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Je vais aller dans le même sens que Father.

Si on veut faire des maths fondas et qu’on est fermé au reste, deux ans en école d’ingé dans l’espoir d’un hypothétique double diplôme, c’est long et on souffre. Il y a un télécommien qui rejoint le département de math de l’ENSL cette année via un accord de double diplome : je le vois plus comme un plan B pour reprendre le contrôle de sa trajectoire que un plan A que je conseillerais en sortie de taupe. Ses années à TP ont été très longues. Cet élève avait d’ailleurs entrepris de suivre des études de maths universitaires en sus de son parcours d’élève ingénieur. On a aussi un autre élève qui est parti en thèse de math au Japon et qui a fini par renoncer à notre diplôme d’ingénieur parce qu’il jugeait trop contraignant de se plier aux contraintes des deux cursus et voulait suivre la voie des maths.

Si on veut faire des maths applis, la plupart des écoles d’ingénieurs que vous semblez viser s’y prêtent en faisant les bons choix de cours et d’options. Le fait d’y parvenir dépend à mon avis plus de l’élève, de sa motivation, de son travail que du polycopié et la tête de son prof. Dans deux ans, vous serez dans les mêmes M2 de maths applis du plateau et votre futur directeur de thèse aura oublié de quelle école vous sortez.

J’insiste sur un point : intégrer une ENS ne peut pas être un objectif. Le vrai objectif doit être : comment puis-je me former solidement en maths ? comment puis-je me mettre sur une trajectoire qui fera de moi un mathématicien professionnel ? Le fait d’être dans une ENS n’est qu’une cerise sur le gateau.

J’en profite pour dire que le critère pour être pris en double diplôme dans une ENS est avant tout : « Est-ce que le candidat sera à l’aise dans le département qu’il intègre ? ». Le critère n’est pas vraiment le nom de l’école d’origine. De plus, ce n’est pas l’esprit des ENS d’organiser des cours de soutien pour les nouveaux arrivants.

On en a parlé ici : Intégrer une ENS avec un niveau moyen - #9 par Bunyakovsky