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Article du « Monde » d’aujourd’hui. Qu’en pensez-vous?
Equité sociale si nécéssaire pour la stabilité de notre société?
ou aprés la baisse généralisée du niveau des lycées voici celle des grandes écoles et le début de la fin?
Amha, les dirigeants des grandes écoles s’affolent pour pas grand chose, puisque les plafonds de revenus pour l’obtention d’une bourse ont été relevés, et comme par hasard, on obtient une proportion plus grande de boursiers un peu partout… Trop facile.
Sinon, le principe du quota n’a jamais été évoqué, et heureusement. Ce serait faire de la « discrimination positive », ce qui est insupportable… tout comme la parité…
Comme le dit macbland, la discrimination positive est de la discrimination.
En partant de la, vu que le concours est basé sur le mérite, je ne vois pas de quoi ils se melent a regarder le % de boursiers en école 
Certes, les concours sont basés sur le mérite, et de ce fait sont en principe ultra-égalitaire. MAIS il faut bien reconnaitre que dans les faits ce n’est pas le cas. Combien y a-t-il de fils et filles d’ouvriers dans les écoles? A comparer avec le nombre de fils et filles d’ingénieurs et de profs… Et quid des écoles payantes (très nombreuses en économie par exemple!)?
Valvino a écrit:
Certes, les concours sont basés sur le mérite, et de ce fait sont en principe ultra-égalitaire. MAIS il faut bien reconnaitre que dans les faits ce n’est pas le cas. Combien y a-t-il de fils et filles d’ouvriers dans les écoles? A comparer avec le nombre de fils et filles d’ingénieurs et de profs… Et quid des écoles payantes (très nombreuses en économie par exemple!)?
Alors oui, il u a une bonne majorité de fills de cadres + ou de profs.
mais pour moi c’est au niveau de l’information qu’est le probleme.
N’importe quel fils d’ouvrier peut atterrir dans une des plus grandes écoles, les bourses ca marche quand même
, il n’empeche qu’il faut savoir qu’une prépa existe, et c’est la que sont avantagés les personnes dont tu parles.
Pour les écoles payantes, je ne peux me prononcer que pour les scientifiques, ou en étant boursier tu peux quand même fortement réduire voir supprimer les frais de scolarité, mais les prêts ca sert aussi a ca.
De plus, transformer le message des grandes écoles qui est « on recrute sur un concours aveugle en seul fonction des résultats, on ne veut pas d’une discrimination, fut-elle positive » en « les pauvres sont mauvais », c’est quand même moyen comme argument pour le gouvernement 
Je plussoie totalement Rappap. Les « défavorisés » ne sont pas moins intelligents que les « favorisés » ! (Je suis fils d’ouvrier, de parents sourds, malentendant moi-même, et j’ai fini major du concours d’entrée à l’ENS LSH, donc, même si ce n’est pas une preuve d’intelligence, ça veut dire quelque chose, quand même.)
Le problème vient effectivement du manque d’information, du complexe d’infériorité que développent les élèves issus de ces classes sociales, de certains professeurs aussi qui peuvent démotiver certains élèves… C’est en informant mieux les élèves des classes sociales défavorisées, en les aidant aussi financièrement (les bourses et les internats sont là pour ça, même si pour les filles…) qu’on peut rendre les choses plus équitables.
L’enjeu n’est pas d’avoir une représentation parfaite de la société dans les grandes écoles et de défendre l’égalitarisme qui est de la poudre aux yeux, mais que chacun et chacune ait les moyens de réussir ces concours où seul le mérite est censé être récompensé. Il faut que les jeunes de ces classes sociales-là puissent y croire, car si l’ascenseur social est dit « bloqué », c’est probablement parce qu’on n’y croit plus…
D’accord pour dire que ce genre de discrimination positive est inoppérente mais il y a quand même de vraies questions à se poser. A l’ENS certains facteurs sociaux existent mais sont moins criants qu’ailleurs. Allez voir à HEC ou à sciences-po malgré le volontarisme affiché. Le bon vieux bouquin de Bourdieu sur la reproduction des élites reste d’actualité…
Cetes, enfin la on parle des grandes écoles d’ingénieur il me semble 
Je suis totalement et foncièrement opposé à tout ce qui peut ressembler à un quota à l’égard de groupes humains, quel que soit la définition choisie pour « différencier » ces groupes, quel qu’en soit le motif avoué ou pas, qu’elle qu’en soit la finalité, quel qu’en soit la façon dont on cherche à habiller une telle mesure, quel qu’en le domaine d’application. Car il suffit de se reporter un instant et de bonne foi vers l’Histoire, ancienne ou récente, pour s’apercevoir que, TOUJOURS, l’application de tels quotas conduit à plus ou moins brève échéance à des sortes de racisme, conséquence inévitable de toute discrimination.
Or je suis fondamentalement opposé à tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à du racisme, rien que d’y penser mon poil se hérisse ! 
Il me semble tellement voir dans la mesure proposée une vérification du vieil axiome qui disait que l’enfer est pavé de bonnes intentions …
Cela dit, cela ne m’empêche pas de penser qu’il faut savoir et pouvoir aider ceux qui ont des difficultés justifiées à les surpasser. C’est ainsi, cela m’a paru et me parait tout à fait normal, que je suis impliqué dans une lutte contre l’illétrisme, facteur d’exclusion s’il en est. 
Je pense pas que mettre des quotas soit une solution, mais je pense pas que la situation actuelle soit normale ; si les chiffres données sont vrais (un enfant de cadre a 5 fois plus de chances de se retrouver en prépa qu’un enfant d’ouvrier) alors il faut faire quelque chose, c’est une inégalité frappante.
Se cacher derrière la raison « nous on recrute en aveugle » n’en est pas une : si on ne donne pas les moyens aux étudiants issus de milieux moins favorisés de réussir, c’est normal qu’ils aient de résultats moins bons.
Fondamentalement, on devrait sans devoir imposer de quotas, retrouver un pourcentage similaire entre le lycée et la prépa concernant l’origine sociale des étudiants : si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un problème. Aujourd’hui il y en a un.
On risque de retomber dans le travers des démocraties populaires : les fils d’ouvriers étaient avantagés, les enfants de bourgeois discriminés. La réaction des grandes écoles est saine, c’est évident. Et l’école ne peut être égalitaire (pas égalitariste) qu’en développant des aides pédagogiques à l’intérieur d’une classe, pas en décidant d’un pourcentage, qui relève de l’absurde le plus complet, pas du mérite. Ce gouvernement décide absolument n’importe quoi.
Mon père était orphelin, fils de petit gendarme tué dans une intervention, ma grand-mère paternelle ne savait ni lire ni écrire. Par ses efforts et les bourses, mon père est devenu médecin militaire, grâce à quoi j’ai pu faire des études et devenir prof de CPGE. On est aussi le produit des efforts et du travail de ses parents…
Pour ceux que ça intéresse, voici à mes yeux un très mauvais article de Rue89 sur le sujet : http://www.rue89.com/2010/01/05/non-les-boursiers-ne-font-pas-baisser-le-niveau-apres-bac-132463.
Soit dis en passant, des commentaires de lecteurs (souvent bien notés) sont très intéressants ; ils rappellent (à juste titre) que les concours sont, de fait, on ne peut plus juste ; s’il y a un soucis d’inégalité, ce n’est pas au moment du concours qu’il faut s’en occuper, mais en amont.
Je signale juste cet article.
Dans l’article signalé par Valvino, Alain Minc et François Pinault parlent d’une « inflexion à la marge » ; je ne pensais pas que 30% était une inflexion à la marge, je vais revoir mes cours d’arithmétique…
Tbotw69 a écrit:
Je pense pas que mettre des quotas soit une solution, mais je pense pas que la situation actuelle soit normale ; si les chiffres données sont vrais (un enfant de cadre a 5 fois plus de chances de se retrouver en prépa qu’un enfant d’ouvrier) alors il faut faire quelque chose, c’est une inégalité frappante.
N’y aurait-il pas là un exemple flagrant des horreurs que l’on peut dire et faire croire quand on confond probabilité et statistique ? 
Il ne faut pas oublier que le fait de taper sur les grandes écoles est un très mauvais procès car des étudiants n’arrivent pas à ce niveau sans rien faire, par miracle, de façon innée et encore moins par droit du sang ! Pour arriver à un certain niveau à 20 ans, ça prend … 20 ans ! L’éducation, c’est dès la maternel, l’éveil, la curiosité, la façon de réfléchir, le travail, … tout ça s’apprend en très très longtemps. Et si on constate qu’il y a un déficit d’une certaine partie de la population dans les GE à l’âge de 20 ans, ce n’est pas en changeant la dernière étape que l’on va changer en profondeur les choses. Il faut revoir l’enseignement dès le début.
Un jour « on » comprendra que l’éducation, ce n’est pas 20 fois une année d’école, mais c’est 4 cycles inter et intracohérents d’environ 5 ans d’enseignement !
Après il y a aussi une grande différence entre écoles privé de commerce et les écoles non privées d’ingénieur et si la discrimination positive ou les CPES peuvent éventuellement faire quelque chose de provisoire et de très limité pour les 1ères, elle ne peut rien contre les 11 % de classes dites défavorisées à l’X …
Pour ma part, j’aimerais bien voir ce que donne la promotion sociale à deux générations, c’est-à-dire avoir des stats sur « est petit-fils petite-fille de telle profession » et non pas seulement « fils ou fille de ».
Je me pose une question depuis le débat de ce matin sur France inter entre Descoing et le directeur de l’Essec. Ils parlent d’une augmentation de boursier en prepas ces dernières années mais par quelle politique volontariste? Il ne me semble pas que les revenus interviennent dans l’admission et moi je constate chaque année que de très brillants élèves n’osent pas la prépa et que cela a souvent à voir avec le milieu socio professionel et ça malgré l’effort des profs de lycée. Dans mon établissement,le nombre de mentions TB,voir de félicitations du jury envoyés à la fac quand ce n’est pas encore plus bas est vraiment significatif…
Je ne pense pas que ces élèves là auraient baissé le niveau des grandes écoles…
De plus là aussi quid du pourcentage des boursiers à Ginette ou LLG et celui des boursiers à Montesquieu au Mans ou Fauriel à St Etienne ?
Il est facile de dire qu’une formation se fait au départ mais il ne faudrait tout de même pas se decharger de toutes ses responsabilités. Le travail de Sciences-po quoi qu’on en dise reste très interressant. Ma fille, elle même boursière er rentrée par le bac (ce qui est là aussi un moyen plus égalitaire que le concours qui fait appel à la culture générale au combien discriminante pour les classes sociales plus faibles), n’a jamais remarqué que les « ZEP » étaient de niveau insuffisant et au contraire sans doute boostés par leur intégration avaient plutôt les dents longues et une vraie envie de réussir.
Ceci dit il est vrai que certaines matières discriminent plus que d’autres et en particulier le domaine litteraire qui est très dépendant de l’impregnation culturelle durant l’enfance. Je vous renvoie à nouveau sur les ecrits de Bourdieu qui me semblent la base minimum pour débattre un peu sérieusement…
Cela ne doit pas empecher une vraie reflexion sur le sujet y compris dans le domaine scientifique.
On est tous d’accord que le travail doit se faire en amont mais je pense surtout qu’il doit se faire à tous les niveaux de la formation
Je n’arrive pas à comprendre cette persistance de l’idée reçue que le « domaine littéraire [soit] très dépendant de l’imprégnation culturelle ». Certes, mais les enfants vont à l’école, et si lire leur plaît, il y a des bibliothèques, des CDI, qui sont à leur disposition. Mes parents sourds n’ont jamais eu de livres chez eux, et pourtant… Mais je dois être l’exception qui confirme la règle, sans doute. 
Pour le reste, nous sommes d’accord.
Quant à la tribune de Minc et Pinault, sans commentaire. 
résultats des évaluations de 6ème :
evace26.education.gouv.fr/
dans les résultats, il y a un taux de réussite par CSP. Il avait le même il y a quelques temps sur les évaluations de CE2 mais je n’arrive pas à le retrouver. En gros les résultats étaient proches de ceux de 6ème : en moyenne le taux de réussite s’échelonne de 80% pour les CSP+ à 60% pour les catégories moins favorisées - en début de CE2 déjà. La différence est déjà très significative après le CE1, et ne fait qu’augmenter lorsque les années avancent. Donc oui, il y a de gros soucis.. mais bien bien avant les GE.