Bonjour à tous,
Je m’excuse par avance de la longueur de mon post, mais comme il s’agit plus du récit d’une aventure malheureuse que d’une demande d’aide ou de conseils, autant le rendre plaisant.
Mon problème concerne une note que l’on m’a attribué à une épreuve d’anglais. Je ne suis pas bilingue, mais l’anglais reste une de mes matières fortes et je me débrouille bien, à l’écrit comme à l’oral. Or, cette année, j’ai eu la surprise de découvrir lors de la publication des résultats d’admissibilité du concours E3A, ma note de LV 1 : 0.33/20. Une telle note est, au sens large du terme, éliminatoire : espérer l’admissibilité aux Arts si l’on m’enlève un de mes points forts relève de la foi. A titre de comparaison, le concours centrale-supelec, dont l’épreuve d’anglais est strictement identique à celle des Arts ( à une constante de temps près ) m’a attribué la note de 17.7/20.
Devant ces résultats, ma première réaction a été de me remettre en cause : aurais-je pu me tromper et confondre le nombre de mots imposé par l’épreuve avec celui de l’épreuve de centrale ? Oublier le titre ? Signer ma copie et insulter le correcteur ? Voulant en avoir le cœur net, j’ai fouillé dans mes brouillons, que j’avais eu la présence d’esprit d’avoir la flemme de jeter.
Celui de l’épreuve en question était là, chiffonné et raturé, mais lisible. Après un vague recomptage des mots et une vérification de la non-obscénité de mes propos, je devais me rendre à l’évidence : ma copie était normale. Pas brillante, mais normale.
J’adressai donc aux service concours E3A une demande de vérification de note en bonne et due forme, c’est-à-dire par fax. La réponse arriva dans la semaine : on m’avait bien attribué la note de 0.33. Il me restait alors un espoir : l’autocollant code-barre de ma copie avait peut-être été malencontreusement interverti avec celui d’un autre candidat, qui parlerait anglais comme une vache espagnole (parce que pardon mais 0.33…) .
J’ai donc demandé une photocopie de ma composition. Lorsque celle-ci me parvint, je n’ai pu que reconnaître mes propos, mon écriture. J’ai passé en revue les différentes consignes dont le non-respect peut être éliminatoire :
-Ma composition est une synthèse des documents proposés,
-J’avais bien indiqué l’anglais comme langue vivante au service concours,
-Mon avis n’apparaît pas dans la composition,
-Ma composition comporte bien entre 360 et 440 mots (j’en ai indiqué 411, j’ai bien recompté, calculatrice à la main, et je trouve 412),
-Le compte de mot apparaît bien en fin de copie,
-La composition comporte un titre comptabilisé dans le nombre de mots.
En haut de la feuille, à la rubrique « appréciation du correcteur », figurait la note : 01/60. Ma quête d’explications s’arrête alors ici, là où commence la souveraineté du jury.
Je n’en suis plus à me battre contre des moulins à vent, mais je trouve le manque d’information déplorable. Lorsqu’un correcteur se permet de donner une note qui, au sens large du terme, est éliminatoire, une phrase de cinq mots l’accompagnant pourrait permettre de justifier cette élimination, ce qui soulagerait le candidat d’un certain sentiment d’injustice. Certes, ma copie n’était pas parfaite, elle n’était pas publiable dans le Times, mais 1/60… C’est à se demander pourquoi 1/60. Pourquoi pas un beau zéro tout rond ? J’ai eu 1 pour l’encre ou pour la mise en page ?
On m’a dit : « refais-la corriger par plusieurs autres professeurs », ou encore « écris directement au président du jury », mais j’ai une meilleure solution : je vais l’encadrer au-dessus de mon bureau. Mes résultats aux oraux de centrale, le sentiment global de réussite concernant mes oraux dont les notes n’ont pas été publiées, et le fait que je suis enfin en vacances et donc officiellement plus un taupin, ne me motivent pas à poursuivre une quelconque démarche. Je ne pense même pas en avoir le droit. Mais je pensais bon de laisser un témoignage quelque part, que cette histoire, que je prends maintenant à la rigolade, ne serve pas qu’à moi.
Si vous pensez que je devrais véritablement m’insurger et entamer d’autres démarches, vous pourriez me faire changer d’avis…Je suis preneur de toute idée, toute opinion. Faites-moi part de vos éclairs de génie.
Sur ce, bonnes vacances et bonne intégration à ceux que ça concerne !
Avers.