Bonjour à tous,
J’espère que vous allez bien ! Je me permets de poster ici pour partager un peu ma situation, mes doutes, et peut-être recueillir des avis. Ça fait un moment que tout se bouscule dans ma tête, donc j’essaie de poser un peu les choses.
Je viens de terminer mon école d’ingénieur (pas une grande école, mais une école reconnue quand même), et il me manque juste le stage de fin d’études pour valider mon diplôme… ainsi que le TOEIC (j’ai eu 605 la dernière fois). On est en avril, et je n’ai toujours pas de stage, même si j’ai quelques pistes et entretiens en cours. J’essaie de rester patient, mais c’est pas évident.
En attendant, je me pose pas mal de questions sur mon orientation. Je prends un peu de recul, et je réalise que je me suis souvent laissé porter, sans jamais vraiment choisir consciemment mon chemin.
Mon parcours a été un peu chaotique au début : au lycée, j’étais plutôt en échec (surtout en seconde et première), alors je me suis dirigé vers un bac STI2D. C’est à partir de là que j’ai repris confiance. J’ai continué avec un BTS maintenance (qui me plaisait moyennement, mais j’avais de bonnes notes), puis une prépa ATS, que j’ai vraiment adorée. C’est là que je me suis redécouvert une passion pour les maths.
À ce moment-là, j’hésitais entre devenir prof de maths ou ingénieur. J’ai voulu entrer en L3 de maths, mais la fac a refusé (j’étais hors délai), et refaire une L2 me semblait inutile vu mon niveau. Finalement, j’ai choisi une école d’ingé, un peu par défaut.
Je suis parti loin de chez moi (plus de 200 km), en région parisienne. C’était la première fois que je quittais ma famille, mes potes, mon environnement. Ça a été dur. Malgré ma sociabilité, je n’arrivais pas à m’intégrer. Résultat : j’ai raté ma première année.
À ce moment-là, j’ai tout remis en question. J’avais même recontacté une fac de maths. Une ancienne prof m’a appelé et m’a dit que je pourrais viser l’agrégation si je m’en donnais les moyens. ça m’a mis encore plus perdu, car je sais qu’elle croyait vraiment en moi. Et quelque part, elle n’a peut-être pas tort. J’ai toujours eu un bon niveau en maths, c’est ce qui m’a permis de tenir en école d’ingé.
Mais j’ai décidé de redoubler et de m’accrocher. J’ai bossé deux fois plus. J’ai même commencé à apprécier certains cours, j’avais trouvé un certain équilibre avec ma copine (elle vivait à lille donc c’était aussi l’occasion de rester proche de mes proches, en faisait des allers-retours les week-ends).
Pendant mon stage de 2A en Suisse, les choses se sont compliquées : j’étais sous pression car j’avais échoué à deux matières, je risquais l’exclusion, ma relation de couple s’est détériorée, et le cadre pro n’était pas ouf (mon « tuteur » n’était même pas ingénieur, il gérait 7-8 stagiaires comme il voulait, ce qui créait des tensions). Le décor était magnifique, mais l’expérience pro un peu bancale.
Finalement, j’ai validé, mais de justesse. J’ai dû passer devant un jury de fin d’étude. Honnêtement, je pense avoir frôlé le burn-out. Depuis janvier, je prends enfin une vraie pause, et ça m’a fait énormément de bien.
Aujourd’hui, je suis revenu vivre chez mes parents. Je cherche toujours mon stage de fin d’étude. J’ai validé mes rattrapages, j’ai quelques pistes à Paris… mais le doute est là.
Je me pose sérieusement la question d’un changement de voie. Je me rends compte que je ne me vois pas bosser dans un bureau toute ma vie. J’aime le contact humain, surtout avec les jeunes. Et je me dis encore : pourquoi pas devenir prof de maths ? J’idéalise peut être le métier, mais la paye est pas si mauvaise au vu des heures de cours, les vacances, l’équilibre vie pro/perso, ça me correspondrait assez bien, Certes, l’agrégation me semble loin aujourd’hui, car j’ai perdu un peu en niveau, mais enseigner, transmettre… ça me parle.
Et puis, il y a une autre dimension que je n’ai pas encore évoquée : je viens d’un milieu ouvrier. Mes parents n’ont pas fait d’études, et je suis le seul de mon entourage à être allé aussi loin. Je me suis souvent mis une énorme pression pour « réussir », pour les rendre fiers. C’est aussi ça qui me pousse à aller au bout du diplôme d’ingénieur, même si je ne suis plus sûr que ce soit fait pour moi. Je compte tout de même finir ce diplôme, mais je trouve ça dommage de pas l’utilisé si je me réoriente.
D’ailleurs, ça me fait repenser à mon enfance. Au collège, on me disait souvent que j’étais « dans la lune », comme si j’étais à côté de la plaque… Et aujourd’hui, je me demande : est-ce que je suis juste un peu différent ? Peut-être HPI ? Peut-être quelque part sur le spectre autistique ? J’en sais rien — je n’ai jamais passé de test ni consulté pour ça. Mais parfois, je me demande comment on peut être « bon à l’école » et pourtant avoir autant de mal à avancer dans la vie réelle. Ces derniers temps, j’ai perdu un peu confiance en moi, je doute beaucoup.
Ma situation n’a rien de dramatique, mais je me pose des questions. Sur moi, sur ma façon d’être. Juste essayer de mieux comprendre.
J’ai 24 ans, et j’ai l’impression de stagner, alors que j’ai donné tellement. Je sais que le diplôme d’ingé ouvre des portes, mais je ne veux pas me retrouver enfermé dans une voie qui ne me correspond pas.
Merci à ceux qui m’auront lu jusqu’au bout ![]()
Je suis preneur de vos conseils, retours d’expérience, idées… sur les débouchés après une école d’ingé, ou sur une éventuelle reconversion vers l’enseignement (en mathématique de préférence).