scientifique pour devenir (peut-etre) prof] J’ai mis bien 3 ans pour me decider (en fait depuis la seconde). T’en fais pas si en debut de terminale tu sais pas quoi faire, tente un peu de tout et après tu verra bien où t’es pris ou pas :wink: En tout cas, ne t’en fais pas si tu doutes c’est normal (c’est meme encourageant :wink: )

Moi-même a écrit:

(alors qu’en prépa L je suis certain de ne jamais faire de maths).
Faux ! Il existe des prépas littéraires dites B/L où tu fais des maths à un niveau acceptable, des Sciences Sociales ( qui vu ton profil pourraient t’intéresser ) sans oublier les autres matières littéraires. Tu peux même faire une langue ancienne.
Je trouve que ça semble pas mal pour ton profil..
Mais comme dit Quido, tu as encore un an pour voir ce qui te plait..

Si tu veux faire « un peu de tout », je te déconseillerais A/L. Mais B/L, effectivement, pourrait plus correspondre à tes attentes (renseigne-toi sur le contenu de cette filière) ; les prépas éco présentent également un programme assez complet, et en prépa scientifique on fait encore du français et des langues (même si on n’en fait pas beaucoup, si tu t’y investis plus que la plupart de tes camarades, ça peut correspondre à tes attentes et ça sera un atout pour toi pour les concours).
Bon, je ne t’ai probablement pas beaucoup éclairé pour ton choix :slight_smile: Mais effectivement, tu as encore un an. Profites de cette année pour te renseigner sur les contenus de différentes filières ainsi que les débouchés qu’elles proposent… Va le plus possible voir les forums des grandes écoles ayant lieu près de chez toi, cela te permettra peut-être de découvrir des formations que tu ne connaissais pas et pourra t’aider dans ton choix de prépa. Va aussi à des forums de métiers, peut-être découvriras-tu le métier de tes rêves.
Bon courage !

Tu as encore une année pour réfléchir !

Il faut à la fois te poser la question de ce que tu souhaites approfondir durant les années de prépa, mais aussi après !

Durant les années de prépas, si tu souhaites avoir une vision générale, une B/L ou une prépa commerciale c’est effectivement une très bonne idée. Tu parcoureras un spectre très large, mais tu seras « bon partout mais excellent nulle part » ; comme le dit Hugoo, on continue effectivement à y faire des mathématiques d’ailleurs, mais pas d’autres sciences. Alors que si tu souhaites approfondir la littérature (y compris langues anciennes), la A/L est très bien, et si tu souhaites au contraire approfondir les sciences, il faut absolument faire une prépa scientifique.

Sur l’aspect post-prépa, renseigne toi bien des débouchés. En effet, les écoles de commerce ou écoles d’ingénieurs sont nombreuses, toutes les prépas n’offrent pas toujours autant de débouchés. Tu peux aussi savoir que les plus grands économistes français qui ont fait prépa sont TOUS passés par maths-sup, et le fait de mon côté d’avoir fait maths spé ne m’a pas empêché d’avoir une équivalence de DEUG de philo, et j’ai pu faire licence et maîtrise en parallèle à des études scientifiques (j’ai eu aussi une équivalence de DEUG socio, et par mon école une équivalence de M1 d’éco). Les études scientifiques permettent aussi de faire des sciences humaines, le sens réciproque n’est pas vrai (les B/L ou ECS ne peuvent espérer qu’une équivalence en DEUG MASS, mais pas dans d’autres DEUG de sciences).

si tu ne sais pas quoi faire, il faut te fermer le moins de portes possibles, donc faire mpsi ou pcsi (pcsi si tu est quelqu’un de curieux qui s’intéresse à tout, puisque tu auras ainsi en plus de la chimie)

d

Salutations,

Contrairement à mes camarades, je trouve ton post trop long et trop laborieux. Sois direct, c’est plus agréable, et ce n’est pas si facile que ça. C’est même tout un style à construire.

Cela dit, j’ai fait une B/L, et à te lire il s’agirait là de la filière qui te conviendrait le mieux. Pourquoi? Parce qu’il y a des maths, parce qu’il y a de la philo, de la littérature, de l’histoire ( XXè siècle ), des sciences sociales ( Economie et Sociologie ) et des ( ou une ) langues à forte dose ( civilisation et langue à proprement parler ), et parce que c’est bien. Je m’y suis éclaté. De plus, tu pourras sans problème passer les concours des écoles de commerce et y réussir brillamment si toutefois tu t’assènes le travail nécessaire. Dans ma classe cette année, quelques personnes ont intégré HEC, d’autres l’ESSEC, Sciences Po. aussi, l’ENSAE et les ENS.

Vise une prépa " bien cotée ", car les préparations les plus exigeantes forment aux concours les plus exigeants. Ca me semble être déjà pas mal.

Pour ma part, j’aurais été incapable de faire une taupe, parce que j’aurais été incapable de faire de la physique et des sciences de l’ingénieur à un rythme de prépa : je ne trouvais pas ça intéressant. Tu me sembles être dans un cas semblable au mien.

Cela dit, ne parlons pas de " culture générale " en B/L, les profs te reprendront sur cet aspect. Au contraire, l’objectif de cette classe, en tout cas à Lakanal, est de faire comprendre en quoi les choses ne sont pas posées, et qu’il ne saurait exister une " culture " dominante au sens propre du terme. La " culture générale ", c’est comme la confiture… Enfin, de par l’aspect pluri-disciplinaire, c’est bien ce vers quoi nous tendons.

Enfin, source d’une polémique sans fin avec Edp, effectivement les meilleurs économistes actuels ont fait des taupes. Il y a de multiples raisons à cela, notamment le niveau de formalisation élevé en économie néoclassique, mais pensons qu’il existe d’excellents économistes qui ont effectué des parcours transversaux de type B/L ( la classe est jeune, une bonne 20aine d’année ). Ces individus se concentrent d’ailleurs bien souvent sur l’aspect socio-économique des objets, en critiquent les fondements scientifiques, sont du côté d’une économie plus littéraire. En marge du système dominant ( système anglo-saxon ), ils sont peu reconnus ( voire méconnus ) par les pointures internationales mais abattent un travail de qualité dont on devrait s’inspirer plus souvent.

Salut,
je me reconnais totalement dans ton message, et pour moi aussi le choix a été une torture, et il l’est toujours, puisque je ne sais toujours pas ce que je veux faire de ma vie (j’ai longtemps hésité entre une fac d’histoire, d’espagnol, de svt, de philo, pharma, un CAP boulangerie, sciences po, BCPST, etc.). Bon finalement j’atterris en B/L à la rentrée. Mais j’veux pas faire d’école de commerce. Donc bon.
Concernant les professions, je crois que si tu ne veux renoncer à rien, il n’existe qu’une seule possibilité, c’est d’être instit’. Enfin, c’est la seule solution que j’ai trouvé, et je pense que ça peut être passionnant. Dis toi bien que de toutes façons, tu ne pourras pas être un éminent spécialiste dans des domaines aussi divers que l’histoire romaine et la botanique, par exemple.
Donc rester « touche à tout » peut être une bonne idée.

Merci beaucoup de vos conseils : si nombreux et divers soient-ils, je pense qu’ils m’aideront à faire un choix.
heavenhel a écrit:

la première chose que je tiens à te dire, c’est que j’ai beaucoup aimé le style de ton message et ta plume. :wink:
Merci :smiley:
Blinis a écrit:
Salutations,

Contrairement à mes camarades, je trouve ton post trop long et trop laborieux. Sois direct, c’est plus agréable, et ce n’est pas si facile que ça. C’est même tout un style à construire.
J’en prends note.
Toutefois je t’invite à considérer le fait que j’avais déjà retourné le problème dans tous les sens imaginables (et même dans d’autres) avant de poster ici. D’où ma conception très (trop?) complexe du problème et, partant, mon style particulièrement…« analytique » disons :wink:
Blinis a écrit:
Pour ma part, j’aurais été incapable de faire une taupe, parce que j’aurais été incapable de faire de la physique et des sciences de l’ingénieur à un rythme de prépa : je ne trouvais pas ça intéressant. Tu me sembles être dans un cas semblable au mien.
C’est bien là problème : je crains de regretter de ne pas faire un métier scientifique. Je crois qu’en fait, du strict point de vue professionnel, je préfèrerais exercer dans les sciences (je commence seulement à m’en rendre compte) sans pour autant négliger d’autres domaines. Et éventuellement me réorienter en cours de carrière si je me découvre une réelle envie de faire autre chose (ce qui dois être possible à condition de déjà disposer d’une bonne situation). Quant je pense à faire Sciences-Po, à y bien réfléchir c’est davantage par intérêt pour les disciplines que l’on y enseigne que par volonté de me lancer dans une carrière journalistique ou diplomatique.
Ce qui me retient surtout c’est, en définitive, la crainte de manquer quelque chose.
Blinis a écrit:
Cela dit, ne parlons pas de " culture générale " en B/L, les profs te reprendront sur cet aspect. Au contraire, l’objectif de cette classe, en tout cas à Lakanal, est de faire comprendre en quoi les choses ne sont pas posées, et qu’il ne saurait exister une " culture " dominante au sens propre du terme. La " culture générale ", c’est comme la confiture… Enfin, de par l’aspect pluri-disciplinaire, c’est bien ce vers quoi nous tendons.
Evidemment je suis opposé à la conception élitiste du savoir qui tend à faire de la « culture » un outil d’exclusion. Ma conception personnelle de la culture générale est (j’espère) assez ouverte. Dans mon post précédent je parlais simplement dans l’optique de matières d’enseignement et de concours : les épreuves des concours de certaines écoles (HEC ou ENA par exemple) incluent une épreuve de « culture générale » et je crois avoir vu une matière du même nom dans l’un de ces écoles. Disons que le terme a suffi à susciter mon intérêt, mais je ne conçoit nullement ma culture (ni celle des autres d’ailleurs) dans l’optique un peu réductrice des concours et des écoles.

Vos conseils m’auront donc permis de mieux cerner mes préférences, même si je réserve mon avis final (qui est loin d’être encore tout-à-fait déterminé) à l’année prochaine, après entretien avec mes professeurs.

Encore une fois merci à tous.

Je te conseillerai la B/L.

J’etais plus ou moins dans le meme cas que toi, sauf que je me suis apercu que je voulais arreter la physique-chimie et la SVT. Ne t’inquietes, en terminale, tu seras souvent et suffisamment confronte a l’orientation pour etre amene a faire un choix somme toute plutot judicieux.

Natoleza a écrit:

Ne t’inquietes, en terminale, tu seras souvent et suffisamment confronte a l’orientation pour etre amene a faire un choix somme toute plutot judicieux.
Je ne suis pas tout à fait d’accord. Il est loin d’être évident que le simple fait d’être plus informé en Terminale qu’en Première aide à faire un choix. Qui plus est je trouve que l’aperçu que l’on a de ce que peuvent être certaines matières (en particulier scientifique) est nettement moins bon en Terminale, où l’objectif ultime, c’est à dire le bac, dénature l’enseignement et oriente beaucoup trop le cours (à ce sujet, on peut par exemple lire la thèse de CBP).

Par ces quelques messages, tu as pu voir que nombreux sont les préparationnaires qui ont beaucoup hésité quant à leur orientation ; tu as sans doute égalemenet aperçu que leurs choix avaient été très divers. En fait, les filières sont loin d’être aussi closes que ce que l’on peut croire de l’extérieur. Beaucoup de taupins (et de bios) apprécient les lettres et la philo, et j’ose croire que rares sont les khâgneux qui nourissent un profond dégoût des sciences. Le choix des lettres ou des sciences comme domaine d’étude (provisoire) ne t’empêchera en rien de continuer à t’ouvrir sur ce qui t’intéresse. Cela dit, il est difficile en taupe de consacrer tous les soirs deux heures à la lecture d’oeuvres philosophiques, soyons honnêtes.
Pour ce qui est de ton choix, il faut que tu le mûrisse bien évidemment. Tel que je te ressens à travers tes messages, je te déconseillerais l’ECS, qui te semblera peut être un peu trop orientée vers les concours (c’est en tout cas ce qu’il me semble). La B/L peut être un assez bon compromis, cela dit reste persuadé qu’il est bon de savoir un jour sortir de ce juste milieu entre les différents domaines pour choisir réellement sa voie. Enfin, l’hypotaupe pourrait te convenir si tu souhaites t’engager dans des études scientifiques, car quoiqu’on en puisse dire, c’est une formation très généraliste (en sciences s’entend).

En espérant pouvoir t’aider.

Un petit point pour attirer ton attention : il est relativement aisé de bifurquer vers des matières littéraires après une formation scientifique, mais l’inverse est très difficile. Si tu ne sais pas encore ce que tu veux faire, je te conseillerait plutôt une sup/spé, où tu commenceras à voir ce que sont vraiment les sciences et si tu n’aimes pas, et bien en école d’ingé il y aura moyen de faire de l’éco entre autre, ou alors tu pars à la fac avec un solide bagage.
Ma petite pierre à l’édifice.

Elhan a écrit:

il est relativement aisé de bifurquer vers des matières littéraires après une formation scientifique,
Il ne faudrait quand même pas en rajouter, ce n’est pas si facile pour le taupin moyen de se réorienter (que l’on ne me parle pas des gens qui rentrent à Ulm en MPI et qui finissent agrégés de philo). Je n’ai pas dit que c’était impossible, mais c’est à la fois peu courant et ne concerne en général que des gens assez brillants (en lettres et en sciences). En revanche, être en taupe n’empêche pas le moins du monde de continuer à acquérir une culture littéraire correcte, et de lire des vrais livres (j’y consacrais en moyenne 45 minutes par jour cette année). Bien entendu, il est difficile de lire des livres vraiment ardus (la lecture de Kierkegaard est très dificile le soir, il faut plus se rabattre sur de la littérature)

Elhan a écrit:

mais l’inverse est très difficile. Si tu ne sais pas encore ce que tu veux faire, je te conseillerait plutôt une sup/spé, où tu commenceras à voir ce que sont vraiment les sciences et si tu n’aimes pas, et bien en école d’ingé il y aura moyen de faire de l’éco entre autre, ou alors tu pars à la fac avec un solide bagage.
Ma petite pierre à l’édifice.
L’inverse est probablement aussi difficile. Mais il est plus facile de lire seul (de la littérature s’entend) que de faire des sciences seul. Si je suis en accord avec le conseil donné, je pense que l’éco ne correspond pas vraiment à ce que cherche un littéraire perdu en taupe, ce n’est pas du tout un substitut de littérature ce me semble (l’éco contemporaine académique étant je crois très mathématisée).

Lutegarde a écrit:

[quote=« Elhan »]
il est relativement aisé de bifurquer vers des matières littéraires après une formation scientifique,
Il ne faudrait quand même pas en rajouter, ce n’est pas si facile pour le taupin moyen de se réorienter (que l’on ne me parle pas des gens qui rentrent à Ulm en MPI et qui finissent agrégés de philo). Je n’ai pas dit que c’était impossible, mais c’est à la fois peu courant et ne concerne en général que des gens assez brillants (en lettres et en sciences).
[/quote]
/agree

Je crois aussi que la réorientation après la prépa en général est difficile et marginale. Ce serait une erreur de dire que les écoles d’ingénieur proposent des carrières littéraires, par exemple. Si au lycée on peut considérer que le bac scientifique est un bac " général ", il n’existe malheureusement pas après de prépa " générale " en terme de débouchés.

Le type qui hésite entre la philo, l’histoire et les maths n’a pas vraiment intérêt à faire une prépa scientifique : à moins d’être brillant et d’entrer dans les écoles les plus généralistes, il ne fera pas carrière en histoire ( et même à l’X, ça ne doit pas être évident ). A un moment, il faut choisir.

( bon, après il peut faire une B/L et nourrir l’illusion de retarder le choix de deux ou trois ans :stuck_out_tongue: )

J’entendais plutôt par là le fait qu’il puisse encore s’intéresser aux matières littéraires, pas dans l’optique d’en faire un métier purement littéraire. Evidemment, n’y vas pas si tu veux faire historien… mais reconnaissez que lorsque des accords se nouent entre écoles de commerce et école d’ingé, ce sont bien souvent les ingés qui en profitent le plus (on peut le regretter, mais c’est comme cela ).

Et moi aussi, je continuais la lecture à haute dose pendant ma prépa :wink: .

Elhan a écrit:

mais reconnaissez que lorsque des accords se nouent entre écoles de commerce et école d’ingé, ce sont bien souvent les ingés qui en profitent le plus (on peut le regretter, mais c’est comme cela ).
Dans le fond c’est vrai, mais on en peut pas dire que c’est une réorientation. Les élèves d’école d’ingé qui profitent des écoles de commerce deviennent quand même ingénieur, ont un métier technique etc. Et la finance, puisque c’est de cela qu’il s’agit assez souvent, est loin d’être un substitut de littérature.

Pour ce qui est d’une B/L, si cela permet d’ajourner le choix entre lettres et sciences humaines, je rest dubitatif quant à la possibilité de se consacrer à des maths de haut niveau (j’entend par là M2, agrég, thèse) après.

Lutegarde a écrit:

[quote=« Elhan »]
mais reconnaissez que lorsque des accords se nouent entre écoles de commerce et école d’ingé, ce sont bien souvent les ingés qui en profitent le plus (on peut le regretter, mais c’est comme cela ).
Dans le fond c’est vrai, mais on en peut pas dire que c’est une réorientation. Les élèves d’école d’ingé qui profitent des écoles de commerce deviennent quand même ingénieur, ont un métier technique etc. Et la finance, puisque c’est de cela qu’il s’agit assez souvent, est loin d’être un substitut de littérature.

Pour ce qui est d’une B/L, si cela permet d’ajourner le choix entre lettres et sciences humaines, je rest dubitatif quant à la possibilité de se consacrer à des maths de haut niveau (j’entend par là M2, agrég, thèse) après.
[/quote]
Effectivement, le trading n’a rien de littéraire. Ce n’est qu’un métier technique de plus. A un moment il faut choisir, et " accepter les résultats des sciences dès lors qu’on ne peut participer à leur cuisine ", comme disait Bourdieu.

On s’entend bien concernant les maths en B/L. Il y a des exceptions, elles sont cependant trop rares. Cela dit, la B/L permet aux étudiants d’intégrer l’ENSAE, école dans laquelle ils poursuivent un cursus " normal ".

on peut pas faire des maths après B/L dans les ENS?
(à l’ENSAE on peut; et qu’on ne me dise pas que ce n’est pas une porte ouverte vers des « math de haut niveau »).

Et tous les économistes modernes n’ont pas fait math sup/spé, faut arrêter un peu.
En vrac :
Gregory Mankiw est un économiste pur
Olivier Blanchard, une référence, a fait un DESS d’économie
elie cohen est diplômé de sciences po paris
Paul Samuelson est un économiste pur
pierre cahuc a fait du droit, de la socio et de l’économie, mais pas de taupe
En 2002, Kahneman et Smith reçoivent le prix nobel d’économie : le premier a fait une majeur en psycho (et une mineure en math), le second a d’abord une licence d’ingénieur électricien, puis maîtrise et PhD en économie.
En 2006, le prix nobel est E. Phelps, pur économiste (je crois)
En 2007 en revanche ce sont deux mathématiciens, pour leurs développements à la théorie des jeux (développées quasi-exclusivement par des mathématiciens, au contraire d’autres branches de l’économie)
En revanche Daniel Cohen est agrégé de math, JP Indjehagopian est passé par Paris VI (mais c’est davantage un statisticien spécialisé en économétrie qu’un économiste), Florin Aftalion est ingénieur des mines, jean pisani-ferry est supelec,

Bref, tout existe en ce domaine :slight_smile:

Maths après B/L dans les ENS
Il me semble que (au moins à Ulm) l’accès aux départements des ENS est relativement libre après le concours, sauf pour certains concours de Cachan. La seule condition est que le directeur des études juge le projet cohérent. Disons que du point de vue administratif, ça ne me semble pas impossible.

Maintenant, à moins que nous parlions de quelqu’un de très doué (hors du commun) ET très motivé, c’est un chemin très peu praticable à mon avis. J’ai de bonnes chances d’entrer à Cachan en MPI vu les résultats du concours, et même si mon choix de département n’était pas arrêté en faveur de la Physique, je réflechirais à deux fois avant de m’inscrire en maths. Les départements de maths des ENS proposent une formation de très haut niveau (ce qui ne veut pas dire qu’elle est impossible à suivre, elle doit même être passionnante). Exemple très simple : à Ulm et Cachan (je ne sais pas pour Lyon), les étudiants valident souvent en 1 an le L3/M1, soit deux ans d’études de « maths fondamentales » à la fac, où il n’y a que des maths. Ces études réclament, je pense, des acquis très (TRES) solides en maths à l’entrée. Je ne dis pas que c’est impossible, mais qu’après une prépa B/L où la part des maths, certes conséquente, est loin de celle dans la « moins mathématique » des prépas scientifiques (qui doit être la BCPST, même si je connais très mal cette filière, je serai ravi d’apprendre des choses si je me trompe)… cela doit arriver statistiquement une fois tous les paquets d’années.