Rattrapage et recherche en IA?

clarcis, post:19, topic:129261 a écrit:

(Tu as mal édité / cité (?) dans ton dernier message.)

J’ai supprimé la partie sur la « valeur » du diplôme pour éviter de dériver ou de passer pour un troll ; comme father l’a dit, c’est stérile.

clarcis, post:19, topic:129261 a écrit:

Father veut sans doute dire que si tu t’accroches à l’idée de rater ta recherche à cause du nom de ton diplôme, ça risque de te freiner par une prophétie auto-réalisatrice.

Il y a des gens sortis d’écoles moins réputées qui ont des parcours exceptionnels.



clarcis, post:20, topic:129261 a écrit:
Les gafam s intéressent à l académique mais c est loin d être le seul critère !
Il y a des tests assez approfondis pour identifier de quoi tu es capable
Les publications c est surtout pour les jobs de chercheur ds l académique
Tu as une vision faussée des choses en pensant que le diplôme fait tout…

J’essaye de garder ça en tête tout en gardant des buts raisonnables à court terme. Les parcours exceptionnels sont exceptionnels, justement… Mais je comprends ce que vous voulez dire.

clarcis, post:20, topic:129261 a écrit:

Les gafam s intéressent à l académique mais c est loin d être le seul critère !
Il y a des tests assez approfondis pour identifier de quoi tu es capable
Les publications c est surtout pour les jobs de chercheur ds l académique
Tu as une vision faussée des choses en pensant que le diplôme fait tout…

Pour des jobs de chercheur en IA chez google ou facebook les publications sont obligatoires. Et il faut publier au bon endroit et abondement pour avoir une chance d’être pris. C’est rédhibitoire sinon.

thepilot311, post:17, topic:129261 a écrit:

Pour les gafams tu peux oublier, ils regardent tout tes transcripts ( et la prépa ne compte pour eux ) et seulement après te font passer des tests techniques.



clarcis, post:20, topic:129261 a écrit:
Les gafam s intéressent à l académique mais c est loin d être le seul critère !
Il y a des tests assez approfondis pour identifier de quoi tu es capable
Les publications c est surtout pour les jobs de chercheur ds l académique
Tu as une vision faussée des choses en pensant que le diplôme fait tout…

Haha c’est si invraisemblablement faux :grin: . J’adorerais voir un entretien en mode « ok pendant votre PhD vous avez sorti 3 papiers à NeurIPS et 2 à ICML dont un Best Paper Award mais ce 12 de moyenne il y a 5 ans est rédhibitoire pour nous ».

Si t’as sorti 3 papiers à NeurIPS et 2 à l’ICML, c’est limite on te prend direct sans même passer d’entretien…

Les notes après le doctorat ne compte peut être plus effectivement ça remonte à assez loin.

Mais les chances d’avoir un job correct après un doctorat en France sont quasi nuls.
Fonce et bonne chance.

cilia0, post:25, topic:129261 a écrit:

Mais les chances d’avoir un job correct après un doctorat en France sont quasi nuls.

C’est faux. L’IA ce n’est pas le domaine de l’énergie Tobias. Lorsque je ne m’y connais pas dans un domaine, j’évite de lâcher à son sujet des réflexions à l’emporte pièce comme si j’étais au café de la gare.

Selon un intervenant de Google au forum emploi math l’année dernière c’est même recommandé d’avoir fait un post-doc pour postuler chez les équipes de recherche Google (il venait de Google Brain, de mémoire).

Hello, j’ai quelques autres questions.

J’aurai peut-être une occasion de faire une thèse CIFRE en machine learning dans un futur proche. Globalement, la boîte m’intéresse, ils sont assez bons dans leur domaine (une niche, mais qui permet de faire de la recherche sympa), et je m’entends bien avec mon encadrant.e (je travaille avec eux en stage pour l’instant). Le doctorat serait probablement accordé par l’INRIA. L’équipe est très petite (l’entreprise marche bien mais n’est pas grande non plus) et contient déjà quelques chercheurs ou doctorants. Faire une thèse bien encadrée, en lien avec l’INRIA, dans une équipe avec laquelle je sais que je m’entends bien, et avec un salaire de CIFRE, m’attire pas mal.

J’ai quelques inquiétudes sur la différence entre une thèse CIFRE et une « classique », comme je ne suis pas complètement sûr de ce que je voudrai faire dans quelques années. J’ai parlé des GAFAM, de l’étranger, mais j’aimerais aussi garder la porte ouverte sur l’académique si la thèse se passe très bien. (J’ignore le cas où je déciderais finalement de rester ici, parce que ça ne poserait évidemment pas de problème.)

Supposez l’entreprise me supporte pour faire une bonne thèse, et que je décide plus tard de viser un poste de chercheur dans un labo, privé ou public, à l’étranger. Est-ce que j’aurais un désavantage comparé à e.g. quelqu’un qui a fait sa thèse entièrement à l’université ? Je pense par exemple aux opportunités de collaboration dans un grand département. Si oui, est-ce que ça peut être compensé en faisant un bon postdoc ensuite ?

Je demande ça parce que j’ai parfois lu sur ce forum que les CIFRE ne publiaient pas assez pour être compétitif dans l’académique (ou des labos privés au recrutement similaire), et que c’était surtout un moyen d’avoir de meilleures options de carrière dans la même entreprise qui a financé la thèse. Je pense que je pourrais arriver au même résultat en restant ingé, dans mon cas.

Dernière note : si je décide de ne pas faire de CIFRE, mais de partir continuer mes études autre part, je pense que je pourrais avoir quelques bonnes recommandations, y compris venant de mon entreprise actuelle, et peut-être avoir d’autres options pour faire un PhD. Donc, question subsidiaire : est-ce que de très bonnes recommandations de chercheurs peuvent compenser un dossier scolaire pas très impressionnant ? J’ai encore du mal à évaluer mes chances dans différentes universités, et j’aimerais me renseigner avant d’en rediscuter avec l’entreprise. (J’ai bien noté ce que vous disiez sur les notes et la réputation du diplôme, je ne cherche pas à avoir une école prestigieuse à tout prix, je veux juste pouvoir me repérer et savoir ce qui est accessible avant de faire des choix.)

Les thèses CIFRE peuvent effectivement mener à moins de publications, mais cela dépend beaucoup de l’entreprise (toutes choses égales par ailleurs, car cela dépend aussi du sujet, du doctorant et de son encadrement !).

Il faut mettre les choses au clair au moment du montage de la thèse, et le rappeler régulièrement ensuite. Les encadrants Inria pourront aussi te donner leur sentiment sur la pertinence de te lancer dans cette aventure si tu as un objectif académique. Souvent on a discuté un moment avec une entreprise avant de se lancer dans une CIFRE et on a une idée des orientations appliquées ou académiques que la thèse pourra prendre.

gabriel_qur, post:29, topic:129261 a écrit:

Les thèses CIFRE peuvent effectivement mener à moins de publications, mais cela dépend beaucoup de l’entreprise (toutes choses égales par ailleurs, car cela dépend aussi du sujet, du doctorant et de son encadrement !).

En fait, j’ai surtout peur de ne pas pouvoir réseauter/collaborer autant qu’un doctorant purement académique qui peut passer son temps au labo, et de rester bloqué sur un sujet sans vraiment échanger. Idéalement, j’aimerais faire le plus de contacts possibles pendant ma thèse (dans le labo lui-même, à des conférences, dans des collaborations à distance, dans des stages, etc.), et je me demande si ça gênerait.

Est-ce que tu peux détailler ce qui empêche typiquement un.e CIFRE de publier autant ? Est-ce que c’est le travail que l’entreprise demande, ou le fait d’être moins intégré au groupe de chercheurs, comme on travaille une partie du temps en entreprise ?



gabriel_qur, post:29, topic:129261 a écrit:

Il faut mettre les choses au clair au moment du montage de la thèse, et le rappeler régulièrement ensuite. Les encadrants Inria pourront aussi te donner leur sentiment sur la pertinence de te lancer dans cette aventure si tu as un objectif académique. Souvent on a discuté un moment avec une entreprise avant de se lancer dans une CIFRE et on a une idée des orientations appliquées ou académiques que la thèse pourra prendre.

J’ai un autre doute : quel intérêt a une entreprise à supporter une thèse à orientation académique, pour quelqu’un qui ne restera peut-être pas à la fin ? Est-ce qu’on s’attend toujours en pratique à ce que le doctorant contribue significativement aux projets internes pendant ses années de thèse ? J’imagine que ça ne s’explique pas qu’avec des crédits d’impôts.

Tu as abandonné la Suède ?
A mon sens tes appréhensions sont tout à fait légitimes
Pourquoi tu ne postules pas à des universités ?
Tu serais le premier cifre dans ta boîte ?
Évidemment si c est le cas, ça manque de références.
D un autre côté tu dis qu il y a des chercheurs (tu seras donc pas isolé)
Et des doctorants (des cifre ?)
Comment ça se passe pour eux ?
Sont ils satisfaits.
C est qd même super important de te renseigner. Tu es sur place ! Profite
Autre point : ton encadrant, il est dans la boîte ? C est un docteur ?
Enfin, l inria alloue t elle un budget pour justement tout ce qui est conférences, voyages, etc…
Tu dois objectiver de façon plus factuelle les conditions

gabriel_qur, post:31, topic:129261 a écrit:

Tu as abandonné la Suède ?

Non non, mais j’essaye de compenser ma tendance à me fixer trop tôt sur un choix au lieu de réfléchir calmement. Il y a des aspects de cette offre CIFRE qui sont objectivement super intéressants, et c’est le seul doctorat (intéressant pour moi) où je suis à peu près sûr d’être accepté (ils sont contents de ce que je fais en stage et m’ont proposé la CIFRE eux-mêmes).



gabriel_qur, post:31, topic:129261 a écrit:

ton encadrant, il est dans la boîte ? C est un docteur ?

Oui et oui, double position dans l’entreprise et à l’Inria. Je serais donc encadré par une seule personne à double casquette, si j’ai bien compris.



gabriel_qur, post:31, topic:129261 a écrit:

Tu serais le premier cifre dans ta boîte ?
Évidemment si c est le cas, ça manque de références.

Je crois bien que oui. Par contre, mon encadrant.e a déjà encadré quelques doctorants. L’un.e a du succès apparemment (stage dans une université américaine top 3 pendant sa thèse, pas encore terminée), j’ai du mal à évaluer les autres qui travaillent en entreprise maintenant.



gabriel_qur, post:31, topic:129261 a écrit:

D un autre côté tu dis qu il y a des chercheurs (tu seras donc pas isolé)
Et des doctorants (des cifre ?)
Comment ça se passe pour eux ?
Sont ils satisfaits.
C est qd même super important de te renseigner. Tu es sur place ! Profite

En gros, l’équipe contient une poignée de devs spécialisés dans le domaine, et une poignée plus petite de PhD, pour un total en-dessous de 10. Mon encadrant.e fait de la recherche, les autres ont plus un job d’ingé (ou « ingé de recherche ») et font aussi beaucoup de dev, même pour ceux qui ont une thèse. C’est quand même assez de recherche pour publier un article par an environ, co-publié par tous les PhD de l’équipe, dans une bonne conférence.

Bref, ça m’a l’air assez loin du fonctionnement d’un labo, mais pas non plus déconnecté de la recherche académique. Les publications ne sont simplement pas la priorité, qui est (sans surprise) d’optimiser les algos, modèles et outils utilisés en interne. C’est assez difficile à évaluer pour moi, même en étant sur place. Prend aussi en compte le confinement qui a vidé les bureaux de 3/4…

Il y a bien un.e doctorant.e dans un domaine un peu différent, qui travaille dans son coin sur un sujet tangent mais aussi intéressant pour la boîte. Aucune idée de comment ça se passe, je ne suis même pas sûr de qui l’encadre. Je me renseignerai.



gabriel_qur, post:31, topic:129261 a écrit:

Enfin, l inria alloue t elle un budget pour justement tout ce qui est conférences, voyages, etc…
Tu dois objectiver de façon plus factuelle les conditions

C’est trop tôt pour dire ça, je dois en rediscuter. D’où le dernier point :



gabriel_qur, post:31, topic:129261 a écrit:

A mon sens tes appréhensions sont tout à fait légitimes
Pourquoi tu ne postules pas à des universités ?

Je me sens un peu bloqué, peut-être irrationnellement : pour candidater (surtout avec un dossier comme le mien), il me faut de bonnes recommandations. Je peux probablement en avoir deux si on inclut mon encadrant.e actuel.le. Mais si j’en demande maintenant, ou si je parle en général de partir étudier ailleurs, je signale que j’ai des chances de ne pas rester dans l’entreprise après une CIFRE, ou que quelque chose me gêne dans ce qu’ils me proposent, je peux donc perdre l’offre. (En soit, c’est surtout l’emplacement géographique qui me gêne, et le fait qu’une carrière académique pourrait m’intéresser mais que je n’ai pas assez d’infos pour décider.)

Donc je préfère être prudent et évaluer mes options avant de tenter d’aller voir ailleurs. Il faudra bien que j’en parle à un moment, sans donner de fausses attentes (notamment ne pas commencer une CIFRE en promettant de rester après, en sachant que j’ai une chance de quitter l’entreprise à un moment). Je pense rester comme ingé et m’impliquer dans la recherche autant que possible à la fin de mon stage, et prendre un peu de temps pour planifier, me former un peu plus, travailler sur des projets annexes, etc.

L’idéal serait quand même qu’on supporte mes candidatures à l’étranger tout en me laissant l’option de faire une CIFRE, mais c’est peut-être trop demander.

Signer pour un cifre ne t engage pas pour la suite…
Évidemment, il ne faut lacher la proie pour l ombre.
La c est surtout une question de timing des différents process

On dit souvent qu il faut tester le labo/encadrant avant de se lancer
C est ce que tu es en train de faire
Et les signaux semblent positifs.

iridium6626, post:30, topic:129261 a écrit:

En fait, j’ai surtout peur de ne pas pouvoir réseauter/collaborer autant qu’un doctorant purement académique qui peut passer son temps au labo, et de rester bloqué sur un sujet sans vraiment échanger. Idéalement, j’aimerais faire le plus de contacts possibles pendant ma thèse (dans le labo lui-même, à des conférences, dans des collaborations à distance, dans des stages, etc.), et je me demande si ça gênerait.

Est-ce que tu peux détailler ce qui empêche typiquement un.e CIFRE de publier autant ? Est-ce que c’est le travail que l’entreprise demande, ou le fait d’être moins intégré au groupe de chercheurs, comme on travaille une partie du temps en entreprise ?

Le réseau est relativement identique en CIFRE ou non, dans la majorité des cas c’est tes encadrants qui vont te notifier de la tenue des conférences et séminaires, ou bien parler de toi dans leur réseau quand un collègue lui demandera s’il connaît un bon candidat pour tel ou tel poste.

Les publications sont parfois plus difficiles en CIFRE car l’entreprise veut (à tord ou à raison) garder ses secrets industriels. Aussi parce qu’ils peuvent vouloir valider les articles soumis, ce qui raccourcit les deadlines (1 mois par exemple pour une boîte avec qui je bosse souvent). Pendant ce temps-là les labos bossent sur l’article jusqu’à la veille de la deadline.

Si tu veux absolument garder une porte ouverte pour la recherche académique il faut en parler, notamment aux encadrants Inria. Ils ont (normalement) l’habitude et connaissent ou ont une idée de la culture de l’entreprise, et te diront si c’est compatible avec tes projets ou non.

Enfin une autre façon de publier en thèse CIFRE c’est de faire ce que te demande la boîte quand tu es chez eux, et de travailler sur des travaux théoriques quand tu es au labo. L’entreprise ne te mettra normalement pas de bâtons dans les roues pour publier des trucs qu’elle estime (à tord ou à raison) loin de son business. Bon, ça oblige à bosser un peu plus car tu mènes deux fronts à la fois.
La dernière CIFRE que j’ai fait soutenir était dans cette configuration. C’est seulement à la soutenance que les encadrants entreprise ont compris (via les commentaires des jurys) qu’en fait les articles publiés avaient un lien direct avec le produit qu’ils essayaient de développer (et pour lequel ils demandaient au doctorant de faire des circuits imprimés et de la soudure au lieu de bosser sur sa thèse). Pendant 3 ans ils avaient utilisé un doctorant pour faire des trucs basiques au lieu de le laisser se concentrer sur la big picture.



iridium6626, post:30, topic:129261 a écrit:

J’ai un autre doute : quel intérêt a une entreprise à supporter une thèse à orientation académique, pour quelqu’un qui ne restera peut-être pas à la fin ? Est-ce qu’on s’attend toujours en pratique à ce que le doctorant contribue significativement aux projets internes pendant ses années de thèse ? J’imagine que ça ne s’explique pas qu’avec des crédits d’impôts.

Cela dépend de la maturité de la R&D de l’entreprise, et aussi de son expérience en accompagnement de thèses.
Ce que j’observe c’est que les entreprises qui se lancent dans l’aventure pour la première fois, croient qu’en 3 ans tu vas leur inventer un nouveau produit à mettre sur le marché (c’est pareil pour les projets de recherche : pendant que tu fais tes recherches, leur équipe commerciale est déjà à faire les pré-commandes).

D’autres savent qu’avec un peu de liberté, il en sortira des choses bonnes, même si c’est pas forcément ce qui était prévu au début.

C’est un peu redondant avec Puffin, mais je souligne et c’est important qu’une CIFRE ce n’est pas 100% du temps en entreprise, il y a toujours un co-encadrement avec un labo. Je connais une foule de thésards CIFRE pour qui tout se passe bien, sans pression excessive de la part de la boîte.

Je présume qu’il est en revanche crucial de mettre les choses au clair préalablement avec l’entreprise quant à ses attentes.